Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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dimanche 26 février 2017

Arizona: des avocats pourront aider à faire exécuter leur client

es difficultés qu'éprouvent plusieurs États américains à trouver les produits médicamenteux requis pour procéder à des exécutions par injection létale les poussent à de surprenantes initiatives.
L'avocat fédéral Dale Baich a défendu le prisonnier Joseph Wood, dont l'exécution bâclée en 2014 avait relancé le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.
PHOTO SAMANTHA SAIS, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Les services correctionnels de l'Arizona viennent d'en donner une nouvelle illustration en statuant qu'il sera désormais possible pour les avocats de condamnés à mort de fournir les produits requis pour l'exécution de leurs clients.
Le manuel de procédures, récemment révisé, précise qu'ils peuvent fournir à cette fin du pentobarbital, un sédatif, ou du thiopental sodique, un anesthésiant.
Le document précise que les produits doivent être acquis auprès de pharmacies ou de manufacturiers autorisés et satisfaire à certaines exigences de qualité.
Cette révision des procédures survient alors que l'Arizona doit défendre ses pratiques en matière de peine capitale devant les tribunaux.
L'État avait été plongé dans la controverse en 2014 après l'exécution bâclée de Joseph Wood, qui avait été reconnu coupable d'un double meurtre survenu en 1989.
Dale Baich, avocat fédéral ayant défendu le prisonnier, relate qu'il est mort au bout de deux heures après avoir longtemps cherché son air. Au milieu du processus, ses représentants ont tenté d'obtenir d'un juge que l'exécution soit interrompue, mais en vain.
L'exécution avait été réalisée avec un cocktail médicamenteux « expérimental » utilisant notamment du midazolam comme anesthésiant.
Les autorités se sont engagées depuis à ne plus utiliser ce produit controversé, mais la poursuite lancée pour forcer l'État à revoir ses façons de faire demeure pendante.
« Nous voulons nous assurer que les condamnés à mort ne souffriront pas inutilement si l'Arizona veut procéder à de nouvelles exécutions », explique M. Baich.
En raison notamment d'un embargo imposé par l'Union européenne pour empêcher l'application de la peine de mort, les entreprises qui fabriquaient les produits traditionnellement utilisés par plusieurs États ont cessé leurs exportations vers les États-Unis.
D'autres firmes ont par ailleurs décidé de leur propre chef de ne plus permettre que leurs produits soient utilisés à cette fin, ce qui a généré une pénurie qui favorise les dérapages comme celui survenu dans le cas de Joseph Wood.
Une mesure «ridicule»
L'Arizona, note Me Baich, s'était procuré illégalement du thiopental sodique en Grande-Bretagne en 2011 et avait tenté de le faire de nouveau en 2015 en Inde, avant d'être bloqué par les autorités fédérales.
« Ils n'ont pas aujourd'hui les produits requis pour procéder à des exécutions », souligne l'avocat, qui juge « illégal » et « impraticable » de proposer à des avocats comme lui de combler ce manque.
Robert Dunham, qui dirige le Death Penalty Information Center (DPIC), un groupe de recherche établi à Washington, note que l'idée semble être l'expression de « désespoir » des autorités devant la pénurie.
Les produits utilisés pour l'application de la peine de mort sont contrôlés et ne peuvent, dit-il, être acquis par des avocats. Ces derniers ont par ailleurs le devoir de défendre les intérêts de leurs clients avec zèle.
« Le fait d'aider à les faire exécuter ne s'inscrit pas dans ce mandat. »
Les services correctionnels de l'Arizona - qui n'ont pas répondu aux demandes d'entrevue de La Presse - n'ont pas annoncé officiellement ce qui motive l'adoption de cette mesure inusitée.
Le « ridicule » qui l'entoure assure cependant qu'aucun autre État ne voudra emboîter le pas, relève le directeur du DPIC, qui s'attend à ce que cette disposition soit invalidée par les tribunaux.
L'Arizona n'a pas réalisé de nouvelles exécutions depuis celle de Joseph Wood en 2014, alors que 119 condamnés à mort attendent leur sort en prison.
https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=7443747089020724173#editor/target=post;postID=7224454031928860034
 

jeudi 26 mars 2015

Etats-Unis : vingt-trois ans dans le couloir de la mort avant d'être innocentée

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/03/24/etats-unis-vingt-trois-ans-dans-le-couloir-de-la-mort-avant-d-etre-innocentee_4599927_3222.html

Debra Milke a passé vingt-trois ans dans un couloir de la mort en Arizona, aux Etats-Unis, pour le meurtre de son fils alors âgé de quatre ans. Lundi 23 mars, toutes les charges à son encontre ont été abandonnées par le tribunal du comté de Maracopa. Cette femme d'origine allemande, qui a toujours clamé son innocence, a éclaté en sanglots à l'annonce de sa relaxe et a quitté le tribunal sans le bracelet électronique qu'elle portait à la cheville, rapporte le site d'ABC 15 Arizona.
Le 17 mars, la Cour suprême de l'Arizona avait refusé d'entendre l'ultime recours de l'accusation. Debra Milke avait été inculpée sur le seul témoignage d'un enquêteur, Armando Saldate, qui avait affirmé que la jeune femme avait reconnu le meurtre devant lui seul, lors d'un interrogatoire.
Durant le procès de Debra Milke, en 1990, aucune preuve matérielle de son implication n'avait été présentée. Debra Milke avait démenti et aucun enregistrement ni témoin n'avaient jamais corroboré les allégations de l'accusation, selon un communiqué du Centre d'information sur la peine capitale (Death Penalty Information Center, DPIC). Seul le témoignage du détective aux vingt années d'expérience avait été déterminant face aux dénégations de la jeune femme de 26 ans à la défense approximative.
Le 2 décembre 1989, le garçonnet avait été abattu de trois balles dans la tête. Debra Milke avait accepté que son colocataire, Jim Styers, avec lequel elle était en couple depuis peu, accompagne son fils au centre commercial de Phoenix pour voir le Père Noël avec un ami. Elle avait habillé le petit Christopher avec ses vêtements préférés. Selon l'accusation, elle l'avait confié à deux complices et voulait se débarrasser de son fils parce qu'elle ne souhaitait plus s'en occuper.
Les deux hommes, Roger Scott et Jim Styers, ont plaidé coupable et ont été condamnés à mort séparément pour le meurtre du garçonnet. A l'origine de l'affaire, ils avaient déclaré qu'ils avaient accepté de tuer l'enfant en espérant toucher une partie de l'assurance-vie. Ils sont toujours dans le couloir de la mort en Arizona. « Vétéran du Vietnam, Styers souffrait d'un syndrome post-traumatique et avait été sévèrement blessé à la tête. Lui et son complice avaient dans un premier temps assuré avoir perdu le garçonnet dans le centre commercial où ils l'avaient amené, avant que Roger Scott ne craque et mène les policiers jusqu'à son petit corps sans vie le lendemain des faits, le 3 décembre », rapporte Paris Match mardi sur son site Internet.
Debra Milke, libérée sous caution depuis 2013, devient la deuxième femme innocentée du couloir de la mort aux Etats-Unis, et la cent cinqante et unième personne à l'être depuis 1973, dont neuf en Arizona, selon le DPIC.