mardi 22 août 2017

Pourquoi l’Amérique poursuit-elle les exécutions?


Pourquoi l’Amérique poursuit-elle les exécutions? 

L’argumentation juridique derrière la poursuite du recours à la peine de mort

 

Les Etats-Unis restent l’un des rares pays du monde occidental à continuer de mettre à mort les criminels. Et, même sur ce territoire, les exécutions se raréfient: 20 prisonniers tout juste ont été exécutés en 2016, les chiffres traduisant une baisse depuis le nombre record de 98 exécutions en 1999. Par ailleurs, l’homme de la rue est moins enclin à soutenir la peine capitale. A peine 60% des Américains approuvent la peine de mort en cas de meurtre, contre 80% dans les années quatre-vingt-dix. Huit Etats seulement ont procédé à une exécution depuis 2015, et environ deux tiers des Etats ont soit aboli la peine capitale, soit imposé un moratoire à son application. Toutefois, la peine capitale n’a pas complètement disparu : au mois d’avril, sur une période de huit jours, l’Arkansas a exécuté quatre personnes, pour éviter de gaspiller son stock de produits servant aux injections létales, dont la date de péremption était proche. Et, le mois dernier dans l’Etat de l’Alabama, un homme qui se trouvait dans le couloir de la mort depuis 35 ans – et avait échappé à sept dates d’exécution — a finalement été mis à mort. Pourquoi l’Amérique continue-t-elle d’exécuter des condamnés?

 

Suite à la décision de la Cour Suprême, en 1972, dans le cadre de l’affaire Furman contre Georgia, la peine capitale avait été mise en suspens. Cette peine était appliquée de manière  arbitraire et infondée, ce qui constituait une infraction à l’interdiction du Huitième Amendement visant les “sanctions cruelles et inhabituelles”, selon les juges. Si un facteur explique pourquoi certains criminels se voient condamner à mort, alors que ce n’est pas le cas pour la plupart d’entre eux, écrit Monsieur Potter Stewart, Juge à la Cour Suprême “c’est bien celui de l’origine ethnique, facteur inadmissible d’un point de vue constitutionnel”. Quatre ans plus tard, la Cour Suprême réintroduisait la peine de mort dans le cadre de l’affaire Gregg contre Georgia, par une majorité de 7 contre 2, sur le constat que les Etat avaient modifié leur législation relative à la peine capitale pour répondre aux inquiétudes soulevées par l’affaire Furman.

 

L’un des moyens de comprendre pourquoi l’Amérique continue de pratiquer la peine de mort consiste à examiner le Cinquième Amendement, qui prévoit que personne “ne se verra ôter la vie (...) en l’absence d’une application régulière de la loi”. Comment les auteurs de la constitution ont-ils pu interdire la peine capitale dans le Huitième Amendement alors que, dans le Cinquième, ils envisagent explicitement son existence? Dans l’affaire Gregg, le tribunal cite deux justifications pour le recours à la peine de mort : la justice qui châtie en fonction des seuls actes et l’effet dissuasif. Le châtiment, “expression de l’indignation morale de la société face à un comportement particulièrement choquant”, écrit Monsieur Stewart, est “essentiel dans une société harmonieuse, qui demande à ses citoyens de s’appuyer sur des procédures juridiques, plutôt que de compter sur soi-même pour réparer les injustices subies”. En d’autres termes, un crime abominable mérite une peine proportionnelle à sa gravité. Il reconnaît que les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux quand il s’agit d’évaluer le pouvoir dissuasif de la peine capitale, mais, insiste-t-il, “il ne fait aucun doute que la peine de mort constitue un repoussoir important” pour certains criminels potentiels.

 

Depuis l’affaire Gregg, la Cour Suprême n’a cessé de réduire l’éventail des crimes susceptibles d’entraîner une condamnation à mort. L’auteur d’un viol était passible de la peine capitale en 1977. Les personnes souffrant de handicap mental et les mineurs échappent à la peine suprême depuis 2002 et 2005, respectivement. Toutefois, les chances sont faibles de voir cette peine, dont l’application a été plusieurs fois restreinte, enterrée pour de bon, ce, malgré la croisade menée par Stephen Breyer, Juge qui a exprimé son profond désaccord en 2015, dans l’affaire Glossip contre Gross, où il était demandé si l’un des composants des injections létales entraînait un risque de torture pour les prisonniers avant qu’ils ne décèdent. Plutôt que “d’essayer de faire du bricolage pour répondre aux failles juridiques de la peine de mort l’une après l’autre,” écrit-il, l’heure est venue “d’une discussion approfondie sur une question plus fondamentale : la peine de mort viole-t-elle ou non la constitution”. Il y a 23 ans, Harry Blackmun, Juge décédé depuis, prédisait, dans l’affaire Callins contre Collins, que le système d’application de la peine capitale en Amérique était “condamné à l’échec” et qu’alors “qu’il ne serait sans doute plus de ce monde pour le voir”, il “croyait que cela finirait par arriver". Sachant que la majorité conservatrice vient d’être renforcée à la Court Suprême, avec la présence de cinq juges de ce camp désormais, l’heure de rendre des comptes semble encore bien éloignée.


Source:
The Economist, S. M., 12 juin, 2017

mardi 25 juillet 2017

Mike Lambrix




Cet article est une réflexion sur le parcours de sa vie, avec l’objectif d’aider les autres qui traversent peut être actuellement des circonstances de vie difficile,

Rune Erajer aura une exposition solo “Noble est l’homme” qui comprendra en outre des photos et les histoires de prisonniers, activistes de 15 pays autour de monde a partir du 15 septembre 2018 au Nobel Peace Center (Rådhusplassen, Oslo, Norway). Feront partie de cette exposition les photos de Mike Lambrix et deux autres condamnes a mort qui maintiennent leur innocence.

jeudi 18 mai 2017

David Lynn Carpenter: Audience



Quelques nouvelles fraîches et très encourageantes de la procédure judiciaire. 

Le 12 mai dernier la juge de la cour de district de Dallas a ordonné une audience qui se tiendra le 
11 septembre 2017 avec les deux parties. Sauf contre ordre, David sera présent.

 De part et d’autre, des experts sont demandés par la cour. La défense de David aura besoin de fonds pour se donner tous les moyens nécessaires à la réussite de cette audience qui sera décisive.

Pour se faire, il existe deux possibilités pour l'aider : 
- soit par chèque à l'ordre de Lutte Pour la Justice "ajouter au dos du chèque pour la défense de David Carpenter" , 
- soit sur le compte PayPal (bouton sur le site "Faire un don" ) de l'association ajouter également lors du virement  "Pour la défense de David Carpenter".  Les chèques sont à transmettre à: LPJ 216 Chemin de Figarol, 82170 Pompignan

Nous sommes conscients que les temps sont, actuellement, difficiles pour tous, mais nous n'avons d'autres choix pour collecter des fonds au plus vite afin de donner toutes les chances à la défense, donc à David, de faire valoir son innocence. 
 
Depuis son incarcération dans le couloir de la mort du Texas en avril 1999, David ne cesse de clamer son innocence et aimerait, enfin, pouvoir voir sa famille et amis autrement que derrière une vitre blindée.
David vous remercie, tous par avance, de votre soutien et amitié. Pour certains, depuis 2000 et 2001. C’est un bien long chemin ensemble qui, nous le souhaitons, tous, aboutira à sa libération.

 Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Gratitude à tous.

mercredi 17 mai 2017

John Curtis Dewberry



Cher ami(e)s,


Tout d'abord, nous voulons vous remercier pour le soutien que vous apportez à John. Dans sa situation, c'est vraiment important et John en a vraiment marre de cette situation, il veut vivre dans le monde libre, alors s'il vous plaît, continuez à vous battre pour sa liberté, c'est vraiment très important.

Dans les prochains jours nous allons vous envoyer la nouvelle page de collecte de fonds pour la défense de John. Comme vous le savez probablement, un avocat demande beaucoup d'argent (entre 50 000 et 100 000 euros), et John a vraiment besoin d'un avocat pour le prochain procès. Donc, s'il vous plaît, partagez cette page un maximum pour avoir la chance de collecter un maximum d'argent pour aider John.


John, et tous les autres prisonniers, sont en confinement en ce moment, et cela peut durer jusqu'a 4 semaines. Mais il va bien, même s'il en a vraiment marre de cette vie en prison.

         Ils ont un chat dans la prison, de couleur gris, et John lui a donné le nom de Smokey. Il est vraiment content de l'avoir, car comme vous le savez probablement, John adore les animaux.

                Nous continuons toujours a chercher un avocat pro-bono au cas où nous n'aurions pas assez d'argent pour en engager un. Donc n'hésitez pas à contacter des avocats pour aider John, ou à nous envoyer des noms et nous le ferons. Nous voulons remercier ceux qui travaillent pour la liberté de John, merci beaucoup pour votre investissement et votre temps.

Voilà donc toutes les nouvelles d'avril.
N'hésitez pas à nous contacter freejohndewberry@yahoo.fr si vous avez des questions. Merci de votre soutien

 

 

lundi 1 mai 2017

Trois questions sur la série d'exécutions de détenus en Arkansas

Cet Etat du sud des Etats-Unis a exécuté quatre détenus en huit jours, à cause de la péremption prochaine de l'un des produits utilisés dans les injections létales.

L'Etat de l'Arkansas (Etats-Unis) a exécuté son quatrième détenu en huit jours : la dernière injection létale d'une série qui a choqué par sa précipitation. En tout, huit exécutions étaient prévues en seulement 11 jours, dans un Etat qui n'avait plus mis en œuvre la peine de mort depuis 2005. Ce calendrier, fixé par le gouverneur républicain Asa Hutchinson, a entraîné une vague de critiques et de recours judiciaires. Explications.

Pourquoi autant d'exécutions en si peu de temps ?

Le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, a signé, le 10 mars, un décret ordonnant les exécutions groupées de huit détenus condamnés pour meurtres, étalées sur 10 jours. La justice a pour l'instant suspendu quatre des exécutions prévues. Les quatre autres condamnés ont été exécutés, sur une période de seulement huit jours. Ledelle Lee a été le premier, le 20 avril. Jack Jones et Marcel Williams ont aussi chacun reçu une injection létale, lundi, et Kenneth Williams, jeudi.
C'est la date de péremption de l'un des composants de l'injection létale, qui a précipité ces exécutions. Il y en a trois : le sédatif midazolam, le bromure de vécuronium qui décontracte les muscles, et le chlorure de potassium, qui provoque un arrêt cardiaque. Le midazolam dont dispose l'Arkansas sera périmé le 30 avril et l'Arkansas aura du mal à se fournir à nouveau. D'autres Etats ont subi des pénuries dans le passé, comme l'Oklahoma, car les laboratoires qui les fabriquent s'opposent de plus en plus souvent à leur usage dans les injections létales. En outre, le midazolam est controversé. Il est accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant une agonie lente et douloureuse.
Le gouverneur a tenté de se justifier en rappelant les meurtres commis par les détenus condamnés, estimant que les familles de leurs victimes avaient "déjà attendu trop longtemps". "Si j’avais réparti [ces exécutions] sur quatre mois ou six mois, qu’est-ce que cela aurait changé pour les opposants à la peine de mort qui viennent protester ?" a-t-il en outre rétorqué aux critiques.

Pourquoi certaines ont été annulées ?

Juste après la mort de Jack Jones, les avocats de Marcel Williams ont affirmé que cette première exécution ne s'était pas bien déroulée. Les agents pénitentiaires auraient d'abord échoué à poser correctement un cathéter central et se seraient trouvés forcés de se rabattre sur la pose de deux voies veineuses dans les bras du détenu. Six à sept minutes après l'injection du midazolam, censé plonger dans une profonde inconscience le prisonnier, celui-ci "remuait ses lèvres et luttait pour respirer". La juge fédérale Kristine Baker a alors pris une injonction de suspension temporaire de la deuxième exécution, le temps d'examiner la validité de ces arguments.
Mais la bataille judiciaire avait démarré bien plus tôt. Trois jours avant la première exécution, un juge local, opposant à la peine de mort, saisi par un laboratoire pharmaceutique, avait déjà temporairement bloqué six exécutions, explique Le Monde. McKesson Medical Surgical Inc., qui avait fourni du bromure de vécuronium à l’administration pénitentiaire, demandait qu'elle ne puisse pas utiliser son produit. L’entreprise accusait les autorités de l'avoir acheté sans la prévenir qu’il serait employé dans les injections létales.
Fresenius Kabi USA, le fournisseur du chlorure de potassium, et West-Ward Pharmaceuticals, le fournisseur du midazolam, avaient saisi la justice pour les mêmes raisons. Les laboratoires expliquaient que participer à des exécutions "irait à l’encontre de leur mission, qui est de sauver des vies et d’améliorer la condition des patients", rapporte Le Monde.

Quelles ont été les réactions aux Etats-Unis et ailleurs ?

Les exécutions prévues en Arkansas ont suscité l’émoi, à l’étranger surtout. L’Union européenne a exhorté le gouverneur de l’Etat à "commuer" les sentences, tandis que l'ONG Amnesty International a demandé une "mise à l’arrêt urgente du tapis roulant d’exécutions" dans l’Arkansas et Human Rights Watch a dénoncé "un déluge de mises à mort inédit dans l’histoire américaine moderne".
Le maître du roman noir John Grisham, natif de l'Arkansas, a appelé à mettre un terme à cette "folie". "Une exécution est l’acte le plus grave que puisse commettre un gouvernement. Pourquoi cumuler autant de risques par opportunisme ?", écrivait-ti-l dans une tribune publiée par USA Today, le 10 avril.
La controverse n'a toutefois pas agité les cercles politiques à Washington, ni pris de l'ampleur. La question de la peine de mort relève en effet de chacun des 50 Etats du pays, sans véritablement susciter de débat national. Plus largement, un moratoire ou une abolition de la peine capitale aux Etats-Unis n'est pas d'actualité, la Cour suprême ayant récemment retrouvé une majorité conservatrice.

 http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/trois-questions-sur-la-serie-d-executions-de-detenus-en-arkansas_2165878.html

vendredi 24 mars 2017

Arkansas hunting for volunteers to witness April's 8 executions

A shortage of required citizen witnesses to watch 8 lethal injections over a 10-day period next month prompted the state prison director Tuesday to call on Rotary Club members to volunteer.
Citizen witnesses are there to verify that the individual executions are carried out according to law. A volunteer must be at least 21 years old, an Arkansas resident, have no felony criminal history and have no connection to the inmate or to the victim.
"The last times these were set, we actually did not have enough people volunteer," Department of Correction Director Wendy Kelley told Little Rock Rotary Club 99 members. "You seem to be a group that does not have felony backgrounds and are over 21. So if you're interested in serving in that area, in this serious role, just call my office."
The 8 executions are scheduled two at a time beginning April 17 and ending April 27.
Department of Correction spokesman Solomon Graves said he does not have a current count on the number of citizen witnesses who have signed up for the role. Kelley is making informal inquiries to find more volunteers, he said.
"Depending on the response received, further recruitment may not be necessary," Graves said.
The state's death penalty law, A.C.A. 16-90-502, Section 3, requires that the prison director procure no fewer than six and no more than 12 citizen witnesses for each execution. Kelley must determine that witnesses meet the requirements and that they do not present a security risk.
Graves said that while the legal requirement pertains to each individual execution, "nothing prohibits a witness from service during multiple executions."
Judd Deere, spokesman for Attorney General Leslie Rutledge, said he could not speculate about the impact on the execution schedule if a sufficient number of citizen witnesses can't be found.
As the execution day approaches, "the attorney general will work in consultation with the governor and the Department of Correction director to make sure the law is followed as far as executions being carried out," Deere said.
Graves would not say whether the lack of witnesses would halt or postpone the executions, only that Kelley would "continue her informal recruitment efforts."
Finding volunteers among members of the Little Rock Rotary Club 99 may be difficult, said Bill Booker, acting president of the club.
"What I suspect is that some people might support the death penalty, but when it comes to witnessing something like that, it's a different story," Booker said Tuesday. "It may cause emotional trauma for quite a while. It would be one of the most significant things you'll ever see in your life."
Booker, a funeral director at Roller Funeral Home in Little Rock, said he will not volunteer for the task.
"It's a lot different to be involved after the death has occurred," Booker said, adding that he vividly remembers stopping to help at the scene of a fatal traffic accident 40 years ago and helping a young man as he was dying.
Viewing an execution would be too much for him, he said.
"At this point in my life, I don't know if I'd want to risk being traumatized by it," Booker said. "That doesn't mean that I oppose the death penalty."
Rotarian Charlotte Gadberry said she has no interest in volunteering as a citizen witness.
"I can't imagine she [Kelley] will get a lot of volunteers," Gadberry said. "I don't think I could handle it. I'm not real sure how I feel about the death penalty, but it seems like there should be a better way of treating our fellow man."
Rotarian Karen Fetzer said she would not witness an execution but that Kelley may find some volunteers in the Rotary Club 99 crowd.
"It's just a personal preference for me," Fetzer said. "But there are others in our population who may be up for it."
None of the handful of Arkansas residents interviewed Tuesday by the Democrat-Gazette said they would volunteer for the assignment.
Charles Moore of Camden, who served 2 tours during the Vietnam War, said he's seen enough death in his lifetime.
"I stacked bodies on top of each other in Vietnam," said Moore, a retired disabled veteran who operates the Camden nonprofit children's foundation Planting A Seed. "I don't believe in an eye for an eye."
The subject spurred an argument between Jayme Hickman of Little Rock and her mother, Linda Fitzhugh, of Sheridan as they were sitting on a hill in the River Market District in Little Rock watching Hickman's two children play.
"No," Hickman said, shaking her head. "I don't agree with killing a person. Both families lose in that situation."
Fitzhugh interrupted by directing Hickman's gaze to the 2 children.
"What would you do if they hurt your daughters? They should execute them," Fitzhugh said loudly. "We don't need to be taking care of them with taxpayers' money."
In the end, Fitzhugh admitted that she couldn't bring herself to witness an execution.
Executions have been set for (top row, from left) Kenneth Williams, Jack Jones Jr., Marcell Williams, Bruce Earl Ward, and (bottom row, from left) Don Davis, Stacey Johnson, Jason McGehee and Ledelle Lee.
Executions have been set for (top row, from left) Kenneth Williams,
Jack Jones Jr., Marcell Williams, Bruce Earl Ward, and (bottom row, from
left) Don Davis, Stacey Johnson, Jason McGehee and Ledelle Lee.
Betty Fernau of Conway, who has officiated at weddings in prison, suggested a solution to the problem.
"I've heard jury duty can be traumatizing, depending on the case," Fernau said. "It seems like this is part of our judicial system. Finding witnesses should work the same way as calling jurors to a trial.
"If I were called to witness, I would see it as my duty and I would appear. But I would not volunteer."
The pace of the scheduled executions -- prompted by the fact that midazolam, one of the three lethal-injection drugs, will expire at the end of April -- is unprecedented not only for the state, but for the nation.
If the 8 executions are carried out next month, Arkansas will be the 1st state to execute that many inmates in that compressed of a timeline since 1976 -- the year the U.S. Supreme Court reinstated the death penalty.
Arkansas has executed 27 inmates since 1976. The quickest pace for executions was 3 in 1 day on Aug. 3, 1994, and Jan. 8, 1997.
Department of Correction data show that 189 men and 1 woman have been executed in the state since 1915, when executions first began being tracked.
During that time, the most inmates executed in 1 year in Arkansas was 10 in 1926 and 1930. The most executed within close proximity on the calendar was 4 in one day on Feb. 12, 1926, and Nov. 14, 1930. There were 4 executions in the month of October 1959 and the month of May 1960.
Kelley said Tuesday that the close proximity of the 8 execution dates will not affect the department's readiness for the lethal injections.
"The staff will be prepared," Kelley said. "We will be doing practice rounds and having lots of meetings. The protocols are confidential, but we will be prepared. We want everything to go as smoothly as possible for the inmate as well as the staff in the room and the witnesses."
With the execution dates fast approaching, the atmosphere at the Varner Unit's Supermax -- home to 34 male death-row inmates -- is somber, Kelley said.
"I don't think the 8 executions in 10 days has anything to do with it," Kelley said. "I think the fact that an execution is set for any of them would make it somber back there."
No extra security has been assigned to the unit, Kelley said. When the proclamation from Gov. Asa Hutchinson setting the execution dates was released in late February, each of the inmates was seen in private. Prison chaplains have made repeated rounds on death row, helping each inmate determine whether he wants a spiritual adviser and, if so, assisting in appointing one.
"I've been down there since the date was set," Kelley said. "It doesn't have anything to do with the number of inmates being executed. It's just part of the process."
The last inmate to be executed in the state was Eric Nance on Nov. 29, 2005. The state has not put anyone to death since then because of legal challenges to the state's death penalty process and a federal lawsuit opposing the use of the drug midazolam. Death penalty opponents claim that the drug does not induce a complete level of unconsciousness, which allows the inmate to feel pain.
On Monday, attorneys for 9 death row inmates -- including the 8 scheduled to die next month -- filed a petition for a rehearing with the U.S. Supreme Court. The argument is that the 2 executions at a time within the 10-day time frame is "truly extraordinary" and presents substantial new ground for considering the prisoners' case.
"Executing 8 men in ten days is far outside the bounds of what contemporary society finds acceptable," the petition read.
According to the governor's proclamations, the executions are scheduled to be carried out as follows:
-- Don Davis and Bruce Earl Ward, April 17.
-- Ledelle Lee and Stacey Johnson, April 20.
-- Marcell Williams and Jack Jones Jr., April 24.
-- Jason McGehee and Kenneth Williams, April 27.

Source: Democrat Gazette, March 22, 2017

vendredi 10 mars 2017

Etats-Unis : ses produits bientôt périmés, l'Arkansas accélère les exécutions de prisonniers

PEINE DE MORT – En 10 jours, huit hommes vont être exécutés en Arkansas le mois prochain. Une cadence sans précédent qui a une raison assez inattendue : les produits de l’injection létale arrivent à date d’expiration.
Ils sont encore 34 condamnés dans le couloir de la mort en Arkansas. Huit d’entre eux, reconnus coupables de meurtres entre 1989 et 1999, seront exécutés le mois prochain, annonce le New York Times. Et pourtant, dans cet Etat américain, la peine de mort est suspendue depuis 2005 en raison de difficultés juridiques, mais aussi de la difficulté à trouver les médicaments pour réaliser les injections létales.

Le gouverneur de l’Arkansas, Asa Hutchinson, ancien procureur fédéral, a déploré cette semaine que les exécutions soient autant rapprochées : les huit auront lieu en l’espace de 10 jours. "J’aurais préféré qu’elles soient étalées sur plusieurs mois et années, mais ce n’est pas possible vue la situation actuelle", a-t-il déploré en prenant ses fonctions en 2015, ajoutant que les familles des victimes "qui ont supporté ça depuis tant d’années méritent une conclusion".

De nombreux ratés dans les exécutions récentes

La raison en est cependant toute autre. Dans un communiqué publié vendredi, le gouverneur a reconnu que la planification rapide des exécutions, la cadence la plus effrénée de l’histoire récente des Etats-Unis, avait une explication beaucoup plus rationnelle : l’un des trois médicaments nécessaires au cocktail létal pourrait ne plus être disponible dans le futur. Et les fonctionnaires de l’Etat ont annoncé que les stocks de midazolam atteignaient leur date d’expiration en avril.

Le midazolam, un sédatif aux propriétés amnésiantes et anticonvulsantes, a été pointé du doigt ces dernières années pour son implication dans plusieurs injections ratées dans d’autres Etats américains. Ainsi, en décembre dernier, un condamné à mort avait succombé dans d’atroces souffrances, convulsant et s’étouffant durant 13 minutes, car le produit n’avait pas fait effet. En Arizona, Joseph Wood avait, lui, mis près de deux heures à mourir. L’un des cas les plus marquants d’exécutions ratées depuis 2014.

De nombreuses firmes pharmaceutiques, notamment européennes, ne veulent plus approvisionner les prisons en produits utilisés pour les exécutions. Des Etats ont donc recours au midazolam, qui n’est pas un anesthésiant, au sein d’un protocole de trois produits permettant d’endormir, paralyser puis exécuter le condamné.

http://www.lci.fr/international/etats-unis-ses-produits-bientot-perimes-l-arkansas-accelere-les-executions-de-prisonniers-2028042.html

dimanche 26 février 2017

Arizona: des avocats pourront aider à faire exécuter leur client

es difficultés qu'éprouvent plusieurs États américains à trouver les produits médicamenteux requis pour procéder à des exécutions par injection létale les poussent à de surprenantes initiatives.
L'avocat fédéral Dale Baich a défendu le prisonnier Joseph Wood, dont l'exécution bâclée en 2014 avait relancé le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.
PHOTO SAMANTHA SAIS, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Les services correctionnels de l'Arizona viennent d'en donner une nouvelle illustration en statuant qu'il sera désormais possible pour les avocats de condamnés à mort de fournir les produits requis pour l'exécution de leurs clients.
Le manuel de procédures, récemment révisé, précise qu'ils peuvent fournir à cette fin du pentobarbital, un sédatif, ou du thiopental sodique, un anesthésiant.
Le document précise que les produits doivent être acquis auprès de pharmacies ou de manufacturiers autorisés et satisfaire à certaines exigences de qualité.
Cette révision des procédures survient alors que l'Arizona doit défendre ses pratiques en matière de peine capitale devant les tribunaux.
L'État avait été plongé dans la controverse en 2014 après l'exécution bâclée de Joseph Wood, qui avait été reconnu coupable d'un double meurtre survenu en 1989.
Dale Baich, avocat fédéral ayant défendu le prisonnier, relate qu'il est mort au bout de deux heures après avoir longtemps cherché son air. Au milieu du processus, ses représentants ont tenté d'obtenir d'un juge que l'exécution soit interrompue, mais en vain.
L'exécution avait été réalisée avec un cocktail médicamenteux « expérimental » utilisant notamment du midazolam comme anesthésiant.
Les autorités se sont engagées depuis à ne plus utiliser ce produit controversé, mais la poursuite lancée pour forcer l'État à revoir ses façons de faire demeure pendante.
« Nous voulons nous assurer que les condamnés à mort ne souffriront pas inutilement si l'Arizona veut procéder à de nouvelles exécutions », explique M. Baich.
En raison notamment d'un embargo imposé par l'Union européenne pour empêcher l'application de la peine de mort, les entreprises qui fabriquaient les produits traditionnellement utilisés par plusieurs États ont cessé leurs exportations vers les États-Unis.
D'autres firmes ont par ailleurs décidé de leur propre chef de ne plus permettre que leurs produits soient utilisés à cette fin, ce qui a généré une pénurie qui favorise les dérapages comme celui survenu dans le cas de Joseph Wood.
Une mesure «ridicule»
L'Arizona, note Me Baich, s'était procuré illégalement du thiopental sodique en Grande-Bretagne en 2011 et avait tenté de le faire de nouveau en 2015 en Inde, avant d'être bloqué par les autorités fédérales.
« Ils n'ont pas aujourd'hui les produits requis pour procéder à des exécutions », souligne l'avocat, qui juge « illégal » et « impraticable » de proposer à des avocats comme lui de combler ce manque.
Robert Dunham, qui dirige le Death Penalty Information Center (DPIC), un groupe de recherche établi à Washington, note que l'idée semble être l'expression de « désespoir » des autorités devant la pénurie.
Les produits utilisés pour l'application de la peine de mort sont contrôlés et ne peuvent, dit-il, être acquis par des avocats. Ces derniers ont par ailleurs le devoir de défendre les intérêts de leurs clients avec zèle.
« Le fait d'aider à les faire exécuter ne s'inscrit pas dans ce mandat. »
Les services correctionnels de l'Arizona - qui n'ont pas répondu aux demandes d'entrevue de La Presse - n'ont pas annoncé officiellement ce qui motive l'adoption de cette mesure inusitée.
Le « ridicule » qui l'entoure assure cependant qu'aucun autre État ne voudra emboîter le pas, relève le directeur du DPIC, qui s'attend à ce que cette disposition soit invalidée par les tribunaux.
L'Arizona n'a pas réalisé de nouvelles exécutions depuis celle de Joseph Wood en 2014, alors que 119 condamnés à mort attendent leur sort en prison.
https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=7443747089020724173#editor/target=post;postID=7224454031928860034
 

jeudi 9 février 2017

Trump nomme le juge Gorsuch à la Cour Suprême : conservateur pro-peine de mort et anti-IVG

Conservateur, notamment partisan de la peine de mort, le juge Neil Gorsuch, 49 ans, a été choisi ce mardi 31 janvier par le président Donald Trump pour occuper le neuvième et dernier poste vacant à la Cour Suprême. Une nomination qui devrait être validée sans difficulté dans les prochaines semaines par le Sénat à majorité républicaine...
’enjeu était de taille. Rétablir la majorité conservatrice à la Cour Suprême, la plus haute institution judiciaire des Etats-Unis, dont les avis rendus dictent l’application des lois outre-Atlantique. Avec la nomination du juge Neil Gorsuch, 49 ans, ce mardi 31 janvier, par le président Donald Trump, la mission a été remplie. Le Sénat, à majorité républicaine, qui doit dans les prochaines semaines confirmer par un vote le choix du président, ne devrait pas en effet s’opposer à l’arrivée de celui d’ores et déjà décrit par le chef d’état américain comme un "esprit brillant", aux "capacités juridiques extraordinaires", et à "la discipline remarquable".
Neil Gorsuch, reconnu pour sa "rigueur intellectuelle" selon l’AFP devrait prochainement prendre la place du juge conservateur Antonin Scalia, décédé en février 2016 et dont le remplacement a suscité une vive polémique l'année dernière, le Sénat ayant alors bloqué la nomination de Barack Obama. Il avait quant à lui choisi Merrick Garland, un juge progressiste, quelques mois avant la fin de son mandat. Antonin Scalia devrait donc avoir un successeur à son image, favorable à la peine de mort mais opposé à l'avortement.
Actuel magistrat à la cour d'appel fédérale de Denver, dans le Colorado, passé par les très prestigieuses universités de Columbia, puis par la Harvard Law School et Oxford, Neil Gorsuch pourrait ainsi devenir le plus jeune juge nommé à la Cour suprême en un quart de siècle. Ces derniers étant nommés à vie, Neil Gorsuch devrait par conséquent avoir plusieurs décennies de décisions devant lui.
De quoi inquiéter les démocrates parmi lesquels le chef des sénateurs de l’aile gauche, Chuck Schumer, qui a dès à présent fait part de ses interrogations quant à la capacité du juge Gorsuch "à défendre vigoureusement la Constitution contre les abus du pouvoir exécutif". "Etant donné son passé, j'ai de sérieux doutes", a ajouté Chuck Schumer.

Le lobby pro-armes applaudit

Son passé et sa carrière semblent cependant avoir été savamment orchestrés. Pas de déclarations fracassantes ni de dérapages. Neil Gorsuch qui pratique, dans le Colorado, la pêche à la mouche et où, avec sa femme Louise et leurs deux filles, il élève des chevaux, des volailles et des chèvres, a semble-t-il gravi les échelons sans faire de vagues. A la Cour Suprême, (déjà) où il a été assistant entre 1993 et 1994, puis comme avocat d'affaires dans un cabinet privé, et au ministère de la Justice sous la présidence de George W. Bush. Celui-ci l’ayant d’ailleurs nommé à la cour d'appel de Denver, où il sera confirmé en 2006.
Pour explorer les opinions très conservatrices du probable futur juge, il faut se pencher sur ses écrits et jugements. Ce dernier a effectivement rédigé, entre autres, un livre développant des arguments contre l'euthanasie et a soutenu des entreprises qui refusaient de fournir une couverture santé incluant une contraception à leurs employées, détaille l’AFP. Quant aux droits des femmes et en particulier le droit à l’avortement, c’est dans ce livre sur l'euthanasie comme le rappelle le Huffington Post, que les défenseurs de l’IVG puisent leurs craintes.
"Tous les êtres humains ont une valeur intrinsèque et qu'une tierce personne retire volontairement une vie humaine est toujours une erreur", écrit de fait Neil Gorsuch dans l'ouvrage.
Autre signe qui ne trompe pas, le puissant lobby pro-armes américain, la NRA, a chaudement "applaudi" sur Twitter le choix de Donald Trump. "Des millions d'électeurs ont dit que c'était le sujet le plus important pour eux lorsqu'ils m'ont élu", a rappelé à ce propos Donald Trump lors de l’annonce de la nomination.
Reste désormais aux sénateurs démocrates la possibilité de gagner du temps en retardant le plus possible l’audition de Neil Gorsuch...
http://www.marianne.net/trump-nomme-juge-gorsuch-cour-supreme-conservateur-pro-peine-mort-anti-ivg-100249584.html

Slam, peine de mort et préparation au bac à Saint-Vincent de-Tyrosse (40)

Les lycéens restituaient cette semaine des ateliers d’écriture et de slam, à Pôle Sud.

Les élèves de terminale du lycée Sud Landes, de Saint-Vincent-de-Tyrosse, ont vraiment beaucoup de chance. Ils ont pu préparer une  des épreuves d’anglais du bac, à travers des ateliers d’écriture et de slam, encadrés par les membres de l’association Effort2 conscience, grâce également à la proximité de Pôle sud et de ses possibilités techniques et artistiques.



Ils ont ainsi pu travailler et réfléchir sur le sujet de la peine capitale aux Etats Unis, bénéficiant en prime de  la présence et du témoignage de Caroline Planque, photographe auteur de l’exposition "Until death do us part" ("Jusqu’à ce que la mort nous sépare").  Tout cela relève quasiment d’un  privilège qu’ils doivent à l’origine à  l’engagement de leurs professeurs d’anglais Sarah Colmache, Mathieu Vandorpe et Jean-Michel Gutierrez. Ceux ci ayant pu compter sur  le  soutien de leur établissement et la volonté de Pôle sud de jeter des pont entre les deux bâtiments, tout proches.














En trois étapes, ce projet a démarré le 11 janvier avec l’écriture de textes par six classes de terminale. Il s’est achevé lundi et mardi, avec la restitution du travail en ateliers (voir vidéo) et une conférence-débat avec Caroline Planque. Mais il y aura sans doute des suites possibles,
comme l’enregistrements des textes "slamés".