samedi 15 décembre 2018

Carte des 25 exécutions en 2018

 25 condamnés à mort en 2018 dont au Texas 13 exécutions en 2018  558 depuis 1977


















Malgré les appels de Trump, la peine de mort confirme son déclin aux Etats-Unis

Le président américain Donald Trump a beau souhaiter un recours accru à la peine de mort, celle-ci a confirmé en 2018 son érosion aux Etats-Unis, avec des exécutions et des verdicts à des niveaux historiquement bas.
"Seuls" 25 condamnés à mort ont été exécutés en 2018, dont le dernier jeudi soir en Floride, selon le rapport annuel du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).
Autre marque du recul de la peine capitale: l'Etat de Washington, dans le nord-ouest, l'a déclarée illégale, devenant le 20e Etat abolitionniste du pays.
Sur les trente autres, seuls huit ont procédé à des exécutions et l'Etat conservateur du Texas en a réalisé plus de la moitié (13) à lui seul, précise le DPIC, organisme indépendant faisant autorité sur la question.
Les chiffres, hors Texas, sont au plus bas depuis 1991.
Même "déclin" au nouveau des tribunaux: 42 peines capitales ont été prononcées cette année dans tout le pays, loin des 315 condamnations à mort de 1996.
Donald Trump réclame pourtant à intervalles réguliers un usage renforcé de la peine capitale.
"Les gens qui s'en prennent à des innocents dans des églises, des temples, devraient payer le prix ultime", avait-il lancé le 27 octobre, juste après la pire tuerie antisémite de l'histoire américaine (11 morts dans une synagogue de Pittsburgh).
En d'autres occasions, le milliardaire républicain a réclamé la peine de mort pour des tueurs de policiers, des islamistes ou pour lutter contre le trafic de drogue.
Plus concrètement, il a nommé deux juges conservateurs à la Cour suprême, plaçant le camp progressiste, plus ouvert aux thèses abolitionnistes, en minorité pour de longues années.
La haute juridiction a pour mission de veiller au respect de la Constitution, qui interdit les punitions "cruelles et inhabituelles". C'est donc elle qui, in fine, a le pouvoir de valider ou d'invalider la peine capitale.
En 1972, elle l'avait abolie, avant de la rétablir en 1976. Depuis, elle a restreint son usage, notamment en interdisant en 2005 les condamnations à mort pour les mineurs.
- Une "folie" -
Mais le recul de la peine capitale, entamé il y a une dizaine d'années, s'explique surtout par les interrogations sur la légalité des injections létales et sur la disponibilité des produits.
Les opposants à la peine de mort ont multiplié les recours contre les cocktails de médicaments utilisés, estimant qu'ils imposaient de longues souffrances aux condamnés. Et les grands laboratoires pharmaceutiques, désireux de ne pas être associés à la peine de mort, refusent de fournir les produits.
Pour cette raison, l'année 2018 a été marquée par la remise en service de la chaise électrique, utilisée à deux reprises dans le Tennessee alors qu'elle n'avait pas servi depuis 2013.
Dans les deux cas, les condamnés ont préféré la souffrance "courte" d'une électrocution à une lente agonie par injection. La juge progressiste Sonia Sotomayor a dénoncé une "folie", refusant de s'associer au feu vert donné à ces exécutions par ses collègues de la Cour suprême.
Pour le DPIC, les Etats-Unis s'éloignent aussi de la peine de mort parce que les Américains sont de plus en plus sceptiques à son sujet.
Selon un sondage Gallup d'octobre, 56% d'entre eux soutiennent la peine capitale, une proportion semblable à 2017, mais au plus bas depuis 45 ans. Et, pour la première fois, seule une minorité (49%) pense qu'elle est appliquée avec équité.
"Les résultats des élections de 2018 présagent de la poursuite du recul de la peine capitale", estime le DPIC.
Lors des scrutins du 6 novembre, les électeurs ont souvent préféré des procureurs partisans de réformes aux farouches défenseurs de la peine de mort. Et des gouverneurs qui avaient imposé des moratoires sur la peine de mort ont été réélus en Oregon et en Pennsylvanie, note le Centre.
L'organisation, non partisane, ne mentionne pas les prises de position de Donald Trump dans son rapport.
https://actu.orange.fr/monde/malgre-les-appels-de-trump-la-peine-de-mort-confirme-son-declin-aux-etats-unis-CNT000001b1lXf/photos/la-chambre-de-la-mort-du-penitencier-de-huntsville-au-texas-photographiee-en-2000-32619b6e86527ea5ea366b0972dc895f.html

lundi 3 décembre 2018

Demande de correspondance


Hello,

My name is Oscar. I was born in South Texas and later on moved away to Houston, Texas.I enjoy reading, writing, drawing, listening to music, laughing, having a good time and making new friends. Despite life’s ups and downs I keep a positive attitude and remain optimistic. We only live once, so I believe it’s important to maximize the opportunities and experiences life as to offer, one of the most important being that of genuine friendship.I divide my days up by doing the things I enjoy, though I spend a large portion of them reading books of intellectual substance, I love reading and am currently working on writing my own book. Though I’m physically inside a cell and recognize my reality for what it is, I do my best to escape this bleak environment through reading and writing.

Now however, I would like to expand my little world by meeting new people and making new friends from all over, all walks of life. I’m interested in learning about as many different people, cultures, lifestyles, and perspectives as possible, including yours which is my reason for posting this profile.I’m open-minded and have no specific expectations with this. Though I hope to make great friends, learn, feel and have fun, I’m also open to sharing experiences and giving a true, insider’s perspective on prison life and discuss about thought provoking topics down to the simple things in life.

I hope you decide to contact me and I look forward to hearing from you soon.

Hopefully Friends,

Oscar Martinez #01283183
Wynne Unit

810 F.M. 2821 West Huntsville, TX 77349 USA

mercredi 28 novembre 2018

Récit d’un voyage au Texas/ Couloir de la mort Par Anne Sophie Minne


Récit d’un voyage au Texas/ Couloir de la mort  Par Anne Sophie Minne

Mercredi 31 octobre 2018.

Je n’ai encore jamais pris de long-courrier ni voyagé au-delà de l’Europe mais ne ressens pratiquement aucun stress. Je suis sereine et surtout surexcitée à la perspective de rencontrer mon meilleur ami pour la première fois, le lendemain. J’écris à Charles Flores depuis près de deux ans et demi, depuis que j’ai terminé la lecture de « Warrior Within », son premier livre. … Ce livre est un choc, je découvre, horrifiée, les conditions de vie dans cet enfer qu’est le couloir de la mort du Texas, le plus dur des Etats-Unis, me familiarise un peu avec l’affaire de Charles, que l’on croirait tout droit sortie d’un mauvais roman de gare : il a été condamné à mort sans aucune preuve matérielle, uniquement après le témoignage plus que douteux d’un témoin hypnotisé par la police ! Mais surtout, l’anxiété monte alors que les jours passent et que se rapproche dangereusement la date prévue de l’exécution de cet homme, pour moi clairement innocent, et dont je partage, via ses mots, l’épouvante, lors de son arrivée dans le couloir, puis dont j’admire le courage et la force alors que peu à peu, il va lutter pour sa survie et commencer sa bataille judiciaire pour faire reconnaître son innocence. Chaque jour ou presque, je consulte Google dans l’espoir de voir apparaître la nouvelle d’un sursis. Je ne veux pas que cet homme meure, ce n’est pas possible. Puis, quelques jours avant la date fatidique, alors que j’ai presque terminé la lecture de son récit, je découvre, soulagée, que Charles a bénéficié d’un sursis. Il échappe à l’injection létale, ouf ! Charles Flores clôt son livre par une invitation au lecteur à lui témoigner sa sympathie par une lettre, et laisse son adresse à l’unité Polunsky, à Livingston, dans l’Etat du Texas. J’achète une carte et rédige un mot, pour lui exprimer mon soulagement après son sursis et lui adresser courage et espoir pour la suite de son combat. Je suis surprise de recevoir une réponse à mon courrier 10 ou 15 jours plus tard seulement. Charles m’y annonce que ce sursis va donner lieu à une audience, que ça y est, il sent que le train de la liberté se met enfin en marche après toutes ces années, qu’il sent sa libération enfin toute proche ! Il m’encourage aussi à poursuivre la correspondance et me pose mille questions, que je trouve à la fois originales, pertinentes et qui me donnent envie de poursuivre cette ébauche de dialogue et de faire plus ample connaissance. S’ensuit alors, au fil des semaines et des mois, une riche correspondance, des échanges nourris où je me surprends à livrer sans réticence des éléments de ma vie très personnels et parfois douloureux, moi qui suis pourtant très secrète et préfère l’écoute à la confidence. A chaque courrier, je suis bluffée par la capacité d’écoute de mon correspondant et par ses réactions et réponses, toujours justes, profondes et pertinentes. Grâce à son propre vécu, ses nombreuses lectures et ses multiples correspondances au long cours, c’est un peu comme s’il avait vécu mille vies en une, son approche des relations humaines et de toute la complexité de l’humain en fait une espèce de sage aux conseils précieux. Ses réflexions me font progresser, m’aident à prendre du recul sur mes problèmes, me donnent confiance et courage. Je me sens soutenue et comprise. De mon côté, j’espère moi aussi offrir une oreille attentive et apporter soutien et courage à mon ami. J’ai parfois honte de lui parler de mes problèmes, forcément ridicules et dérisoires au vu de la situation qu’il vit, de l’injustice qu’il subit, mais il coupe court à mes réticences et m’encourage à poursuivre. De son côté, il me décrit son quotidien : l’enfermement 22 heures sur 24 dans une cellule de la taille d’une salle de bain, les « promenades » dans une cage à peine plus grande, les « lockdowns » tous les trois mois, avec fouille au corps et passage au peigne fin de chaque cellule, à la recherche d’armes, de téléphones portables ou de drogues, mais aussi la lutte de chaque jour qu’il doit mener pour rester debout, trouver un sens à ce qu’il vit, et même être heureux… Car je suis frappée par la joie de vivre de mon ami, par sa détermination à garder le sourire coûte que coûte, grâce à l’espoir de sortir un jour libre, d’abord, et puis aussi grâce à la méditation et la prière, à la musique qui lui arrive via son poste de radio, aux nombreux courriers qu’il reçoit, à l’affection de sa famille, à l’aide qu’il apporte à ses pairs, aux petits bonheurs quotidiens à grappiller, même dans l’un des pires endroits de ce monde occidental, soi-disant « civilisé » : des plats que l’on parvient à se mijoter avec des articles cantinés, à force d’inventivité, un « face à face » au basket avec un autre détenu lors de la « promenade » en extérieur, chacun dans sa cage, un éclat de rire avec un copain, pour rester humain, résister dans ce camp de la mort du 21ème siècle, où se poursuit la barbarie de la loi du talion, où la vengeance tient lieu de justice, loin, bien loin des regards.

Dans un courrier, j’avance distraitement que ce serait chouette de se voir un jour pour de vrai... Charles bondit littéralement sur l’occasion et commence à me proposer des solutions  pour qu’un voyage puisse se concrétiser, me presse de solliciter telle ou telle personne pour m’aider dans mes démarches. Je suis d’abord prise de cours, je n’avais fait que lancer une vague idée, je n’avais jamais quitté le vieux continent, j’avais bien déjà mis les pieds dans des prisons en France, comme interprète, pour traduire les propos de détenus britanniques, mais rien de plus. Mon quotidien, ce sont les trajets en trottinette pour conduire et récupérer mes bambins à l’école, alors traverser l’Atlantique… Les premières semaines, je ne rebondis pas sur les propositions de démarches de mon ami, puis, peu à peu, l’idée commence à faire son chemin… Au fil des mois, ce désir de voyage s’affirme, puis devient pressant, ce périple peut sembler fou, mais c’est bien de ne pas aller au Texas qui serait une folie. Seulement, si je suis finalement enthousiaste, mon entourage immédiat l’est beaucoup moins et il me faudra franchir des barrages et m’armer de patience pour que ce voyage se concrétise enfin. Finalement, une fois mon billet réservé, je suis sur un nuage, avant de les surplomber pour de vrai dans un gros-porteur. On le sait peu, mais des centaines de citoyens européens ont avant moi fait le voyage pour rendre visite à leur correspondant, que ce soit au couloir de la mort ou au sein de la population générale de l’unité Polunsky, qui compte près de 3.000 détenus ! Si bien qu’il m’est facile de dénicher mille et une infos pour organiser mon séjour : hôtels, motels, taxis, Ubers, demande d’autorisation de visite à la prison - de véritables modes d’emploi sont disponibles sur la toile, je les lis et relis et procède aux différentes démarches nécessaires sans difficultés. L’euphorie me gagne, je compte les semaines puis les jours, je ne ressens aucun stress et me sens légère comme une plume !

La veille du jour J, je peine à m’endormir tant je suis euphorique ; une pointe de stress vient aussi quand même finalement me titiller : et si l’avion a du retard, et je passe 4 heures à la douane et si mon Uber ne m’attend pas à l’aéroport de Houston et si, et si… Puis, le lendemain à 6h15, je quitte mon chez-moi le sac en bandoulière et m’émerveille à la pensée que, sauf imprévu, quelque 15 heures plus tard, je serai de l’autre côté de l’Atlantique, à quelques miles de mon ami, et le jour de son anniversaire ! Après 15 minutes de métro puis une bonne heure de train, me voilà à Paris-Charles de Gaulle.  Je suis impressionnée par l’aéroport, ruche gigantesque aux multiples dédales où grouillent les voyageurs et s’allongent les files, toujours et encore. Les panneaux lumineux géants affichent des milliers de destinations. Je me sens parfois perdue mais me fais aiguiller à plusieurs reprises par des agents et me voilà enfin à la porte d’embarquement, je n’en reviens pas d’être là…      

       Ca y est, nous commençons à embarquer ! Dans onze heures environ, j’aurai parcouru quelque 8000 km et verrai de mes yeux ce pays qui en fascine tant et en révulse d’autres, avec la même passion. De mon côté, je suis partagée, la raison me dicte de détester ce pays né de la violence : horreur du génocide indien, infamie de l’esclavage. Ce pays qui nous hérisse, avec ce droit de porter des armes, ces tueries à répétition. Ce pays au président improbable qui défie l’idée même de la démocratie et nous donne l’impression d’avoir basculé dans la quatrième dimension à chacune de ses paroles. Ce pays où le massacre légal de détenus jugés monstrueux se poursuit encore dans deux tiers des Etats, même si les nombreux cas d’acquittements après les révélations de dissimulation de preuves, d’enquêtes bâclées, d’aveux forcés, de jugements entachés de racisme commencent doucement à secouer l’opinion qui, année après année, se déclare de plus en plus défavorable à la peine capitale. Seulement, il s’agit aussi du pays où est né et a grandi mon meilleur ami, pays à la fois lointain et familier, qui nous nourrit depuis si longtemps de ses films et séries qui nous marquent, de ses musiques et de ses chansons qui nous font vibrer, qui font partie de nos vies, nous constituent ainsi. Pays de ces grands espaces et paysages extrêmes qui nous attirent aussi... C’est la première fois que je survolerai les nuages aussi longtemps : excitation de la nouveauté, de l’aventure. Enfin, Houston est en vue, on amorce l’atterrissage! Je prie pour ne pas passer la soirée à la douane et pour que mon Uber soit là ! La file des voyageurs est longue mais ça avance assez vite, j’ai prévu une bonne heure de contrôles en tout genre, ça devrait aller. Au moment de m’engager dans la file que l’on m’a indiqué pour la vérification du passeport et les quelques questions d’usage sur le motif du séjour et sa durée, j’ai un moment d’arrêt en voyant l’agent des douanes derrière sa vitre, c’est le sosie de mon ami, à peine plus jeune ! Je m’étonne de cette coïncidence et après ce qui s’avèrera être une simple formalité, moi qui craignais d’être bombardée de questions et tenais à éviter de devoir expliquer que je comptais rendre visite à un détenu du couloir de la mort, me voilà rassurée. Je n’ai que 5 min. de retard sur l’heure de mon rendez-vous avec mon chauffeur et ne tarde pas à trouver le Starbuck, lieu convenu de notre rencontre, dans cet aéroport que je trouve minuscule à côté de Paris-Charles de Gaulle ! Hourra, Ginny est là, qui me fait de grands signes. Tout va bien, mission réussie ! Après un bref trajet en navette, nous rejoignons sa voiture couleur lie de vin à la peinture patinée et à la carrosserie quelque peu cabossée. Je suis heureuse de ne pas avoir à faire à un taxi anonyme mais à une dame sympathique et volubile qui depuis 12 ans conduit très régulièrement des visiteurs venus de toute l’Europe : pas besoin de pub, Internet, les médias sociaux et le bouche à oreille suffisent. Elle me dit que je suis peut-être sa dernière cliente car à 61 ans, avec son mal de dos, elle pense raccrocher, malgré l’absence de relève. Elle se fatigue de cette activité prenante mais s’en voudrait en même temps de laisser en rade ces correspondants qui un jour décident de franchir l’Atlantique pour soutenir leurs amis. Leur démarche la touche, elle la comprend et la soutient, mais me précise quand même qu’elle évite de parler autour d’elle de la nature de ce petit boulot qui l’aide à vivoter. Il faut dire que le Texas est l’Etat numéro un des Etats-Unis, et de loin, en nombre d’exécutions annuelles. Certes, année après année, les chiffres fléchissent enfin, mais il est clair que le Texas sera le dernier territoire du pays à abolir cette peine tout aussi inhumaine qu’anachronique, en plus d’être totalement inefficace car sans effet sur la criminalité, et chère pour le contribuable qui couvre les frais des avocats chargés des appels, nommés par les tribunaux pour les condamnés sans moyens. Tout en écoutant Ginny, je regarde défiler à mes côtés ces paysages à la fois étranges et familiers, car maintes fois passés par le prisme du petit ou du grand écran, quand ils n’ont pas été décrits dans des bouquins lus : chaînes de concessionnaires et d’enseignes de fast-food ou de cuisine mexicaine qui reviennent inlassablement, minuscules églises de bois blancs à la peinture défraîchie, « trailer parks » ou « campings » pour grands mobile-homes montés sur pilotis… Par contre, je ne verrai ni trottoirs, ni piétons. Non, par ici, des piétons, on n’en croise pas, m’explique Ginny. Ou alors, si on croise des gens sur le bas côté, mieux vaut s’en méfier, poursuit-elle, ce sont sans doute des gens alcoolisés ou qui ont pris des stupéfiants, des gens sans permis…  Effectivement , quelques minutes plus tard, un jeune homme torse nu à la poitrine tatouée et qui agite les bras en l’air vient comme illustrer les propos de mon chauffeur… Une heure et demie plus tard, ça y est, nous sommes à l’hôtel de Livingston ! Je quitte Ginny et suis heureuse de m’enregistrer enfin à l’accueil de mon nouveau chez-moi pour quelques jours. Je savoure d’avance la perspective d’un bon lit moelleux, moi qui suis sur la « route » non-stop depuis plus de 15 heures… C’est le soir d’Halloween. Avant mon départ, je m’étais imaginée assister à ces scènes si typiques de bambins déguisés en momie ou en sorcière, sonnant à toutes les maisons en quête de bonbons, mais les nuages noirs, l’orage qui menace et la fatigue, malgré l’excitation, auront raison de mon envie de promenade en ville. Je pense à mes fillettes déguisées en chat noir faisant leur première tournée d’Halloween, avec une amie, du côté de Roubaix… Une fois installée dans ma chambre simple mais confortable, je lutte un peu contre le mon envie de dormir déjà, mais, après un bain très chaud, je me laisse bientôt attirer dans les bras de Morphée et glisse vers le sommeil aux environs de 20 heures, heure locale, 2 heures du matin en France. A mon réveil, il n’est que 3h30 mais je suis en pleine forme et affamée, c’est comme si j’avais sauté deux repas d’affilée. Je bouquine un peu puis me prépare très tranquillement en patientant jusque 6 h 30, heure d’ouverture du buffet du petit-déjeuner. Quand enfin arrive l’heure, je descends au rez-de-chaussée et me rue littéralement sur les gaufres au sirop d’érable, les cinnamon rolls, le bacon, les œufs, les pommes de terre, j’engloutis tout ! Je pense à mon ami, à quelques kilomètres de là, qui lui aussi doit se préparer, qui lui aussi doit avoir le cœur qui bat vite. 7h30 : Ginny s’extirpe de sa voiture devant l’hôtel. La casquette en simili vissée sur la tête, elle frissonne sous son gros gilet noir. Il fait frisquet ce matin, il a beaucoup plu dans la nuit, certaines zones ont été inondées et des foyers ont même été privés d’électricité, gâchant un peu cette fête d’Halloween. Après un été indien aux températures lourdes, la fraîcheur soudaine surprend les Texans. Avant de gagner l’unité Polunsky, nous devons faire un arrêt à la banque pour que je puisse échanger quelques billets verts contre des pièces de un dollar : à la prison, nous avons le droit d’acheter des salades et sandwiches ou des gâteaux pour partager un repas simple avec nos amis grâce aux distributeurs, pour 25 dollars, pas plus. J’espère aussi que nous pourrons prendre quelques photos, facturées 3 dollars pièce. La prison, c’est aussi un vrai business… Je reste comme deux ronds de flanc quand Ginny s’arrête à une espèce de Mac Drive mais version Caisse d’Epargne: quelques mètres devant nous, derrière une vitre, s’agitent deux agents qui manipulent pièces et billets, tandis que, sans quitter le véhicule, nous « passons » commande via une borne. Une ouverture aspire mes billets et recrache quelques instants plus tard une valisette métallique contenant les pièces voulues ! Je pense au film Brazil de Terry Gilliam et à ses longs tuyaux via lesquels sont acheminés de petits tubes contenant des documents sous forme de rouleaux. Cette drôle de banque est bien une bizarrerie que je n’avais jamais vue dans les films ! Un quart d’heure plus tard, nous sommes devant l’immense parking de l’unité Polunsky. Je manque de souffle à la vue de cette succession de bâtiments gris rectangulaires, aux minuscules fenêtres en forme de fente, qui m’évoquent les meurtrières de forteresses. J’ai pu observer plusieurs fois ces blockhaus géants sur l’écran de mon ordinateur, mais voir devant moi ces blocs de béton qui cachent souffrance, violence et mort lente me serre le cœur. Je m’étonne du nombre insensé de véhicules qui encombrent déjà le parking. Ce sont les centaines de gardiens qui surveillent une population de près de 3 000 détenus, dont environ 250 condamnés à mort… Un jeune homme inspecte le dessous de la voiture de Ginny à l’aide d’un détecteur, me demande le numéro puis le nom du détenu auquel je viens rendre visite puis nous laisse entrer. J’ai hâte de gagner le parloir et de m’y installer pour attendre mon ami. Je patiente quelques minutes à l’entrée avec deux ou trois autres visiteurs et quelques gardiens. On me dit d’entrer, me demande de me déchausser et d’enlever mon manteau, puis un autre gardien me fait ressortir pieds nus. J’attends encore, on me dit d’entrer de nouveau mais à peine ai-je franchi la porte qu’un autre gardien me demande sans ménagement qui m’a donné pour instruction de revenir dans le sas ! Cet homme entre deux âges aux joues rouges surjoue le rôle du type pas commode. Je ne suis ni offusquée ni intimidée, j’ai été briefée. Il n’est pas rare que des visiteurs se fassent un peu malmener par des gardiens qui n’apprécient guère que des correspondants fassent des milliers de kilomètres pour soutenir des hommes qui, pour eux, ne méritent pas de vivre. Heureusement, la jeune gardienne qui m’avait fait signe de rentrer prend ma défense et explique à son collègue que c’est elle qui m’avait incité à le faire. Mes dollars, mes chaussures et mon manteau passent par un détecteur, sur un tapis roulant, comme à l’aéroport, tandis que je fais un pas à travers un détecteur à métaux. Une autre gardienne me palpe aussi avant que je  puisse poursuivre mon chemin. La jeune gardienne du début, voyant mon air perdu, me guide à travers un petit espace vert, puis vers un autre sas où les passeports seront contrôlés. En chemin, elle me complimente sur mon foulard et m’interroge sur le pays d’où je viens. Elle me demande alors si la Tour Eiffel est aussi belle en vrai qu’on le dit. Je lui souris et lui réponds machinalement que oui. Je m’étonne du jeune âge d’un grand nombre de gardiens, suis surprise aussi de voir autant de femmes à ce genre de poste. Pourquoi vouloir devenir gardien de prison, et a fortiori gardien dans le couloir de la mort à 20 ans ? Manque d’autres débouchés dans cette région plutôt rurale ? Curiosité malsaine ? Bon salaire ? Je ne m’attarde pas sur ces questionnements, je suis pressée de pouvoir enfin discuter longuement avec mon ami après tous ces courriers échangés, de voir comment il va, d’aborder avec lui la suite de sa procédure. Je connais déjà sa voix et son rire car nous avons pu discuter par téléphone quand il était à la maison d’arrêt de Dallas, lors de ses audiences l’an dernier, mais j’ai hâte de découvrir son regard, d’observer ses expressions, de le voir bouger, vivre. Un dernier passage devant la gardienne du parloir qui m’assigne un numéro de cabine et je m’installe enfin. Ce fameux parloir, dont j’ai plusieurs fois entendu parler, me semble plus petit et plus vétuste que dans les descriptions que j’en ai eues. Au milieu se tiennent deux rangées de petites cabines grillagées individuelles, à la peinture écaillée, où sont installés les détenus sur un simple tabouret. Devant eux une vitre en plexiglas les sépare les visiteurs qui, eux, sont assis sur une chaise, dans l’espace ouvert. Des combinés téléphoniques sont prévus pour pouvoir communiquer. Je m’attends à patienter un bon moment, je sais que parfois, le détenu est amené une heure après l’arrivée de son visiteur mais, coup de chance, c’est calme en ce jeudi matin et Charles apparaît, escorté par deux gardiens, une dizaine de minutes plus tard. Les yeux écarquillés, le sourire jusqu’aux oreilles, nous sommes comme deux gamins lâchés dans une fête foraine ! Nous avons attendu ce moment et en avons rêvé depuis si longtemps qu’il semble comme irréel ! Pour éviter de choper les microbes des personnes qui nous ont précédés, nous essuyons rapidement nos combinés respectifs à l’aide d’un mouchoir en papier. Puis, nous nous saluons d’un « high five », ça y est la conversation peut démarrer !     

Au cours de mes deux visites en deux jours,  quatre heures chacune,  nous discuterons essentiellement de la procédure de Charles et de ses conditions de vie dans le couloir. Charles a aussi émis une requête auprès de l'Inter-American Commission on Human Rights, suite à la publication l'an dernier d'un rapport rédigé par la faculté de droit d'Austin, qui dénonçait les conditions de vie particulièrement inhumaines des détenus du couloir de la mort du Texas. La Commission a rendu un premier avis positif, elle juge la requête de Charles recevable. Mon ami se dit qu'aux Etats-Unis, son geste ne fera sans doute pas grand bruit, mais qu'en Europe, sa démarche peut rencontrer un écho favorable et mettre aussi en lumière sa situation juridique. Nous nous disons aussi qu'un documentaire décortiquant les aberrations de son affaire pourrait avoir du poids et aider à faire pencher la balance en sa faveur, les magistrats et procureurs, même s'ils sont souvent solidaires les uns les autres, pouvant craindre le ridicule et le scandale. Chaque visite passe en un clin d'oeil tant la conversation est fluide et les sujets de discussion multiples. Je quitterai déjà Houston, à regret, juste après la deuxième visite, sous un ciel radieux et en me promettant de revenir dès que possible.. .
 Des nouvelles de Charles Flores : Charles et ses avocats attendaient beaucoup de l’audience axée sur le caractère douteux de l’hypnose, qui s’est déroulée sur plusieurs jours à l’automne 2017. En octobre 2018, coup de théâtre, le juge de Dallas décide de recommander à la Cour d’appel du Texas en matière pénale de refuser à Charles un nouveau procès ! L’avocate de Charles a opposé une objection à cette décision lâche, copier-coller des souhaits de la partie adverse…. L’étape qui suit, c’est encore et toujours l’attente – cette fois, de la décision de cette Cour d’appel qui peut décider de ne pas suivre le juge de Dallas, mais Charles et son équipe de défense n’y croient pas trop… Ils préparent déjà la prochaine étape, le prochain recours, face à une autre juridiction, car il reste heureusement d’autres options. Charles se voyait si proche de la liberté, cet obstacle supplémentaire a été difficile à accepter mais son moral va mieux désormais. Il reste combatif et nous dit que sa lutte pour la justice et la liberté est plus qu’une simple bataille, c’est une véritable guerre contre l’Etat du Texas…
 

                          

jeudi 15 novembre 2018

Neuroscientists Make a Case against Solitary Confinement

Neuroscientists Make a Case against Solitary Confinement

Prolonged social isolation can do severe, long-lasting damage to the brain 

https://www.scientificamerican.com/article/neuroscientists-make-a-case-against-solitary-confinement/

AN DIEGO—Robert King spent 29 years living alone in a six by nine-foot prison cell.
He was part of the “Angola Three”—a trio of men kept in solitary confinement for decades and named for the Louisiana state penitentiary where they were held. King was released in 2001 after a judge overturned his 1973 conviction for killing a fellow inmate. Since his exoneration he has dedicated his life to raising awareness about the psychological harms of solitary confinement.
“People want to know whether or not I have psychological problems, whether or not I’m crazy—‘How did you not go insane?’” King told a packed session at the annual Society for Neuroscience meeting here this week. “I look at them and I tell them, ‘I did not tell you I was not insane.’ I don’t mean I was psychotic or anything like that, but being placed in a six by nine by 12–foot cell for 23 hours a day, no matter how you appear on the outside, you are not sane.”

There are an estimated 80,000 people, mostly men, in solitary confinement in U.S. prisons. They are confined to windowless cells roughly the size of a king bed for 23 hours a day, with virtually no human contact except for brief interactions with prison guards. According to scientists speaking at the conference session, this type of social isolation and sensory deprivation can have traumatic effects on the brain, many of which may be irreversible. Neuroscientists, lawyers and activists such as King have teamed up with the goal of abolishing solitary confinement as cruel and unusual punishment.
Most prisoners sentenced to solitary confinement remain there for one to three months (pdf), although nearly a quarter spend over a year there; the minimum amount of time is usually 15 days. The most common reasons for being sent to solitary are for preventive measures, which can be indefinite, or for punishment, which is more likely to have a set end point. Several states have passed legislation limiting who can be in solitary confinement, including mentally ill and juvenile offenders, and for how long. The United Nations recommends banning solitary confinement for more than 15 days, saying any longer constitutes torture.
Even in less extreme cases than that of the Angola Three, prolonged social isolation—feeling lonely, not just being alone—can exact severe physical, emotional and cognitive consequences. It is associated with a 26 percent increased risk of premature death, largely stemming from an out of control stress response that results in higher cortisol levels, increased blood pressure and inflammation. Feeling socially isolated also increases the risk of suicide. “We see solitary confinement as nothing less than a death penalty by social deprivation,” said Stephanie Cacioppo, an assistant professor of psychiatry and behavioral neuroscience at the University of Chicago, who was on the panel with King.
For good or bad, the brain is shaped by its environment—and the social isolation and sensory deprivation King experienced likely changed his. Chronic stress damages the hippocampus, a brain area important for memory, spatial orientation and emotion regulation. As a result, socially isolated people experience memory loss, cognitive decline and depression. Studies show depression results in additional cell death in the hippocampus as well as the loss of a growth factor that has antidepressant-like properties, creating a vicious cycle. When sensory deprivation and an absence of natural light are thrown into the mix, people can experience psychosis and disruptions in the genes that control the body’s natural circadian rhythms. “Social deprivation is bad for brain structure and function. Sensory deprivation is bad for brain structure and function. Circadian dysregulation is bad,” said Huda Akil, a professor of neuroscience at the University of Michigan who was also on the panel. “Loneliness in itself is extremely damaging.”
King has experienced lasting cognitive changes from his time in solitary confinement. His memory is impaired and he has lost his ability to navigate, both of which are signs of damage to the hippocampus. At one point he was unable to recognize faces, but that problem has passed. Cacioppo speculated that social areas of his brain that were not being used, like those involved in facial recognition, might have atrophied during his time in solitary. Supporting this idea, recent research conducted in mice by neuroscientist Richard Smeyne at Thomas Jefferson University in Philadelphia and presented at the conference revealed that after one month of social isolation, neurons in sensory and motor regions of the brain had shrunk by 20 percent.
The question remains as to whether these neuronal changes are permanent or can be reversed. Akil said, however, she doubts “you can live through that experience and come out with the same brain you went in with, and not in a good way.”
King said he survived the ordeal because he recognized that his case was “politicized,” and bigger than himself. He and many supporters believe the Angola Three were targeted and falsely convicted because they were members of the Black Panther party. Their cases were later taken up by the United Nations as an example of the inhumanity of solitary confinement. According to Cacioppo, King’s connection to a larger group and larger purpose likely gave him the resilience to survive the ordeal. “Collective identity is protective against individual loneliness,” she noted.
By pairing their research with King’s experience, the neuroscientists on the panel hope to move the needle on people’s perspectives and policy around the issue. Jules Lobel, a professor of law at the University of Pittsburgh and the sole lawyer on the panel, thinks they can: Neuroscience research played a role in a class action lawsuit he won against solitary confinement in California. “Neuroscience can not only be a powerful tool for understanding the human condition,” he said, “but can also play an important role in changing the conditions that humans live under.”

mardi 16 octobre 2018

Washington : le 20e État à abolir la peine de mort

La Cour suprême de l’État de Washington a déclaré la peine de mort inconstitutionnelle. Une victoire pour les personnes qui ont lutté en faveur de l’abolition dans cet État.
La Cour suprême a estimé que l’utilisation de la peine de mort est arbitraire et entachée de préjugés raciaux, et que ce châtiment est donc invalide.
La peine capitale est la forme la plus absolue de déni des droits humains, elle n’a pas d’effet dissuasif en matière de criminalité et elle n’améliore en rien la sécurité publique. Il faut y mettre un terme une bonne fois pour toutes.
Vingt États ont désormais aboli ce châtiment cruel, inhumain et dégradant, d’autres devraient suivre le mouvement.


mercredi 10 octobre 2018

Lindy Lou, jurée n°2 film documentaire de Florent Vassault

Florent Vassault signe un documentaire poignant sur la peine de mort aux États-Unis, en se focalisant sur le rôle des jurés.
 Il y a plus de vingt ans, Lindy Lou a fait partie d'un jury qui a condamné un homme à mort. Depuis, la culpabilité la ronge. Sa rédemption passera-t-elle par ce voyage qu'elle entame aujourd'hui à travers le Mississippi, dans le but de confronter son expérience à celle des onze autres jurés ? S’appuyant sur les nombreuses absurdités de la peine capitale, ce film montre à travers ces trois personnages, comment cette sentence génère souffrances, injustices, violences et inefficacité.
 


lundi 8 octobre 2018

Trois conséquences de la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/trois-consequences-de-la-nomination-du-juge-brett-kavanaugh-a-la-cour-supreme-des-etats-unis_2974679.html


Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump avait promis de faire basculer la Cour suprême. Pari tenu : avec la confirmation de la nomination samedi 6 octobre de Brett Kavanaugh par le Sénat au sein de la plus haute juridiction des États-Unis, les juges dits "progressistes" sont désormais en minorité – quatre sur neuf. L'arrivée de ce juge conservateur de 53 ans, accusé d'agression sexuelle, pourrait influer pendant de longues années sur des questions de société cruciales, telles que la peine de mort, le contrôle des armes ou le droit à l'avortement. Franceinfo fait le point sur les bouleversements politiques qui s'annoncent avec l'arrivée de Brett Kavanaugh.

Une victoire politique pour Donald Trump

A peine Brett Kavanaugh avait-il prêté serment samedi que Donald Trump se réjouissait : "C'est une soirée historique", a lancé le président américain lors d'un rassemblement électoral à Topeka, dans le Nevada. Et de continuer, sous les acclamations de la foule : "Je me tiens devant vous aujourd’hui après une formidable victoire pour notre nation, pour notre peuple et pour notre bien-aimée Constitution." 


Après trois semaines de tensions et de polarisation extrême de l'opinion américaine, Donald Trump peut se féliciter d'avoir fait pencher la Cour suprême dans le camp conservateur en nommant deux juges depuis sont entrée en fonctions. Comme le rappelle le Guardian (en anglais), "Trump s'était engagé en tant que candidat à nommer des juges 'pro-vie', dans le but de gagner le soutien des conservateurs religieux".
A un mois des élections de mi-mandat, le président des Etats-Unis espère que ce succès politique, couplé à une ligne dure sur l'immigration et à une économie en pleine croissance, poussera ses partisans à le remercier dans les urnes pour lui assurer une majorité confortable au Congrès. Pour les démocrates, les élections de novembre s'annoncent comme la prochaine étape décisive. "Aux Américains, à tous les millions de gens outrés par ce qu’il s’est passé ici, il n’y a qu’une réponse : votez", a réagi Chuck Schumer, le chef de l’opposition démocrate au Sénat.

Une juridiction contrôlée par les conservateurs

A première vue, la nomination de Brett Kavanaugh ne semble pas bouleverser l’orientation politique de la Cour suprême puisqu’il remplace un autre conservateur : le juge Anthony Kennedy, nommé en 1987 par Ronald Reagan. Mais ce dernier s’est illustré ces dix dernières années par ses positions plutôt modérées. A 81 ans, Anthony Kennedy faisait figure d’arbitre au milieu de ses huit collègues, quatre libéraux, et quatre conservateurs. Il avait ainsi régulièrement défendu les droits des homosexuels et avait voté en faveur de l’arrêt qui a légalisé le mariage homosexuel au niveau fédéral en 2015. Anthony Kennedy s’était également distingué des positions traditionnelles des républicains, en protégeant le droit à l’avortement et en refusant d’autoriser la peine de mort pour les jeunes criminels.
Brett Kavanaugh devrait se montrer beaucoup moins accommodant que son prédécesseur. Passé par l’administration de George W. Bush, ce diplômé de Yale est connu pour ses prises de position très à droite. Avec cette nomination, "la Cour suprême sera plus conservatrice qu’elle ne l’a jamais été dans toute l'histoire moderne", analyse le New York Times (en anglais). Un virage qui pourrait durer plusieurs décennies, puisque Brett Kavanaugh est nommé juge à vie et qu'il est relativement jeune.
L'avortement, l'action positive, le financement de la campagne, les droits des homosexuels, tout cela ira dans une direction très différente parce qu'Anthony Kennedy est parti et que Brett Kavanaugh sera là.L'analyste Jeffrey Toobincité par CNN 



lundi 24 septembre 2018

16 ème Journée mondiale contre la peine de mort le 10 octobre : conditions de vie dans les couloirs de la mort

Les conditions de détention peuvent varier d'un endroit à un autre, mais nous affectent tous Qu’il s’agisse des conditions d'isolement aux États-Unis, ou des prisons surpeuplées dans certains pays d'Afrique et d'Asie, les conditions de vie des personnes condamnées à mort provoquent fréquemment une déshumanisation au mépris de la dignité des individus.
Bien souvent les personnes condamnées à mort deviennent des êtres humains dans lesquels la société n’investit plus. Tout se passe comme si, avant même d’être exécutées, ces personnes n’avaient déjà plus droit à la vie, comme si elles n’étaient plus considérées comme des « êtres humains ».
Enfin, les personnes détenues dans les couloirs de la mort ont très peu de contacts avec leurs familles et leurs avocats, étant donné que l’accès aux couloirs de la mort est très restreint. Ainsi, les conditions de détention affectent non seulement les personnes condamnées à mort, mais aussi les familles, les proches.
http://www.worldcoalition.org/fr/worldday.html


http://www.worldcoalition.org/fr/Calendar-of-events-for-World-Day-2018.html

Troy CLARK - date d'execution au 26 septembre


(source "Agir contre la peine de mort" )

L’exécution de Troy Clark, âgé de 51 ans, a été fixée au 26 septembre 2018.
Il a été reconnu coupable avec sa compagne Tory Bush du meurtre de Christina Muse, sa colocataire âgée de 20 ans , le premier mai 1998. Ils craignaient qu’elle les dénonce pour leur usage et la vente de drogues.
Il a été condamné à mort en 2000. Sa compagne, qui a plaidé coupable, a été condamnée à 20 ans de prison.
Troy Clark s’estime innocent, accusant sa compagne du meurtre. Peu éduqué il a un long passé de drogué.

Si vous désirez intervenir en sa faveur vous devez écrire aux membres du Board of Pardons and Paroles ainsi qu'au Gouverneur Abbott dont voici les adresses :

Governor Greg Abbott, Office of the Governor, P.O. Box 12428 Austin, Texas 78711, USA. Tel: (512) 463-2000. Email : http://governor.state.tx.us/contact/assistance.aspx Adresse tweet: @GovAbbott.
Contact Governor Abbott on Troy Clark behalf ! 

(512) 463-1782 – Information and Referral and Opinion Hotline
**You can leave a message here**
l
Texas Board of Pardons and Paroles, 8610 ShoalCreek Blvd, Austin, TX 78757, USA. Fax: (512) 467- 0945. Email: bpp-pio@tdcj.state.tx.us




Nous vous proposons le modèle de lettre suivant :
(date et lieu)


Dear Governor Abbott, Dear Members of the Board of Pardons and Paroles,
The execution of Troy Clark is scheduled to occur on September 26 , 2018.
Troy has only 6 years of education and a long story involving drugs. He claims that his girlfriend Tory Bush commited the murder. He has been on Death Row since March 31, 2000 and in all the time he has been here he claims that he has never had a lawyer visit and he has never even met his appeals attorney.
I respectfully and urgently ask you to stop this execution.
The death penalty alone imposes an irrevocable sentence. Once an inmate is executed, nothing can be done to make amends if a mistake has been made. There is considerable evidence that many mistakes have been made in sentencing people to death.
Death penalty is a cruel, inhuman, and degrading treatment. It must be seen as perpetuating a cycle of violence and promoting a sense of vengeance. The death penalty offers the tragic illusion that we can defend life by taking life. It is just a crime added to another crime.
It has never been shown convincingly that the death penalty deters crimes more effectively than other punishments such as life imprisonment. States that do not employ the death penalty generally have lower murder rates than states that do.
Public support for the death penalty does not necessarily mean that taking away the life of a human being by the state is right. It is the job of leading figures and politicians to underline the incompatibility of capital punishment with human rights and human dignity.
I ask you to commute the death sentence of Troy Clark and to introduce a moratorium on the death penalty in view to abolish it.
Sincerely,
(Nom et coordonnées)
Veuillez également faire parvenir une copie de votre lettre à l'ambassade américaine de votre propre pays :
Son excellence Jamie McCourt, Ambassadrice des USA en France, 2, avenue Gabriel,75382 Paris Cedex 08 Fax: +33 1 42 66 9783 Mail : usembfrance@gmail.com Adresse Tweet : @USEmbassyFrance ou laisser un commentaire sur la page Facebook de l’ambassade : https://www.facebook.com/usdos.france



Articles :


 

Stop the Execution of Troy Clark


 

Troy Clark

Texas has scheduled Troy Clark's execution for September 26, 2018. Take action to advocate for clemency for Mr. Clark by sending a letter to the Texas Board of Pardons and Paroles. Personalize this one-click letter to advocate on behalf of Troy Clark.

In Texas, the Governor MUST have the recommendation of clemency from a board or advisory group.


The contact information for the Texas Board of Pardons and Paroles is:

Texas Board of Pardons and Paroles

PO Box 13401

Austin, Texas 78711-3401

512-406-5452


The contact information for the Governor of Texas is:

Governor Greg Abbott

Office of the Governor

PO Box 12428

Austin, TX 78711-2428

512-463-2000

https://gov.texas.gov/contact/

lundi 25 juin 2018

Appel à témoins Elwood Jones

http://www.save-innocents.com/save-elwood-jones.html

CALL FOR WITNESS:

WERE YOU AT THE EMBASSY SUITES HOTEL
IN BLUE ASH, NEAR CINCINATTI, OHIO
ON 3 SEPTEMBER 1994?

HAVE YOU SEEN OR HEARD ANYTHING ON THE DAY OF
RHODA NATHAN'S MURDER?

IF SO, WE WOULD LIKE TO TALK TO YOU.
Please contact defense attorney Erin Barnhart here

mardi 19 juin 2018

DEBBIE AFRICA est enfin libre ...


Après 40 ans d'incarcération, Debbie AFRICA a quitté hier matin la prison de Cambridge Springs (Pennsylvanie) ... A l'heure où cette merveilleuse nouvelle nous est parvenue, Debbie était en route avec son fils Mike (né en prison) pour rejoindre sa famille à Philadelphie. Vous trouverez en pièces jointes les deux premières photos prises à sa sortie de prison.

Debbie est la première des 9 membres de la communauté afro-américaine MOVE à être libérée. Une délégation française lui avait rendu visite en mars dernier. Notre pensée va à Janet et Janine avec qui elle a passé ces quatre décennies dans la même prison et qui se sont vues refuser récemment toute libération conditionnelle. Notre pensée va également aux autres prisonniers qui, comme Debbie, Janet et Janine ont été condamnés collectivement et sans preuve à une peine de 100 ans de prison pour un meutre dont l'assassin n'a jamais été identifié. Deux d'entre eux sont déjà morts en prison (Merle et Phil AFRICA) dans des conditions plus que suspectes et quatre autres (dont le mari de Debbie) sont toujours incarcérés. Pour en savoir plus sur cette scandaleuse affaire criminelle, cliquez sur ce lien : http://mumiabujamal.com/v2/on-a-move/

Mumia Abu-Jamal doit être particulièrement heureux de cette libération car en sa qualité de journaliste il fut le premier à prendre fait et cause pour cette communauté avant même qu'il ne soit lui même confronté à l'incroyable injustice que l'on sait, au point d'être condamné à mort pour un crime qu'il n'a pas commis.

Cette très bonne nouvelle ne peut que donner plus de force à la mobilisation de tous ceux qui soutiennent ces hommes et ces femmes et exigent leur libération. C'est l'objectif des initiatives qui auront lieu à Philadelphie en août prochain pour marquer les 40 ans d'incarcération des MOVE. Le Collectif français "LIBERONS MUMIA" apportera sa contribution solidaire à ces manifestations.

mardi 3 avril 2018

Amnesty International: Doyle Hamm Alabama


Aux Etats-Unis, selon un accord conclu le 27 mars entre l’avocat de Doyle Hamm et l'Etat d'Alabama, ce dernier ne requerra plus d’ordre d’exécution.

Voir (version française à venir) : https://www.amnesty.org/fr/documents/amr51/8141/2018/fr/

L'avocat de Doyle Hamm a exprimé sa gratitude à Amnesty International pour son "aide et son soutien" dans cette affaire. Un grand merci à tous celles et ceux qui ont envoyé des appels.

Commission abolition peine de mort

samedi 24 mars 2018

Report Finds Texas Death Row Conditions Violate Basic Human Rights


Report Finds Texas Death Row Conditions Violate Basic Human Rights

by Matt Clarke
In April 2017, the University of Texas School of Law’s Human Rights Clinic published a report that found living conditions on death row in Texas violate “basic human rights as well as a number of international treaties that were voluntarily ratified by the U.S. and which are binding on Texas.”
Because the Texas Department of Criminal Justice (TDCJ) refused to allow interviews with death row prisoners, the Clinic had to gather information from them via questionnaires. Researchers did conduct interviews with former condemned prisoners who had been exonerated and released, or had been moved to the prison system’s general population following a successful appeal of their capital sentence. The Clinic also interviewed death penalty advocates and capital punishment attorneys.
By policy, Texas death row prisoners are subjected to solitary confinement conditions and locked in 8-by-12-foot cells for 23 hours a day with one hour for recreation in a slightly larger, unfurnished cell. In practice, exercise is only permitted two-to-four times a week, not seven as required by policy. When they go to recreation and at all other times, condemned prisoners are kept isolated from other prisoners; they are served meals in their cells and shower alone. They have virtually no opportunity to interact – much less converse – with other human beings.
Texas death row prisoners are not allowed to watch television or use a phone (except for calls from their attorneys). They may purchase an overpriced, poor-quality radio from the prison commissary, but it can be confiscated for even minor disciplinary infractions and some TDCJ guards write disciplinary reports for the most insignificant of reasons.
Prisoners on death row are not allowed contact visits with friends and family even when their execution is imminent. The only religious materials provided by the prison chaplain is the Bible, and religious volunteers and volunteer chaplains are rarely permitted to meet with prisoners due to alleged staffing shortages that make escort guards unavailable.
Even attorney visits on death row are not contact visits, and generally not even private due to the availability of only one private visitation cubicle. This means that lawyers must often discuss privileged legal information with their clients within earshot of other people.
Texas’ death row was not always like this. Prior to the attempted escape of seven condemned prisoners from the Ellis Unit in November 1998 – one of whom made it over the fence only to be found dead a few days later [see: PLN, April 1999, p.13] – death row prisoners were allowed to work, eat and take classes along with general population prisoners, and to have recreation with each other. In 1999, death row was moved to the more modern Polunsky Unit and, according to exonerated death row prisoner Anthony Graves, it “became a rights-free zone” that was “terrible and absolutely inhumane.”
 Conditions became so onerous that over 10% of prisoners executed since then “volunteered” for lethal injection by dropping all of their appeals. They chose execution over life on death row in Texas.
The 48-page report by the Human Rights Clinic also noted that medical care is difficult to obtain on death row while mental health treatment is virtually nonexistent. Initial access to such care is controlled by guards, who frequently “forget” to forward requests for medical services to the medical department. Even if they are forwarded, responses often take days and health care providers may be disinterested in the health needs of men who will likely be executed anyway.
Mental health care is even worse, with “treatment” limited to prisoners taking psychotropic medications that induce sleepiness. One death row prisoner said prison staff tried to get him to sleep until he was executed. Psychiatric interviews are conducted on the cell block within hearing of other prisoners – a barrier to effective treatment.
Unsurprisingly, the stress of awaiting execution causes mental health issues for many condemned prisoners, some of whom had diagnosed mental illnesses prior to their incarceration. This stress is exacerbated by Texas’ practice of scheduling execution dates before all avenues of appeal have been exhausted. Thus, a prisoner may be scheduled for execution only to receive a last-minute stay a half-dozen times before being put to death or otherwise removed from death row. These are effectively “mock executions,” which cause post-traumatic stress disorder that continues to affect even exonerated prisoners, according to the report.
The Human Rights Clinic also stated that long-term segregation on death row without the ability to interact with others violates the UN’s Convention Against Torture, the American Declaration on the Rights and Duties of Man, and the International Covenant on Civil and Political Rights. The physical isolation and other conditions on Texas’ death row have been criticized by the Inter-American Commission on Human Rights and several UN committees and Special Rapporteurs. Nonetheless, condemned prisoners continue to endure inhumane conditions.
“Offenders on death row are individuals who have been convicted of heinous crimes and given the harshest sentence possible under the law,” said TDCJ spokesman Jason Clark. “TDCJ will continue to ensure it fulfills its mission of public safety and house death row offenders appropriately.”
He did not address the fact that 13 death row prisoners in Texas have been exonerated and released from 1987 to 2015, despite receiving the state’s harshest sentence.
Sources: “Designed to Break You: Human Rights Violations on Texas’ Death Row,” University of Texas School of Law, Human Rights Clinic (April 2017); www.mystatesman.com


















https://www.prisonlegalnews.org/news/2018/mar/6/report-finds-texas-death-row-conditions-violate-basic-human-rights/