vendredi 13 septembre 2019

La défense de Mumia a déposé un recours pour sa libération


Message comité soutien Mumia
Ses avocats ont saisi la Cour supérieure de justice de Pennsylvanie en déposant une plainte mettant en cause les anciens procureurs impliqués dans la condamnation à mort de Mumia en 1982. Cette action judiciaire verse au dossier de nouveaux documents prouvant la partialité de la Cour suprême et les graves violations constitutionnelles qu'elle a commises. Ces preuves ont été trouvés dans les placards de l'institution judiciaire à l'écart des archives officielles et dont la défense a pu prendre connaissance à la suite de l'ordonnance par laquelle le juge Tucker a fait droit fin 2018 à un nouvel appel pour Mumia (dernière étape juridique à franchir avant la révision de son procès). De son côté le procureur de Philadelphie déposera un mémoire début octobre pour répondre aux demandes de Mumia. Ensuite, la Cour supérieure de justice composée de 3 juges examinera le dossier et rendra sa décision. Aucune audience ne sera publique.
Vous trouverez en pièce jointe des extraits d'un article de Noelle Hanrahan, avocate et directrice de Prison Radio, media américain qui donne la parole à Mumia de très longue date et plus généralement aux détenus et à leurs familles.
L'espoir qu'enfin il puisse être libéré est bien réel en regard de ses droits et des preuves de son innocence mais la justice de Pennsylvanie n'a pas encore fait son mea culpa pour en finir avec cette affaire qui dure depuis 37 ans. Bien que l'état de santé de Mumia se soit amélioré après son opération récente de la cataracte, son corps garde les stigmates de son hépatite éradiquée : cirrhose du fois, glaucome, crises cycliques d'eczéma ... Autant de souffrances qui justifieraient à elles seules une libération conditionnelle pour raison humanitaire. Poursuivons la mobilisation pour que ses rêves deviennent au plus vite réalité : se soigner, retrouver sa famille, continuer d'écrire et obtenir un doctorat pour enseigner.  

Fête de l'Humanité les 14 et 15 septembre
Comme chaque année, nous vous donnons rendez-vous au stand MUMIA : espace Village du Monde / avenue Che Guevara. Pour vous rendre à la fête et prendre connaissance du programme nous vous invitons à cliquer sur ce lien : https://fete.humanite.fr/
Nous vous rappelons que Valérie JONES, auteure du témoignage posthume de sa soeur Veronica sur l'affaire Mumia, sera notre invitée. Elle dédicacera son livre "REVELATIONS SUR L'AFFAIRE MUMIA ABU-JAMAL" à notre stand le samedi et le dimanche entre 11h et 13h. 

mercredi 11 septembre 2019

Concert à Lyon le 19 setembre en soutien à Roger MCGowen

Message du comité de soutien de Roger McGowen:




 Ron Radford, américain, très proche de Roger, guitariste Flamenco, est en tournée en Europe pour récolter des fonds pour Roger. Il joue de très beaux morceaux, raconte l'esprit du Flamenco et l'aventure de Roger...
Une association de soutien aux prisonniers, qui s'est constituée il y a 2 ou 3 ans autour du travail de Roger, "Les roses sur le bitume", organise un concert à Lyon:

Sept. 19 - 22:30 (10:30 PM)
“La Boite a Gants” - 4-6 rue Pierre Blanc, 69001 Lyon, France

mardi 3 septembre 2019

Texas : exécution d’un condamné qui clamait son innocence depuis 20 ans

Dans le couloir de la mort depuis vingt ans, Larry Swearingen, 48 ans, a subi une injection létale mercredi. Les nombreuses zones d’ombre de son dossier lui avaient permis de faire repousser cinq fois son exécution.


Condamné à mort en juillet 2000 pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une étudiante en Pennsylvanie en 1998, Larry Ray Swearingenn, 48 ans, a été exécuté dans la nuit de mercredi à jeudi, alors qu'il continuait de clamer son innocence. «Seigneur, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu'ils font», a-t-il déclaré, selon des témoignages rapportés par les médias.
Il avait contesté à plusieurs reprises sa condamnation, et son exécution a été reportée cinq fois. À de nombreuses reprises, il a fait valoir que son dossier était fondé sur des preuves circonstancielles et des analyses judiciaires douteuses.
La victime, Melissa Trotter, âgée de 19 ans, avait disparu en décembre 1998 du campus de Montgomery College, au nord de Houston. Son corps n'avait pas été découvert avant trois semaines, en janvier 1999, dans la forêt nationale de Sam Houston. Elle avait été étranglée avec une paire de collants.

Un morceau de collant comme preuve

La police soupçonnait Larry Swearingen, un électricien alors âgé de 27 ans, et l'a incarcéré trois jours après la disparition de la jeune femme. Plusieurs témoins disaient l'avoir aperçu avec la victime quittant le campus de l'université le 8 décembre. Son épouse avait affirmé avoir retrouvé leur caravane sans dessus dessous le jour de la disparition de Melissa Trotter.
Bien que les enquêteurs aient fouillé la caravane à deux reprises, ce n'est qu'après la découverte du corps qu'un officier de police a découvert une jambe de collants chez Swearingen. Un technicien de laboratoire du ministère de la Sécurité publique du Texas a déclaré qu'elle était identique à celle retrouvée autour du cou de la victime. Une preuve jugée irréfutable selon le procureur de Montgomery.
Toutefois, deux experts en analyse de fibres qui ont comparé les morceaux de collant ont depuis conclu qu'ils n'étaient pas identique, et un troisième a déclaré que le témoignage du technicien de l'état était surestimé, rapporte le Washington Post.

« Innocent au-delà de tout doute »

L'avocat James Rytting, qui défend de longue date de Swearingen, a affirmé jusqu'au bout qu'il était innocent, et tenté de faire appel pour empêcher l'exécution. Dans une déclaration dévoilée après sa mort, Swearingen a affirmé qu'il avait prouvé son « innocence au-delà de tout doute ».
« Je veux que tout le monde sache que je ne suis pas fâché contre mon exécution, déclare-t-il dans ce texte. Bien sûr, j'aurais aimé vivre et être libre. Mais je suis persuadé que ma mort peut être un catalyseur pour changer le système juridique insensé du Texas qui pourrait le permettre. Je suis maintenant un martyr, et j'espère que les gens utiliseront mon cas pour empêcher que d'autres personnes ne fassent l'expérience de cette persécution terrible et injustifiée. »
http://www.leparisien.fr/faits-divers/texas-execution-d-un-condamne-qui-clamait-son-innocence-depuis-20-ans-22-08-2019-8137272.php
 

 

DPIC Analysis: 13 Texas Death Warrants Raise Troubling Questions About U.S. Execution Practices


DPIC Analysis: 13 Texas Death Warrants Raise Troubling Questions About U.S. Execution Practices


DPIC Analysis: 13 Texas Death Warrants Raise Troubling Questions About U.S. Execution Practices
In a year in which few states have carried out any executions, the aggressive execution practices of a single state — Texas — stand in sharp contrast. The Lone Star State has scheduled thirteen executions for the last five months of 2019, more than the rest of the country combined. And a DPIC review of the circumstances in which the warrants were issued raises troubling questions as to whether the state is executing the most morally culpable individuals for the worst of the worst crimes or the most vulnerable prisoners and prisoners who were provided the worst legal process.
The cases of the thirteen men scheduled for execution include two with strong claims of innocence, two whom authorities admit did not kill anyone but were sentenced to death under Texas’ controversial “law of parties,” and seven who exhibited significant mental or emotional vulnerabilities as a result of intellectual impairments/brain damage, serious mental illness, or chronic trauma. Three prisoners were age 21 or younger at the time of their crime. (Click on graphic to enlarge.) Four prisoners scheduled for execution had raised claims that their attorneys did not provide them with constitutionally adequate representation, and six received other forms of deficient legal process — including false testimony at their trials, trial before a racially or religiously biased judge, or execution dates that interfered with ongoing judicial review.
Texas’ aggressive execution schedule also illustrates its status as an outlier in its use of the death penalty and the stark differences in approach between the decisionmakers empowered to end prisoners’ lives and those evaluating whether new defendants should be sent to death row. Nationally, executions have remained near historic lows for the past five years, but Texas has carried out more than any other state. In 2018, Texas executed more prisoners than the rest of the United States combined and, if most of the scheduled executions go through, could do so again in 2019.
Prisoners sentenced to death in Texas are executed at a rate triple the national average. The process of rubberstamping — in which state court judges adopt as fact the pleadings submitted by prosecutors — is commonplace, and the Texas federal courts routinely defer to this state court “factfinding.” The Texas state and federal courts are also outliers in denying resources to defense counsel and in resisting enforcement of constitutional rights, even in the face of clear directives from the U.S. Supreme Court.
The state’s disproportionate pace of executions continues even as prosecutors are seeking and capital juries are imposing significantly fewer new death sentences. New death sentences have fallen from an average of more than 40 per year in 1998-2000 to five per year in 2016-2018. Fewer death sentences have been imposed in Texas in the last five years than in any other five-year period in the modern era of capital punishment.
The table below presents key information about each of the individuals who are the subjects of the thirteen Texas death warrants. (For more detail on these cases, see Texas Schedules Thirteen Executions in Last Five Months of 2019.)
NameExecution DateCountyAge at CrimeRace of Def.Race & Sex of Victim(s)Innocence Claim?Law of Parties?Intellectual Disability/Brain Damage?Serious Mental Illness?Chronic Trauma?
Dexter Johnson8/15/19Harris18BAM, AF

YesYes
Larry Swearingen8/21/19Montgomery27WWFYes



Billy Crutsinger9/4/19Tarrant48W2WF



Yes
Mark Soliz9/10/19Johnson28LWF

Yes
Yes
Robert Sparks9/25/19Dallas33BBF, 2BM


Yes
Stephen Barbee10/2/19Tarrant37WWF, WM




Randy Halprin10/10/19Dallas23WWM
Yes


Randall Mays10/16/19Henderson47WBM, WM


Yes
Ruben Gutierrez10/30/19Cameron21LLF




Justen Hall11/6/19El Paso21WUnknown F


Yes
Patrick Murphy11/13/19Dallas39WWM
Yes


Rodney Reed11/20/19Bastrop28BWFYes



Travis Runnels12/11/19Potter30BWM



Yes
Key: A = Asian, B = Black, L = Latino/a, W = White, M = Male, F = Female

https://deathpenaltyinfo.org/news/dpic-analysis-13-texas-death-warrants-raise-troubling-questions-about-u-s-execution-practices?fbclid=IwAR2eoKE4ItNs_EdbmrCEAESkN7Y4ddjYVypcTZIRUEc_vnEr7OWVBB_1seI#

dimanche 1 septembre 2019

Nouveau site Roger McGowen (ancien condamné à mort au Texas)



Message du comité de soutien de Roger McGowen ( Roger est un afro américain de 55 ans qui a passé 25 ans dans le couloir de la mort, pour un meurtre qu'il n'a pas commis):

"Nous avons créé un nouveau site pour Roger McGowen. Il a vu le jour ces dernières semaines et est bilingue français-anglais: 

https://www.rogermcgowen.fr/


Vous y trouverez différentes informations, le documentaire de 2013 (pour ceux qui ne l'ont pas vu, ou veulent le revoir), et surtout une page, "La Prison" ,consacrée à sa vie actuelle dans la prison de Wynne Unit. Il est incarcéré dans ce lieu depuis 2016, normalement pour 20 ans (nous espérons une sortie anticipée!) après 30 ans dans le couloir de la mort...

Dans cette prison Roger continue son travail d'Homme de Paix. Il n'écrit presque plus (il n'a plus aucun espace, ni temps paisible, pour se mettre à l'écriture) mais cette fois diffuse son message d'amour auprès de ses compagnons d'infortune et ainsi continue à transformer des vies!

Et cela est, entre autre, possible grâce à l'engagement et à l'altruisme des personnes de bonne volonté que son message a transformé dans le monde libre par la lecture de ses livres et par le documentaire, et qui le soutiennent financièrement. Et cela marche! Bien au delà de ce que nous avions imaginé!

C'est un message d'espoir immense, une leçon magnifique que Roger nous donne, de comprendre que la beauté et la bonté se trouve au fond du cœur de tous les êtres et que la chaine d'amour est infinie."

vendredi 26 juillet 2019

Les Etats-Unis autorisent des exécutions par des tribunaux fédéraux pour la première fois depuis 2003


Au niveau fédéral, seuls trois condamnés à mort ont été exécutés au cours des 45 dernières années, le dernier en 2003.
Alors que la peine de mort est en recul aux Etats-Unis, l’administration Trump a décidé de relancer les exécutions au niveau fédéral. Dans un communiqué, le ministère de la justice a annoncé, jeudi 25 juillet, que le gouvernement avait décidé de mettre fin au moratoire sur les exécutions fédérales, en vigueur depuis 2003, et qu’il entendait faire exécuter cinq condamnés à mort assassins d’enfants à partir de décembre à la prison fédérale de Terre Haute (Indiana), la seule équipée d’un couloir de la mort.
La décision de l’attorney general (ministre de la justice) William Barr ne s’applique qu’aux détenus condamnés pour des crimes fédéraux. Cette catégorie recouvre les crimes commis contre les fonctionnaires et policiers fédéraux, l’espionnage, le terrorisme, les crimes racistes ou s’étant produits sur des propriétés du gouvernement ou sur les réserves indiennes. Les autres infractions relèvent de la justice des Etats.
Sur un total de 2 632 condamnés à mort en attente d’exécution aux Etats-Unis, 62 relèvent de la justice fédérale. Parmi eux : l’un des deux auteurs de l’attentat du marathon de Boston, Dzhokhar Tsarnaev, et le suprémaciste blanc Dylann Roof, condamné pour le massacre de l’église de Charleston (Caroline du Sud) en 2015.
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Depuis le rétablissement de la peine de mort pour crimes fédéraux en 1988, seuls trois prisonniers ont été exécutés : Timothy McVeigh en 2001 pour l’attentat contre un immeuble fédéral à Oklahoma City, Juan Raul Garza, également en 2001 pour le meurtre de trois trafiquants de drogue au Texas et Louis Jones en 2003 pour le viol et l’assassinat d’une militaire au Texas.
Châtiments « cruels »
Depuis 2003, les administrations successives – républicaines comme démocrates – ont observé un moratoire de fait. De même, dans l’ensemble du pays, le nombre d’exécutions a fortement décliné à mesure que le recours à l’ADN montrait que des dizaines d’innocents avaient été condamnés à tort et qu’était posée la question de la cruauté de la méthode d’injection létale utilisée. De 98 en 1999, le nombre d’exécutions est passé à 25 en 2018.
L’attorney general a justifié sa décision dans une lettre au bureau fédéral des prisons. « Le Congrès a expressément autorisé la peine de mort, souligne-t-il. Nous devons aux victimes et à leurs familles de mettre en œuvre la peine imposée par le système judiciaire. » Il demande à l’administration carcérale d’adopter le protocole d’injection létale mis en place au Texas, l’Etat qui compte le plus grand nombre d’exécutions. Celui-ci a remplacé depuis 2012 le cocktail de trois sédatifs mis en cause dans une série d’exécutions ratées – et attaqué en justice pour infraction au 8e amendement de la Constitution qui interdit les châtiments « cruels et inhabituels » – par un seul : le pentobarbital de sodium.
Pourquoi cette décision de relancer les exécutions fédérales maintenant ? Le président Trump est un partisan déclaré de la peine capitale, notamment pour les trafiquants de drogue et les tueurs de policiers. Après l’attentat qui avait fait 11 morts à la synagogue de Pittsburgh en octobre 2018, il avait estimé qu’il était temps de la « remettre en vogue ».
Le moment choisi pour l’annonce correspond à celui où commencent à se dessiner les lignes de fracture de l’élection présidentielle de 2020. Une campagne que M. Trump entend jouer sur la loi et l’ordre, et le contraste avec le « socialisme » de ses adversaires.
En 2008, il aurait été suicidaire pour un candidat démocrate de se déclarer opposé à la peine de mort – et Barack Obama ne s’y était pas risqué. Depuis 2016, le Parti démocrate a inscrit l’abolition dans son programme. La plupart des candidats se sont engagés en faveur de l’abolition. Jeudi, en réponse à la nouvelle politique du ministère de la justice, la représentante du Massachusetts Ayanna Pressley – l’une des quatre membres de la « brigade » d’élues progressistes vilipendées depuis quelques jours par M. Trump – a présenté un projet de loi pour abolir la peine capitale sur le plan fédéral.
Une nouvelle fois, l’ancien vice-président Joe Biden est placé en porte-à-faux. C’est lui qui en 1994 avait été l’un des artisans, au Sénat, de la politique de durcissement de la justice criminelle prônée par Bill Clinton. Celle-ci avait renforcé les motifs de recours à la peine capitale. M. Biden a changé de position. Mardi 23 juillet, il a présenté ses propositions sur la justice pénale. Il a souligné que 160 condamnés à morts avaient été victimes d’erreurs judiciaires depuis 1973. « Etant dans l’incapacité d’assurer que nous tombons juste à chaque fois, nous devons éliminer la peine de mort », a-t-il estimé. Coïncidence : plusieurs des détenus que le ministre de la justice se propose d’exécuter à partir de décembre avaient été condamnés en vertu de la loi que le sénateur Biden avait contribué à faire adopter.