dimanche 19 juin 2016

Fonds d'urgence




Les associations SAVE et Lutte Pour la Justice lancent la création d'un fonds d'urgence afin de financer des actions d'ordre légal, en soutien à la défense de condamnés à mort aux USA.
Aidez-nous à obtenir justice!

Nous avons besoin de vous pour mener à bien cette tâche difficile: un don, même modeste nous aidera. Toute donation vous permettra d' obtenir régulièrement des informations sur nos actions.
Et à partir de 20 euros, vous pourrez devenir membre de nos associations (à votre demande).
Notre objectif est de contribuer à la défense légale des prisonniers, dont les besoins sont parfois extrêmement urgents, par exemple lorsque le délai légal pour déposer un appel est sur le point d’expirer, ou lorsque le condamné a reçu sa date d'exécution. Les exemples sont nombreux et touchent souvent à des points précis de l’enquête : expertises, tests ADN…

Le fonds d'urgence permettra également de donner aux condamnés les moyens de gérer leur travail au mieux (voir projet actuel ici http://www.save-innocents.com/fonds-urgence.html). En effet certains condamnés sont devenus des « avocats de prison » (jailhouse lawyers) car ils assistent d'autres condamnés démunis à maîtriser leur dossier afin d’organiser leur défense.

Qui sommes-nous?

SAVE est une petite structure qui existe depuis bientôt trois ans. Nous suivons les cas d'une centaine de prisonniers (soutenant parfois leur dossier). Un certain nombre ont déjà pu être innocentés, ou ont pu bénéficier d’un nouveau procès, un sursis d'exécution ou encore reçu la grâce.

LPJ est une association française créée en 1999, qui compte environ 200 membres actifs, donateurs et/ou sympathisants, et est reconnue d’intérêt général (dons déductibles d’impôts). LPJ a soutenu, ( et soutient encore) de diverses manières, plusieurs condamnés, dont certains ont vu leur peine commuée, d'autres sont en cours de révision de procès et un petit nombre a été innocenté.

SAVE et LPJ ont choisi de travailler ensemble avec pour objectif commun, l’accès à une Justice équitable. Nous sollicitons votre aide dans ce projet innovant et ambitieux. Des vies pourraient être sauvées.

Merci.

lundi 16 mai 2016

Peine de mort : les États-Unis n'ont plus aucun produit d'injection létale

Le nombre d’exécutions a baissé ces dernières années aux Etats-Unis, en raison notamment de la pénurie des substances utilisées dans les injections létales. ©
AFP DON EMMERT

Le groupe pharmaceutique Pfizer a décidé d'interdire l'utilisation de ses produits pour des injections létales. Il était le dernier fournisseur des prisons américaines

Les prisons américaines devraient avoir encore plus de difficultés à acquérir les produits pharmaceutiques utilisés pour les exécutions par injection létale
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Le groupe pharmaceutique américain Pfizer, a annoncé vendredi 13 mai avoir pris des mesures afin de s'assurer qu'aucun de ses produits ne soit utilisé pour la peine capitale.
" Nous sommes en train mettre en oeuvre des restrictions sur notre distribution pour des produits spécifiques, qui font partie du protocole d'injection létale de certains Etats", annonce le groupe pharmaceutique sur son site internet.
"Pfizer fabrique ses produits pour améliorer et sauver la vie des patients", explique également le groupe dans un communiqué publié sur son site.

Une pénurie de substances létales

La décision a été saluée par les opposants à la peine de mort, car Pfizer était le seul laboratoire approuvé par l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) à encore tolérer la distribution auprès d'institutions pénales de produits utilisés dans les cocktails létaux.
Une vingtaine de groupes européens et américains avaient en effet déjà pris des mesures similaires. Cette décision signe donc la fermeture de la dernière source d'approvisionnement sur le marché pour les substances utilisées dans les exécutions. 

Sources anonymes 

Une prison a généralement besoin pour élaborer un cocktail létal de réunir trois substances, l'une endormant le prisonnier, l'autre paralysant ses muscles et la troisième arrêtant son coeur. Mais  rassembler ces produits relève désormais du parcours du combattant pour les Etats américains . 
Plusieurs ont d'ailleurs procédé depuis janvier 2014 à des exécutions très critiquées, les condamnés expirant après avoir enduré une longue agonie marquée par des souffrances, suffocations, râles ou convulsions. 
Pour contourner la pénurie, certains Etats tentent donc de garantir l'anonymat aux "pharmacies" prêtes à les approvisionner, notamment l'Arkansas, le Missouri et l'Ohio.

Retour de la chaise électrique ?

Certains Etats se tournent en catimini vers des préparateurs en pharmacie non homologués par la FDA. En Virginie, les élus locaux républicains ont même tenté de rétablir la chaise électrique.
Il y a eu 14 exécutions aux États-Unis depuis le début de l'année 2016 dans cinq états : le Texas, la Géorgie, l'Alabama, la Floride et le Missouri.
http://www.sudouest.fr/2016/05/15/peine-de-mort-les-etats-unis-n-ont-plus-aucun-produit-d-injection-letale-2363358-4696.php

 

jeudi 14 avril 2016

Le gouverneur de l'Etat de Virginie empêche le retour de la chaise électrique

La pénurie de l'anesthésiant utilisé pour l'injection létale pousse les autorités à considérer d'autres options pour continuer à appliquer la peine capitale. Parmi les solutions envisagées, le retour au premier plan de la chaise électrique, une méthode toujours en application dans certains Etats. Une éventualité qui divise, comme en témoigne le cas de l'Etat de Virginie.
Conséquence de la décision des laboratoires européens de ne plus approvisionner les différentes administrations pénitentiaires des Etats-Unis, les stocks de l'anesthésiant utilisé pour l'injection létale sont aujourd'hui épuisés. Dans un pays où 31 Etats appliquent toujours la peine de mort et où une trentaine d'exécutions sont encore pratiquées annuellement, il devient urgent pour certains Etats de trouver une solution de remplacement, quitte à mettre de côté une certaine éthique.

L'Etat de Virginie et la chaise électrique : une histoire d'amour vieille de plus d'un siècle

Plus discret que son homologue texan en matière de peine capitale, l'Etat de Virginie se classe tout de même en troisième position des Etats qui exécutent le plus aux Etats-Unis (derrière le Texas et l'Oklahoma). Dans un territoire où le condamné à mort avait déjà le choix entre une exécution par injection létale ou par la chaise électrique, recourir à cette dernière comme seul procédé d'exécution pour pallier à la pénurie s'était donc imposée comme la solution la plus tentante. Et c'est donc dans cette optique-là - et contrairement aux avis de nombreux leaders religieux qui la qualifient de "relique barbare" - que l'amendement fut adopté en mars dernier par les sénateurs de l'Etat. La loi pouvait donc entrer en application à partir du premier juillet, date à laquelle serait exécuté le premier condamné à mort après que l'amendement soit entré en vigueur. A moins que le gouverneur local, démocrate et proche d'Hillary Clinton ne s'en mêle.

Une décision aux répercussions dans la course à l'investiture démocrate

L'amendement stipulait que les autorités se chargeraient de choisir le mode d'exécution à la place du détenu, ce qui reviendrait presque automatiquement à recourir à la chaise électrique dans l'état actuel des choses. Il ne restait donc qu'un dernier obstacle législatif pour que cet amendement controversé soit définitivement entériné : l'accord tacite du gouverneur démocrate Terry McAuliffe, détenteur du droit de véto pour toute loi d'Etat. Au-delà de l'acte idéologique, ce proche du clan Clinton savait que cautionner le rétablissement d'une méthode à la réputation controversée (217 des 267 personnes exécutées par chaise électrique étaient noires depuis son instauration en 1908) pourrait avoir des conséquences sur la campagne de sa protégée. En effet, les prises de position d'Hillary Clinton contre l'abolition de la peine de mort en octobre dernier lui avaient déjà attiré une avalanche de critiques de la part ses concurrents, qui qualifiaient la position de la candidate sur la question "d'archaïque".
Le gouverneur avait jusqu'à dimanche minuit pour prendre sa décision, et c'est tout logiquement qu'il a fait valoir son droit au véto. Il lui reste maintenant à convaincre le Sénat majoritairement républicain de Virginie du bien-fondé de la proposition qu'il a introduite en échange de son véto, et qui prévoit le secret d'approvisionnement du fameux anesthésiant nécessaire pour l'exécution. Une chose est sûre : la chaise électrique, surnommée "Old Sparky" dans plusieurs Etats américains, n'est pas prête de disparaître.

http://www.levif.be/actualite/le-gouverneur-de-l-etat-de-virginie-empeche-le-retour-de-la-chaise-electrique/article-normal-489145.html

vendredi 1 avril 2016

Comment tuer: le dilemme américain sur la question de la peine de mort

Alors que les réserves de produits destinés aux injections létales diminuent et qu’il est de plus en plus difficile de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement, les états s’attellent à la recherche de solutions de remplacement. Dernier exemple en date: l’état de Virginie. Sa solution? Revenir à la chaise électrique. Le projet de loi a obtenu l’aval de la Chambre des Représentants et du Sénat, et attend désormais d’être ratifié par le gouverneur. Voici comment les Etats-Unis en sont arrivés à ce point: L’Opposition à la peine de mort progresse... En 1994, un sondage de l’institut Gallup avait démontré que 80% des Américains soutenaient la peine capitale. Avance rapide jusqu’à aujourd’hui: un sondage mené en octobre dernier a conclu que ce soutien avait chuté pour atteindre 61% d’opinions favorables. ... et d’autres états gèlent les exécutions Ces états s’ajoutent aux 19 états et au District de Columbia qui ont aboli la peine capitale. Rien que depuis 2009, le Connecticut, l’Illinois, le Maryland, le Nebraska et le Nouveau Mexique ont mis un terme à la peine de mort. Toutefois, la peine capitale n’est pas près de disparaître Et loin s’en faut. Rien qu’au cours des 6 dernières années, 17 états ont exécuté 242 détenus (chiffre recensé à la date du 24 mars). Trois états représentent plus de la moitié de ces exécutions : le Texas, la Floride et l’Oklahoma. La méthode la plus utilisée? L’injection mortelle L’injection létale est le principal moyen de mise à mort dans les 31 pays qui appliquent la peine capitale. En 1982, le Texas est devenu le 1er état à exécuter par injection mortelle une personne condamnée. Depuis, les Etats-Unis ont effectué 1 425 exécutions, dont 171 seulement ont été réalisées à l’aide d’une autre méthode. Seulement, les produits destinés aux injections se raréfient... L’injection létale nécessitait au départ un cocktail de 3 substances: le 1er produit (le thiopental sodique ou pentobarbital) endort le prisonnier, le 2ème produit (bromure de pancuronium) entraîne une paralysie, et le dernier agent (chlorure de potassium) provoque un arrêt cardiaque. En 2010, les laboratoires pharmaceutiques européens ont commencé à interdire les exportations vers les Etats-Unis des ingrédients présents dans ce cocktail. L’année suivante, inquiet à l’idée que le thiopental sodique puisse servir à exécuter des condamnés, Hospira, laboratoire basé dans l’Illinois, a mis un terme à sa production de ce médicament. Puis, Lundbeck, laboratoire implanté au Danemark, a interdit aux établissements pénitentiaires américains d’utiliser son pentobarbital. De son côté, le Royaume-Uni a opposé une interdiction à ses exportations de thiopental sodique, et, en 2012 l’Union Européenne a adopté une position officielle avec sa Réglementation sur les Produits utilisés pour la Peine Capital et la Torture. ... ce qui contraint les états à une quête désespérée de nouveaux cocktails Les états qui pratiquent la peine de mort ont commencé à chercher des solutions de remplacement, par exemple en s’approvisionnant auprès d’autres fournisseurs, en concevant une méthode nécessitant un seul produit, en utilisant d’autres substances, comme le midazolam ou le propofol, et en se servant de techniques de mélange controversées pour fabriquer les produits. S’en est suivie une avalanche de procès Ces procès ont connu une nette progression en 2014. Il s’agit de la même année où de nombreuses exécutions, toutes effectuées à l’aide du midazolam, ont été largement considérées comme ratées. En Ohio, Dennis McGuire a agonisé, haletant et convulsant, pendant 10 minutes avant de trouver la mort. En Arizona, Joseph Wood a suffoqué 2 heures durant avant de s’éteindre. Enfin, en Oklahoma, Clayton Lockett s’est tordu de douleur pendant 43 minutes avant de succomber à une crise cardiaque. Après chacune de ces affaires, les états ont suspendu les exécutions en attendant une révision des procédures. Dans plusieurs états, les avocats des détenus du couloir de la mort ont aussi mis en avant ces ratés pour remettre en cause la constitutionalité des exécutions de leurs clients. Désormais, les états cherchent des alternatives ... En 2014, le Tennessee a affirmé que si les produits nécessaires aux injections létales sont introuvables, l’état dispose du droit de recourir à la chaise électrique. L’année d’après, l’Utah est parvenu à faire passer des textes législatifs pour réintroduire les pelotons d’exécution. 14 autres états disposent d’une deuxième méthode (l’Oklahoma en a en fait 3), cependant, dans ces états, les détenus doivent procéder à un choix. ... ce qui nous ramène à la Virginie Jusqu’en 1995, la Virginie utilisait uniquement l’électrocution, puis cet état a commence à autoriser les détenus du couloir de la mort à choisir entre la chaise et l’injection létale. Depuis lors, 7 condamnés ont choisi de mourir par électrocution. Mais il s’agit d’exceptions. La plupart des 87 exécutions effectuées depuis 1995 en Virginie – comme dans le reste du pays – ont été réalisées par injection létale. Le Gouverneur Terry McAuliffe n’a pas indiqué s’il signerait le projet de loi et, à la date du mercredi, 3 membres de son équipe chargée de la communication n’avaient pas toujours pas répondu aux questions de CNN qui cherchait à savoir s’il le ferait. Quoi qu’en en soit, alors que les produits sont de plus en plus difficiles à trouver, d’autres états seront bientôt confrontés à ce défi. Source: CNN, 24 mars 2016 ( traduit pour LPJ par Anne-Sophie Minne)

samedi 19 mars 2016

Cour suprême, Obama provoque les républicains

C’est depuis le Rose Garden de la Maison Blanche, en compagnie du vice-président Jo Biden, que Barack Obama a annoncé mercredi son choix pour la Cour suprême : le juge Merrick Garland. Un mois après la mort soudaine de l’un des neuf magistrats de l’institution, le très conservateur Antonin Scalia, le président américain engage donc un long et féroce bras de fer avec les républicains, qui martèlent que cette nomination doit revenir à son successeur.
Ancien procureur, Merrick Garland, 63 ans, est actuellement le juge en chef de la cour d’appel de Washington. Originaire de Chicago, considéré comme un centriste plutôt modéré, il est très expérimenté et apprécié par des élus des camps républicains et démocrates. En 1997, lorsque Bill Clinton l’avait nommé à la cour d’appel de la capitale, le Sénat l’avait confirmé par 76 voix contre 23. Trente républicains avaient soutenu sa nomination. «Merrick Garland est reconnu pour sa décence, sa modestie, son intégrité, son impartialité et son excellence. Personne n’est mieux préparé que lui à servir immédiatement au sein de la Cour suprême», a souligné Barack Obama.
En vertu de la Constitution américaine, il revient au président de nommer les juges de la Cour suprême et au Sénat d’approuver ou rejeter ces nominations. «J’ai rempli mon devoir constitutionnel, il est temps pour le Sénat d’en faire autant», a dit Obama, appelant la chambre basse du Congrès à auditionner Merrick Garland de manière équitable puis à voter sur sa nomination. Rien de tout cela ne risque toutefois d’arriver car les républicains, qui contrôlent le Sénat, ont promis de bloquer le processus jusqu’à la prise de fonction, en janvier 2017, du prochain président.

Institution clé aux Etats-Unis, la Cour suprême a souvent le dernier mot sur des questions de société cruciales : avortement, port d’armes, mariage homosexuel, peine de mort, réforme de la santé. Après la mort d’Antonin Scalia, la Cour compte quatre juges conservateurs et quatre progressistes. L’orientation de son successeur fera donc sans doute pencher de manière décisive – et pour de longues années – la balance idéologique de la plus haute instance judiciaire américaine.
Quelques minutes seulement après l’intervention du président, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a répété que la chambre n’examinerait aucun candidat cette année. «Ce n’est pas une question de personne, mais de principe», a martelé l’élu du Kentucky, accusant Barack Obama de «politiser cette nomination» en cette année électorale. Même son de cloche chez Paul Ryan, le président républicain de la chambre : «Nous devrions laisser le peuple américain décider de la direction de la Cour Suprême.»
Barack Obama a quant à lui appelé les élus du Capitole à prendre du recul sur les enjeux partisans. «Demain, le Sénat va partir en vacances pour deux semaines. Mon espoir le plus cher est que les sénateurs en profitent pour réfléchir sur l’importance de ce processus pour notre démocratie», a-t-il déclaré sur le ton professoral qu’il affectionne – et qui irrite au plus haut point ses adversaires.
Sauf énorme surprise, le siège du juge Scalia devrait donc rester vacant jusqu’à l’an prochain. Conséquence : la Cour suprême, qui doit statuer en juin sur des sujets clés comme l’avortement et les mesures migratoires de Barack Obama, pourrait se retrouver paralysée. Sur le plan politique enfin, la bataille autour de la Cour suprême attise l’intérêt pour les élections sénatoriales, qui se tiendront le 8 novembre, en même temps que la présidentielle. Un tiers des 100 sièges sera remis en jeu, dont 24 détenus par des républicains, qui pourraient voir leur courte majorité menacée. Au cours des prochains mois, chaque camp devrait utiliser cet argument de la Cour suprême pour mobiliser son électorat. Au risque d’électriser encore davantage une campagne déjà fortement polarisée.
http://www.liberation.fr/planete/2016/03/16/cour-supreme-obama-provoque-les-republicains_1440044

vendredi 4 mars 2016

La Floride se dote d'une nouvelle législation de condamnation à mort

Le Congrès de Floride a adopté jeudi une nouvelle procédure de condamnation à mort, près de deux mois après une décision de la Cour suprême des Etats-Unis qui avait jugé inconstitutionnel le dispositif de cet Etat du sud-est.

Le Sénat de Floride s'est prononcé jeudi en faveur de ce texte, qui avait déjà été approuvé par la Chambre des représentants et qui attend désormais la signature de promulgation du gouverneur de l'Etat, Rick Scott. Ce nouveau dispositif prévoit qu'au moins dix des douze membres d'un jury préconisent la peine capitale. Auparavant, une majorité simple était requise.

La Floride se différenciait également par son système où le jury rendait "une condamnation consultative", que n'était pas obligé de suivre le juge présidant les assises. De fait, le juge pouvait de lui-même estimer que dans telle affaire de meurtre étaient réunies les circonstances aggravantes nécessaires pour infliger la peine de mort. Dans une décision adoptée par huit juges sur neuf, la Cour suprême avait jugé le 12 janvier que la procédure de Floride était contraire à la Constitution du pays. Elle avait estimé que ce dispositif violait le 6e amendement de la Constitution, selon lequel tout accusé a droit à un jury impartial.

Dans l'attente de l'adoption d'une nouvelle loi, la Cour suprême de Floride avait suspendu l'exécution de deux condamnés, prévues en février et mars. La Floride est le deuxième Etat, derrière la Californie, en nombre de prisonniers détenus dans le couloir de la mort avec près de 400 condamnés à mort. Les Etats-Unis ont exécuté 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 1991, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).
https://www.rtbf.be/info/monde/amerique-du-nord/detail_la-floride-se-dote-d-une-nouvelle-legislation-de-condamnation-a-mort?id=9230564

lundi 29 février 2016

Des dessins pour dire les couloirs de la mort, un projet de Chappatte

Des dessins pour dire les couloirs de la mort, un projet de Chappatte

Le dessinateur Patrick Chappatte et la réalisatrice et journaliste Anne-Frédérique Widmann exposent les dessins de condamnés américains 
en attente de leur exécution. Quatre exemples émouvants, commentés ici en vidéo
Lors d’un séjour d’une année en Californie, le dessinateur Patrick Chappatte – notamment au journal «Le Temps» – et la journaliste de la RTS et réalisatrice de documentaires Anne-Frédérique Widmann ont mis sur pied le projet «Fenêtres sur les couloirs de la mort» – «Windows on Death Row» (windowsondeathrow.com), qui croise le regard de grands dessinateurs de presse américains avec les dessins et peintures de prisonniers en attente de leur exécution.
Pour rassembler cette matière, ils ont visité des établissements de haute sécurité dans quatre Etats américains, rencontré et établi des relations avec des dizaines de détenus et animé un atelier d’art dans les couloirs de la mort. Les caricaturistes témoignent du débat virulent sur la peine capitale aux Etats-Unis, tandis que les condamnés à mort de différents Etats américains racontent à travers leurs œuvres leur vie quotidienne et la réalité d’un système carcéral sans pitié. Voici quatre exemples commentés en vidéo:

http://www.letemps.ch/culture/2016/02/28/dessins-dire-couloirs-mort-un-projet-chappatte

 Inaugurée à Los Angeles en octobre 2015 et actuellement en tournée américaine, l’exposition, soutenue par le DFAE, fait un détour en Suisse à l’invitation du FIFDH. Elle est visible simultanément à la Maison du dessin de presse de Morges du 3 mars au 8 mai et à la Bibliothèque de la Cité de Genève, du 4 mars au 30 avril.

dimanche 28 février 2016

Pétition internationale en faveur de Kenneth Clair en Californie

Kenneth Clair, dans le couloir de la mort en Californie, vient de voir sa peine commuée à vie, en dépit du fait qu’ il reste une preuve d'ADN capitale, qui pourrait prouver son innocence. L’enquêteur de Kenneth Clair lance un appelle à la communauté Internationale: S'il vous plaît signez ma pétition si vous pensez qu’il n’est pas dans l’intéret de la justice que l’identité de la personne dont l’ADN a été retrouvée sur la victime demeure secrète.

L’affaire en resumé:  Le 15 Novembre, 1984, un enfant de 5 ans Jerrod Hessling avait été témoin du passage à tabac, du viol et du meurtre de sa baby-sitter. Lorsqu'on lui a demandé de décrire le tueur, il a répondu, sans hésitation, qu'il s’agissait d’un homme de race blanche. Un autre enfant également présent a vu le bras tatoué d'un homme blanc à l'intérieur de la maison qui ouvrait une porte coulissante en verre. Aucun des échantillons d'ADN prélevés sur les lieux du crime ne correspondent au profil de Kenneth Clair.

Plus particulièrement, en 2008, des tests médico-légaux ont révélé que l'ADN trouvé sur la victime assassinée correspondait en fait à un autre individu. Toutefois le Procureur du Orange County insiste pour que "la confidentialité soit requise" concernant ces éléments de preuve, et depuis maintenant 7 ans, l'identité de la personne dont l'ADN correspond à l'échantillon est demeurée secrète.

 À ce jour, 31 ans plus tard, M. Clair a vu sa peine annulée pour une peine à vie sans possibilité de libération. Ainsi, sa vie est épargnée, mais il n'a plus le droit à un avocat.

Dans l'intérêt de la justice, nous devons à présent soutenir l’initiative de l’enquêteur de Kenneth, et faire appel aux législateurs et au Procureur Général de la Californie pour exiger que la preuve d'ADN soit remise à la défense de Kenneth Clair. C'est la seule chance restante pour M. Clair d’obtenir justice. Nous demandons à toutes les organisations et individus concernés de bien vouloir signer cette pétition. Faites circuler sur vos réseaux. Il est important que ce dossier ne soit pas enterré dans l’indifférence.

https://www.change.org/p/tony-rackauckas-exonerate-kenneth-clair-dna-evidence-points-to-someone-else

Cour Suprême des Etats-Unis: qui remplacera le juge Scalia ?



Le décès d’Antonin Scalia [Juge de la Cour Suprême ultraconservateur ayant notamment défendu la peine capitale pour des mineurs de 15 ans] sera-t-il synonyme de perpétuité pour les détenus du couloir de la mort ?
Le 17 fév. 2016
Aux mois de septembre et d’octobre dernier, lors d’interventions dans deux facultés de droit différentes, le Juge Antonin Scalia a indiqué qu’il ne serait pas surpris que la peine capitale soit jugée anticonstitutionnelle avant la fin de ses fonctions.
Monsieur Scalia s’est attardé sur le récent désaccord du Juge Stephen Breyer dans l’affaire Glossip contre Gross, dans le cadre de laquelle Monsieur Breyer indiquait que la Cour devait étudier la question consistant à trancher si oui ou non le 8ème Amendement exige que soit mis un terme à la peine de mort en Amérique. Monsieur Scalia s’était au préalable identifié comme la 5ème voix lors d’une séance où les juges devaient être départagés entre quatre voix contre quatre. Il ne pouvait alors savoir que son décès soudain, quelques mois plus tard, allait pouvoir relancer le débat.
On peut s’attendre à ce que tous les prétendants républicains désignent un candidat à la Cour Suprême qui suivra la voie tracée par Monsieur Scalia, en soutenant le caractère constitutionnel de la peine capitale. Sur les candidats à la Présidentielle toujours en lice,  seul Bernie Sanders s’oppose à la peine de mort et nommera très certainement un candidat à la Court Suprême qui deviendrait la 5ème voix en faveur de l’abolition de la peine de mort. La réponse à ce débat du candidat désigné par Hillary Clinton (qui défend la peine de mort) est moins sûre, car personne ne s’est encore donné la peine d’interroger la candidate sur ce sujet.
Si Hillary Clinton l’emporte et désigne un candidat qui milite de longue date pour les droits civiques, alors la peine de mort sera très certainement abolie. Toutefois, si Mme Clinton, après sa victoire, désigne un ancien Procureur comme Loretta Lynch ou Eric Holder, il faudra en déduire que les Etats-Unis resteront membres d’un groupe infâme et de plus en plus retreint de nations rétrogrades qui continuent d’exécuter leurs propres citoyens.
Malheureusement, depuis 20 ans, Hillary Clinton applique des principes de justice pénale qui exploitent la peur du crime des citoyens et aboutissent invariablement à des résultats différents en fonction de l’origine ethnique, au préjudice des minorités pauvres. Le soutien de Mme Clinton en 1994 au « Crime Bill » (projet de loi sur la criminalité qui a contribué à l’incarcération massive de personnes issues des minorités pauvres) et à la Loi de 1995 contre le terrorisme et pour une application effective de la peine de mort (qui a fait se lever des obstacles procéduriers aux requêtes de personnes condamnées clamant leur innocence) constituent deux exemples des tendances de Mme Clinton à caresser dans le sens du poil des citoyens qui soutiennent une ligne dure face à la criminalité, ce, dans le but d’arriver à ses fins politiques.
Cela traduit une approche de la gestion des affaires marquée, pour ne pas dire empoisonnée, par une tendance à opter pour l’efficacité politique, au détriment de l’éthique et de la morale. C’est bien la marque de fabrique de Bill et Hillary Clinton depuis l’élection de Bill au poste de gouverneur de l’Arkansas.
En début de semaine, Mme Clinton a fait les gros titres des journaux pour avoir imité un chien, alors qu’elle relatait avec légèreté une anecdote liée aux premières campagnes de son mari en Arkansas [Elle expliquait qu’à l’époque, dans une émission de radio, un chien était censé aboyer à chaque mensonge proféré, et qu’on pouvait imaginer reproduire le même procédé à chaque mensonge du clan républicain…]. Cet épisode a, de manière inopinée, rappelé l’implication des Clinton dans l’exécution, en 1992, d’un homme-enfant lobotomisé pesant plus de 110 kg, Ricky Ray Rector. Dans un article de 1993 publié dans le « New Yorker » par Marshal Frady, « Mort en Arkansas », l’auteur y relatait comment Ricky Rector dansait sans arrêt en traînant les pieds, avant de se mettre à rire pour lui-même comme un enfant, ou alors d’aboyer comme un chien, alors qu’il attendait dans sa cellule le jour de son exécution, dans le couloir de la mort de l’état de l’Arkansas. Bill Clinton, alors empêtré dans un scandale sexuel qui menaçait de faire dérailler sa campagne présidentielle, était retourné en Arkansas pour présider en personne à l’exécution de Ricky Rector.
Le journaliste Christopher Hitchens a décrit Ricky Rector comme étant un « raté, issu du lumpenprolétariat » qui, après avoir tué un officier de police, avait retourné l’arme contre lui, s’infligeant alors des dommages cérébraux très étendus. Ricky Rector a survécu à sa tentative de suicide, mais il n’était plus le même, et avait les facultés mentales d’un jeune enfant.
Marshall Frady a aussi décrit les efforts désespérés d’un des avocats de Ricky Rector pour tenter de parler à Bill Clinton le jour de l’exécution. Jeff Rosenzweig avait grandi avec Bill Clinton à Hot Springs, dans l’état de l’Arkansas, où son père avait été le pédiatre de Bill Clinton. Lorsqu’il a enfin pu parler à Bill Clinton en fin d’après-midi, M. Rosenzweig lui a expliqué la sévérité de la déficience mentale de Ricky Rector. Exécuter Ricky Rector, Jeff  Rosenzweig a indiqué à Bill Clinton, ce serait comme exécuter un enfant. Jeff Rosenzweig savait que sa bataille serait ardue, étant donné la pression politique à laquelle Bill Clinton était soumis, mais il espérait que son vieil ami « n’aimerait pas être perçu comme un sans-cœur ». Bill Clinton s’est montré inflexible.
Ce soir-là, l’exécution a commencé après une heure d’attente, ponctuée des gémissements sonores de Ricky Rector, alors que les membres du personnel de la prison s’évertuaient à trouver une veine convenable. Finalement, l’équipe médicale a été contrainte de lui inciser le bras au scalpel pour trouver une veine à même de diffuser les produits chimiques mortels dans son corps massif. Une fois les substances chimiques injectées, il a fallu à un Ricky Rector haletant 19 minutes pour mourir.
Ricky Rector avait été sacrifié sur l’autel des ambitions politiques des Clinton. Comme l’a indiqué Marshall Frady, reprenant les propos d’un des premiers avocats de Ricky Rector, « ce pauvre Ricky Rector n’a pas eu de chance, le timing était des plus mauvais ». Pour Monsieur Rosenzweig, qui s’exprimait depuis son cabinet à Little Rock en Arkansas, la semaine dernière, la décision de Bill Clinton de sauver sa campagne en 1992, grâce à l’exécution de Ricky Rector, « était assurément un pacte avec le diable. » 
Le rôle clé qu’a joué Hillary Clinton dans cette prise de décision, lors  de la campagne de son époux en 1992, est étayé par de nombreuses preuves ; pourtant, personne ne s’est encore donné la peine de l’interroger sur la mise à mort de Ricky Rector. Il est grand temps que quelqu’un le fasse, et ce, bien avant qu’elle ne soit en mesure de nommer quelqu’un pour occuper le siège de Monsieur Scalia à la Cour Suprême des Etats-Unis.
Source : Cato, Nat Hentoff, le 17 février 2016. Monsieur Hentoff est une figure de renommée nationale aux USA, spécialiste du Premier Amendement et du « Bill of Rights ». Il est membre du Comité des Reporters pour la Liberté de la Presse et membre émérite du « Cato Institute ». Nick Hentoff, qui exerce à New York, est avocat de la défense dans des affaires pénales et des affaires liées aux libertés civiques.

(traduit par LPJ)


mardi 26 janvier 2016

Libération d’Asia Bibi : « sans doute le combat de toute une vie »

 

Depuis bientôt cinq ans la Pakistanaise Asia Bibi est injustement condamnée à mort pour avoir violé la loi interdisant le blasphème (entrée en vigueur en 1986). La journaliste française Anne-Isabelle Tollet, ex-correspondante à Islamabad pour la chaîne France 24 entre 2008 et 2011, qui ne l’a pourtant jamais rencontré se bat et milite à l’échelle internationale pour sa libération.
La vie d’Asia Bibi a soudainement basculé le 14 juin 2009, alors que deux femmes lui avaient demandé d’aller remplir deux verres d’eau dans le puits avoisinant lors de la traditionnelle cueillette des baies, celle-ci a pris la peine de boire une gorgée avant de ramener un récipient d’eau aux femmes. Ces dernières mécontentes refusent de boire l’eau qu’elles estiment souillée (haram) par Asia Bibi du seul fait qu’elle soit chrétienne. Asia se défend en répliquant « Je ne crois pas que le prophète Mahomet soit d’accord avec ce que vous dîtes ». L’une des deux femmes offusquées renchérit : « Comment oses-tu parler au nom du prophète ? Tu viens de commettre un blasphème ». S’en suit dès lors une détention dans l’attente du jugement, Asia Bibi condamné en première instance à la peine de mort conformément aux dispositions du Code pénal pakistanais.
C’est lorsqu’elle était correspondante au Pakistan qu’Anne Isabelle Tollet s’est impliquée dans cette histoire bien malgré elle, par le ministre des Minorités religieuses de l’époque Shabazz Bhatti. Elle a décidé d’agir en sachant pertinemment qu’elle prenait un risque, car : « quiconque s’oppose à la loi du blasphème ou soutient un/une condamné(e) pour un tel acte, est un blasphémateur et s’expose à la même peine » dit-elle. Aidé par son interprète Fahad, elle décide en premier lieu de se battre pour que son mari et ses trois filles puissent la voir régulièrement, mais également améliorer les conditions de détention d’Asia Bibi qui étaient déplorables : « Asia a dû être isolée du reste de la prison, sa codétenue menaçait de la tuer, sa geôlière également. Cette dernière a immédiatement été renvoyée ». Le mari d’Asia, Ashiq, permettait aux deux femmes d’échanger par lettres que ce dernier transmettait lorsqu’il voyait sa femme, tous les quinze jours. Dans sa dernière lettre, Asia déclara pardonner aux femmes qui l’avaient dénoncé aux autorités pakistanaises.
Lorsqu’elle se rend au village d’Asia, la journaliste accompagnée de Fahad fait la rencontre de l’une des femmes qui avait dénoncé la mère de famille, qui lui rétorque « Asia a mérité ce qui lui arrive, elle n’avait qu’à pas parler au nom du prophète ». Cette loi promulguée sous la dictature du général Muhammad Zia-ul-Haq « est plus crainte aujourd’hui dans la société pakistanaise qu’elle n’est acceptée », pense la journaliste. « Elle est beaucoup plus utilisée pour régler des différends que sanctionner le blasphème. Et les chiffres le montrent puisque 1500 Pakistanais et Pakistanaises ont été condamnés par cette loi, ce qui est d’autant plus étonnant c’est que ce sont les musulmans (97 % de la population pakistanaise) qui en pâtissent le plus ». Cependant toutes les personnes condamnées n’ont pas fait l’objet d’une exécution immédiate. Mais beaucoup ont trouvé la mort en étant assassiné par des fervents défenseurs de cette loi, la journaliste déplore cela en poursuivant : « Avec cette loi si ce n’est pas la justice, c’est la rue qui vous tue ».
« Tout le monde sait pertinemment qu’elle est innocente »
Quelques hommes et femmes politiques au Pakistan ont bien évidemment pris parti pour Asia Bibi et ont proposé une véritable discussion autour de cette loi qui bafoue impunément les droits de l’Homme et les libertés fondamentales des citoyens pakistanais. Malheureusement l’opposition à cette loi a coûté la vie à certains d’entre eux. À l’instar de l’ancien gouverneur du Penjab, Salman Taseer, tué le 4 janvier 2011 par son garde du corps dans la capitale pakistanaise. Son assassin après avoir tiré à vingt-neuf reprises s’est immédiatement rendu aux autorités. Deux mois plus tard, c’est au tour du ministre des minorités religieux, Shabaz Bhatti, d’être assassiné dans les rues d’Islamabad par un commando devant son domicile. Tous deux étaient amis d’Anne-Isabelle et se battaient à ses côtés pour la libération d’Asia Bibi, tous deux ont été tués par des islamistes radicaux. « Avec cette loi, certains Pakistanais font du zèle, c’est à celui qui sera le meilleur musulman. Mais ils redoutent cette loi, ici personne n’est à l’abri de se faire condamner voire tuer pour un blasphème. Les radicaux, qui sont nombreux dans ce pays et ont beaucoup d’influence, acceptent cette loi » pense-t-elle lorsque nous évoquons ensemble la situation d’une éventuelle réforme de cette loi.
Depuis 2011 la journaliste française lutte sans relâche auprès de la communauté internationale pour sensibiliser le monde sur le sort d’Asia Bibi, de nombreuses conférences à travers le monde (Genève, New York, Paris…) afin d’inciter les responsables politiques et les grandes organisations humanitaires d’agir. Elle a également rédigé deux livres Blasphème (Oh ! Editions) et plus récemment La mort n’est pas une solution (Editions du Rocher) dans lesquels elle raconte son combat lorsqu’elle vivait encore à Islamabad. Depuis 2011 Anne Isabelle et Asia ont reçu de nombreux soutiens de la part notamment du Pape François qui a reçu le mari et les filles d’Asia en avril dernier : « Je prie pour Asia, pour vous et pour tous les chrétiens qui souffrent ».
François Hollande a également exprimé son soutien déclarant s’être entretenu avec son homologue pakistanais. Plus récemment c’est la députée européenne Rachida Dati qui est entrée en contact avec la journaliste, elle a par la suite proposé une résolution au parlement européen visant à réduire les échanges commerciaux avec le Pakistan, tant qu’une réforme sur la loi du blasphème n’aura pas été proposée dans le pays. Il faut rappeler que l’Union européenne est le premier partenaire économique du Pakistan. De nombreuses organisations sont venues rejoindre leur cause telle que la Licra ou encore Amnesty International.
Aujourd’hui les deux femmes sont dans l’attente du procès qui devrait se tenir en ce début d’année même si aucune date n’a été fixée, devant la Cour suprême pakistanaise ce qui constitue l’ultime recours : « A l’issue de ce procès soit elle est innocentée, auquel cas elle viendrait vivre à Paris avec sa famille, soit elle est condamnée à perpétuité, ou la peine de la condamnation est commuée en peine de mort auquel cas se sera la fin… » me dit Anne-Isabelle. La journaliste est confiante sur l’issue du procès, car elle clame que : « Tout le monde sait pertinemment qu’elle est innocente ». Elle est convaincue que la libération d’Asia Bibi constituerait un gigantesque pas pour le progrès dans ce pays, permettant à de nombreux innocents d’être libérés.
Anne-Isabelle s’est efforcée de ne pas avoir un discours moralisateur et paternaliste envers la société pakistanaise : « Il faut faire comprendre aux Pakistanais que nous ne sommes pas contre eux, nous sommes avec eux. Ce pays m’a accueillie il y a maintenant sept ou huit ans et j’en garde de très bons souvenirs. Obtenir la libération d’Asia serait en quelque sorte leur rendre les belles années que j’ai pu passer avec eux. Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour le progrès et l’amélioration du cadre de vie, mais je suis confiante. »
Elle déplore aujourd’hui qu’on se serve du nom de Dieu pour aller à l’encontre des libertés et des droits, mais également perpétrer des actes meurtriers : « De ce que j’ai appris là-bas, l’islam est une religion de paix et d’amour qui est malheureusement aujourd’hui prise en otage par des personnes qui n’ont rien à voir avec l’islam. Les premiers à en souffrir sont les musulmans eux-mêmes et cela partout dans le monde. Il n’existe pas d’islam modéré et radical, il n’y a qu’un seul islam et il est pacifique » conclut-elle.
À la question « Le combat que vous menez, constitue-t-il le plus grand combat de votre carrière, voire même de votre vie ? » Anne-Isabelle répond en rigolant : « Sans doute, vous savez je ne suis que journaliste, je n’ai jamais eu à défendre qui que ce soit. Et dans cette histoire dans laquelle j’étais embarquée un peu malgré moi, j’ai beaucoup appris. Alors oui, si jamais Asia est libérée, j’en serai très fière vu que ceux qui ont milité et moi-même y serons pour quelque chose, assurément ».
Félix Mubenga
Pour en savoir plus : Comité International Asia Bibi
http://bondyblog.liberation.fr/201601260001/liberation-dasia-bibi-sans-doute-le-combat-de-toute-une-vie/

jeudi 21 janvier 2016

Un condamné exécuté au Texas, malgré la mobilisation en sa faveur

Richard Masterson, condamné pour avoir étranglé un travesti en 2001, avait reçu le soutien du pape François. 

L'Etat américain du Texas a exécuté mercredi un condamné à mort, malgré un recours de la dernière chance introduit par ses avocats convaincus de son innocence et un soutien apporté par le pape François.
Étranglement ou arrêt cardiaque ? Richard Masterson, 43 ans, a reçu une injection létale et est décédé à 18h53, a annoncé un porte-parole de l'administration pénitentiaire locale. Il avait été reconnu coupable d'avoir étranglé Darin Honeycutt, un travesti, en 2001 à Houston, dans le sud du pays. Niant ce meurtre, Richard Masterson affirmait que la victime était décédée d'un arrêt cardiaque au cours d'une relation sexuelle consentie. Selon lui, Darin Honeycutt lui avait demandé de lui serrer le cou pour lui causer une asphyxie érotique, une pratique consistant à priver d'oxygène le cerveau d'un partenaire pour décupler son orgasme.
L'avocat de Richard Masterson avait saisi en ultime recours la Cour suprême des Etats-Unis, affirmant que l'autopsie de Darin Honeycutt était entachée de graves irrégularités et que d'anciens aveux du condamné, toxicomane et plongé dans une dépression suicidaire en raison de son incarcération, n'étaient pas valables.
Des preuves effacées ? "J'ai saisi la Cour suprême aux motifs que premièrement M. Masterson est innocent, deuxièmement l'Etat (du Texas) a effacé des preuves de l'innocence de M. Masterson et troisièmement les précédents avocats de M. Masterson, par incompétence, n'ont pas relevé les preuves de son innocence", avait déclaré Gregory Gardner, l'avocat du condamné.
Le pape François, grand opposant de la peine de mort, suit de près le sort de Richard Masterson, avait indiqué lundi dans une conférence de presse le cardinal autrichien Christoph Schönborn. Les Etats-Unis ont exécuté 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 1991, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). Le Texas est l'Etat américain qui exécute le plus.

http://www.europe1.fr/international/un-condamne-execute-au-texas-malgre-la-mobilisation-en-sa-faveur-2654151

mardi 19 janvier 2016

« Les Pieds nus dans l’Herbe » ou l’histoire de Charles Thompson

Récit autobiographique retraçant l’évasion incroyable du couloir de la mort du Texas ainsi que des retours sur les épisodes de la vie de Charles Thompson qui l’ont amené à dériver vers ce sombre destin. (réécrit par Roger Rodriguez, auteur américain). Traduction française - 6,49 € Amazon : http://www.amazon.fr/gp/product/B01A5IGGAY Kobo/Fnac : https://store.kobobooks.com/fr-fr/ebook/les-pieds-nus-dans-l-herbe Bientôt sur Apple I-tunes Les bénéfices iront intégralement au fonds de soutien de Charles, #999306, Polunsky (Texas) Rappel  des faits (1998) : Charles a été condamné à mort suite à une rixe avec un rival amoureux qui était sous l’emprise de la cocaïne et de l’alcool, la légitime défense n’ayant pas été retenue malgré ses allégations. Une deuxième personne blessée sans gravité d’après les secours est décédée quelques jours plus tard ; l’hôpital avait été reconnu coupable dans un premier temps, mais exonéré par la suite, et ce décès a également été mis à la charge de Charles. Par ailleurs, un nouveau procès se profile,  bien que très fatigué par toutes ces années d’enfermement, Charles fonde beaucoup d’espoirs sur cet évènement et espère avoir un bon avocat pour cette étape décisive. Les Amis de Charles Thompson - asso.thompson@gmail.com

mercredi 13 janvier 2016

Execution de Richard Masterson le 20 janvier - Urgent - A partager autour de vous et avec vos medias



Le Texas veut exécuter un homme innocent le 20 janvier 2016 malgré les preuves scientifiques accablantes de son innocence.   

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Le médecin légiste, Mr  Dr Schrode.engagé par l’état lors du procès a menti sur ses qualifications. Il n'était pas suffisamment compétent  pour reconnaître la mort de la victime suite a une crise cardiaque. https://richardmastersonisinnnocent.wordpress.com/cause-of-death/
Ce dernier a été démis de ses fonctions  en 2010 après qu'un prisonnier gracié de l’état de LOhio a démontré l’incompétence Dr Schrode.



Ses avocats actuels travaillent sans relâche pour lui épargner la vie.
 Les copies des requêtes déposées par sa défense le 12 janvier 2016 sont disponibles sur le site suivant :
https://richardmastersonisinnnocent.wordpress.com/links/

https://richardmastersonisinnnocent.files.wordpress.com/…/1…
https://richardmastersonisinnnocent.files.wordpress.com/…/2…
https://richardmastersonisinnnocent.files.wordpress.com/…/3…
https://richardmastersonisinnnocent.files.wordpress.com/…/4…

Une pétition est, également, disponible : https://www.change.org/p/pardon-wrongly-convicted-richard-masterson

Si vous connaissez des medias, en Europe, aux USA ou ailleurs, susceptibles d’aider Mr Masterson , n’hésitez pas à transmettre son histoire et crier haut et fort que le Texas veut exécuter un autre innocent dans 7 jours.  
Le temps est précieux. 

Vous pouvez, contacter le gouverneur  du Texas Greg Abbott pour lui demander de ne pas executer Mr Masterson.

Telephone : (512) 463-1782
Via tweeter: @GovAbbot
Par voie postale:  Office of the Governor, P.O. Box 12428, Austin, Texas 78711-2428 USA

Facebook : https://www.facebook.com/TexasGovernor/ 
 E-mail: bpp_pio@tdcj.texas.gov