Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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dimanche 26 février 2017

Arizona: des avocats pourront aider à faire exécuter leur client

es difficultés qu'éprouvent plusieurs États américains à trouver les produits médicamenteux requis pour procéder à des exécutions par injection létale les poussent à de surprenantes initiatives.
L'avocat fédéral Dale Baich a défendu le prisonnier Joseph Wood, dont l'exécution bâclée en 2014 avait relancé le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.
PHOTO SAMANTHA SAIS, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES
Les services correctionnels de l'Arizona viennent d'en donner une nouvelle illustration en statuant qu'il sera désormais possible pour les avocats de condamnés à mort de fournir les produits requis pour l'exécution de leurs clients.
Le manuel de procédures, récemment révisé, précise qu'ils peuvent fournir à cette fin du pentobarbital, un sédatif, ou du thiopental sodique, un anesthésiant.
Le document précise que les produits doivent être acquis auprès de pharmacies ou de manufacturiers autorisés et satisfaire à certaines exigences de qualité.
Cette révision des procédures survient alors que l'Arizona doit défendre ses pratiques en matière de peine capitale devant les tribunaux.
L'État avait été plongé dans la controverse en 2014 après l'exécution bâclée de Joseph Wood, qui avait été reconnu coupable d'un double meurtre survenu en 1989.
Dale Baich, avocat fédéral ayant défendu le prisonnier, relate qu'il est mort au bout de deux heures après avoir longtemps cherché son air. Au milieu du processus, ses représentants ont tenté d'obtenir d'un juge que l'exécution soit interrompue, mais en vain.
L'exécution avait été réalisée avec un cocktail médicamenteux « expérimental » utilisant notamment du midazolam comme anesthésiant.
Les autorités se sont engagées depuis à ne plus utiliser ce produit controversé, mais la poursuite lancée pour forcer l'État à revoir ses façons de faire demeure pendante.
« Nous voulons nous assurer que les condamnés à mort ne souffriront pas inutilement si l'Arizona veut procéder à de nouvelles exécutions », explique M. Baich.
En raison notamment d'un embargo imposé par l'Union européenne pour empêcher l'application de la peine de mort, les entreprises qui fabriquaient les produits traditionnellement utilisés par plusieurs États ont cessé leurs exportations vers les États-Unis.
D'autres firmes ont par ailleurs décidé de leur propre chef de ne plus permettre que leurs produits soient utilisés à cette fin, ce qui a généré une pénurie qui favorise les dérapages comme celui survenu dans le cas de Joseph Wood.
Une mesure «ridicule»
L'Arizona, note Me Baich, s'était procuré illégalement du thiopental sodique en Grande-Bretagne en 2011 et avait tenté de le faire de nouveau en 2015 en Inde, avant d'être bloqué par les autorités fédérales.
« Ils n'ont pas aujourd'hui les produits requis pour procéder à des exécutions », souligne l'avocat, qui juge « illégal » et « impraticable » de proposer à des avocats comme lui de combler ce manque.
Robert Dunham, qui dirige le Death Penalty Information Center (DPIC), un groupe de recherche établi à Washington, note que l'idée semble être l'expression de « désespoir » des autorités devant la pénurie.
Les produits utilisés pour l'application de la peine de mort sont contrôlés et ne peuvent, dit-il, être acquis par des avocats. Ces derniers ont par ailleurs le devoir de défendre les intérêts de leurs clients avec zèle.
« Le fait d'aider à les faire exécuter ne s'inscrit pas dans ce mandat. »
Les services correctionnels de l'Arizona - qui n'ont pas répondu aux demandes d'entrevue de La Presse - n'ont pas annoncé officiellement ce qui motive l'adoption de cette mesure inusitée.
Le « ridicule » qui l'entoure assure cependant qu'aucun autre État ne voudra emboîter le pas, relève le directeur du DPIC, qui s'attend à ce que cette disposition soit invalidée par les tribunaux.
L'Arizona n'a pas réalisé de nouvelles exécutions depuis celle de Joseph Wood en 2014, alors que 119 condamnés à mort attendent leur sort en prison.
https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=7443747089020724173#editor/target=post;postID=7224454031928860034
 

lundi 10 août 2015

La cinéaste Solveg Anspach est décédée

Solveg Anspach, cinéaste de talent qui savait si bien filmer les femmes, est décédée d'un cancer le 7 août. Elle nous était proche non seulement par les très bons films qu'elle réalisait - Lulu femme nue est une merveille- mais aussi par son engagement  qu'elle laissait transparaître dans nombre de ses films.
Nous l'avons connue en 2OOO, au moment où Odell Barnes était en attente de son exécution. Elle a ensuite co-réalisé un documentaire, sur l'histoire d'Odell, Made in the USA. Un film à revoir. Merci à elle.

samedi 31 janvier 2015

Ohio: faute de produits létaux, les exécutions sont remises à 2016

Une  "bonne" nouvelle.L'état de l'Ohio vient de suspendre les  exécutions pour toute l'année 2015 afin de tenter de trouver un nouveau  protocole d'injection létale. Sept condamnés à mort sont concernés. Les exécutions sont reportées à 2016.

samedi 3 janvier 2015

La peine de mort en 2014 aux Etats-Unis : 35 exécutions

35 condamnés à mort ont été exécutés en 2014 aux Etats-Unis, tous par injection létale.
Parmi ces exécutions :
- plusieurs ont été dysfonctionnelles et particulièrement pénibles et longues, dans l'Arizona, l'Ohio et l'Oklahoma.
- le Texas a exécuté deux ressortissants mexicains en violation de l'application de la Convention de Vienne sur les relations consulaires.

Ces 35 exécutions capitales ont eu lieu dans 7 Etats : l'Arizona (1), la Floride (8), la Géorgie (2), le Missouri (10), l'Ohio (1), l'Oklahoma (3) et le Texas (10).

Durant l'année 2014 par ailleurs :
- 72 condamnations à mort ont été prononcées aux Etats-Unis, dans 20 Etats,
- le gouverneur de l'Etat de Washington a annoncé qu'il ne signerait aucun ordre d'exécution capitale pour le reste de son mandat
- 7 condamnés à mort ou anciens condamnés à mort ont été innocentés (pour un total de 150 depuis 1973) selon le décompte du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

http://www.peinedemort.org/document.php?choix=7893

vendredi 3 octobre 2014

Crime et punitions en Arabie Saoudite: les autres décapités


Les raisons possibles d'un bond mystérieux dans les exécutions

Les condamné peuvent demander un antalgique. Leur fin n'est pas télévisée et elle est donnée d'un coup de sabre rapide, porté un bourreau habile plutôt que par la mise en pièce avec un couteau de cuisine manié par une brute non entrainée. Sinon il n'y a pas grande différence entre une sentence de mort dans «l'état islamique- EI» des djihadistes et en Arabie Saoudite, un pays considéré comme un allié crucial de l'Ouest dans le combat contre l'Etat Islamique. Il n'y a pas non plus de grande différence entre les deux entités dans les autres applications d'une rigueur extrême de la Charia, ou loi islamique, incluant les coups de fouet en public et le droit des victimes à  réclamer la vengeance « œil pour œil, dent pour dent ».
Les deux suivent la jurisprudence hanbalite, la plus traditionnelle des quatre écoles  de la loi islamique sunnite traditionnelle : quand des Egyptiens réprimandent quelqu'un qui pinaille, l'expression employée est «  ne sois pas un Hanbalite ». Des dissidents de Raqqa, la ville syrienne qui est la proto -capitale de l'EI, disent tous que les douze juges qui gèrent maintenant le système judiciaire, jugeant chaque affaire depuis les problèmes de propriété jusqu'aux crimes capitaux, sont Saoudiens. Le groupe a aussi créé une police religieuse dans le genre de celle d'Arabie Saoudite, chargée d'extirper le vice et de contrôler  la participation aux prières. Et comme dans les zones administrées par l'E I, où des églises et des mosquées non sunnites ont été détruites ou converties à d'autres usages, l'Arabie Saoudite interdit la pratique religieuse non musulmane. A titre d'exemple, le 5 Septembre, la police saoudienne a investi une maison à Khafji, près de la frontière avec le Koweit, et mis en accusation 27 chrétiens asiatiques qui tenaient une cérémonie religieuse.
Au cours des derniers mois, E I a mené des centaines, peut être des milliers d'exécutions, la plupart à l'arme à feu plutôt que par décapitation et sans procès d'aucune sorte. L' Arabie Saoudite est loin d'avoir la gâchette ou l'épée aussi facile. Cependant, dans l'espace de 18 jours, au mois d'Août, le royaume a décapité quelques 22 personnes suivant les avocats des droits de l'homme. Cette augmentation de meurtres – le royaume a mené 79 exécutions l'an dernier- fut surprenante non seulement par sa soudaineté mais aussi parce que beaucoup parmi les exécutés étaient coupables de délits relativement mineurs comme la consommation de hachich ou, étrangement, la « sorcellerie ». Dans un cas, l'accusé a été déterminé handicapé mental mais il a néanmoins perdu sa tête.
Surprise aussi car le royaume saoudien, au cours des années récentes, avait desserré doucement quelques rigueurs et fait des efforts pour tenir les rênes à la police religieuse. Quelques voix critiques saoudiennes font part de leur crainte que ce soudain regain soit une réponse au défi posé par l'Etat Islamique. Peut être est-ce une tentative pour prouver aux saoudiens les plus conservateurs que le royaume reste un état « islamique » plus vrai qu'aucun autre. D'autres voient cela comme faisant partie d'une politique plus large pour affirmer le contrôle gouvernemental par rapport aux signes de mécontentement grandissant de la jeunesse saoudienne qui s'ennuie, cela incluant une dérive vers l'incroyance.

( publié le 20 Septembre 2014 dans The Economist)

mardi 1 avril 2014

Un film et un livre pour Rickey

, Rickey L Lewis - soutenu pendant plus de treize ans par le Comité Languedoc-Roussillon -Lutte pour la Justice, a été exécuté au Texas il y a un an. Dimanche 6 avril à 11h30, sur France 2, un film reportage lui sera consacré. Le 3 avril c'est un livre - La souffrance et la grâce- qui sortira publié chez Albin Michel. Dire que Rickey était innocent, montrer l'horreur d'une exécution, faire vivre sa mémoire, voici quelques uns des buts que se sont fixés Danièle et René Sirven, ses amis proches.

lundi 10 mars 2014

Agir pour Jeffrey Ferguson


Jeffrey Ferguson, 59 ans, a reçu sa date d'exécution, le 26 mars 2014. Il se trouve dans le couloir de la mort du Missouri depuis sa condamnation à mort prononcée en 1995.

Si vous désirez intervenir en sa faveur vous devez envoyer votre message à la fois au gouverneur et au comité des grâces dont voici les adresses :

Missouri Board of Probation and Parole
Ellis McSwain(Chairman), Kenny Jones, Jim Wells,
Chuck Pryor, Brian Jamison, Martin Rucker, Don Ruzicka
3400 Knipp Drive
Jefferson City, MO 65109

Téléphone : 573-751-8488
TTY : 800-735-2966
Télécopieur : 573-751-8501


Jay Nixon, Governor
P.O. Box 720
Jefferson City, MO 65102

Téléphone : (573) 751-3222


Voici une lettre modèle que vous pouvez utiliser telle quelle ou modifier à votre goût :

(Lieu et date)

Objet : Clémence pour M. Jeffrey Ferguson

Mesdames et Messieurs du comité des grâces, ou Monsieur le Gouverneur,
Je me permets de vous écrire au sujet de M. Jeffrey Ferguson, dont l'exécution est programmée pour le 26 mars 2014.

Jeffrey Ferguson a été condamné à mort pour un meurtre commis ensemble avec un autre homme, condamné à la prison à vie. Jeffrey Ferguson reconnaît sa culpabilité, même s'il ne se souvient pas de la nuit du crime. Il avait commencé à boire pendant son service militaire et au moment du crime était alcoolique. Il buvait jusqu'à en perdre connaissance, et le lendemain ne se souvenait de rien.

Il a déclaré qu'il ne cherchait pas à minimiser son crime. Il a découvert la foi en prison et regrette profondément son acte. Sa femme a divorcé et est sortie de sa vie, ses parents sont morts. Ses filles ne répondent plus au téléphone ni à ses lettres.

Je ne cherche pas à excuser le crime de M. Jeffrey Ferguson qui doit être sévèrement puni. Mais je m'oppose par principe à la peine de mort qui est la violation la plus absolue des droits humains puisqu'elle viole le droit à la vie même.

Je vous demande instamment de commuer la peine de mort infligée à M. Jeffrey Ferguson en une peine de prison à vie.

Espérant que ma requête soit entendue, je vous prie, Mesdames et Messieurs les membres du comité des grâces ou Monsieur le Gouverneur, de croire en ma haute considération.

(Nom et coordonnées)


Merci d'adresser une copie de votre lettre à l'ambassade des États-Unis de votre pays :

The Embassy of the United States of America in Canada
PO Box 866
Station B
Ottawa, Ontario
K1P 5T1
H.E. Richard M. Sanders
US Ambassador in Canada


The Embassy of the United States of America in France and Monaco
H.E. Mr. Charles H. Rivkin
US Ambassador in France and Monaco
2, avenue Gabriel
75382 Paris Cedex 08

Standard : +33 1 43 12 22 22
Télécopieur : +33 1 42 66 97 83

Comme l'ambassadeur n'a pas d'adresse mail publique, merci de laisser votre lettre sur la page Facebook de l'ambassade :

The Embassy of the United States of America in Belgium
H.E.  Mr. Howard Gutman
US Ambassador in Belgium
Regentlaan 27 Boulevard du Régent, B-1000 Bruxelles
Belgique

Téléphone : (32-2) 811-4000  
Télécopieur : (32-2) 811-4500


The Embassy of the United States of America in Switzerland
H.E.  Mr. Donald S. Beyer Jr.
US Ambassador in Switzerland
Sulgeneckstrasse 19
CH-3007 Bern, Switzerland 

Téléphone : 031 357 70 11
Courriel : bernpa@state.gov

Ambassade des États-Unis d'Amérique au Canada
Son Excellence M. Richard M. Sanders
Ambassadeur des États-Unis d'Amérique au Canada
490, Sussex Drive
Ottawa, ON K1P 5T1
Canada

Téléphone : 613-688-5335
Télécopieur : 613-688-3082


Plus d'informations sur Jeffrey Ferguson :


vendredi 7 février 2014

Suzanne Basso, 14e femme exécutée au Etats-Unis

Malgré son retard mental et handicap Suzanne basso a été exécutée au Texas !
http://www.lematin.ch/monde/ameriques/Suzanne-Basso-14e-femme-executee-au-EtatsUnis/story/31676566

Une Américaine a été exécutée mercredi soir au Texas pour le meurtre de son compagnon attardé mental. La mise à mort d'une femme est «assez rare »aux Etats-Unis.
 
Une Américaine, Suzanne Basso, a été exécutée mercredi soir au Texas pour le meurtre de son compagnon attardé mental. Elle devient ainsi la quatorzième femme à être mise à mort depuis 1976 aux Etats-Unis.
Suzanne Basso, 59 ans dont 14 dans le couloir de la mort, a été déclarée décédée à 18h26 locales (00h26 heure suisse jeudi) à Huntsville, au Texas (sud), a indiqué à l'AFP une porte-parole des autorités pénitentiaires de l'Etat.
La condamnée, qui était paralysée des membres inférieurs, a succombé 18 minutes après le début de la procédure, mais 11 minutes après le début de l'injection létale, a ajouté cette porte-parole. Elle pesait plus de 160 kilos au moment de son arrestation en septembre 1999 mais avait perdu du poids en prison, où elle était confinée dans un fauteuil roulant à la suite d'une maladie dégénérative.
Elle avait été condamnée à mort il y a 14 ans pour le meurtre en réunion, avec violences et actes de torture de son compagnon, dans le but de bénéficier de son assurance-vie.
Louis «Buddy» Musso, un attardé mental de 59 ans, qui était venu du New Jersey (est) dans le but de l'épouser, avait été brûlé avec des cigarettes et battu à mort avec ceintures, battes de baseball et bottes ferrées avec la complicité de cinq personnes. Son corps méconnaissable, présentant de multiples commotions et fractures, avait été retrouvé sur le bord d'une route près de Houston, en août 1998, selon des documents judiciaires.
Recours inutiles
Tous les recours de Suzanne Basso avaient échoué au fil des ans, jusqu'à l'ultime rejet de la Cour suprême des Etats-Unis, à deux heures de l'exécution. Jusqu'au bout, son avocat Winston Cochran avait argué de son irresponsabilité pénale pour demander à la haute Cour de lui épargner l'exécution et de commuer sa peine.
Il avait plaidé de sa «longue histoire de pensées délirantes et de troubles mentaux» qui n'a jamais été présentée au procès, selon son appel devant la Cour suprême. «Elle a eu une enfance terrible, elle délire depuis longtemps, elle a été violée, elle a grandi dans la pauvreté... Sa condamnation aurait dû être commuée il y a des années», a déclaré Me Cochran.
En outre, il y avait six accusés, tous condamnés à de la prison sauf elle, alors que rien ne prouve qu'elle a porté le coup fatal, a-t-il ajouté. «Elle était franchement obèse, acariâtre, pas séduisante du tout. Depuis le début, (l'accusation) a soutenu la théorie qu'elle était la chef du groupe», a estimé l'avocat.
«Assez rare»
Suzanne Basso est la quatorzième femme mise à mort aux Etats-Unis, dont cinq au Texas, sur 1366 exécutions depuis le rétablissement de la peine capitale dans le pays en 1976. Le phénomène est «assez rare», selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC), qui compile toutes les données sur la peine de mort aux Etats-Unis.
Au 1er janvier 2013, les femmes représentaient, avec 60 prisonnières, à peine 2% de la population totale dans le couloir de la mort, et près de 3% du total des exécutions perpétrées depuis 1608 aux Etats-Unis - 9% si l'on se cantonne aux trois dernières décennies, selon le DPIC.

samedi 12 octobre 2013

La dernière exécution capitale en France 09 septembre 1977


Exécution capitale de Djandoubi, sujet tunisien.

A 15 heures, Monsieur le Président R... me fait savoir que je suis désignée pour y assister.
Réaction de révolte, mais je ne peux pas m'y soustraire. Je suis habitée par cette pensée toute l'après-midi. Mon rôle consisterait, éventuellement, à recevoir les déclarations du condamné.
A 19 heures, je vais au cinéma avec B .et B. B., puis nous allons casse-croûter chez elle et regardons le film du Ciné-Club jusqu'à 1 heure. Je rentre chez moi ; je bricole, puis je m'allonge sur mon lit. Monsieur B. L. me téléphone à 3 heures et quart, comme je le lui ai demandé. Je me prépare. Une voiture de police vient me chercher à 4 heures et quart. Pendant le trajet, nous ne prononçons pas un mot.
Arrivée aux Baumettes. Tout le monde est là. L'avocat général arrive le dernier. Le cortège se forme. Une vingtaine (ou une trentaine ?) de gardiens, les "personnalités". Tout le long du parcours, des couvertures brunes sont étalées sur le sol pour étouffer le bruit des pas. Sur le parcours, à trois endroits, une table portant une cuvette pleine d'eau et une serviette éponge.
On ouvre la porte de la cellule. J'entends dire que le condamné sommeillait, mais ne dormait pas. On le "prépare". C'est assez long, car il a une jambe artificielle et il faut la lui placer. Nous attendons. Personne ne parle. Ce silence, et la docilité apparente du condamné, soulagent, je crois, les assistants. On n'aurait pas aimé entendre des cris ou des protestations. Le cortège se reforme, et nous refaisons le chemin en sens inverse. Les couvertures, à terre, sont un peu déplacées, et l'attention est moins grande à éviter le bruit des pas.
Le cortège s'arrête auprès d'une des tables. On assied le condamné sur une chaise. Il a les mains entravées derrière le dos par des menottes. Un gardien lui donne une cigarette à bout filtrant. Il commence à fumer sans dire un mot. Il est jeune. Les cheveux très noirs, bien coiffés. Le visage est assez beau, des traits réguliers, mais le teint livide, et des cernes sous les yeux. Il n'a rien d'un débile, ni d'une brute. C'est plutôt un beau garçon. Il fume, et se plaint tout de suite que ses menottes sont trop serrées. Un gardien s'approche et tente de les desserrer. Il se plaint encore. A ce moment, je vois entre les mains du bourreau, qui se tient derrière lui flanqué de ses deux aides, une cordelette.
Pendant un instant, il est question de remplacer les menottes par la cordelette, mais on se contente de lui enlever les menottes, et le bourreau a ce mot horrible et tragique : "Vous voyez, vous êtes libre !..." Ça donne un frisson... Il fume sa cigarette, qui est presque terminée, et on lui en donne une autre. Il a les mains libres et fume lentement. C'est à ce moment que je vois qu'il commence vraiment à réaliser que c'est fini – qu'il ne peut plus échapper –, que c'est là que sa vie, que les instants qui lui restent à vivre dureront tant que durera cette cigarette.
CET HOMME VA MOURIR, IL EST LUCIDE
Il demande ses avocats. Me P. et Me G. s'approchent. Il leur parle le plus bas possible, car les deux aides du bourreau l'encadrent de très près, et c'est comme s'ils voulaient lui voler ces derniers moments d'homme en vie. Il donne un papier à Me P. qui le déchire, à sa demande, et une enveloppe à Me G. Il leur parle très peu. Ils sont chacun d'un côté et ne se parlent pas non plus. L'attente se prolonge. Il demande le directeur de la prison et lui pose une question sur le sort de ses affaires.
La deuxième cigarette est terminée. Il s'est déjà passé près d'un quart d'heure. Un gardien, jeune et amical, s'approche avec une bouteille de rhum et un verre. Il demande au condamné s'il veut boire et lui verse un demi-verre. Le condamné commence à boire lentement. Maintenant il a compris que sa vie s'arrêterait quand il aurait fini de boire. Il parle encore un peu avec ses avocats. Il rappelle le gardien qui lui a donné le rhum et lui demande de
ramasser les morceaux de papier que Me P. avait déchirés et jetés à terre. Le gardien se baisse, ramasse les morceaux de papier et les donne à Me P. qui les met dans sa poche.
C'est à ce moment que les sentiments commencent à s'entremêler. Cet homme va mourir, il est lucide, il sait qu'il ne peut rien faire d'autre que de retarder la fin de quelques minutes. Et ça devient presque comme un caprice d'enfant qui use de tous les moyens pour retarder l'heure d'aller au lit ! Un enfant qui sait qu'on aura quelques complaisances pour lui, et qui en use. Le condamné continue à boire son verre, lentement, par petites gorgées. Il appelle l'imam qui s'approche et lui parle en arabe. Il répond quelques mots en arabe.
Le verre est presque terminé et, dernière tentative, il demande une autre cigarette, une Gauloise ou une Gitane, car il n'aime pas celles qu'on lui a données. Cette demande est faite calmement, presque avec dignité. Mais le bourreau, qui commence à s'impatienter, s'interpose : "On a déjà été très bienveillants avec lui, très humains, maintenant il faut en finir." A son tour, l'avocat général intervient pour refuser cette cigarette, malgré la demande réitérée du condamné qui ajoute très opportunément : "Ça sera la dernière." Une certaine gêne commence à s'emparer des assistants. Il s'est écoulé environ vingt minutes depuis que le condamné est assis sur sa chaise. Vingt minutes si longues et si courtes ! Tout s'entrechoque.
IL FAUT VITE EFFACER LES TRACES DU CRIME...
 La demande de cette dernière cigarette redonne sa réalité, son "identité" au temps qui vient de s'écouler. On a été patients, on a attendu vingt minutes debout, alors que le condamné, assis, exprime des désirs qu'on a aussitôt satisfaits. On l'avait laissé maître du contenu de ce temps. C'était sa chose. Maintenant, une autre réalité se substitue à ce temps qui lui était donné. On le lui reprend. La dernière cigarette est refusée, et, pour en finir, on le presse de terminer son verre. Il boit la dernière gorgée. Tend le verre au gardien. Aussitôt, l'un des aides du bourreau sort prestement une paire de ciseaux de la poche de sa veste et commence à découper le col de la chemise bleue du condamné. Le bourreau fait signe que l'échancrure n'est pas assez large. Alors, l'aide donne deux grands coups de ciseaux dans le dos de la chemise et, pour simplifier, dénude tout le haut du dos.
Rapidement (avant de découper le col) on lui a lié les mains derrière le dos avec la cordelette. On met le condamné debout. Les gardiens ouvrent une porte dans le couloir. La guillotine apparaît, face à la porte. Presque sans hésiter, je suis les gardiens qui poussent le condamné et j'entre dans la pièce (ou, peut-être, une cour intérieure ?) où se trouve la "machine". A côté, ouvert, un panier en osier brun. Tout va très vite. Le corps est presque jeté à plat ventre mais, à ce moment-là, je me tourne, non par crainte de "flancher", mais par une sorte de pudeur (je ne trouve pas d'autre mot) instinctive, viscérale.
J'entends un bruit sourd. Je me retourne – du sang, beaucoup de sang, du sang très rouge –, le corps a basculé dans le panier. En une seconde, une vie a été tranchée. L'homme qui parlait, moins d'une minute plus tôt, n'est plus qu'un pyjama bleu dans un panier. Un gardien prend un tuyau d'arrosage. Il faut vite effacer les traces du crime... J'ai une sorte de nausée, que je contrôle. J'ai en moi une révolte froide.
Nous allons dans le bureau où l'avocat général s'affaire puérilement pour mettre en forme le procès-verbal. D.vérifie soigneusement chaque terme. C'est important, un PV d'exécution capitale ! A 5 h 10 je suis chez moi.
J'écris ces lignes. Il est 6 h 10.
Monique Mabelly (Juge d'instruction)
In Le Monde 09/10/2013

mercredi 28 août 2013

Robert Garza : date d'exécution 19 septembre - lettre à envoyer rapidement au gouverneur Perry et au comite des grâces


Robert Garza a été condamné à mort au terme de la "loi des parties". Selon cette loi, les personnes coupables d’avoir aidé un meurtrier peuvent être condamnées à mort tout comme lui.  Cette loi a été adoptée dans quelques États américains, mais seul le Texas l’applique jusqu’à la peine capitale.

Lettres reçues de l'association: Abolition Movement- Texas.

Plus d'informations: : https://www.facebook.com/events/548835071832193/

Board of Pardons and Paroles Executive Clemency Section
General Counsel's Office
8610 Shoal Creek Blvd Austin, TX 78757
Phone: (512) 406-5852
Fax: (512)- 467-0945

Date:

Dear Members of the Board of Pardons and Paroles,

 An execution date of September 19, 2013 has been set for Texas death row prisoner Robert Gene Garza (#999466). Robert was sentenced to death in the murders of María de la Luz Bazaldúa Cobarrubias, Danitzene Lizeth Vázquez Beltrán, Celina Linares Sánchez and Lourdes Yesenia Araujo Torres. I ask that you grant clemency to Robert Garza.

Robert was convicted under the Law of Parties, a law in Texas that allows the death penalty for those who aid in felony murder, even if a person did not kill anyone. Robert has always maintained that he was not the triggerman. The physical evidence and witness testimony support this claim. Even though Robert was convicted under the Law of Parties, no other person was convicted in this crime.

 The Law of Parties was adopted here in 1974 and Texas is the only death penalty state to use such a law so aggressively. Several men have been convicted under the LOP, even though they killed no one, by the state’s own admission. The Law of Parties came under scrutiny around the planned execution of former Texas death row prisoner Kenneth Foster. Kenneth's sentence was commuted a few short hours before the scheduled execution in 2007, after a vigorous campaign involving his family and supporters.

 That campaign led to the proposal of a bill in the Texas legislature in 2009 that would have done away with the death sentence in Law of Parties cases, as well as require separate trials for defendants in capital cases.

Robert Garza killed no one, and does not deserve to be executed by the state of Texas under what is a flawed and unjust law. Robert's family has worked hard over the years to fight for his life, and to lobby for the bills that would do away with the Law of Parties.

 I would like to express my deepest sympathy to the family members of the victims in this case. However, I hope that you will carefully consider the implications of executing people under this law. I implore you to think of the Garza family, who are fighting to save Robert’s life.

Yours sincerely , (signature)
 

Governer Rick Perry
Office of the Governor
P.O. Box 12428, Austin, Texas 78711
Phone: (512) 463-2000
Fax: (512) 463-1849
Date:
Dear Governor Perry,
 An execution date of September 19, 2013 has been set for Texas death row prisoner Robert Gene Garza (#999466). Robert was sentenced to death in the murders of María de la Luz Bazaldúa Cobarrubias, Danitzene Lizeth Vázquez Beltrán, Celina Linares Sánchez and Lourdes Yesenia Araujo Torres. I ask that you grant clemency to Robert Garza.
Robert was was convicted under the Law of Parties, a law in Texas that allows the death penalty for those who aid in felony murder, even if a person did not kill anyone. Robert has always maintained that he was not the triggerman. The physical evidence and witness testimony support this claim. Even though Robert was convicted under the Law of Parties, no other person was convicted in this crime.
The Law of Parties was adopted here in 1974 and Texas is the only death penalty state to use such a law so aggressively. Several men have been convicted under the LOP, even though they killed no one, by the state’s own admission.
The Law of Parties came under scrutiny around the planned execution of former Texas death row prisoner Kenneth Foster. Kenneth's sentence was commuted a few short hours before the scheduled execution in 2007, after a vigorous campaign involving his family and supporters.
That campaign led to the proposal of a bill in the Texas legislature in 2009 that would have done away with the death sentence in Law of Parties cases, as well as require separate trials for defendants in capital cases.
Robert Garza killed no one, and does not deserve to be executed by the state of Texas under what is a flawed and unjust law. Robert's family has worked hard over the years to fight for his life, and to lobby for the bills that would do away with the Law of Parties.
I would like to express my deepest sympathy to the family members of the victims in this case. However, I hope that you will carefully consider the implications of executing people under this law. I implore you to think of the Garza family, who are fighting to save Robert’s life.
 Yours sincerely, (signature)


samedi 22 juin 2013

La 500° exécution au Texas: Kimberly Mc Carthy

 Lawyers in Texas are fighting to save the life of a female prisoner scheduled to become the 500th person to be executed by the state since the death penalty was reinstated in America in 1976.
Barring a last-minute stay, Kimberly McCarthy, 52, will face lethal injection next Wednesday for the 1997 murder of her neighbour. Should the execution be carried out, she would be the 500th person put to death by Texas, a state that has shown more enthusiasm in modern times for capital punishment than any other.
The next seven days will be the culmination of an emotional and legal rollercoaster for McCarthy. This is her third appointment with the death chamber in the space of five months.

"She is a very spiritual person. She believes what's meant to be is meant to be, and it's all in God's hands," said Maurie Levin, McCarthy's legal counsel since January.
Now Levin has filed a new motion to stay execution with the Texas court of criminal appeals. The filing argues that McCarthy has suffered from two fundamental flaws that persistently crop up in death penalty cases.
"As it turns out, Kimberly McCarthy is an African American woman scheduled to be the 500th person to be executed in Texas. Her case raises two of the most typical issues in the administration of the death penalty: race discrimination and the quality of counsel," Levin told the Guardian.
Source The Guardian 21 juin
 
 
Les avocats de Kimberly mac Carthy dont Maurie Levin (avec qui nous souvent travaillé) se battent pour tenter de sauver Kimberly, une afro américaine qui risque d'être la 500° victime de l'état du Texas depuis 1976.
M. Levin a déclaré en substance:" son cas rassemble les deux traits caractéristiques de l'application de la peine capitale : la discrimination raciale et une mauvaise défense."

vendredi 21 juin 2013

Soutenir des condamnés à mort en soutenant LPJ

 L'ouvrage La machine à tuer a été réédité aux éditions Riveneuve (Paris). Lisez-le, offrez le...

La Machine à tuer se lit comme un roman policier. Tout y est: un petit voyou noir sorti d'un ghetto du Texas, un crime horrible, des policiers pas toujours nets, un procureur acharné qui veut être réélu et des avocats commis d'office qui en font le minimum. Le verdict: la mort.
Mais ce n'est pas un roman, c'est la réalité.
J'ai rencontré Odell par hasard en 1996. Des années d'action au sein de l'association «Lutte pour la Justice», relayée en 1998 par des centaines de personnes et par une solide équipe de défense au Texas n'ont pu le sauver.
A travers son histoire, c'est le parcours banal de tous les condamnés à mort des Etats-Unis qui est ici raconté. C'est aussi la justice nord-américaine qui est dévoilée: système compliqué qui exige des avocats et enquêteurs très pointus; système onéreux où la classe sociale et la richesse sont plus importantes que la culpabilité ou l'innocence; système faussé où ni les juges ni les procureurs ni les policiers ne sont indépendants du politique.
L'histoire est toujours actuelle malgré le vote de lois améliorant la situation, le progrès des tests ADN et l'action militante des Projets Innocence. Moins de condamnations à mort, mais plus de condamnations incompressibles à vie et ce sont les mêmes - les pauvres- qui en sont toujours les victimes.

Réédition revue et enrichie. Préface de Philip Wischkaemper, avocat pénaliste texan.

Les bénéfices de la vente iront à l'association Lutte pour la Justice et en particulier à la défense de condamnés à mort du Texas. Pour le commander: brthscl@aol.com, 16 euros frais de port compris

jeudi 11 avril 2013

Un message de M. et mme Sirven: Rickey L. Lewis

Il est mort notre petit Rickey avec une magnifique force en disant son innocence, son amour pour nous et en proclamant avec ampleur "JE SUIS"- c'est le nom divin en hébreu- esperanza!
Les bourreaux légaux sont à plaindre, ils ont fait un travail indigne... Nous, nous avons vu la "violence pure" la violence des hommes à l'oeuvre;
ce soir nous avons besoin de repos.
Désormais les bénévoles de l'association vont s'occuper de l'incinération de Rickey et de rapatrier ses cendres afin de respecter les dernières volontés de Rickey.
MERCI à tous.
Hello,
He died our little Rickey with a magnificent force by saying his innocence and his love for us in proclaiming scale "I AM" - this is the divine name in Hebrew-esperanza!
The executioners are legal to complain, they have done a shameful ... We, we saw the "pure violence" male violence at work;
Tonight we need to rest.
Now volunteers of the association will take care of incineration Rickey and repatriate the ashes to respect the last wishes of Rickey.
THANK YOU to all.

mardi 2 avril 2013

Rickey se rapproche de son exécution

La cour suprême a refusé l'appel de RICKEY, ce que les avocats avaient prévu.
Soyons autour de notre cher RICKEY, réunis dans nos présences bienveillantes.

The Supreme Court has rejected the call for RICKEY, that lawyers had expected.
're around our dear RICKEY, united in our benevolent presence.

mercredi 27 février 2013

Avis de décès et dernier message



Les amis de Andrew Cook

Les amis d'Andrew Cook, exécuté le 23 février 2013 en Géorgie ont eu l'udée de faire apsser un avis de décés officiel dans le journal régional
AVIS DE DECES transmis à LA MONTAGNE pour publication le 23 février 2013 :
BRIVE, VISKER (65), JACKSON (Géorgie, USA)
Michel DELAGNES, Nicole BORIE-CHALARD,
Jean-Christophe NALLATAMBY, Joseph PUJO
Ont la douleur de vous faire part du décès de
ANDREW COOK
Mort à l’âge de 38 ans par injection létale au pénitencier de Jackson.
Il était notre ami depuis 2005, notre frère en humanité. De la chrysalide s’est envolé le papillon.
Sa maman demande vos prières. Luttons ensemble contre la peine de mort.
Le 25/5/2010, Andrew nous écrivait :
« Le papillon est censé être le symbole universel de la liberté… D'une chenille collée au sol, par sa métamorphose, il renaît à une nouvelle vie… Ce n'est qu'un insecte pourtant, mais beaucoup de gens pensent qu'une seule erreur d'un seul moment marque une vie à jamais et qu'un être humain, pourtant plus évolué, ne peut jamais changer et devenir un autre, bien meilleur… Mais à vos yeux à vous je suis capable de voler…
Je ne pourrai jamais vous dire à quel point cela compte pour moi que vous m’ayez donné cette chance de vous soucier de moi et de voir en moi quelque chose de bon… Me savoir soutenu par vous dans la vie, il n’y a rien que l’on puisse comparer à cela. J’apprécie beaucoup les fonds que vous m’envoyez, mais le plus grand cadeau que vous m’ayez fait, c’est votre amitié. Comme toujours, vous m’apportez l’espoir, et cela, je ne pourrai jamais faire assez pour vous le rendre… J’apprécie vraiment tout ce que vous faites pour moi, votre soutien inébranlable et vos prières. »

Les amis et soutiens de Andrew Cook, exécuté par l'état de Géorgie, ont fait passer cet avis de décès officiel dans le journal La Montagne (Auvergne) ce qui a interpellé un journaliste qui a  longuement interviewé l'un d'eux.

mardi 4 octobre 2011

Nausée par Nicole Cage, écrivaine martiniquaise

Nausée. J’ai la nausée. C’est tout ce que je peux ressentir, juste maintenant. A l’heure où j’écris ces lignes Troy Davis n’est plus…

La nausée de l’impuissance. La nausée de la culpabilité. Nausée de sentir Rosa Parks et Martin Luther King mourir une seconde fois. Nausée de me sentir envahie par la fureur de Malcom X, le poing hérissé de rage impuissante !

Et cet autre mot : Pardon ! Pardon de n’avoir pas crié assez fort. De n’avoir pas prié avec suffisamment de foi. Pardon de n’avoir pas signé assez de pétitions, ni écrit suffisamment de lettres. Pardon de n’avoir pas, de n’avoir pas assez, de n’avoir pas été, pas assez... Pardon de m’être obstinée à croire naïvement que cette fois, ils n’oseraient pas !

Marie, après avoir essuyé mes larmes, se lève, prend le djenmbé et cogne dessus en chantant « Bwa brilé ». Incroyable Marie ! Mon enfant de onze ans offre une ressource à mon désarroi, elle m’offre Eugène Mona et en ce jour anniversaire de son départ, sa parole est ce qu’il me faut. Oui, Mona, Davis té bwa brilé, Davis sé bwa brilé ! Yo té bay an non blan, i té ni an non blan ! Davis té bwa brilé !

Marie… Une sagesse en toute inconscience… Merci, maître !

Claire… Une révolte que rien ne semble pouvoir contenir. Elle ne m’épargne pas : « Maman on croit en Dieu non ? Alors toi qui crois en Dieu, dis-moi ce qu’il faisait, Dieu, pendant qu’on le tuait ! Il veut nous faire comprendre quoi là, à travers ça ? Et toutes ces guerres, toutes ces personnes qu’on aime et qu’on a perdu (trois, rien que pendant les vacances !), il veut nous dire quoi à travers ça hein, dis-moi ? »

Pardon ma chérie mais ce soir je n’ai pas les mots. Je pourrais te dire que les guerres, ce sont les hommes qui les déclenchent. Troy, ce sont des hommes qui l’ont tué. Tout ce qui arrive sur cette planète c’est nous les humains qui en sommes responsables et… »

Elle m’interrompt. Ce soir mon discours sur notre co-responsabilité d’humains ne passe pas.

Aucun discours ne peut passer, ne peut justifier ni même expliquer. L’insupportable. L’intolérable… Jusqu’à la nausée.

Anne… Un silence aux dimensions de l’univers… Ce soir, elle ne partage pas son hébétude, elle la garde pour elle. Je crois aussi qu’elle veut laisser toute la place à la mienne. Je devais la masser. Elle va se coucher sans oser me le rappeler. Merci ma douce d’avoir compris que mes mains ce soir voudraient bercer un corps désormais sans vie pour en adoucir la traversée.

Pardon mes chéries, cette nuit, je me sens la mère de ce garçon dont j’ai mis la photo en profil de ma page facebook. (Je ne fais jamais ça, mettre la photo de quelqu’un d’autre en profil, pas même celle des en-allés que j’admire et respecte.) Je me sens la mère d’un homme qui, l’instant d’une horreur, s’est senti un tout petit enfant.

Je me sens la mère de Mumia Abu-Jamal. Mumia qui se sentira sans doute bien seul à l’aube de ce jour où la Terre aura perdu l’un de ses enfants. Au frémissement de cette aube où des hommes, au nom de Dieu et de la loi ont ASSASSINE en toute légalité un des fils de la Terre…

Mumia, j’ai si peur pour toi !

La nausée refuse de desserrer son étau. Je me coucherai avec elle, elle vampirisera ma nuit.

Dès demain, il m’appartiendra de lui donner forme et contenu pour qu’elle se transforme en réponse et en ACTION. Je n’ai qu’une nuit… Cette ultime nuit qui aura fait défaut à Troy…

Nicole Cage / Les Hauts de Villeneuve, Sainte-Marie / 21 septembre 2011

(après l'exécution de Troy Davis)

samedi 10 septembre 2011

Rick Perry , gouverneur du Texas, 234 exécutions ( Lemonde.fr)

Rick Perry et ses 234 exécutions

Le fait que le "score" de Rick Perry au Texas -234 exécutions depuis qu'il a succédé à George Bush comme gouverneur de l'Etat en décembre 2000- ait été chaudement applaudi pendant le dernier débat des présidentiables républicains, en a choqué quelques uns.
Dont Anthony Graves, l'un des 12 condamnés à mort innocentés au Texas depuis 1973, dont cinq sous Rick Perry. "Comment peut-on applaudir la mort", s'est-il interrogé lors d'une conférence de presse:
Anthony Graves n'avait pas regardé le débat du 7 septembre en Californie mais il a lu le compte-rendu dans les journaux le lendemain.
Alors que Brian Williams, le présentateur de NBC, posait la question, classique, de la peine de mort au Texas, Etat qui représente 40 % des exécutions aux Etats-Unis  (473 exécutions depuis 1976), des applaudissements nourris ont éclaté dans le public. Brian Williams a alors demandé à Rick Perry comment il interprétait cette "dynamique". "Americans understand justice", a répondu le candidat.
Anthony Graves a été libéré en 2010 après 18 ans en prison dont 12 dans les couloirs de la mort. Certains, comme Rick Perry, estiment que son cas montre que le système fonctionne, mais il a tendance à penser plutôt l'inverse. D'autant que le doute existe sur les exécutions d'innocents, dans deux cas au moins.
L'ancien condamné a été d'autant plus étonné de la réponse de Rick Perry que le gouverneur avait soutenu sa demande de compensation, après sa libération. L'assemblée du Texas lui a accordé 1 million de dollars de dédommagements.
Pour son premier débat, Rick Perry était manifestement venu avec quelques gros bras, et il avait décidé de ne pas se laisser intimider ("stick to his gunS"). Il a laissé passer l'occasion d'une réponse un tout petit peu plus nuancée. Depuis 1999, la peine de mort a reculé de plus de la moitié aux Etats-Unis, de même que les condamnations à mort.
Même au Texas, le nombre de condamnations a reculé de 80 % par rapport à 1999. Une peine de substitution ("life without parole") a été introduite en 2005.

Lire l'extrait du débat entre Brian Williams et Rick Perry :
WILLIAMS: Governor Perry, a question about Texas. Your state has executed 234 death row inmates, more than any other governor in modern times. Have you...
(APPLAUSE)
Have you struggled to sleep at night with the idea that any one of those might have been innocent?
PERRY: No, sir. I've never struggled with that at all. The state of Texas has a very thoughtful, a very clear process in place of which -- when someone commits the most heinous of crimes against our citizens, they get a fair hearing, they go through an appellate process, they go up to the Supreme Court of the United States, if that's required.
But in the state of Texas, if you come into our state and you kill one of our children, you kill a police officer, you're involved with another crime and you kill one of our citizens, you will face the ultimate justice in the state of Texas, and that is, you will be executed.
WILLIAMS: What do you make of...
(APPLAUSE)
What do you make of that dynamic that just happened here, the mention of the execution of 234 people drew applause?
PERRY: I think Americans understand justice. I think Americans are clearly, in the vast majority of -- of cases, supportive of capital punishment. When you have committed heinous crimes against our citizens -- and it's a state-by-state issue, but in the state of Texas, our citizens have made that decision, and they made it clear, and they don't want you to commit those crimes against our citizens. And if you do, you will face the ultimate justice.

dimanche 23 janvier 2011

Peine de mort aux Etats-Unis : le fabricant du sodium thiopenthal arrête sa poduction

Le laboratoire pharmaceutique Hospira, le seul aux Etats-Unis qui fabriquait le thiopenthal, l'anesthésiant utilisé dans les exécutions par injection mortelle, a décidé d'en cesser la production, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué. Tous les projecteurs s'étaient tournés vers Hospira à la fin de l'été 2010 quand plusieurs Etats américains ont commencé à chercher des solutions pour pallier la rupture de stock nationale de thiopental. Le laboratoire était le seul à avoir reçu l'approbation de l'Agence américaine du médicament pour le fabriquer aux Etats-Unis. Le laboratoire avait insisté à l'époque sur le fait qu'il fabriquait "cet anesthésiant pour les hôpitaux, pas pour les exécutions capitales, et n'encourageait pas son usage dans ce type de procédure".
La production devait reprendre début 2011 mais Hospira "se retire du marché du thiopental et ne prévoit plus de reprendre la production", a annoncé le laboratoire vendredi.Le laboratoire a expliqué qu'il souhaitait faire fabriquer ce produit dans son usine en Italie mais que les autorités de ce pays avaient exigé que l'anesthésiant ne soit pas utilisé pour les exécutions capitales. "Ces discussions et des échanges en interne nous laissent penser que nous ne pourrons pas empêcher le produit d'être utilisé par les autorités pénitentiaires pour les exécutions", a expliqué Hospira. "Nous ne pouvons pas prendre le risque d'être tenus pour responsables par les autorités italiennes de cet usage", a-t-il ajouté, assurant "ne pas être prêt à prendre ce risque". "Nous regrettons que des débats dont nous n'avons pas la maîtrise aient contraint Hospira à se retirer du marché et que nos nombreux clients hospitaliers qui utilisent cet anesthésiant aux bénéfices connus ne puissent plus se le procurer grâce à Hospira", a-t-il affirmé.
Le cocktail mortel injecté aux condamnés est composé de trois produits diffusés par intraveineuse. D'abord le thiopental qui endort, puis le pancuronium qui paralyse les muscles et stoppe la respiration, enfin le chlorure de potassium qui arrête le coeur. Ces deux derniers produits seraient extrêmement douloureux si le condamné n'avait pas été endormi auparavant.
Lorsque la Cour suprême a validé en 2008 la méthode de l'injection mortelle, elle a déterminé que celle-ci ne constituait pas un "châtiment cruel et inhabituel", interdit par la Constitution, dans la mesure où les Etats utilisaient le thiopental. Les Etats américains qui ont été touchés par la rupture de stock en 2010 ont parfois, comme le Kentucky, reporté les exécutions. Mais la plupart du temps, Hospira étant le seul fabriquant approuvé par les autorités sanitaires américaines, c'est le système D qui a primé. L'Arizona a importé du thiopental de Grande-Bretagne avec la bénédiction de la Cour suprême puis en a vendu une partie à la Californie, selon des documents révélés par l'Organisation américaine de défense des libertés civiles (ACLU). Cette manœuvre a valu au gouvernement britannique d'être attaqué par l'organisation de défense des droits de l'homme Reprieve.
L'Oklahoma de son côté a emprunté une première dose à l'Arkansas avant de changer tout simplement d'anesthésiant, au profit d'un produit utilisé pour euthanasier les animaux, le pentobarbital. Les dernières doses fabriquées par Hospira approchant de leur date de péremption, le problème va désormais se poser à l'ensemble des Etats et notamment aux deux plus actifs en termes d'exécution, le Texas et l'Ohio.

lundi 31 mai 2010

Huntsville, Texas, capitale de la peine de mort aux Etats Unis

Plus de 550 condamnés à mort, enfermés dans la prison de Livingston, Texas, attendent d'être exécutés. Ils le seront à Huntsville, paisible bourgade du sud de l'état, très fière de ses 8 prisons et de sa chambre d'exécution.
Hunstville, fondée en 1837, est le type même de la petite ville américaine de province où règnent l'ordre, le calme, la propreté, une ville où il semble ne rien se passer, ce genre de ville que l'on traverse sans s'arrêter car il n'y a rien à y voir ni à y faire! Et pourtant on s'y arrête, on y va même exprès. Et ce n'est pas de ses restaurants fins ni de ses boutiques élégantes, ni de son Université ou de son industrie que la ville tire sa prospérité et sa fierté mais de ses prisons . Huntsville, la ville aux quelques 14 000 détenus, où est installé le Texas Department of Criminal justice, ne vit que par et pour ses huit établissements pénitentiaires dont l'un d'eux, The Walls, au centre, abrite la chambre d'exécution du Texas. Cette prison fut construite en 1849, un an après la création du département Texan de Justice criminelle -TDCJ- c'est là que furent et sont enfermés pour leurs dernières heures puis exécutés tous les condamnés à mort du Texas.

A Huntsville on est fier d'abriter le siège du TDCJ. Il « nourrit » bien: plus de 7000 personnes ont un emploi en relation avec les prisons dans une ville qui compte 35 000 habitants, prisonniers inclus.
Devant The walls -1700 détenus- situé sur la 12° rue, des jardins avec des arbres superbes. Les oiseaux ont des couleurs inconnues chez nous - rouge, bleu soutenu- et de gentils écureuils gris, familiers, gambadent sur les pelouses ombragées soigneusement tondues et s'approchent des gens.
Autour du haut mur de briques rouges qui ceint la prison, des hommes entièrement habillés de blanc s'activent, tondent l'herbe, coupent, arrosent, sarclent... ce sont des prisonniers – le blanc est salissant mais plus facile à repérer en cas d'évasion. Des gardes nonchalants mais attentifs surveillent de loin. La majorité des prisonniers travaille: réparation des bus scolaires, entretien des bâtiments et espaces publics, fabrication d'uniformes, travail agricole pour les prisons etc
« Ils travaillent et aucun d'eux n'est payé pas même un penny » s'est un jour félicité un responsable de la Chambre de Commerce de la vile.
La population de Huntsville comme celle de tout le comté de Walker (dont la ville fait partie) et du Texas est pour la peine de mort à presque 80%. C'est écrit dans la Bible et dans la Constitution. Alors peu importe que le taux de meurtre dans les états sans peine de mort soit largement inférieur ( parfois la moitié) à celui du Texas, peu importe que la police, au niveau national place la peine de mort presque en dernier dans les raisons qui découragent les criminels, peu importe les enquêtes truquées, les innocents condamnés, le coût pour l'Etat: c'est la loi et elle est bonne!

Andrew, six ans de prison pour des « bêtises » a fait des études, passé deux masters en détention. Rencontré en 2000, à sa sortie du Walls, il m'avait expliqué: ici le crime est une source de business. Les politiciens clament qu'ils veulent l 'éliminer mais c'est faux. Le crime fait partie de notre système social et économique. Eliminez seulement 50% des crimes au Texas et le chômage fera un bond. Voyez: d'un côté il y a les différents corps qui vivent sur le crime: Texas Rangers, Marshalls, FBI, juges, employés de tribunaux, avocats, les gardiens de prison, les officiers qui contrôlent les prisonniers en conditionnelle, les services sociaux qui les suivent etc. D'un autre côté les criminels qui se retrouvent en prison, travaillent gratuitement et qui en sortent sans véritable projet de réinsertion puis retournent en tôle! Qui a intérêt à gagner cette soi-disant guerre contre le crime? »
A quelques pas du tribunal, les touristes peuvent se faire peur en visitant le musée de la prison. Old sparky, la vieille chaise électrique en bois, y trône, attirant les visiteurs. Les dames qui s 'occupent du musée sont charmantes, très accueillantes et on peut signer le Livre des Visiteurs, y laisser son commentaire.
Les soirs d'exécution, la rue qui longe The Walls est barrée, gardée par des Texas Rangers, chapeau de cow boy bien d'aplomb, pistolet au ceinturon. Avant et pendant l'exécution il y a les proches du condamnés, quelques opposants une bougie allumée en main – cinq, dix personnes- toujours les mêmes parfois un ou deux européens, des femmes surtout, amies ou correspondantes du condamné. La télévision et les journalistes locaux couvrent rapidement ce non évènement. Les passants ne s'arrêtent même pas.
Parfois quand le condamné est connu, quand il a bénéficié d'une large couverture médiatique, ils sont plus nombreux et les médias aussi. Dans ce cas , en face, à l'autre bout de la rue, les pro peine de mort sont là aussi avec des pancartes très parlantes.
Une grosse pendule au dessus de l'entrée du Walls permet de savoir ce qui se passe exactement à l'intérieur. Les exécutions commencent à six heures, heure locale
Un homme est alors attaché les bras en croix, une aiguille plantée dans chaque bras...si l'officiant a réussi du premier coup à trouver les veines! Il dit ses derniers mots. le poison commence à couler.
Si tout se passe bien, entre 18h20 et 18h30 c'est terminé. Un homme est mort tué par « homicide » comme va noter l'administration sur le compte rendu à « cause de la mort ».

Un crime pour un crime, la justice est rendue, la victime est vengée. Les habitants de Huntsville sont chez eux, en famille, devant la télé, un plateau repas sur les genoux. Aux informations, le crimes de la journée- il y en a tous les jours, parfois plusieurs- Le responsable de l'enquête l'assure au micro, le coupable sera retrouvé et puni.

Colette Berthès

samedi 6 février 2010

Une plaidoirie d’avocat contre la peine de mort primée à Caen

Une plaidoirie d’avocat contre la peine de mort primée à Caen

L’avocate française Alexandra Dupuy a reçu le prix du public au Concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme organisé par le Mémorial de Caen le 31 janvier. Elle a pris la défense de Romell Broom (photo), condamné à mort dans l’Ohio dont l’exécution ratée en 2009 a relancé le débat sur l’injection létale aux Etats-Unis.

« Je m’appelle Romell Broom et je vais mourir aujourd’hui. » La plaidoirie de Me Dupuy met d’emblée l’assistance à la place de ce condamné américain qui n’a pu être exécuté le 15 septembre 2009 après de douloureuses tentatives pour placer une perfusion afin de procéder à l’injection létale.L’avocate défend un homme évidemment victime de « torture ».

Une torture psychologique, d’abord alors que les 25 ans passés dans le couloir de la mort doivent déboucher sur la « libération inconditionnelle » de la mise à mort. « Il entend résonner les mots de son acte de mise à mort qui cognent sans relâche sur les murs de la cellule », plaide Me Dupuy.« Son corps est mutilé »Le jour de l’exécution, ce supplice moral fait place à une torture physique. Les bourreaux essayent à 18 reprises de placer une aiguille dans les veines de Romell Broom, sans succès. « Il n’en peut plus. Il tient son visage entre ses mains. Son visage est tout ce qu’il lui reste. Son corps est mutilé, enflé, il saigne. Il pleure », raconte l’avocate. « Cette scène de barbarie est si loin de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, si loin de l’Homme, de l’humanité, de l’être humain. »En quelques mouvements de manches, la plaidoirie aborde tous les problèmes qui font de l’injection létale un châtiment cruel, inhumain et dégradant incompatible avec la Constitution des Etats-Unis et le droit international, malgré les dénégations des juges et des politiques. Bourreaux incompétents (« Les médecins engagés jusqu’au plus profond de leur âme à sauver des vies refusent d’endosser la robe noire des anges de la mort »), injection de poisons responsables de douleurs « insoutenables », nombreux exemples d’exécutions ratées, origines troubles dans les euthanasies pratiquées par les médecins nazis…Quelle que soit la méthode choisie, la conclusion de Me Dupuy est sans appel : « Non, la peine de mort n’est pas acceptable. Parce que la justice des hommes ne peut pas être une justice qui tue. »En guise de jury, l’assistance a tranché en faveur de la défense en accordant le prix du public à cette plaidoirie lors de la 20e édition du Concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme organisé par le Mémorial de Caen.

Cet événement invite les avocats du monde entier à plaider la cause d’une victime dont les droits les plus fondamentaux ont été violés. A ce jour, il a reçu plus de mille plaidoiries des cinq continents et convié 200 avocats à venir plaider la cause qu’ils ont choisi de défendre.