lundi 4 janvier 2010

Trente-cinq saisons en enfer

Floride, 1974. James Bain, un jeune homme de 19 ans, est condamné à la prison à perpétuité pour le kidnapping suivi du viol d'un jeune garçon de 9 ans.
Depuis sa condamnation, James Bain a passé chaque jour de son existence derrière les barreaux à clamer son innocence.
Les jurés populaires qui ont pris la décision de le retrancher définitivement de la société ont forgé leur intime conviction sur la base du seul témoignage de la victime. Le garçon de 9 ans avait en effet reconnu son agresseur sur des photos présentées par les enquêteurs.
A cinq reprises, en 2001, 2003 et 2006, James Bain adresse à la cour d'appel des requêtes pour que des tests ADN, nouvellement admis en justice, soient pratiqués sur les pièces à conviction conservées au greffe. Refus répétés des autorités judiciaires.
En 2008, l'association Innocence Project finit par obtenir que des analyses ADN soient effectuées sur les échantillons de sperme prélevés sur les sous-vêtements de la victime.
Les résultats prouvent que James Bain ne peut en aucun cas être l'auteur des faits pour lesquels il a été condamné.
Après 35 années derrière les barreaux, James Bain vient de recouvrer la liberté.
"Je ne suis pas en colère", a-t-il déclaré aux journalistes qui l'attendaient à sa sortie de prison.
L'Etat de Floride versera à James Bain cinquante mille dollars par année passée indument derrière les barreaux, soit, au total, la coquette somme d'un million sept cent mille dollars...
Le prix, selon l'Etat de Floride, de trente-cinq années passées en enfer.

Source : Death Penalty News, 4 janvier 2010
Photo : James Bain à sa sortie de prison. Son premier geste d'homme libre a été d'appeler sa mère âgée de 77 ans avec un téléphone portable. A l'époque de sa condamnation en 1974, les téléphones portables n'existaient pas...


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