Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

mercredi 20 mai 2020

Lettre de Charles Flores





"Un jour, ce monde sens dessus dessous tournera de nouveau rond. Rien, dans toute l’éternité, ne le fera retourner dans le mauvais sens. Si nous faisons preuve de sagesse, nous nous servirons de notre brève existence sur terre pour embrasser ce renouveau.” Randy Alcorn.
Alors que je suis installé à ma table pour écrire, un quart de la population mondiale se trouve sous le coup d’un ordre de confinement de l’Etat, dans l’espoir de stopper la propagation du virus Covid-19. Cet ordre a aussi été émis dans le comté de Polk au Texas, là où se trouve la ville de Livingston.  A compter du 28 mars 2020, tous les résidents doivent respecter l’ordre de confinement.
En d’autres termes, la plupart des Européens et une grande partie des habitants des Etats-Unis restent chez eux, et vivent dans des conditions de confinement, tandis que la vie à l’Unité Polunsky reste la même. Nous continuons d’avoir nos “promenades”, nos douches, des repas chauds, en bref, c’est la routine habituelle de tous les jours qui s’applique ici. A cause de cette réalité, j’ai l’impression d’être dans un rêve. Dans le couloir de la mort, rien ne bouge, tandis que dehors, dans le monde libre, les gens vivent confinés alors que le coronavirus se répand comme une trainée de poudre. Ce moment de nos vies me fait penser au fait que tout est chamboulé et que rien ne sera plus jamais comme avant.
Je sais qu’au moment même où j’écris ce texte, chacun dans le monde subit les conséquences de la pandémie de covid-19 et que, personnellement, il m’est difficile de ne pas m’inquiéter et de faire barrage à l’angoisse et à la peur, pour ne pas me laisser submerger. Je suis l’évolution du Coronavirus depuis la mi-février et il semble que mes pires craintes se soient confirmées. Des amis à travers toute l’Europe sont touchés par le coronavirus. Même le courrier est impacté, car en France la livraison du courrier est réduite à quelques jours par semaine et qu’elle est même suspendue au Royaume-Uni. Ces perturbations augmentent mon stress et mon anxiété car je ne sais pas si mes lettres arriveront chez mes proches, dans différents pays, ni quand. Ce qui est surréaliste pour moi, c’est de continuer à écouter les bulletins d’informations du monde entier à la radio et de ne pas voir les images à la télévision ou sur Internet. C’est déroutant d’entendre parler de centaines de personnes qui meurent en Italie, en Espagne, en France et au Royaume
chaque jour, et de ne pas savoir si quelqu’un qui est lié à moi est affecté. Cela entraîne chez moi angoisse et inquiétude, là où je suis, et personne ne peut rien y faire. C’est actuellement la situation à laquelle je me trouve confronté et tout ce que je peux faire, c’est tenter de rester calme et serein, et de ne pas laisser les incertitudes du monde me submerger.
“Le bonheur et la liberté commencent par une compréhension claire du principe suivant – il est certaines choses que l’on peut maitriser et d’autres non.”  Epictète.
Il est une chose que je sais de par mon expérience personnelle, c’est comment faire face à l’adversité. Quand nous sommes confrontés à une difficulté, la première chose à faire, c’est de morceler le problème en différentes parties plus simples à gérer. Pour le moment, nous nous attendons tous à un prolongement du confinement. Avec un peu de chance, nous en aurons pour un mois, mais cela pourrait durer plus longtemps. Nous n’y pouvons rien. Cette réalité de notre vie peut nous faire vaciller si nous nous mettons à penser aux moyens de tenir la durée de ce confinement 4, 6, 8, voire 12 semaines d’affilée. On aura alors perdu la guerre avant même d’avoir mené la première bataille, car nous serons submergés par le problème. Au lieu de cela, nous devons nous attacher à vivre un jour à la fois. Il s’agit de mettre un pied devant l’autre alors que nous traversons cet incendie qu’est le coronavirus. Si nous n’arrivons pas à nous concentrer sur le moyen de parvenir au bout de la journée, alors on doit essayer d’y arriver d’heure en heure. Parce que, si on sent la panique monter et que l’on n’est pas sûr d’y arriver pour la fin de la journée, il s’agit de détailler cette journée en tronçons plus courts. Vivre d’heure en heure, si ça va vraiment mal, résister jusqu’à la prochaine inspiration. Parce que je vous le promets, tant que la vie est là, il y a de l’espoir, les choses s’amélioreront, nous verrons le bout de ce moment de folie.
“Cultivez l’amour. Semez des graines d’amour dans tous les cœurs. Arrosez d’amour le sable du  désert, laissez chaque être profiter des pousses vertes, des jolies fleurs, d’une belle récolte de nectar, de joie, de paix et de parfait bonheur. C’est là mon souhait, ma mission, mon vœu” Baba Sai.
Dans des moments comme celui que nous vivons, c’est vraiment une bénédiction que de savoir conserver un semblant de paix intérieur, et de faire en sorte que cette paix soit la base qui  nous permette d’avancer. Personnellement, je me calme par de profondes inspirations, les yeux fermés, et je me concentre sur la gratitude et sur tout ce qui fait que je peux dire que j’ai de la chance.
Il est difficile de vaciller quand on peut changer de regard par la paix, la gratitude, et, surtout, l’amour. Si l’on peut tenter de centrer toute son attention sur l’amour, et s’efforcer de le répandre auprès de ceux qui nous entourent par des actes de gentillesse, alors, le monde autour de nous sera bien meilleur. Car, même en pleine catastrophe planétaire, si l’on peut axer notre attention sur la paix, l’amour, la bienveillance et la gratitude, c’est suffisant pour nous faire tenir le coup. Si cela m’a permis de tenir plusieurs décennies dans le couloir de la mort du Texas, cette méthode vous permettra de faire face à ce qui vous attend les quelques prochains mois.
Essayez de vivre l’instant présent, de vivre une inspiration, une heure, une journée après l’autre. Si vous y parvenez, avant que vous ne le sachiez, vous aurez eu trois ou quatre bonnes journées d’affilée. Puis une semaine, deux semaines, et avant que vous ne vous en soyez rendu compte, vous vous serez dégagé de cet état d’esprit marqué par le stress, l’angoisse et la peur et aurez retrouvé  de la force. Vous serez dans un état d’esprit où règnent la paix, la gratitude, l’amour et la bienveillance, ce sera le socle incroyable sur lequel vous vous appuierez pour vivre. Et peut-être qu’on pourra adopter la bonne posture pour nous préparer au nouveau monde qui adviendra, un monde qui tourne rond.
Je veux que, où que vous soyez, vous sachiez que je pense à vous, que je prie pour vous et que je vous envoie  une énergie positive, des ondes bienfaisantes, que je demande à notre Seigneur de vous donner l’amour, la force et le courage de traverser l’épreuve qui est la vôtre en ce moment même. Que vous soyez bénis et que vous sachiez que si vous pensez que personne ne vous aime, moi, je vous aime ! Soyez prudent, portez-vous bien et chérissez vos proches aujourd’hui plus que jamais."

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