Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" )

samedi 19 décembre 2020

Dossier Eugene BROXTON

 

Résumé dossier Eugene BROXTON

Eugene BROXTON, Noir-Américain né le 27 février 1955 en Louisiane, a vécu en orphelinat à partir de ses sept ans, puis a été complètement livré à lui-même dès l’âge de 14 ans. Arrêté à Houston le 18 mai 1991 pour le viol et le meurtre (capital murder) de Sheila Dockens, survenu 2 jours plus tôt, Eugene Broxton a toujours maintenu son innocence. D’après les dire de Christopher Shook, le suspect initial, propos  repris par la police,   Broxton, aurait été  le gérant de motel, il  aurait pénétré dans la chambre que partageaient Mme Dockens, âgée de 20 ans, et son jeune époux, Waylon Dockens. Il les aurait ligotés et les aurait dépouillés de leur argent avant de leur tirer dessus avec l’arme de M. Dockens.

M. Dockens a survécu à ses blessures. Blessé à l’œil et sous tranquillisants, il reçoit à l’hôpital la visite d’enquêteurs qui lui montrent 5 photos, dont une d’Eugene Broxton, qui a été dénoncé par Christopher Shook, suspect initial, qui prétend vivre avec Eugene, alors que ce dernier n’est que son revendeur de cannabis.  Plus tard, au commissariat, lors d’un « tapissage » (technique policière utilisée pour permettre à une victime de reconnaître éventuellement un individu suspect parmi un échantillon de plusieurs personnes, sur photos) M. Dockens « reconnaît » Eugene. Outre ce témoignage oculaire, les preuves contre Eugene reposent sur les dires de Christopher Shook, repris de justice et « balance » notoire, à qui Eugene Broxton aurait parlé du vol et du meurtre et à qui il aurait remis le butin du crime (explication facile qu’a trouvée M. Shook pour justifier pourquoi il était en possession dudit butin), et enfin sur un témoignage de la police expliquant pourquoi la petite amie de M. Broxton détenait le sac à main de la victime. Shook, qui devait de l’argent à Eugene, l’aurait donné à Eugene pour s’acquitter de sa dette. Christopher Shook, qui a été libéré après avoir dénoncé Eugene et s’être proclamé « born-again christian », est mort d’une overdose à Houston en 2016.

Eugene Broxton, qui avait déjà passé 8 ans de sa vie dans la célèbre et sinistre prison d’Angola pour le vol d’un blouson en cuir, a été reconnu coupable le 30 avril 1992 et condamné à mort le 6 mai 1992. Le jury, blanc à 100%, ne saura jamais qu’une femme qui avait entendu trois témoins lui relater avoir vu deux hommes blancs pénétrer dans la chambre du motel avant d’entendre des coups de feu, et qui souhaitait témoigner, n’a pas eu la liberté de le faire car le procureur l’a discréditée.

Le 12 juin de la même année, les enquêteurs du comté de Harris ont répondu à un appel, suite à des coups de feu venant d’un appartement de Houston où ils ont retrouvé l’arme du crime (soit le revolver de Dockens, époux de la victime), une autre arme et près de 900 000 dollars dans un coffre, ainsi que qu’une faible quantité de cocaïne. Le procureur  a omis de signifier cette découverte à M. Broxton ou à son avocat…

Après que le dossier a été présenté au tribunal fédéral en 2001, en vue d’une nouvelle audience dans le but de revoir la condamnation (toujours sans que l’accusation ait informé Eugene de la découverte de l’arme), Eugene a de nouveau été condamné à mort le 14 novembre 2003 par le même juge. Après avoir épuisé ses recours au niveau de l’Etat du  Texas, Robert Rosenberg, qui représentait alors Eugene, a lancé une procédure d’habeas au niveau fédéral (s’appuyant sur le non-respect des droits constitutionnels d’Eugene, comme le droit à une défense efficace). C’est seulement lors de son enquête que l’avocat a                appris que l’accusation n’avait pas divulgué la découverte de l’arme, de la drogue et de la grosse somme d’argent un mois après le premier procès. (En effet lors de l’audience, le procureur était allé jusqu’à présenter une arme différente, créant la fausse impression que l’arme du crime n’avait en fait pas été retrouvée).

En 2014, après le retrait de Maître Rosenberg pour raisons de santé, Cathryn Crawford a été désignée avocate d’office. Après une longue et minutieuse enquête, Maître Crawford a pu retrouver des preuves matérielles issues de la scène de crime. Le 15 octobre 2015, un juge  a ordonné une suspension de la procédure fédérale pour que la défense demande des tests ADN auprès des instances judiciaires du Texas.

L’Etat a d’abord donné l’autorisation de laisser tester 5 des 32 éléments de preuves identifiés par l’avocate d’Eugene, puis l’intégralité, grâce aux cinquante mille dollars que le cabinet d’avocats Quarles et Brady, convaincu de la solidité du dossier d’Eugene, a décidé de débloquer. Aucun des échantillons ne contient l’ADN d’Eugene Broxton.  

Cathryn Crawford fait appel à Bryce Benjet d’Innocence Project, pour exploiter les résultats de ces tests ADN.

A  ce stade, la procédure fédérale est encore en cours. Par ailleurs, une requête pour non-respect des droits constitutionnels (Habeas petition) est en cours.

Seront exploités :

*La rétention de preuve (arme du crime notamment)

*L’absence de fiabilité de l’identification d’Eugene par l’époux de la victime

*Avocat inefficace lors du 1er procès (non-remise en cause des éléments de l’accusation ; expertise du Dr Quijano, psychologue, mis en cause depuis dans d’autres affaires (6 !) pour son racisme avéré, puisqu’il affirme la dangerosité des accusés sur la base de leur couleur de peau !)

*Non-remise en cause des preuves de l’accusation

*L’innocence effective d’Eugene au vu des tests ADN

*Non-présentation de circonstances atténuantes lors du « punishment phase hearing » de 2003

Avec James Rytting à Houston et le cabinet Quarles & Brady à Chicago, ce sont Arin Brenner et Joshua Freiman, du Capital Habeas Unit à Austin au Texas, qui représentent aujourd’hui Eugene Broxton, enfermé depuis 27 ans dans le couloir de la mort du Texas pour un crime qu’il n’a pas commis.

Pour lui écrire :  Eugene Broxton 999044      Polunsky Unit      3872 FM350 South

Livingston TX 77351 USA  ( ou joindre LPJ-Save pour soutien)

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