dimanche 18 octobre 2009

De nouveaux condamnés à mort pour les émeutes au Xinjiang

PEKIN - Un tribunal d'Urumqi, capitale de la province du Xinjiang, a condamné trois personnes à la peine capitale pour des crimes liés aux émeutes qui ont fait près de 200 morts dans la région en juillet, rapporte l'agence Chine nouvelle.

Six premiers suspects inculpés de meurtre avaient déjà été condamnés à mort lundi. Trois autres accusés restent sous la menace de la peine de mort, à laquelle ils ont été condamnés mais avec possibilité de la voir commuée dans les deux ans en réclusion à perpétuité, a précisé l'agence de presse officielle.

Au moins deux des personnes condamnées jeudi sont des membres de l'ethnie Han, majoritaire en Chine. Les autres semblent être des Ouïghours, musulmans et turcophones, à en juger par la consonance de leurs noms.

Le mois dernier, la justice avait annoncé les inculpations de 21 premiers suspects accusés de meurtre, incendie criminel, vol et dégradations lors des émeutes qui ont opposé les Ouïgours aux Han au Xinjiang.

Ces violences ont éclaté le 5 juillet dans cette province de l'extrême ouest de la Chine lors d'une manifestation d'Ouïghours dénonçant la mort de deux des leurs dans des incidents dans le sud du pays. Deux jours plus tard, des Chinois de l'ethnie Han avaient à leur tour agressé des Ouïghours pour se venger.

Selon les autorités, ces violences sans précédent depuis des dizaines d'années au Xinjiang ont fait 197 morts, des Han pour l'essentiel, et plus de 1.600 blessés.

Réagissant à la tenue des procès, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour en exil a déploré qu'aucun des membres de l'ethnie ayant comparu n'ait eu droit à une procédure équitable. "Les jugements chinois ne font que rendre la situation encore plus tendue", a-t-il dit dans un communiqué.

Pékin attribue à des éléments séparatistes ouïghours les attaques et émeutes qui se sont produites ces dernières années au Xinjiang. Des militants de la cause ouïghoure et des droits de l'homme estiment que Pékin invoque cette menace de façon exagérée pour justifier un contrôle plus étroit de la région.

Source : Reuters, 15 octobre 2009

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