Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" )

mercredi 24 mars 2021

La Virginie devient le premier Etat du Sud aux Etats-Unis à abolir la peine de mort

 

Cet ancien Etat ségrégationniste détient le record d’exécutions sur le sol américain.

MUMIA EST EN DANGER DE MORT !

 

MUMIA EST EN DANGER DE MORT !

 

A l’initiative du Collectif français Libérons Mumia, une réunion s’est tenue le 16 mars au siège du MRAP à Paris avec la participation de plusieurs organisations particulièrement préoccupées par la brutale dégradation de la santé de Mumia et le comportement inhumain de l’administration pénitentiaire. Il souffre en isolement à l’infirmerie de la prison avec des soins à minima et inappropriés à la gravité de son état.

Cette rencontre a été l'occasion de souligner l'urgence d'amplifier la moblisation en France pour contraindre les autorités de Pennsylvanie à mettre immédiatement un terme à ce qui relève de la torture et s'apparente à une peine de mort déguisée.

 Pour en savoir plus:

www.mumiabujamal.com

 

 

Les Baumettes interdites, reportage dans le couloir de la mort

 http://www.slate.fr/grand-format/prison-baumettes-marseille-condamne-justice-abolition-couloir-de-la-mort-205016

 

12 mars 2021 à 10h04

Il est 13h15 devant l'ancienne prison des Baumettes. Le ciel est très clair. Je devise avec mon ami, le photographe Guillaume Origoni. Mes mains tremblent un peu. J'avale plusieurs bonbons à la menthe. Pour la première fois, une équipe de journalistes s'apprête à pénétrer au cœur du quartier interdit du Centre pénitentiaire de Marseille, un endroit inaccessible. Et pour cause: là, se trouvaient le couloir de la mort, la chambre des greffes, la cour d'exécution et la cellule où le condamné vivait ses dernières heures. L'ombre du dernier guillotiné de France le 10 septembre 1977, Hamida Djandoubi, plane encore derrière les grandes grilles. Je songe à Christian Ranucci, 22 ans et probablement innocent. Je repense alors au film de José Giovanni «Deux hommes dans la ville». La bande originale composée par Philippe Sarde me hante obstinément. Et pourtant. En ces lieux, au cœur de ces sous-sols grisâtres, il ne fut jamais question de cinéma. Ici, la République française a mis à mort des êtres humains.

La prison des Baumettes fut bâtie selon les plans de l'architecte Gaston Castel. Depuis 1938, son mur d'enceinte est orné de sept statues, œuvres d'Antoine Sartorio. Sept statues qui représentent respectivement chacun des sept péchés capitaux. Sur cette image, la gourmandise écrase l'individu et invite le citoyen à une vie de tempérance. Le détournement des valeurs religieuses est caractéristique de l'ambition morale de la IIIe République : le crime est le fruit d'une vie soi-disant déréglée. Les déviants, les marginaux, et autres inadaptés sont destinés à être retranchés de la société. La République impose un style de vie où travail et honnêteté demeurent des vertus cardinales. Elle souhaite façonner l'homme, quitte à le punir et à l'humilier.

La colère, ce sentiment pouvant conduire au meurtre, orne le mur d'enceinte de la prison. Si la colère est proscrite, elle prend entre les mains de l'État une dimension bien plus grande. «Sainte Colère», «Juste indignation», la République possède, seule, le monopole légitime de la violence. Omnisciente, la justice affirme agir au nom des foules. L'avocat général ayant plaidé en faveur de la condamnation à mort de Christian Ranucci le fit en pleine conscience. Il incarnait, selon lui, la voix des citoyens. Ces mêmes citoyens qui, aux portes du palais de justice d'Aix-en-Provence, hurlaient, durant le procès, en faveur de la loi du talion.

C'est une simple table. Une petite chaise. Un de ces vieux mobiliers façonnés avec précision. Jusqu'à l'abolition de la peine capitale, ces modestes meubles se trouvaient dans le couloir de la mort. Là, sur ce bureau vieilli, le condamné subissait un ultime rituel. Il fumait une mauvaise clope, buvait un verre de rhum, écrivait sa dernière lettre. Ces objets ont accompagné tous les condamnés à mort depuis 1945. Ils portent en eux comme de la détresse. Vissé à cette chaise, Hamida Djandoubi s'est vu refuser une troisième cigarette. Les mains étaient ensuite attachées. Le cou dénudé. En se relevant l'homme est porté par les assistants du bourreau. Une vie qui bientôt se termine. Un souffle que l'on ne maîtrise plus. «Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?»

La cour d'exécution des Baumettes semble minuscule. Une odeur marine, chargée d'iode, se mêle aux cris des gabians. Tout paraît étrangement calme. C'est sur cette petite place, au bout du couloir de la mort, que la guillotine était assemblée, puis dressée, en silence, pour accomplir son œuvre. Le sol, taillé en pente douce, est quant à lui destiné à recueillir le sang du supplicié. Les «opérations de justice», autre nom du crime légal, avaient lieu aux alentours de 4h15 du matin. «Nous sommes ce genre d'homme», murmure Paul Meurisse à Alain Delon dans le film de José Giovanni Le Gitan, «dont les histoires se terminent souvent à l'aube». Une aube particulière, sur laquelle le soleil ne se lève jamais.

Les portes et les grilles du couloir de la mort sont à présent ouvertes. L'ambiance est sombre. Nous sommes, en réalité, absolument hors du monde. La deuxième porte, à gauche, permet de pénétrer dans la salle des greffes puis sur la cour d'exécution. En ces lieux règne le silence. Un silence qui accompagnait le cortège qui devait, à l'heure ultime, tirer le condamné de sa cellule. Des tapis militaires jonchaient alors le sol. Il fallait marcher doucement, éviter que les pas ne résonnent, surprendre, en quelque sorte, le futur supplicié en plein cœur de la nuit.

«Du sang, beaucoup de sang, du sang très rouge», écrit Monique Mabelly, juge d’instruction commise d'office pour assister à l'exécution d'Hamida Djandoubi. «Un gardien prend un tuyau d'arrosage, continue-t-elle. Il faut vite effacer les traces du crime.» L'exécution s'achève par des gestes d'une simplicité extrême. Nettoyer sommairement la cour. Réparer sa mauvaise conscience. Le robinet sur lequel était raccordé le tuyau se tient toujours dans le couloir. À droite sur la photo, il semble insignifiant. L'objet fonctionne encore. Il fait partie de cette banalité sauvage, où les habitudes de la vie quotidienne –ouvrir et fermer une prise d'eau– participent d'une œuvre funeste.

Une marche, très haute, sépare la salle des greffes de la cour d'exécution. Un dernier effort, physique, que le condamné, ligoté, doit réaliser tout en étant porté par les assistants du bourreau. Fernand Meyssonnier, l'un des derniers «exécuteurs des arrêts criminels» a pu, à ce propos, avouer l'une de ses «techniques» : «Attention à la marche», hurlait-il au supplicié. Ce dernier, spontanément, inclinait son corps. Il devenait alors plus simple de plaquer le pauvre homme contre la bascule. D'ailleurs, «l'opération» devait être rapide. Vingt petites secondes. Une durée maximale. Le prisonnier, surpris, n'avait théoriquement pas le temps de manifester la moindre révolte face à la guillotine.  

Un sas. Une antichambre. Cet escalier jauni se situe très exactement sous le quartier des condamnés à mort. Le futur supplicié y était conduit, en son heure dernière, entouré par le cortège officiel : celui des «professionnels de la justice». La pièce est très froide. On y ressent une sorte de lourdeur. L'air, chargé de poussière, nous rappelle que nous quittons le monde des hommes. S'ouvre alors une porte, menant directement vers le couloir de la mort. Un long parcours débute. Un rituel «administratif». Paradoxe terrible : la dernière bouffée d'air frais sera respirée, par le prisonnier, dans la cour d'exécution. 

Le ventre et les boyaux de la prison des Baumettes. Le couloir de la mort descend, tout au bout, vers la salle des greffes et la cour d'exécution. En cheminant le long de cette grande coursive, nous comprenons combien la peine de mort est une absurdité. Un sentiment profond nous tenaille. Il n'est plus question de justice, ni même de réparation due aux victimes. L'État démocratique, en ce lieu, ne fait que rajouter de la mort à la souffrance. Descendre dans les sous-sols constitue une contre-initiation. Nous régressons vers des instincts archaïques. La croyance, malsaine, que le sang versé effacera le crime. Ici, les pulsions meurtrières s'expriment librement. Elles sont autorisées par la loi. Et la République.  

Christian Ranucci, dans ses dernières lettres, nommait cette pièce la «Cage». Il s'agit de la cellule réservée au condamné à mort. Surveillé 24h/24, ne pouvant se raser seul, ni manger avec des couteaux et des fourchettes, le prisonnier était perpétuellement éclairé par une lumière blafarde. Les besoins élémentaires, eux aussi, devaient être réalisés sous le regard du gardien. Le détournement des symboles est, une nouvelle fois, caractéristique. Le prisonnier «vivait» constamment à l'ombre de sa propre fin. Au-dessus de lui, le plafond, façonné volontairement en forme de cercueil, rappelait la présence, glaçante, du châtiment. 

Un peu de lumière contre le mur de la cellule dédiée aux condamnés à mort. Le véritable soleil, pourtant, paraissait électrique. Une lampe brillait continuellement. Sa lueur, trop faible pour les besoins de la lecture, était suffisamment forte pour empêcher le sommeil. Et puis, exception faite de Christian Ranucci, littéralement agressé par deux gardiens au matin de son exécution, le prisonnier ne dormait pas. Guettant le moindre bruit, se retournant sur sa paillasse, il ne trouvait le repos que passées les aurores. À ces heures-ci, lorsque le jour triomphe, la République française ne procédait à aucun «crime légal». C'est que la vengeance, peut-être, déteste la clarté…  

Passage, pour la promenade, solitaire, du condamné à mort. Le prisonnier pouvait effectuer quelques pas, une heure par jour, les mains entravées par de grosses chaînes. Jean-François le Forsonney, alors très jeune avocat de Christian Ranucci avait surnommé cet endroit «la fosse aux lions». La petite cour, en réalité, ressemble à s'y méprendre à un très vieux cloître. Des piliers en forme de Y – la fameuse croix du voleur – soutiennent un préau d'inspiration monacale. L'imitation, voire l'inversion, des valeurs religieuses est flagrante. L'architecture, elle-même, invite le prisonnier à méditer sur ses fautes et son destin fatal. La République ne peut, face à sa mauvaise conscience, que parodier la religion. Une sorte, honteuse et inavouée, de retour du refoulé.   



 

mardi 2 mars 2021

Condamnés à mort mais innocents

Article original:   https://deathpenaltyinfo.org/news/national-geographic-publishes-feature-story-on-innocence-and-the-death-penalty

 

 Condamnés à mort mais innocents

Extraits et traduction approximative National Geographic Magazine, March 2021

ByPhillip Morris - Photographs byMartin Schoeller

DERRICK JAMISON, Condamné dans le Comté d’Hamilton, OH

20 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 2005

Derrick Jamison a été arrêté pour le vol et le meurtre d’un serveur de Cincinnati. Il a été condamné sur un faux témoignage de l’un des vrais auteurs du crime, qui a témoigné contre Jamison en échange d’une peine moindre. Son exécution a été programmée six fois mais chaque fois il y a eu sursis, les dernières 90 minutes avant de mourir. En 2000, un juge a ordonné un nouveau procès. Sa condamnation a été annulée et toutes les charges ont été rejetées en 2005.

Jamison, actuellement âgé de 60 ans, instruit les gens sur les défauts du système judiciaire américain et incite à le faire changer.

 

KWAME AJAMU, CuyahogaCounty, OH

27 ans en prison, dont 2 dans le couloir de la mort ; disculpé en 2014 

Actuellement âgé de 63 ans, Kwame Ajamu, qui a changé son nom de Ronnie Bridgeman alors qu’il était en prison, a été reconnu coupable en 1975 du meurtre d’un représentant de commerce sur le seul témoignage d’un garçon de 13 ans. Quoique juste adolescent lui-même, Bridgeman a été condamné à mort. Sa condamnation a été réduite à la prison à vie en 1978. Libéré sur parole en 2003, il a vécu sous le coup de sa condamnation. En 2014 le témoin a témoigné en justice que sa première déclaration était erronée. Ce témoignage a permis d’exonérer trois personnes : Ajamu, son frère, Wiley Bridgeman, et leur ami Ricky Jackson. Bridgeman et Jackson ont été finalement libérés après 39 ans de prison.

RANDAL PADGETT, Marshall County, AL
5 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 1997

Après que la femme de Randal Padgett, Cathy, a été poignardée à mort en août 1990, la police d’Alabama l’a accusé de meurtre. Le couple était séparé, et Padgett, éleveur de poulets, fréquentait une autre femme. Lors de son procès en 1992, les procureurs ont omis de dire rapidement à la défense que le sang prélevé sur la scène du crime ne correspondait pas à celui de Randal Padgett. Apprenant cela, les avocats de la défense demandèrent l’annulation du procès, ce que le juge refusa. Après que Padgett avait été reconnu coupable, le même juge le condamna à mort. Trois ans plus tard, la Cour d’appel criminelle d’Alabama ordonna un nouveau procès, citant les actions des procureurs. Padgett, âgé aujourd’hui de 70 ans, fut reconnu non coupable et libéré.

RON KEINE,Bernalillo County, NM - 2 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 1976

Ron Keine, au centre, 73 ans, était l’un des quatre hommes reconnu coupable à tort et condamné à mort pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’une étudiante de l’université du Nouveau Mexique en 1974. Le Detroit News trouva que les procureurs avaient forcé le témoignage d’un témoin clé, un tenancier de motel, qui plus tard se rétracta. Keine a été libéré après qu’une arme du crime a été attribuée à un vagabond qui a reconnu le crime. Un procureur a été radié du barreau et trois détectives ont été renvoyés à cause de leurs actions.

 

ALBERT BURRELL, Union Parish, LA
13 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 2001

Burrell, âgé aujourd’hui de 66 ans, était à 17 jours de son exécution programmée en Louisiane avant que ses avocats obtiennent un sursis en 1996. Sa condamnation pour meurtre au premier degré dans un double homicide fut annulée. Il a eu droit à un nouveau procès après qu’un juge a jugé que les procureurs ont induit en erreur le jury et n’ont pas présenté de preuves disculpatoires. Après que l’Etat a conclu qu’aucune preuve crédible ne reliait Burrell aux meurtres, il a été libéré.

DAMON THIBODEAUX, Jefferson Parish, LA
15 ans en prison, tous dans le couloir de lamort ; disculpé en 2012

Thibodeaux, âgé maintenant de 46 ans, a été reconnu coupable du viol et du meurtre d’une cousine de 14 ans, après avoir avoué suite à un interrogatoire prolongé de la police et une privation de sommeil. Il s’est rétracté, mais a été reconnu coupable malgré des contradictions entre ses aveux et les faits liés au crime. Il était dans le couloir de la mort depuis 10 ans quand le procureur de Jefferson Parish, travaillant avec ses hommes de loi et l’Innocence Project, ouvrit à nouveau l’affaire et fit des tests, ADN et autres, médico-légaux. Ils trouvèrent que la fillette n’avait pas été violée et que l’ADN relevé sur la scène du crime n’était pas celui du condamné. Ses aveux ont été déclarés erronés.

PERRY COBB, Cook County, IL
7 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 1987

Cobb, 79 ans, a détenu le douteux record du plus grand nombre de procès pour les mêmes meurtres. Il a été jugé cinq fois pour deux meurtres dans un stand de hot dog à Chicago en 1977. Les deux premiers procès se terminèrent avec un jury sans majorité ; dans un troisième, il fut reconnu coupable et condamné à mort. La Cour suprême d’Illinois annula la déclaration de culpabilité, au motif que Cobb et un co-inculpé avaient été privés d’un procès équitable. Un quatrième procès se termina par un jury sans majorité, et dans le cinquième, un juge l’a acquitté. Cobb a été « pardonné » par le gouverneur d’Illinois en 2000.


 

JOAQUÍN JOSÉ MARTÍNEZ, Hillsborough County, FL
4 ans en prison, tous dans lecouloir de la mort ; disculpé en 2001

Joaquín José Martínez, 49 ans, est le seul Européen innocenté du couloir de la mort aux États-Unis. Il a été condamné à mort pour le meurtre de deux personnes en Floride. La cour suprême de Floride annula sa condamnation et ordonna un nouveau procès, au motif que les procureurs avaient influencé les jurés et les déclarations de la police durant le procès de Martinez étaient inappropriées. Lors du nouveau procès, plusieurs témoins à charge se sont rétractés. En 2001 Martinez a été acquitté. Il vit maintenant en Espagne et fait campagne contre la peine de mort. Quand il était dans le couloir de la mort, le Pape Jean-Paul II demanda que sa vie soit épargnée.

SHUJAA GRAHAM, San Joaquin County, CA

11 ans en prison, dont 5 dans le couloir de la mort; disculpé en 1981

 Graham, à droite, 69 ans, avec son fils, Jabari montrant un tatouage de son père, était un adolescent perturbé qui passa une partie de son adolescence dans des établissements de détention pour jeunes. Il était déjà dans une prison pour adultes quand il fut condamné pour avoir tué un gardien à Stockton, Californie, en 1973. La Cour Suprême de l’Etat annula sa condamnation en 1979 après la révélation que les procureurs avaient systématiquement écarté les jurés noirs. Dans un nouveau procès en 1981, il fut disculpé. Aujourd’hui, c’est un orateur passionné sur les sujets de la peine de mort et des aspects de la justice reliés à la race.

GARY DRINKARD, Morgan County, AL

6 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 2001

La police arrêta Gary Drinkard, maintenant âgé de 62 ans, deux semaines après qu’un brocanteur avait été volé et tué à Decatur, Alabama, en août 1993. En échange de l’abandon des charges de vol contre eux, la demi-sœur de Drinkard et son compagnon témoignèrent que Drinkard avait tué le brocanteur. Les défenseurs de Drinkard ne présentèrent aucun témoignage pour prouver son innocence. Il fut déclaré coupable et condamné à mort en 1995. En 2000 la Cour Suprême d’Alabama ordonna un nouveau procès parce que les procureurs avaient fait une fausse présentation du déroulement du crime. À ce procès, il fut prouvé que la nuit du meurtre, Drinkard était chez lui avec un mal de dos. Il fut déclaré non coupable et libéré.

 SABRINA SMITH, Lowndes County, MS

5 ans en prison, la moitié dans le couloir de la mort ; disculpée en1995

Lors de son procès de 1990, Smith, née Sabrina Butler, maintenant âgée de 50 ans, fut reconnue coupable du meurtre de son jeune fils. Elle avait 18 ans. Ses avocats commis d’office ne citèrent aucun témoin qui pourrait témoigner que les blessures du garçon résultaient de ses efforts pour le ranimer après qu’il avait cessé de respirer. Butler ne fut pas auditionnée pour soutenir son allégation d’innocence. Citant des actions inappropriées des procureurs, la Cour Suprême du Mississipi ordonna un nouveau procès, qui conclut à sa disculpation. C’est l’une des deux seules femmes américaines dans le couloir de la mort à avoir été disculpée ; l’autre est Debra Milke d’Arizona, qui a passé 25 ans en prison.


 

KIRK BLOODSWORTH, Baltimore County, MD

9 ans en prison, 2 dans le couloir de la mort ; disculpé en 1993

En 1993, Bloodsworth, maintenant âgé de 60 ans, devint la première personne aux États-Unis à être disculpée de la peine de mort grâce à l’ADN. Il fut reconnu coupable du viol et du meurtre d’une fillette de neuf ans sur la base du témoignage de cinq témoins qui le situèrent près de la scène du crime. Aucune preuve physique ne le reliait au crime, mais il fut condamné à mort. Neuf ans plus tard, des tests ADN sur les éléments recueillis prouvèrent son innocence ; il fallut une autre décennie avant que le vrai tueur soit identifié et inculpé.

JUAN MELÉNDEZ, Polk County, FL
17 ans en prison, tous dans le couloir de la mort ; disculpé en 2002

Meléndez a appris à parler anglais alors qu’il était dans le couloir de la mort en Floride. Quand il raconte l’histoire de sa disculpation, il recompte le nombre d’années, de mois, et de jours qu’il a passés là. Aucune preuve physique ne le reliait à l’homicide de 1993 dont il était reconnu coupable, mais il ne fut pas disculpé jusqu’à ce qu’une transcription des aveux enregistrés par le véritable tueur n’apparaisse. La transcription était disponible depuis longtemps, mais le procureur ne l’avait pas partagée avec la défense de Meléndez. Après la découverte, un juge a annulé la condamnation. Meléndez apprit après sa libération que sa mère avait économisé de quoi rapatrier son corps à Porto-Rico, son lieu de naissance, après son exécution.

RALPH 'RON' WRIGHT, JR., Pinellas County, FL

3 ans en prison, la plupart dans le couloir de la mort ; disculpé en 2017


Ralph “Ron” Wright, Jr., a été acquitté d’un double meurtre et libéré en 2017 après trois années de prison, la plupart dans le couloir de la mort. La Cour Suprême de Floride détermina qu’il avait été reconnu coupable et condamné à mort sur des éléments purement circonstanciels. L’Etat de Floride est le deuxième après la Californie pour le nombre de personnes dans le couloir de la mort. C’est le premier du pays pour les disculpations.

RAY KRONE, Maricopa County, AZ

10 ans de prison, dont 4 dans le couloir de la mort ; disculpé en 2002

En avril 2002 Krone, maintenant âgé de 64 ans, fut connu comme le centième homme disculpé du couloir de la mort.Il avait été reconnu coupable du meurtre d’une directrice de bar de 36 ans qui avait été tuée dans les toilettes d’un salon de Phoenix que Krone fréquentait. Krone l’avait conduite à une soirée quelques jours plus tôt. L’ADN sur la scène du crime n’avait pas été testé ; l’accusation s’appuya sur des marques de morsure erronées. Quand l’ADN fut soumis comme preuve dans un nouveau procès, Krone fut disculpé. Le véritable meurtrier identifié par l’ADN était déjà en prison pour agression sexuelle et étouffement d’une fillette de sept ans.

HERMAN LINDSEY, Broward County, FL

3 ans en prison, dont 2 dans le couloir de la mort ; disculpé en 2009

Lindsey, aujourd’hui âgé de 48 ans, fut inculpé en 2006 du vol et du meurtre d’un commis de prêteur à gages de Fort Lauderdale. Aucune preuve physique ou médico-légale ne le reliait à l’affaire. Malgré cela, la police attribua le meurtre longtemps non résolu à Lindsey. Il passa deux ans dans le couloir de la mort avant que la Cour Suprême de Floride ne le disculpe pour manque de preuve en fustigeant les procureurs pour leur conduite impropre qui induisit le jury en erreur. Lindsey vit toujours en Floride, où il pêche (ici avec son beau-fils) et conseille les jeunes pour leur éviter de mauvaises décisions.