Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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jeudi 9 février 2017

Trump nomme le juge Gorsuch à la Cour Suprême : conservateur pro-peine de mort et anti-IVG

Conservateur, notamment partisan de la peine de mort, le juge Neil Gorsuch, 49 ans, a été choisi ce mardi 31 janvier par le président Donald Trump pour occuper le neuvième et dernier poste vacant à la Cour Suprême. Une nomination qui devrait être validée sans difficulté dans les prochaines semaines par le Sénat à majorité républicaine...
’enjeu était de taille. Rétablir la majorité conservatrice à la Cour Suprême, la plus haute institution judiciaire des Etats-Unis, dont les avis rendus dictent l’application des lois outre-Atlantique. Avec la nomination du juge Neil Gorsuch, 49 ans, ce mardi 31 janvier, par le président Donald Trump, la mission a été remplie. Le Sénat, à majorité républicaine, qui doit dans les prochaines semaines confirmer par un vote le choix du président, ne devrait pas en effet s’opposer à l’arrivée de celui d’ores et déjà décrit par le chef d’état américain comme un "esprit brillant", aux "capacités juridiques extraordinaires", et à "la discipline remarquable".
Neil Gorsuch, reconnu pour sa "rigueur intellectuelle" selon l’AFP devrait prochainement prendre la place du juge conservateur Antonin Scalia, décédé en février 2016 et dont le remplacement a suscité une vive polémique l'année dernière, le Sénat ayant alors bloqué la nomination de Barack Obama. Il avait quant à lui choisi Merrick Garland, un juge progressiste, quelques mois avant la fin de son mandat. Antonin Scalia devrait donc avoir un successeur à son image, favorable à la peine de mort mais opposé à l'avortement.
Actuel magistrat à la cour d'appel fédérale de Denver, dans le Colorado, passé par les très prestigieuses universités de Columbia, puis par la Harvard Law School et Oxford, Neil Gorsuch pourrait ainsi devenir le plus jeune juge nommé à la Cour suprême en un quart de siècle. Ces derniers étant nommés à vie, Neil Gorsuch devrait par conséquent avoir plusieurs décennies de décisions devant lui.
De quoi inquiéter les démocrates parmi lesquels le chef des sénateurs de l’aile gauche, Chuck Schumer, qui a dès à présent fait part de ses interrogations quant à la capacité du juge Gorsuch "à défendre vigoureusement la Constitution contre les abus du pouvoir exécutif". "Etant donné son passé, j'ai de sérieux doutes", a ajouté Chuck Schumer.

Le lobby pro-armes applaudit

Son passé et sa carrière semblent cependant avoir été savamment orchestrés. Pas de déclarations fracassantes ni de dérapages. Neil Gorsuch qui pratique, dans le Colorado, la pêche à la mouche et où, avec sa femme Louise et leurs deux filles, il élève des chevaux, des volailles et des chèvres, a semble-t-il gravi les échelons sans faire de vagues. A la Cour Suprême, (déjà) où il a été assistant entre 1993 et 1994, puis comme avocat d'affaires dans un cabinet privé, et au ministère de la Justice sous la présidence de George W. Bush. Celui-ci l’ayant d’ailleurs nommé à la cour d'appel de Denver, où il sera confirmé en 2006.
Pour explorer les opinions très conservatrices du probable futur juge, il faut se pencher sur ses écrits et jugements. Ce dernier a effectivement rédigé, entre autres, un livre développant des arguments contre l'euthanasie et a soutenu des entreprises qui refusaient de fournir une couverture santé incluant une contraception à leurs employées, détaille l’AFP. Quant aux droits des femmes et en particulier le droit à l’avortement, c’est dans ce livre sur l'euthanasie comme le rappelle le Huffington Post, que les défenseurs de l’IVG puisent leurs craintes.
"Tous les êtres humains ont une valeur intrinsèque et qu'une tierce personne retire volontairement une vie humaine est toujours une erreur", écrit de fait Neil Gorsuch dans l'ouvrage.
Autre signe qui ne trompe pas, le puissant lobby pro-armes américain, la NRA, a chaudement "applaudi" sur Twitter le choix de Donald Trump. "Des millions d'électeurs ont dit que c'était le sujet le plus important pour eux lorsqu'ils m'ont élu", a rappelé à ce propos Donald Trump lors de l’annonce de la nomination.
Reste désormais aux sénateurs démocrates la possibilité de gagner du temps en retardant le plus possible l’audition de Neil Gorsuch...
http://www.marianne.net/trump-nomme-juge-gorsuch-cour-supreme-conservateur-pro-peine-mort-anti-ivg-100249584.html

lundi 16 mai 2016

Peine de mort : les États-Unis n'ont plus aucun produit d'injection létale

Le nombre d’exécutions a baissé ces dernières années aux Etats-Unis, en raison notamment de la pénurie des substances utilisées dans les injections létales. ©
AFP DON EMMERT

Le groupe pharmaceutique Pfizer a décidé d'interdire l'utilisation de ses produits pour des injections létales. Il était le dernier fournisseur des prisons américaines

Les prisons américaines devraient avoir encore plus de difficultés à acquérir les produits pharmaceutiques utilisés pour les exécutions par injection létale. 
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Le groupe pharmaceutique américain Pfizer, a annoncé vendredi 13 mai avoir pris des mesures afin de s'assurer qu'aucun de ses produits ne soit utilisé pour la peine capitale.
" Nous sommes en train mettre en oeuvre des restrictions sur notre distribution pour des produits spécifiques, qui font partie du protocole d'injection létale de certains Etats", annonce le groupe pharmaceutique sur son site internet.
"Pfizer fabrique ses produits pour améliorer et sauver la vie des patients", explique également le groupe dans un communiqué publié sur son site.

Une pénurie de substances létales

La décision a été saluée par les opposants à la peine de mort, car Pfizer était le seul laboratoire approuvé par l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) à encore tolérer la distribution auprès d'institutions pénales de produits utilisés dans les cocktails létaux.
Une vingtaine de groupes européens et américains avaient en effet déjà pris des mesures similaires. Cette décision signe donc la fermeture de la dernière source d'approvisionnement sur le marché pour les substances utilisées dans les exécutions. 

Sources anonymes 

Une prison a généralement besoin pour élaborer un cocktail létal de réunir trois substances, l'une endormant le prisonnier, l'autre paralysant ses muscles et la troisième arrêtant son coeur. Mais  rassembler ces produits relève désormais du parcours du combattant pour les Etats américains . 
Plusieurs ont d'ailleurs procédé depuis janvier 2014 à des exécutions très critiquées, les condamnés expirant après avoir enduré une longue agonie marquée par des souffrances, suffocations, râles ou convulsions. 
Pour contourner la pénurie, certains Etats tentent donc de garantir l'anonymat aux "pharmacies" prêtes à les approvisionner, notamment l'Arkansas, le Missouri et l'Ohio.

Retour de la chaise électrique ?

Certains Etats se tournent en catimini vers des préparateurs en pharmacie non homologués par la FDA. En Virginie, les élus locaux républicains ont même tenté de rétablir la chaise électrique.
Il y a eu 14 exécutions aux États-Unis depuis le début de l'année 2016 dans cinq états : le Texas, la Géorgie, l'Alabama, la Floride et le Missouri.
http://www.sudouest.fr/2016/05/15/peine-de-mort-les-etats-unis-n-ont-plus-aucun-produit-d-injection-letale-2363358-4696.php

 

jeudi 14 avril 2016

Le gouverneur de l'Etat de Virginie empêche le retour de la chaise électrique

La pénurie de l'anesthésiant utilisé pour l'injection létale pousse les autorités à considérer d'autres options pour continuer à appliquer la peine capitale. Parmi les solutions envisagées, le retour au premier plan de la chaise électrique, une méthode toujours en application dans certains Etats. Une éventualité qui divise, comme en témoigne le cas de l'Etat de Virginie.
Conséquence de la décision des laboratoires européens de ne plus approvisionner les différentes administrations pénitentiaires des Etats-Unis, les stocks de l'anesthésiant utilisé pour l'injection létale sont aujourd'hui épuisés. Dans un pays où 31 Etats appliquent toujours la peine de mort et où une trentaine d'exécutions sont encore pratiquées annuellement, il devient urgent pour certains Etats de trouver une solution de remplacement, quitte à mettre de côté une certaine éthique.

L'Etat de Virginie et la chaise électrique : une histoire d'amour vieille de plus d'un siècle

Plus discret que son homologue texan en matière de peine capitale, l'Etat de Virginie se classe tout de même en troisième position des Etats qui exécutent le plus aux Etats-Unis (derrière le Texas et l'Oklahoma). Dans un territoire où le condamné à mort avait déjà le choix entre une exécution par injection létale ou par la chaise électrique, recourir à cette dernière comme seul procédé d'exécution pour pallier à la pénurie s'était donc imposée comme la solution la plus tentante. Et c'est donc dans cette optique-là - et contrairement aux avis de nombreux leaders religieux qui la qualifient de "relique barbare" - que l'amendement fut adopté en mars dernier par les sénateurs de l'Etat. La loi pouvait donc entrer en application à partir du premier juillet, date à laquelle serait exécuté le premier condamné à mort après que l'amendement soit entré en vigueur. A moins que le gouverneur local, démocrate et proche d'Hillary Clinton ne s'en mêle.

Une décision aux répercussions dans la course à l'investiture démocrate

L'amendement stipulait que les autorités se chargeraient de choisir le mode d'exécution à la place du détenu, ce qui reviendrait presque automatiquement à recourir à la chaise électrique dans l'état actuel des choses. Il ne restait donc qu'un dernier obstacle législatif pour que cet amendement controversé soit définitivement entériné : l'accord tacite du gouverneur démocrate Terry McAuliffe, détenteur du droit de véto pour toute loi d'Etat. Au-delà de l'acte idéologique, ce proche du clan Clinton savait que cautionner le rétablissement d'une méthode à la réputation controversée (217 des 267 personnes exécutées par chaise électrique étaient noires depuis son instauration en 1908) pourrait avoir des conséquences sur la campagne de sa protégée. En effet, les prises de position d'Hillary Clinton contre l'abolition de la peine de mort en octobre dernier lui avaient déjà attiré une avalanche de critiques de la part ses concurrents, qui qualifiaient la position de la candidate sur la question "d'archaïque".
Le gouverneur avait jusqu'à dimanche minuit pour prendre sa décision, et c'est tout logiquement qu'il a fait valoir son droit au véto. Il lui reste maintenant à convaincre le Sénat majoritairement républicain de Virginie du bien-fondé de la proposition qu'il a introduite en échange de son véto, et qui prévoit le secret d'approvisionnement du fameux anesthésiant nécessaire pour l'exécution. Une chose est sûre : la chaise électrique, surnommée "Old Sparky" dans plusieurs Etats américains, n'est pas prête de disparaître.

http://www.levif.be/actualite/le-gouverneur-de-l-etat-de-virginie-empeche-le-retour-de-la-chaise-electrique/article-normal-489145.html

lundi 10 août 2015

La cinéaste Solveg Anspach est décédée

Solveg Anspach, cinéaste de talent qui savait si bien filmer les femmes, est décédée d'un cancer le 7 août. Elle nous était proche non seulement par les très bons films qu'elle réalisait - Lulu femme nue est une merveille- mais aussi par son engagement  qu'elle laissait transparaître dans nombre de ses films.
Nous l'avons connue en 2OOO, au moment où Odell Barnes était en attente de son exécution. Elle a ensuite co-réalisé un documentaire, sur l'histoire d'Odell, Made in the USA. Un film à revoir. Merci à elle.

lundi 2 mars 2015

Soutenir Rodney Reed

Rodney Reed a été condamné à mort pour le meurtre et le viol, en 1996, de Stacey Stites. La seule preuve sur laquelle a reposé la condamnation est une preuve ADN : du sperme retrouvé sur la victime ; or Rodney Reed a toujours indiqué qu’il avait une liaison avec la victime, ce qui justifie la présence de son ADN.
Son affaire contient un mélange troublant de fausse accusation, corruption policière, défense légale inadéquate et racisme institutionnalisé. Les preuves de son innocence sont accablantes et l'octroi d'un nouveau procès est indiscutable. Pendant le procès des preuves importantes qui auraient pu l’innocenter, n’ont pas été présentées.
Au fil des années, de nouveaux éléments ont été découverts qui désigneraient l’ex petit ami de la victime, un ancien policier (qui est actuellement en prison pour avoir abusé d’une femme pendant sa garde à vue).
Rodney Reed a fait des demandes pour de nouveaux tests ADN sur des éléments qui pourraient l’innocenter et jamais testés jusque-là (dont la ceinture qui a servi a étranglé la victime).
L'exécution de Rodney Reed programmée pour le 5 Mars vient d'être annulée par le tribunal le 23 février dernier.
Par conséquent, Rodney Reed demande un nouveau procès Il a fait des demandes pour de nouveaux tests ADN sur les éléments jamais testés. Rodney Reed a été condamné par un jury entièrement blanc.
Ces nouveaux tests pourraient prouver son innocence et sont donc indispensable car la menace qu’il soit exécuté reste bien réelle.
Lutte pour la Justice, parmi d’autre d’autres organisations, sera présente par solidarité lors du rassemblement prévu le 4 mars à Paris et le soutiendra dans la mesure de ses moyens.

mercredi 4 février 2015

Aider Rodney REED, innocent probable qui a une date d'exécution

Une campagne de soutien a été lancée pour empêcher l' exécution de Rodney Reed prévue le 5 mars 2015.
Son affaire cumule, comme beaucoup d’autres, pratiquement tous les disfonctionnements du système judiciaire américain: défense bâclée, avocats commis d’office incompétents, preuves et témoignages dissimulés à la défense par l’accusation, corruption, racisme (l’accusé est noir, la victime est blanche… et nous sommes au Texas)

Rappel de son affaire :
Rodney Reed a été condamné à mort pour le meurtre et le viol, en 1996, de Stacey Stites. La seule preuve sur laquelle a reposé la condamnation est une preuve ADN : du sperme retrouvé sur la victime ; or Rodney Reed a toujours indiqué qu’il avait une liaison avec Stacey Stites, ce qui justifie la présence de son ADN. Aucune autre preuve ne le lie au meurtre
Pendant le procès des preuves importantes qui auraient pu l’innocenter n’ont pas été présentées : ses avocats incompétents n’ont pas présenté les témoins qui pouvaient attester de la liaison, l’accusation a dissimulé des informations...
Au fil des années, de nouveaux éléments ont été découverts qui désigneraient l’ex petit ami de la victime, un ancien policier (qui est actuellement en prison pour avoir abusé d’une femme pendant sa garde à vue).
Rodney Reed a fait des demandes pour de nouveaux tests ADN sur des éléments jamais testés jusque-là (dont la ceinture qui a servi a étranglé Stacey Stites). Ces nouveaux tests pourraient prouver son innocence est sont donc indispensables.

Vous pouvez trouver plus de détail sur http://justice4rodneyreed.org/about/

Vous trouverez ci-joint un modèle de lettre à envoyer au Gouverneur ABBOTT et au Texas Board of Pardons and Paroles (par email, courrier..). N’oubliez pas d’ajouter nom, coordonnée et signature en bas de page. Vous pouvez bien sûr écrire votre propre lettre.

Gov. Greg Abbott
Office of the Governor
P.O. Box 12428
Austin, Texas 78711-2428
contact form:
 https://gov.texas.gov/contact/assistance.aspx

Texas Board of Pardons and Paroles
P. O. Box 13401
Austin, Texas 78711-3401
Email:
 bpp-pio@tdcj.texas.gov

Je joins également  la pétition qui circule. Si vous ne pouvez pas les renvoyer par courrier (ou le cas échéant par email) à la CEDP qui coordonne les actions, je peux m’en charger si vous le souhaitez (attention à la date limite, il me faudra les documents pour le 24/02 au plus tard) :
Adresse CEDP :
CEDP-Austin-
311 East 13th St.,
 Austin, TX, 78702,
USA

ou mon adresse :
Emilie ARTAUD-
Résidence Saint Laurent- Bat C-
164 cours de la Somme
33800 Bordeaux

Pour finir, si vous souhaitez envoyer une lettre de soutien à Rodney :
Rodney Reed #999271
Polunsky Unit Death Row
3872 FM 350 South
Livingston, Texas 77351

Merci d'avance de diffuser largement cette action.
Cordialement
Emilie Artaud

samedi 3 janvier 2015

La peine de mort en 2014 aux Etats-Unis : 35 exécutions

35 condamnés à mort ont été exécutés en 2014 aux Etats-Unis, tous par injection létale.
Parmi ces exécutions :
- plusieurs ont été dysfonctionnelles et particulièrement pénibles et longues, dans l'Arizona, l'Ohio et l'Oklahoma.
- le Texas a exécuté deux ressortissants mexicains en violation de l'application de la Convention de Vienne sur les relations consulaires.

Ces 35 exécutions capitales ont eu lieu dans 7 Etats : l'Arizona (1), la Floride (8), la Géorgie (2), le Missouri (10), l'Ohio (1), l'Oklahoma (3) et le Texas (10).

Durant l'année 2014 par ailleurs :
- 72 condamnations à mort ont été prononcées aux Etats-Unis, dans 20 Etats,
- le gouverneur de l'Etat de Washington a annoncé qu'il ne signerait aucun ordre d'exécution capitale pour le reste de son mandat
- 7 condamnés à mort ou anciens condamnés à mort ont été innocentés (pour un total de 150 depuis 1973) selon le décompte du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

http://www.peinedemort.org/document.php?choix=7893

vendredi 25 juillet 2014

Etats-Unis : l'injection létale, une mise à mort à l'agonie

Les souffrances subies par les condamnés lors de récentes exécutions ont relancé le débat sur le manque d'humanité, non pas de la peine de mort, mais de l'injection létale. Une méthode de plus en plus décriée outre-Atlantique.
 
Une heure et 57 minutes. C'est le temps qu'il a fallu à Joseph Wood, un condamné à mort de 55 ans, pour succomber à l'injection létale qui lui avait été administrée. Une agonie sans précédent pour une procédure prenant normalement entre 10 et 15 minutes.
Outre-Atlantique, la nouvelle a relancé la polémique sur la question de l'injection létale, technique d'exécution la plus utilisée dans les 32 Etats américains où la peine de mort est encore légale. Depuis quelques mois, plusieurs incidents ont en effet poussé certaines associations et personnalités politiques à affirmer que cette méthode d'exécution n'est pas nécessairement la plus "humaine".

Une méthode loin d'être infaillible

2014 serait d'ores et déjà la pire année en matière de bavures commises lors d'exécutions par injection létale, selon le magazine américain The New Republic (en anglais). Le 9 janvier, lorsqu'on lui a injecté le paralysant censé lui éviter toute douleur, Michael Wilson, un condamné à mort de l'Oklahoma, a ainsi hurlé : "Je sens tout mon corps me brûler !" Une semaine plus tard, dans l'Ohio, Dennis McGuire a passé 26 minutes à suffoquer avant que son cœur ne s'arrête enfin.
En avril, la polémique a encore enflé après la lente agonie de Clayton Lockett, un détenu condamné à mort en 2000 pour le viol et le meurtre d'une jeune femme. Le prisonnier, en théorie inconscient, s'est mis à haleter, à convulser et à tenter de se relever après avoir reçu l'injection. Clayton Lockett est mort d'une crise cardiaque au bout de 40 minutes, alors que les chargés de l'exécution tentaient en vain d'interrompre la procédure. Barack Obama était alors intervenu, pour demander que le Département de la Justice étudie les problèmes liés à la mise en application de la peine de mort, rapporte le Guardian (en anglais).
Il ne s'agit pourtant pas là des premiers ratés lors d'une injection létale. Le Centre d'information sur la peine de mort (en anglais) liste ainsi plus d'une quarantaine d'"éxécutions bâclées" depuis 1982. Difficulté à trouver des veines pour la perfusion, aiguilles plantées directement dans la jugulaire, nécessité d'injecter une seconde dose de barbiturique pour provoquer la mort... Le calvaire enduré par les prisonniers américains a souvent duré de longues et douloureuses minutes.

Pénurie de barbituriques et tests sur les condamnés

Durant des années, les injections létales consistaient en un cocktail de trois produits : un sédatif, un paralysant et un dernier produit provoquant un arrêt cardiaque. Mais les prisons américaines se trouvent depuis quelques mois face à une pénurie de barbituriques, selon Le Monde. Après l'arrêt de la production du sédatif le plus utilisé lors des exécutions, les établissements pénitentiaires se sont tournés vers le pentobarbital, normalement utilisé pour euthanasier les animaux. Mais face aux critiques, le laboratoire danois produisant le médicament a décidé de cesser de le vendre aux prisons américaines.
Les Etats-Unis ont alors décidé d'utiliser de nouveaux produits, pour la plupart non approuvés par l'Agence fédérale de contrôle des médicaments. Selon Mother Jones (en anglais), le cocktail de produits utilisé lors de l'exécution de Clayton Lockett n'avait jamais été testé avant de lui être injecté. La prison n'avait donc aucune certitude sur les effets exacts des barbituriques ou le temps qu'il faudrait avant qu'ils provoquent la mort du détenu.
La provenance de ces médicaments, qui ne sont pas fabriqués par de véritables laboratoires, a suscité la controverse aux Etats-Unis, toujours selon Le Monde. Les avocats de plusieurs condamnés à mort ont déposé des recours devant le tribunal pour connaître la nature exacte des produits qui leur seraient injectés. Réponse de la Cour suprême de l'Oklahoma, dans le cas de Clayton Lockett : "Il n'a pas plus le droit aux informations qu'il demande que s'il était exécuté sur la chaise électrique."

Le personnel médical mal formé

La question du personnel réalisant ces exécutions se pose aussi. Selon le Centre d'information sur la peine de mort (en anglais), la présence d'un médecin serait nécessaire ou conseillée lors des injections létales dans la plupart des Etats où elles sont pratiquées. Problème : le serment d'Hippocrate interdit aux médecins d'assister ou de participer à une exécution. Les Conseils de l'ordre des médecins de chaque Etat se réservent donc le droit de poursuivre leurs membres pour violation des règles d'éthique, s'ils venaient à administrer une injection.
Certains ont bien sûr contourné l'interdiction, disant que leur présence permettait d'éviter des souffrances inutiles aux condamnés à mort. Mais dans la plupart des cas, ces exécutions sont réalisées par des infirmiers ou du personnel n'ayant qu'une formation médicale très limitée. "Les bourreaux sont choisis parmis un groupe d'employés pénitentiaites volontaires, explique le Centre d'information sur la peine de mort (en anglais). Il semble qu'il n'y ait pas beaucoup de vérifications sur leur parcours."
Cette situation peut s'avérer très problématique en cas de réaction allergique du détenu ou lors du calcul des doses d'anesthésiants et de barbituriques. Dans de nombreux cas, les "bourreaux" ont en outre passé de longues minutes à chercher une veine pour poser une perfusion. Les veines de certains condamnés à mort, anciens consommateurs d'héroïne, rendent très compliquée la pose d'un cathéter. Mais le Washington Post (en anglais) rappelle aussi plusieurs épisodes lugubres : un prisonnier conseillant le personnel médical sur la meilleur endroit où le piquer, une seringue se détachant du bras d'un autre au milieu de l'exécution ou encore l'"horrible souffrance" d'un condamné à qui on avait inserré une perfusion vers la main et non vers le cœur.

Un retour à des exécutions "primitives" ?

"Les Américains en ont marre de cette barbarie", a réagi Diann Rust-Tierney, de la Coalition nationale pour abolir la peine de mort, après l'agonie de Joseph Wood. Elle a ensuite qualifié l'exécution d'"inacceptable" et de "choquante". L'Union américaine pour les libertés civiles a pour sa part estimé qu'il "est temps pour l'Arizona et pour les autres Etats ayant toujours recours à l'injection létale d'admettre que cette expérience avec des produits non fiables est un échec", note CNN (en anglais).
Même certains partisans de la peine capitale estiment que la situation est intenable. Alex Kozinski, un des juges les plus influents de la Cour d'appel américaine, suggère ainsi de revenir vers des méthodes d'exécution "plus primitives et infaillibles". Comme la guillotine ou encore le peloton d'exécution, qui lui semble être la technique "la plus prometteuse", rapporte le Washington Post (en anglais). "Huit ou dix balles de gros calibre, tirées à courte distance, (...) causent la mort immédiate à chaque fois", explique le magistrat dans un procès verbal, lundi 21 juillet.
Et de souligner que "de nombreux fonctionnaires (...) ont la formation nécessaire pour viser juste". Alex Kozinski, qui estime que les injections létales "ne peuvent masquer la brutalité d'une exécution", n'est pourtant pas un opposant à la peine de mort. Comme le rappelle Legal Affairs (en anglais), il préfère simplement réserver les exécutions aux "tueurs en série, aux tueurs à gage et aux kamikazes".
Alex Kozinski n'est pas le seul à penser que ces méthodes "primitives" ne sont finalement pas plus barbares que l'injection létale. Selon Le Monde, plusieurs Etats américains envisagent de réinstaurer d'autres techniques d'exécution. Les parlementaires du Wyoming et l'Utah doivent ainsi étudier l'autorisation de l'exécution des condamnés à mort par peloton. Le Tennessee a quant à lui réintroduit le recours à la chaise électrique en mai dernier. De nombreuses associations soulignent pourtant que l'électrocution peut, elle aussi, provoquer une violente souffrance chez les condamnés à mort.

vendredi 7 février 2014

Un rapport annuel révèle que l'innocence de 87 condamnés à été démontrée en 2013

Pour les auteurs de l'étude, ce chiffre n'est toutefois que «la partie émergée de l'iceberg».

Le nombre des erreurs judiciaires mises au jour a atteint un record en 2013, en grande partie grâce à des enquêtes policières et judiciaires plus poussées, mais ces cas restent «la partie émergée de l’iceberg», relève un rapport annuel publié mardi. Sur les près de 1 300 prisonniers innocentés au cours des 25 dernières années des crimes pour lesquels ils avaient été condamnés, 87 l’ont été en 2013, le plus important total annuel depuis 2009, selon cette étude du Registre national des erreurs judiciaires.
«C’est une bonne nouvelle car nous avons plus de chances de prendre à bras le corps les causes des erreurs judiciaires», a commenté à l’AFP Samuel Gross, le principal auteur du rapport. «Mais les cas que nous connaissons sont seulement une petite proportion des erreurs qui, la plupart du temps ne sont jamais découvertes», ajoute ce professeur de droit à l’Université du Michigan.
«Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les analyses ADN n’ont joué un rôle que dans un cinquième des cas», relève le National Registry of exonerations. En revanche, dans 38% des cas, les détenus ont été disculpés «à l’initiative ou du fait de la coopération des forces de l’ordre», ce qui confirme la tendance d’un rôle plus actif de la police et du parquet pour rouvrir des dossiers de possibles erreurs judiciaires.
«De plus en plus de gens font attention aux personnes faussement condamnées : la police, les procureurs, les juges, les avocats et le public sont de plus en plus conscients du danger de condamner des innocents», a observé le Pr Gross. D’autant que dans 17% des cas, la longue peine de prison a été prononcée après un plaider coupable, ajoute l’étude, qui s’est focalisée sur les lourdes condamnations pour meurtres ou viols.
Une des leçons de ce rapport est que «les gens qui plaident coupables sont parfois innocents», a ajouté le Pr Gross. «Ils plaident coupables car ils ont peur, en cas de procès, d’être condamnés à une peine de prison beaucoup plus longue et même peut-être d’être condamnés à mort», dit-il, soulignant qu’aux Etats-Unis, 95% des condamnations sont le résultat d’un plaider coupable.
S’agissant du couloir de la mort, un condamné du Missouri, Reginald Griffin, a été innocenté en 2013 après 25 ans de réclusion, portant à 143 le nombre total de condamnés à mort innocentés au niveau national. Dans ce cas, comme dans celui de la moitié (56%) des prisonniers disculpés en 2013, c’est le faux témoignage qui était à l’origine de leur arrestation et de leur condamnation. Les erreurs des témoins oculaires sont quant à elles responsables de 38% de ces verdicts de culpabilité, tandis que, dans 46% des cas, c’est le comportement des enquêteurs qui est à blâmer, même si ce n’est souvent pas le seul facteur, relève encore le rapport.
AFP

 

vendredi 19 juillet 2013

Quand le FBI fait condamner à tort

Aux États-Unis, des expertises légales erronées auraient notamment conduit à des condamnations à mort. L’INFO. Les autorités américaines pourraient revenir sur 27 condamnations à mort prononcées ces dernières années, et sur des milliers d’autres dossiers, révèle jeudi le Washington Post. La raison ? Ces personnes ont peut-être été condamnées à tort à cause d’experts scientifiques du FBI un peu trop zélés. Au total, plus de 21.000 dossiers judiciaires seraient concernés. Cheveux et fibres textiles. Pendant des années, des experts du FBI se sont appuyés sur des preuves qui n’étaient pas à 100% fiables, comme une fibre de vêtement ou un cheveu retrouvé sur une scène de crime. A une époque, certains agents du FBI n’étaient pas aussi rigoureux qu’ils auraient dû l’être, voire exagéraient parfois les conclusions de leurs analyses. Ces experts ont aussi témoigné lors de procès, indiquant qu’un cheveu ou qu’une fibre textile correspondait à coup sûr au suspect. De quoi convaincre un juré. Des preuves pas fiables. Mais ces preuves ne sont en réalité pas toujours fiables. C’est en juillet dernier que le FBI a annoncé que des milliers de dossiers bouclés depuis au moins 1985 allaient être passés en revue. Quelques mois auparavant, la presse avait en effet révélé que le ministère de la Justice savait depuis des années que le travail trop zélé ou pas assez scientifique de certains experts avait conduit à des condamnations. Santae A. Tribble, 51 ans, condamné en 1978 pour le meurtre d’un chauffeur de taxi a ainsi été innocenté, tout comme Kirk L. Odom, condamné à tort pour agression sexuelle en 1981. Débat en vue sur la peine de mort. Pour l’heure, au moins 21.000 dossiers ont été identifiés, un nombre provisoire car les laboratoires au niveau des États commencent tout juste à se pencher sur la question. L’association Innocence Project, qui soutient notamment les détenus à réclamer des tests ADN pour tenter de se faire innocenter, aide les autorités à déterrer les dossiers problématiques. Pour le moment, le FBI se concentre sur les condamnations les plus lourdes, dont les 27 personnes condamnées à mort. En mai, les autorités ont ainsi suspendu au dernier moment l’exécution de Willie Jerome Manning, 44 ans, condamné en 1992 pour la mort de deux étudiants. Dans les dossiers les plus urgents, il y aura sans doute des coupables confirmés. Mais la découverte d’un seul innocent aurait des conséquences énormes et relancerait le débat sur la peine de mort aux États-Unis. http://www.europe1.fr/International/Quand-le-FBI-fait-condamner-a-tort-1588123/

jeudi 7 mars 2013

Le Maryland, bientôt 18e Etat américain à abolir la peine de mort

Aucun condamné n'a été exécuté dans le Maryland depuis 2005, et aucun ne le sera sans doute plus jamais: cet Etat devrait devenir dans quelques jours le 18e des Etats-Unis à abolir la peine de mort.


Une proposition de loi du gouverneur Martin O'Malley en faveur de sa suppression a été votée mercredi par le Sénat de l'Etat. Son approbation par la Chambre des représentants devrait être une formalité dans la mesure où les démocrates, qui y sont favorables, sont largement majoritaires.
"Combattons le crime avec des stratégies qui fonctionnent et arrêtons ces pratiques chères, inefficaces et injustes", s'est félicité sur Twitter Martin O'Malley, quelques minutes après le vote.

La peine capitale était en vigueur dans cet Etat de la côte est depuis 1638, alors qu'il était encore une colonie britannique.

Pour Kirk Bloodsworth, de l'association Witness to Innocence, cette abolition prend une résonnance tout particulière. En 1993, il fut le premier condamné à mort américain innocenté par des tests ADN. Dans le Maryland.

"Je ne trouve pas les mots pour exprimer mon émotion", a-t-il déclaré à l'AFP, après avoir manifesté devant le Sénat du Maryland lors du vote. "La lutte pour l'abolition dans cet Etat en particulier est évidemment très importante pour moi."

En 1984, à 23 ans, il était devenu "l'homme le plus haï du Maryland", accusé du viol et du meurtre accompagné de cruautés d'une fillette de 9 ans.

"J'ai passé neuf ans en prison avec certains des cinq condamnés. Je ne peux même pas imaginer ce qu'ils ressentent, nous attendons ça depuis si longtemps."

Après des dizaines d'années passées dans le couloir de la mort, les cinq derniers condamnés devraient selon toute vraisemblance échapper à leur exécution.

Sixième Etat en six ans à supprimer la peine de mort

Vernon Evans, 63 ans, l'attend depuis 29 ans. En 1983, pour 9.000 dollars, il avait assassiné deux employés d'un motel, dont l'un s'apprêtait à témoigner à charge lors du procès d'un dealer de drogue, Anthony Grandison, qui lui aussi se trouve dans le couloir de la mort pour avoir commandité le double meurtre.

Les cinq hommes sont détenus dans une prison de haute sécurité près de Cumberland. C'est un des rares centres de détention des Etats-Unis où les prisonniers condamnés à mort, bien qu'incarcérés dans des cellules individuelles, vivent avec les autres détenus.

"Le texte de loi concernera seulement les affaires futures, et n'agira pas de façon rétroactive sur les cinq hommes dans le couloir de la mort", explique Emma Weisfeld-Adams, de l'organisation Equal Justice USA, soulignant que leur sort est désormais entre les mains du gouverneur Martin O'Malley. Ce dernier avait affirmé lors d'une séance au parlement qu'il "jugerait au cas par cas".

"Puisqu'il est à l'origine de la proposition de loi, les chances sont grandes pour qu'il annule définitivement l'exécution des cinq condamnés avec une commutation de leur peine en réclusion à perpétuité", a précisé Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

En 2011, lors de la signature de l'abolition de la peine de mort dans l'Illinois, le gouverneur démocrate Pat Quinn avait commué en peines de prison à vie l'ensemble des quinze condamnations à mort que comptait son Etat.

Pour Emma Weisfeld-Adams, le projet de loi du Maryland fait partie d'un "élan bien plus large de rejet de la peine de mort" aux Etats-Unis.

"Seize Etats au total ont examiné des lois relatives à l'abolition de la peine capitale depuis 2011. Le Maryland est le sixième Etat en six ans à supprimer la peine de mort."

Selon un récent sondage du Washington Post, 60% des habitants du Maryland sont pourtant en faveur de la peine de mort, contre seulement 38% favorables à l'abolition.

Le vote des sénateurs du Maryland a coïncidé, à quelques heures près, avec l'exécution dans l'Ohio (nord) d'un quadragénaire américain condamné pour meurtre qui avait passé 17 années dans le couloir de la mort.

Source AFP







lundi 4 mars 2013

Pétition en faveur de RICKEY LYNN LEWIS

Depuis maintenant plus de 10 ans, avec mon association "Lutte pour la Justice Languedoc Roussillon", nous correspondons avec deux condamnés à mort aux USA.

L'un d'eux RICKEY LYNN LEWIS vient de recevoir sa date d'exécution : le 9 avril.

Après plus de 20 ans dans les couloirs de la mort et malgré tous les recours que nous avons suivis avec ses avocats, rien n'a pu infléchir les décisions de justice du TEXAS.

Pourtant de nombreux faits plaident en sa faveur : la trajectoire de la balle, telle qu'elle a été établie ne correspond pas à la taille de Rickey... De plus Rickey est atteint de déficience mentale, prouvée par des tests que nous avons pu diligentés (grâce à l'aide des Têtes Raides). Mais le TEXAS, dans une parodie de justice telle que cet état peut être coutumier, a rejeté ces arguments.  Seul espoir de RICKEY actuellement : la grâce du Gouverneur du TEXAS (qui ne l'a jamais accordée). D'où la pétition en ligne que nous avons initiée et que je vous appelle à signer.


A Monsieur le Gouverneur du Texas Rick Perry
Office of Governor Rick Perry
P.O. Box
12428 Austin, TX 78711
Phone: 512/463-2000 Fax: (512) 463-1849
Le 9 avril 2013, Rickey Lynn Lewis (numéro d'écrou 0999097) est programmé pour être exécuté à Huntsville, Texas, pour la mort de George Newman et le viol de sa compagne, Connie Hilton. Rickey Lynn Lewis, l'auteur présumé, par ailleurs retardé mental, a fait appel et est allé jusqu'à la Cour suprême.
Les experts de l’accusation ont établi que d'après l'angle de tir du coup fatal, le meurtrier devait être nettement plus grand que Rickey-Lynn qui mesure seulement 1m60. Au vu de cette expertise, la culpabilité de Rickey Lynn Lewis n'est pas démontrée.
Le Texas veut que ses citoyens bénéficient d'une justice équitable. Néanmoins, malgré la bonne volonté et toutes les précautions, une erreur humaine est toujours possible et doit être sérieusement envisagée dans ce cas.
Ajouter la mort d'un innocent à l'affreux crime de septembre 1990 serait une nouvelle tragédie pour le Texas et, plus largement pour l'humanité.
Pour ce motif, Monsieur le Gouverneur, nous vous demandons de ne pas exécuter un innocent et d’accorder la grâce à Rickey Lynn Lewis.
Adresse : Association lutte pour la justice Languedoc-Roussillon, France, 2, rue herbe d’amour, 34070, Montpellier, France

vendredi 10 août 2012

En Virginie sursis pour un condamné à mort

Une cour d'appel fédérale américaine a redonné espoir à un détenu condamné à mort en
Virginie, en estimant qu'une preuve démontrant son innocence devait être examinée plus sérieusement avant qu'il ne soit exécuté.
Ivan Teleguz, d'origine Ukrainienne, était confronté à une exécution imminente en dépit de
l'effondrement du dossier de l'accusation, en raison de barrières procédurales de la
Virginie qui empêchent l'introduction de nouvelles preuves après le procès.

Cependant, jeudi 2 août, la Cour d'appel du 4ème Circuit a renvoyé à l'unanimité le cas vers
la Cour de district de la Virginie, estimant que le juge James P. Jones n'avait pas suffisamment pesé la valeur de cette nouvelle preuve « d'innocence réelle ». Les trois magistrats de la Cour d'appel du 4ème Circuit ont refusé la stricte interprétation des règles de procédure pénale de la Virginie et, en lieu et place, ont ordonné au Juge Jones de déterminer « comment un jury raisonnable percevrait tous les éléments de preuve versés au dossier ».

M. Teleguz a été condamné à mort en 2006 sur la base des déclarations d'un témoin prétendant
qu'il avait engagé des hommes pour tuer sa petite amie; depuis lors, deux témoins clés ont
admis qu'ils avaient menti après avoir subi des pressions des autorités qui leurs proposaient, en échange de leur faux témoignage, une sentence moins sévère pour leur propres crimes.
La Cour de district de la Virginie va maintenant décider si elle doit seulement réévaluer sa décision ou ordonner une audience pour entendre la nouvelle preuve. L'exécution de M. Teleguz est suspendue jusqu'à ce que la question soit résolue.

Sophie Walker, directrice de l'équipe «peine de mort» au sein de l'association Reprieve, a déclaré: "La Cour d'appel du 4ème Circuit a pris la bonne décision. Conduire un homme dans la chambre d'exécution, sans lui donner l'opportunité de présenter une nouvelle preuve démontrant son innocence lors d'une audience est sans conteste une violation de la Loi de la Virginie et la Constitution des États-Unis. Ivan Teleguz doit maintenant être autorisé à présenter son cas devant une Cour. "

Matthew Stiegler, l'avocat américain de Teleguz, a déclaré: «Je suis heureux que la Cour d'appel du 4ème Circuit ait aujourd'hui reconnu la valeur de la preuve d'innocence d'Ivan.
Nous attendons avec impatience l'opportunité de présenter cet élément de preuve devant la Cour de district. "

vendredi 27 juillet 2012

Trois bonnes nouvelles

L’exécution de Warren Hill a été suspendue !
Deux heures avant l'exécution de Warren Hill, prévue le 23 juillet à 19h, la Cour Suprême de Géorgie a exigé une suspension provisoire. La Cour doit examiner un appel portant sur le fait que la procédure d'une injection comportant une seule drogue létale n'a pas été correctement adoptée.
On espérait que la Cour Suprême des Etats Unis aurait accordé un sursis sur la base du QI incontesté de 70 de Hill. Hill a été diagnostiqué souffrant de déficience intellectuelle par plusieurs experts et un juge de Géorgie.
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Dans l'arrêt Atkins vs. Georgia de 2002, la Cour Suprême a jugé que l'infliction de la peine de mort aux personnes handicapées mentales était anticonstitutionnelle. Cependant, la Géorgie présente le critère de déficience mentale le plus sévère de tous les états qui appliquent la peine de mort. La loi exige que les troubles mentaux soient prouvés "au delà d'un doute raisonnable".



William Dillon à l'honneur

Mercredi dernier à St. Petersburg, lors du match de base-ball des Rays, tous les membres du collectif The Innocence Project de Floride, leurs soutiens et leurs amis, ont eu la chance d'assister à un événement symbolique extrêmement fort. William Dillon a chanté l'Hymne national américain et effectuer le premier lancer. Doté d'une grande voix, William écrit également sa propre musique, a déjà composé un album et en prépare un second.
William a passé 27 ans dans un prison de Floride pour un crime qu'il n'a pas commis.
C'est grâce au travail acharné et à la persévérance du « Projet Innocence » de Floride, des tests ADN l'ont innocenté puis libéré en 2008. Ce projet regroupe des gens engagés dans la lutte pour la libération de citoyens injustement condamnés.


Sedrick Courtney disculpé par un test ADN !

Jeudi 19 juillet, au terme de 4 années d'effort de la part du Projet Innocence (et 11 ans de combat pour l'accusé) pour obtenir l'examen d'un échantillon d'ADN retrouvé sur les lieux du braquage, les tests ADN ont permis d'innocenter Sedrick Courtney.
Courtney a passé 15 ans dans une prison de l'Oklahoma pour un crime qu'il n'a pas commis.
A ce jour, aux Etats-Unis, il y a eu 297 disculpations post condamnation obtenues grâce aux tests génétiques.

lundi 20 février 2012

Demande d'aide- Please help! une avocate se bat au Texas

Mary FELPS, avocate, aide des condamnés à mort à Polunsky. Elle fournit une aide juridique et essaie d'améliorer les conditions de détention à Polunsky. Elle aide actuellement 5 détenus à engager des poursuites/ une action juridique contre le TDCJ ( l'administration pénitentiaire texane) pour dénoncer les conditions de détention actuelles (les choses ont nettement empiré depuis quelques années). Elle a besoin d'aide et de soutien financier pour cette action. Les frais pour chacun des 5 dossiers sont de 350 dollars. Elle a également besoin de soutien pour le "quotidien" (chaque trajet jusqu'à Polunsky lui coute 60 dollars).
Elle fait beaucoup mais il semblerait qu'elle ne sache plus comment continuer seule et sans soutien. Elle a créé une association: "Descending Eagles" (des donations peuvent être faites par paypal sur le site www.descendingeagles.org ). Elle espère des soutiens réguliers/ mensuels... ou toute aide qui pourra lui être apportée.
 Please tell all the donors that Descending Eagles needs a monthly gift of just $20 to help pay for travel and expenses to help others on death row. We are fighting for an improvement in living conditions. I am helping them with a law suit against TDCJ. We need at least the money for the filing fee which is $350 for each man and there are 5 men. I cannot do this alone. My travel costs $60 each time I go to death row. It would be wonderful if some people could put this gift in their monthly budget. My income is more limited. I do not see how I can keep doing this work without help. Please tell the potential donors that men on death row are facing even worse treatment than when Kenneth was there. Those men who need wheelchairs are being forced to crawl and are not given any means of assistance with walking. All other conditions continue to be severe.

samedi 28 janvier 2012

MUMIA ABU-JAMAL est sorti du mitard !



Johanna Fernandez, porte parole de Mumia, s'est entretenue ce matin avec Scott Miller, assistant du Directeur de la prison de SCI MAHANOY, lequel l'a informée que le processus de sortie de l'isolement était imminent (15h - heure française). Johanna a qualifié cette très bonne nouvelle de "victoire" de la mobilisation internationale, précisant que plus de 5.500 lettres et pétitions étaient parvenues aux autorités pénitentiaires.
Dès que nous aurons plus de précisions sur le transfert de Mumia vers la population générale de la prison, nous vous en informerons.
Que tous ceux d'entre vous, nombreux à notre connaissance, qui sont intervenus pour protester contre les conditions d'incarcération inhumaines et illégales imposées à Mumia en soient remerciés.
Le combat pour sa libération continue ...
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vendredi 20 janvier 2012

Innocentés après 17 ans de prison!

BREAKING NEWS
The Englewood Four Are Exonerated
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Today marks the end of a very long ordeal for four Chicago men who were unjustly convicted as teenagers. After 17 years, Michael Saunders, Harold Richardson, Vincent Thames and Terrill Swift—have finally been exonerated of the 1994 murder of Nina Glover. The State’s Attorney’s Office announced at a hearing today that they are dismissing the indictments against the four men. The decision follows a judge’s November 2011 order to vacate the four convictions.
Saunders, Richardson, Thames and Swift have spent most of their adult lives in prison. They were between the ages of 15 and 18 when they arrested. Based on false confessions and without a shred of physical evidence, they were wrongfully convicted and sentenced to 30-40 years in prison. Their cases, and others in Cook County, reveal a dangerous pattern of injustice based on false confessions. The Innocence Project is calling on Cook County to conduct a review of all cases involving juvenile confessions. In the past four months, ten people have been exonerated through DNA testing in Illinois after being unjustly convicted based on confessions they gave as teenagers.
Innocence Project supporters and others played a role in today’s victory by continuing to pressure State’s Attorney Anita Alvarez to join in seeking to overturn convictions of the “Englewood Four.” Prosecutors knew for nearly a year that DNA testing implicated a convicted murderer and cleared the four men, yet they stood by the wrongful convictions. In that time, more than 70,000 people signed a petition calling for their exonerations.
Although all four men had already been released, today heralds the beginning of their new lives out of state supervision and on their own. Saunders says “It’s been a long time coming, and now that it’s over I just want to take it all in.”
The four men are represented by the Innocence Project, the Center on Wrongful Convictions of Youth, the Exoneration Project of the University of Chicago Law School and Valorem Law Group.
Thank you for your part in this and for your continued commitment to justice,
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Maddy deLone
Executive Director
The Innocence Project

mercredi 23 novembre 2011

Moratoire en Orégon

Le gouverneur de l'Oregon a annoncé, mardi 22 novembre, qu'il n'autoriserait plus de nouvelle exécution dans cet Etat du nord-ouest des Etats-Unis jusqu'à la fin de son mandat, rejoignant les autres Etats qui ont supprimé la peine de mort.

John Kitzhaber – élu en novembre 2010 après avoir occupé le poste entre 1995 et 2003 – a accordé par la même occasion un sursis à l'un des trente-quatre prisonniers se trouvant dans le couloir de la mort et qui était promis à une exécution, par injection, le mois prochain, soulignant qu'il en serait ainsi tant qu'il resterait en fonctions.
John Kitzhaber, qui a approuvé des exécutions en 1996 et 1997, a expliqué qu'il considérait le système actuel comme injuste, du fait qu'il accordait la perpétuité à des criminels pour les mêmes crimes qui valent à d'autres la peine de mort. "Je ne crois pas que ces exécutions nous aient donné plus de sécurité", a estimé le gouverneur, déclarant regretter ses décisions : "Cela a été les décisions les plus déchirantes et les plus difficiles que j'aie eu à prendre comme gouverneur, et je les ai reconsidérées mille fois au cours de ces quatorze ans, a-t-il dit. Il est temps pour l'Oregon d'envisager une autre approche. Je refuse de faire partie plus longtemps de ce système compromis et inéquitable", a-t-il encore expliqué, qualifiant de "moralement faux" le châtiment suprême.

"Je n'autoriserai plus d'autres exécutions tant que je serai gouverneur", a prévenu John Kitzhaber, invoquant ses "profondes convictions personnelles" et déplorant un système judiciaire en Oregon "coûteux et impraticable, qui ne remplit pas les critères élémentaires de justice".
De moins en moins d'Etats américains ont recours à la peine capitale. L'Illinois l'a retirée l'an dernier de son arsenal judiciaire, suivant le New Jersey et le Nouveau-Mexique, tandis que trente-quatre Etats la maintiennent en droit, bien que seuls douze en aient fait usage en 2010, selon le Centre d'information sur la peine de mort, une ONG. Un total de quarante-six exécutions ont eu lieu l'an dernier, soit la moitié du chiffre atteint dix ans plus tôt. Le nombre de peines de mort prononcées, cent dix, représente le tiers de celles du début des années 1990.

( Article publié ce jour sur Le Monde.fr)

lundi 31 octobre 2011

Sauvons Hank Skinner !

Henry "Hank" Skinner
Son éxécution est prévue le 9 novembre alors que la justice ne s'est toujours pas prononcée sur sa demande de tests ADN.

Le 7 mars 2011, la Cour Suprême des Etats-Unis a autorisé (par 6 voix contre 3) Hank Skinner à poursuivre sa plainte au civil pour tenter d'obtenir des tests ADN.

Le 2 juin, l’avocat général Lynn Switzer, qui refuse toujours de transmettre les pièces à conviction afin que les tests ADN puissent être enfin pratiqués, a demandé l'annulation de la plainte de la défense à son encontre. Entre temps, le juge a signé un nouveau mandat pour l'exécution de Hank le 9 novembre 2011.

Le 2 septembre, les avocats de Hank ont à nouveau déposé, au tribunal de Gray County Texas, une requête afin d'obtenir les analyses ADN des principaux scellés qui n'ont jamais été testés. La requête est déposée sous une nouvelle loi qui est devenue applicable au 1er septembre. Son but est de garantir que les barrières de procédure n'empêchent pas les prisonniers de faire tester des scellés qui ne l'ont jamais été et qui pourraient faire l'objet d'analyses. Les avocats de Hank ont également demandé au tribunal d'annuler la date d'exécution fixée au 9 novembre prochain, car celle-ci ne donnerait pas le temps nécessaire pour que ces analyses soient effectuées.

Le 6 octobre, le juge fédéral a publié un arrêt ordonnant une audience le 24 octobre concernant la plainte au civil accordée par la Cour Suprême des Etats-unis en mars dernier.

Le 27 octobre, des élus du Texas ont envoyé une lettre ouverte au Gouverneur Rick Perry lui demandant de faire lever le mandat d'exécution afin que les tests ADN puissent être effectués.

Alors que la Cour fédérale n'a pas encore rendu de décision et que la Cour d'Etat n'a pas statué sur la nouvelle demande de tests ADN, ni sur la demande de retrait du mandat d'exécution ... Hank Skinner est toujours condamné à mourir par injection létale le 9 novembre ... AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD, nous vous appelons à signer et à faire signer la pétition en ligne sur le site www.hankskinner.org

Source: Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal, rassemblant une centaine d'organisations et de collectivités publiques françaises, 31 octobre 2011

mardi 11 octobre 2011

"Aux Etats-Unis, la peine de mort est une continuation de la ségrégation raciale"

Salle d'exécution du pénitentier
d'Angola, Louisiane

Derrière les chiffres et les constats, une question taraude militants abolitionnistes et chercheurs : comment la peine de mort s'inscrit-elle dans une démocratie moderne ? Pour tenter de répondre à cette question, Arnaud Gaillard, sociologue, s'est rendu dans huit Etats américains où la peine capitale est en vigueur. Il en a tiré un livre de témoignages et d'analyse, 999 (Max Milo, 2011), et un film, Honk (sortie le 9 novembre).

Les Etats-Unis sont une des seules grandes démocraties (avec l'Inde et le Japon) à pratiquer la peine de mort. Comment expliquer cette singularité américaine ?

Parmi les explications possibles, il y a bien sûr le fait que la société américaine soit construite sur une violence omniprésente, illustrée par le port d'armes ou encore une criminalité très forte. Les Etats-Unis restent un pays de pionniers qui fonctionne selon le mot d'ordre du "marche ou crève". Les gens adhèrent à cette radicalité, la notion d'indulgence est peu partagée. La loi, tout comme la Constitution, est considérée par beaucoup comme d'inspiration divine, et la loi du talion, contenue dans l'Ancien testament, constitue aux yeux de beaucoup une justification en faveur de la peine capitale.

Il faut ajouter à cela que les Etats-unis sont une société jeune, quasiment adolescente, qui se construit par va-et-vients et dans l'excès. Le lynchage a perduré jusqu'en 1968 et la peine de mort subsiste aujourd'hui dans de nombreux Etats. Il y a certes un amenuisement de l'usage de l'exécution, mais le pays n'a pas encore développé un véritable regard critique sur la peine capitale.

Comment se structure dans l'opinion le rapport de force entre abolitionnistes et rétentionnistes (partisans du maintien de la peine de mort) selon l'appartenance politique, ethnique ou religieuse ?

Un sondage de 2006 de l'institut Gallup montre que le soutien pour la peine de mort est en moyenne de 65 % (en régression par rapport aux 80 % en 1994). Les rétentionnistes représentent un peu plus de la moitié des Démocrates, les deux-tiers des Indépendants et plus de 80 % des Républicains.

Parmi les plus farouches défenseurs de la peine capitale, on trouve les baptistes. Jay Gross, le prêcheur de la Southern Baptist Church de Conroe au Texas, tient des prêches très engagés auxquels j'ai assistés : "Si on n'exécute plus de peur de tuer un innocent, alors on devrait aussi ouvrir les portes des prisons, car on peut être sûr qu'il y a des innocents à l'intérieur", explique-t-il à ses fidèles avant de conclure : "Lorsque nous avons lancé des bombardements sur la France pour libérer l'Europe du joug nazi, bien sûr que des innocents sont morts. Pourtant il fallait le faire et nous sommes fiers de l'avoir fait. Pour la peine de mort, c'est la même chose !"

Les noirs sont beaucoup moins favorables à la peine capitale que les blancs, mais également beaucoup moins engagés politiquement. Ils sont conscients que c'est une justice de blancs faite pour les blancs. La peine de mort est une continuation de la ségrégation raciale, mais également économique, dans un pays où l'accusation a un budget illimité et où les avocats d'office ne font pas toujours leur travail.


Source: Le Monde, Soren Seelow, 10 octobre 2011


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