Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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vendredi 17 avril 2015

La France menace l'Indonésie de « conséquences » si Serge Atlaoui est exécuté



La Cour suprême indonésienne doit bientôt se prononcer sur l'ultime recours en révision de Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue. En cas de rejet, le Français pourrait être rapidement exécuté.

Paris a fait savoir, par la voix de l'ambassadrice de France à Djakarta, Corinne Breuzé, que cette éventualité aurait des « conséquences » sur les relations bilatérales. La France, qui a aboli la peine de mort en 1981, y reste « opposée en tous lieux et en toutes circonstances », a rappelé la diplomate.

Serge Atlaoui, 51 ans, avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy dans la banlieue de Djakarta et condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue. Cet artisan soudeur a toujours clamé son innocence, affirmant n'avoir fait qu'installer des machines dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Huit autres individus arrêtés en même temps que le Français ont également été condamnés à mort. Mais « ce qui nous apparaît choquant, c'est que notre compatriote soit aujourd'hui le seul figurant dans la liste des exécutables », a dit l'ambassadrice, soulignant que le Français n'était qu'« un technicien soudeur au rôle mineur dans cette affaire ». « Serge Atlaoui n'a jamais été en contact avec aucune drogue, quelle qu'elle soit », selon Mme Breuzé.

Présente à la conférence de presse, l'épouse du condamné à mort, Sabine Atlaoui, a lancé avec émotion un appel au président indonésien Joko Widodo : « Mon mari n'est pas un baron de la drogue. Il ne mérite pas la peine de mort. En votre âme et conscience, n'exécutez pas mon mari », a-t-elle dit.

Le président indonésien, qui a pris ses fonctions en octobre 2014, a rejeté les demandes de grâce de tous les condamnés à mort pour drogue, se montrant intraitable vis-à-vis des affaires de stupéfiants. Six condamnés à mort, parmi lesquels cinq étrangers, ont été exécutés le 18 janvier pour la première fois depuis 2013, suscitant de vives réactions des pays concernés. Le Brésil et les Pays-Bas avaient rappelé leur ambassadeur pour protester contre l'exécution d'un de leur ressortissant.

Source: Le Monde, 17 avril 2015

jeudi 2 avril 2015

Des nouvelles de Serge Atlaoui

Un tribunal indonésien a décidé ce mercredi 1er avril de renvoyer devant la Cour suprême le dossier de Serge Atlaoui. Son avocat, interrogé par Paris Match, s'étonne du traitement de son client.

«J'ai été condamné à mort, je ne demande pas à être libéré, mais je demande à ce que ma vie soit sauvée», a fait savoir Serge Atlaoui dans une courte déclaration devant le tribunal de Tangerang ce mercredi. Mais le Français condamné à mort pour trafic de drogue, devra encore attendre pour être fixé. Le tribunal indonésien a décidé de ne pas instruire son dossier, mais de le renvoyer devant la Cour suprême. Aucune date n’a été, ni ne sera fixée : la Cour suprême publiera seulement sa décision sur son site internet. Elle peut le faire très rapidement, comme cela peut prendre plusieurs mois. A titre de comparaison, deux ressortissants chinois dans la même posture qu’Atlaoui attendent depuis huit mois.

Théoriquement, le prisonnier peut-être fusillé à tout moment, les autorités considérant qu'un condamné à mort dont le recours en grâce a été rejeté peut être exécuté malgré une demande de révision de son procès. Dans les faits, le gouvernement indonésien, qui commence à recevoir de nombreuses critiques internationales, s’est engagé à attendre la fin de toutes les procédures en cours avant d'annoncer la date d'exécution et les noms des détenus sur la prochaine liste, après celle de janvier. Pour la première fois depuis 2013, six condamnés à mort, parmi lesquels cinq étrangers, ont été exécutés le 18 janvier dans le pays dont la législation est l'une des plus sévères au monde en matière de drogue.

Serge Atlaoui avait déposé en février sa demande en révision de son procès, un ultime recours après que son demande de grâce a été rejetée le 28 janvier par le président indonésien, Joko Widodo. L'avocate du Français en Indonésie, Nancy Yuliana, a à ce propos annoncé ce mercredi avoir déposé un recours devant le tribunal administratif de Jakarta pour contester ce rejet.

L’audience qui a eu lieu aujourd’hui, initialement prévue le 25 mars, avait dû être reportée, la défense du prisonnier n’ayant pas réussi à rassembler les fonds nécessaires pour financer son déplacement de la prison, sur une île de Java, au tribunal, à 400 kilomètres de là. Sa présence était en effet requise, alors que ces frais, y compris ceux engendrés par les 21 policiers qui ont été chargés de le suivre, sont à sa charge. Cette fois, Serge Atlaoui a bien fait les sept heures de train qui le séparent de la banlieue de Jakarta… pour une audience de 10 minutes – le temps de signer le procès-verbal de la précédente audience le 11 mars, qui sera adressé à la Cour suprême. Ce jour-là, le tribunal avait refusé d’entendre les témoins de la défense.

L’artisan soudeur et père de famille avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy, dans la province de Banten. Il s'est toujours défendu d'être un trafiquant de drogue, affirmant qu’il pensait avoir été recruté dans une usine d'acrylique, pour arrondir ses fins de mois. Mais il s’est fait piéger. En première instance, il a été condamné à la perpétuité pour possession de drogue, une peine confirmée en appel, mais aggravée en 2007 par la Cour suprême indonésienne, celle-là même qui doit se prononcer désormais…
Source: Paris Match, 1 avril 2015

jeudi 19 mars 2015

RASSEMBLEMENT « SAUVONS SERGE ATLAOUI, ET TOUS LES CONDAMNÉS À MORT EN INDONÉSIE »

Justice pour Serge Atlaoui, et tous les condamnés à mort en Indonésie !
C’est la cause qui rassemblera plusieurs ONG le 24 mars prochain à proximité de l’ambassade d’Indonésie à Paris
 
« Nous avons plusieurs raisons d’être plus inquiets que jamais ! La mobilisation internationale
- politique, médiatique et citoyenne – en soutien à Serge Atlaoui et aux autres condamnés à
mort en Indonésie, s’impose urgemment. Le soutien des États dont des citoyens sont dans
les couloirs de la mort indonésiens et la mobilisation de la société civile sont indispensables en
ce moment particulièrement difficile », déclarent les organisateurs du rassemblement à Paris
« Il n’y a plus une seule seconde à perdre ! S’il y a une dernière chance pour essayer de sauver
Serge Atlaoui, citoyen français condamné à mort en Indonésie et de nombreux autres étrangers
et indonésiens risquant une exécution imminente, c’est maintenant », selon l’association
Ensemble contre la peine de mort (ECPM), à l’origine de l’initiative, ainsi que ses partenaires :
Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT France), Agir Ensemble pour les Droits
de l’Homme (AEDH), Agir pour les Droits de l’Homme (ADH), Collectif Libérons Mumia, Ordre
des avocats de Paris, Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la
torture (FIACAT), Fédération des Associations Réflexion-Action, Prison Et Justice (FARAPEJ),
Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Fédération Nationale des
Unions des Jeunes Avocats (FNUJA), Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Lutte pour la
justice (LPJ), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Poster
for Tomorrow. Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme (RAIDH), Save
Innocents, Union Internationale des Avocats (UIA)
Dans l’affaire Atlaoui, la justice indonésienne refuse d’accepter les nouveaux témoins présentés
par la défense et le parquet général cite aujourd’hui le nom de Serge Atlaoui dans une liste
de plusieurs étrangers condamnés à mort qui seraient exécutés prochainement.

RASSEMBLEMENT PRÉVU LE MARDI 24 MARS À 18 HEURES
DEVANT L’AMBASSADE D’INDONÉSIE, 49 RUE CORTAMBERT, 75116 PARIS