Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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lundi 18 janvier 2010

Chronique d'une mort programmée - 2


18-01-2010 - Etats-Unis
Chronique d’une mort programmée - 2

Sandrine Ageorges & Hank SkinnerL'exécution de Hank Skinner, condamné à mort au Texas, est prévue le 24 février 2010, premier jour du Congrès mondial contre la peine de mort. Son épouse Sandrine Ageorges, représentante internationale de la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort, chronique cette mort annoncée sur Abolition.fr.

Lire la chronique du 23 décembre

Depuis plus de 13 ans, ma vie est divisée entre le Texas et la France. La vie de Hank et son dossier rythment mes choix de vie personnelle et professionnelle. Ce dossier n’est pas banal, à lui seul il révèle un très grand nombre de problèmes systématiques, voire automatiques dans l’application de la peine de mort au Texas, mais celui-ci est très dense.
La stratégie de l’état dans cette affaire démontre à quel point la machine à tuer impose ses mensonges, avec des moyens illimités et aux frais des contribuables, contre ceux qui n’ont pas de moyens financiers pour se défendre. Le dénominateur commun des condamnés à mort aux Etats-Unis est bien la pauvreté.
Le mirage d’un nouveau monde où tout est pourtant possible, si prometteur et dynamique qu’il est presque inconcevable d’assimiler et d’accepter la réalité de ce que j’ai vu, lu, entendu et appris. Alors l’histoire de Hank Skinner est peu à peu devenue la mienne, les années de correspondance et de visites ont renforcé nos convictions et alimenté notre soif de justice pour tous.
La perspective de son exécution n’entame en rien notre détermination à aller jusqu’au bout pour faire éclater la vérité. Malgré toutes ces années passées en enfer, sa force n’a jamais diminué, bien au contraire. Les représailles incessantes de l’administration pénitentiaire, qui joue un rôle insidieux et illégal en toute impunité dans l’application de la peine de mort au Texas, lui valent depuis longtemps un traitement exceptionnel en termes de tortures psychologiques et physiques.
Son engagement pour prouver son innocence, défendre les droits des condamnés à mort et améliorer les conditions de détention ne vacille pas. Sa force, il la puise dans la vérité de son histoire et les 350 exécutions qui ont eu lieu au Texas depuis son arrivée dans le couloir en mars 1995.
Son quotidien est essentiellement fait de punitions mesquines et incessantes, de privations sensorielles absolues et de sommeil impossible. Sa force de vie est une énergie incroyable et une leçon pour nous, tous, qui doutons parfois et qui nous essoufflons à force d’exécutions successives, souvent hebdomadaires au Texas.
Cette mort programmée est l’histoire d’un homme qui risque de mourir sans avoir pu prouver son innocence. S’il est impossible d’arrêter l’imprévisible, il est toujours possible de sauver une vie, puis une autre, encore une autre et de nombreuses autres, jusqu’à ce que le cauchemar prenne fin. En attendant l’abolition, il n’y a pas d’autres choix que de nous battre et d’unir nos forces jour après jour.

Sandrine Ageorges
http://www.hankskinner.org

dimanche 10 janvier 2010

Le chef de la diplomatie allemande évoque les droits de l'Homme en Arabie saoudite

RYAD — Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui effectue une tournée régionale, a indiqué samedi à Ryad avoir largement évoqué les droits de l'Homme avec les autorités saoudiennes, et notamment la question de la peine de mort, en vigueur dans le royaume.
Dans l'optique de ce séjour, des défenseurs des droits de l'Homme avaient demandé à M. Westerwelle, premier chef de la diplomatie en Europe à reconnaître son homosexualité, d'évoquer la répression des homosexuels dans le royaume.
Selon la "charia" (loi islamique), les relations entre personnes de même sexe sont passibles de la peine de mort en Arabie saoudite.
"Nous avons eu une vaste discussion sur la question des droits de l'Homme, y compris (...) sur le pluralisme religieux", a déclaré M. Westerwelle à la presse, après un entretien avec son homologue saoudien, le prince Saoud Al-Fayçal.
"Le gouvernement du royaume d'Arabie saoudite est conscient que l'Union européenne a une position claire sur la question de la peine de mort: nous sommes convaincus que la peine capitale devrait être abolie partout dans le monde", a-t-il poursuivi.
Le prince Saoud a confirmé que les droits de l'Homme avaient été largement abordés, mais indiqué avoir précisé à son interlocuteur que les traditions culturelles et religieuses de chaque pays devaient être respectées.
"Nous avons discuté des droits de l'Homme et notamment des critères différents selon les pays. Nous sommes arrivés à la conclusion que ces (critères) ne pouvaient être imposés par une autre partie" mais que tout changement devait relever de "convictions", a-t-il dit.
En 2009, au moins 67 condamnés ont été exécutés dans le royaume, contre 102 en 2008. La plupart sont décapités au sabre.
Le viol, le meurtre, l'apostasie, le vol à main armée et le trafic de drogue font également partie des crimes passibles de la peine capitale dans le pays.
Un record avait été atteint en 2007 avec 153 exécutions, contre 37 en 2006.

Source : AFP, 9 janvier 2010

mardi 22 décembre 2009

L’Espagne et les universitaires du monde s’unissent contre la peine de mort

Publié par Thomas Hubert le 22/12/2009

Le premier ministre espagnol José Luis Zapatero (photo) a assisté au colloque abolitionniste international au cours duquel le Réseau universitaire contre la peine de mort a vu le jour.

Ouvrant le Colloque international pour l’abolition universelle de la peine de mort à Madrid le 9 décembre 2009, le président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a annoncé que l’Espagne s’engageait pour obtenir un moratoire mondial sur la peine de mort d’ici 2015.

Il a également déclaré devant les 40 experts des droits de l’Homme et de la peine de mort présents que la présidence espagnole du Conseil de l’UE de 2010 proposerait des mesures d’assistance judiciaire et diplomatique pour tout citoyen européen risquant la peine de mort partout dans le monde.

Il a également annoncé qu’une Commission internationale contre la peine de mort verrait le jour au second semestre 2010. Elle comprendra des personnalités du monde entier et demandera "l’interdiction universelle, immédiate et définitive" de la peine de mort pour les mineurs, les femmes enceintes et les malades mentaux.

Zapatero a affirmé dans son discours que les droits de l’Homme sont "universels" et que leur violation ne peut être permise "nulle part dans le monde".


Le Bénin, "exemple pour l’Afrique"

Le ministre de la justice Francisco Camaño, le médiateur Enrique Múgica et le juge Baltasar Garzón ont tous assistés à l’événement, de même que le président béninois Thomas Yayi Boni.

Son gouvernement vient de soutenir une réforme constitutionnelle pour l’abolition de la peine de mort.

Yayi a promis son soutien au dirigeant espagnol dans son initiative pour l’abolition universelle de la peine capitale et a exprimé son "admiration pour cet objectif", qu’il a décrit comme une "grande affirmation en faveur de la dignité humaine".

Zapatero a quant à lui qualifié le Bénin d’"exemple pour l’Afrique".

Lancement d’un réseau universitaire

Les conférences organisées dans le cadre du colloque ont attiré des chercheurs et experts en droit de haut niveau venus du monde entier.

Sylvia Steiner, de la Cour pénale internationale, et Nigel Rodley, du Comité des droits de l’Homme de l’ONU, ont analysé le processus abolitionniste dans l’histoire européenne. Sergio García Ramírez, de la Cour inter-américaine des droits de l’Homme, a adopté une position tranchée : "La peine de mort n’est acceptable dans aucune démocratie." Cependant, Peter Hodgkinson, directeur du Centre d’études sur la peine capitale, a affirmé que les abolitionnistes devaient proposer "de vraies alternatives" aux pays rétentionnistes pour les faire changer de position.

La juge française Simone Rozès, présidente honoraire de la Société internationale de défense sociale, a annoncé la création d’un Réseau universitaire pour l’abolition de la peine de mort, avec le soutien du gouvernement espagnol. Le réseau, initié par l’Institut de droit pénal de l’Université de Castilla-la-Mancha, coordonnera les efforts des chercheurs les plus renommés dans le champ de la peine de mort pour construire des stratégies abolitionnistes viables.

Les participants ont reconnu le besoin de stratégies différentes selon les contextes. Sur cette base, le réseau va analyser et réfuter les arguments rétentionnistes à l’aide de recherches empiriques rigoureuses en vue de renforcer l’abolitionnisme.

"Il est nécessaire de construire des stratégies différenciées pour un seul but : l’abolition de la peine de mort", a conclu José Luis Guzmán Dálbora de l’Université du Chili.

http://www.worldcoalition.org/modules/smartsection/item.php?itemid=380

dimanche 22 novembre 2009

L'ONU dénonce les violations des droits de l'Homme en Iran

L'ONU dénonce des "violations graves et répétées" des droits de l'homme en Iran, suite à la répression ayant suivie la dernière élection présidentielle.

Une commission de l'ONU a dénoncé, vendredi 20 novembre dans une résolution les "violations graves et répétées" des droits de l'homme en Iran, notamment lors de la répression des manifestations ayant suivi la dernière élection présidentielle. Le texte devrait être adopté prochainement par l'Assemblée générale de l'ONU.

Le soutien à l'Iran diminue

La résolution non contraignante, présentée par le Canada, a été votée par 74 voix contre 48 par la commission plénière des droits de l'Homme de l'Assemblée générale où siègent les 192 Etats membres de l'ONU. Le soutien à l'Iran a ainsi légèrement diminué depuis l'an dernier, lorsqu'une résolution similaire avait été adoptée par 70 voix contre 51. L'Arabie saoudite, qui avait voté "non" en 2008, a voté "oui" cette année, volte-face interprétée comme exprimant l'irritation de Riyad aux événements du nord-Yémen voisin où l'Iran est soupçonné de soutenir une rébellion chiite dans un conflit qui déborde en territoire saoudien.

Condamner harcèlement et torture

La résolution exprime la "profonde préoccupation" de la commission devant les "violations graves et répétées" des droits de l'homme en Iran. Elle mentionne tout particulièrement "la réaction du gouvernement à la suite de l'élection présidentielle du 12 juin et la multiplication concomitante des atteintes aux droits de l'homme". Celles-ci comprennent notamment des "actes de harcèlement, d'intimidation et de persécution", mais aussi "le recours à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, y compris la flagellation et l'amputation."

Résolution d'inspiration occidentale

L'ambassadeur d'Iran à l'ONU, Mohammad Khazaee, a vivement protesté contre la présentation de cette résolution par le Canada, qu'il a accusé de révéler ainsi "ses mauvaises intentions" et son désir "de promouvoir des objectifs politiques étroits". Généralement soutenu par les pays musulmans et certains ténors du mouvement des non-alignés comme l'Inde, l'Indonésie, Cuba et le Venezuela, Mohammad Khazaee a dénoncé le recours d'inspiration occidentale aux résolutions ciblant spécifiquement un pays, affirmant que ce sont toujours les pays en développement qui en font les frais. "Aucun gouvernement, pas même le mien, ne peut prétendre à la perfection" en la matière, a-t-il dit, dénonçant "l'instrumentalisation à des fins politiques du concept des droits de l'homme".

Source : NouvelObs.com, 22 novembre 2009

lundi 2 novembre 2009

La peine de mort réexaminée en Russie

La Cour constitutionnelle russe va examiner à partir du 9 novembre la possibilité d'autoriser les tribunaux du pays à prononcer, dès le 1er janvier 2010, la peine de mort, qui fait l'objet d'un moratoire en Russie. "On arrivera à une décision avant la nouvelle année", a indiqué, vendredi 30 octobre, un porte-parole de la Cour constitutionnelle, au lendemain de la saisine de cette instance par la Cour suprême russe.
La peine capitale fait l'objet en Russie d'un moratoire sur les exécutions, imposé par un décret présidentiel pris par Boris Eltsine en 1996, année de la dernière exécution dans le pays. Depuis, la Russie n'a pas formellement aboli la peine de mort, un engagement qu'elle avait pourtant pris en adhérant au Conseil de l'Europe. Avec la Biélorussie, ce sont les deux seuls pays européens à avoir la peine capitale encore inscrite dans leurs textes de loi.
"Sans ce moratoire, la Russie ne pourrait pas collaborer avec les instances européennes. Il a donc toujours été prolongé, la dernière fois en 2006 pour trois ans, explique Raphaël Chenuil-Haza, directeur de l'association Ensemble contre la peine de mort. Mais la Russie s'en sert face à l'Europe dans un jeu à double sens : dès qu'on lui reproche quelque chose, elle met en avant ce moratoire pour faire figure de 'bon élève'. Mais le bon élève ne l'est pas tant que ça, et cette attitude cache des violations des droits de l'homme."
De plus, la Cour constitutionnelle a interdit en février 1999 de "condamner" la peine de mort tant que le système des cours d'assises ne serait pas établi dans tout le pays. La Tchétchénie, dernière région privée de cette institution, doit être dotée de jurys populaires à partir du 1er janvier 2010, ce qui lèverait potentiellement cette interdiction.

Source: LeMonde.fr, 30 octobre 2009