Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

Affichage des articles dont le libellé est France. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est France. Afficher tous les articles

vendredi 17 avril 2015

La France menace l'Indonésie de « conséquences » si Serge Atlaoui est exécuté



La Cour suprême indonésienne doit bientôt se prononcer sur l'ultime recours en révision de Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue. En cas de rejet, le Français pourrait être rapidement exécuté.

Paris a fait savoir, par la voix de l'ambassadrice de France à Djakarta, Corinne Breuzé, que cette éventualité aurait des « conséquences » sur les relations bilatérales. La France, qui a aboli la peine de mort en 1981, y reste « opposée en tous lieux et en toutes circonstances », a rappelé la diplomate.

Serge Atlaoui, 51 ans, avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy dans la banlieue de Djakarta et condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue. Cet artisan soudeur a toujours clamé son innocence, affirmant n'avoir fait qu'installer des machines dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Huit autres individus arrêtés en même temps que le Français ont également été condamnés à mort. Mais « ce qui nous apparaît choquant, c'est que notre compatriote soit aujourd'hui le seul figurant dans la liste des exécutables », a dit l'ambassadrice, soulignant que le Français n'était qu'« un technicien soudeur au rôle mineur dans cette affaire ». « Serge Atlaoui n'a jamais été en contact avec aucune drogue, quelle qu'elle soit », selon Mme Breuzé.

Présente à la conférence de presse, l'épouse du condamné à mort, Sabine Atlaoui, a lancé avec émotion un appel au président indonésien Joko Widodo : « Mon mari n'est pas un baron de la drogue. Il ne mérite pas la peine de mort. En votre âme et conscience, n'exécutez pas mon mari », a-t-elle dit.

Le président indonésien, qui a pris ses fonctions en octobre 2014, a rejeté les demandes de grâce de tous les condamnés à mort pour drogue, se montrant intraitable vis-à-vis des affaires de stupéfiants. Six condamnés à mort, parmi lesquels cinq étrangers, ont été exécutés le 18 janvier pour la première fois depuis 2013, suscitant de vives réactions des pays concernés. Le Brésil et les Pays-Bas avaient rappelé leur ambassadeur pour protester contre l'exécution d'un de leur ressortissant.

Source: Le Monde, 17 avril 2015

vendredi 9 janvier 2015

Adoptez un condamné à mort



C'était le titre d'un long et bel article de Charlie Hebdo dans son numéro du 30 Mai 2001, article écrit par Stéphane Bou (qui venait de passer plusieurs jours à Huntsville/ Texas dans le cadre du combat mené par notre association) et illustré par Honoré, tué dans la fusillade de mercredi. Plusieurs fois ensuite, Charlie a relayé nos appels pour tel ou tel condamné ou pour une manifestation que nous organisions. Il me souvient aussi du titre annonçant le congrès contre la peine de mort de Strasbourg : « Charlie 100 000 volts » et de la petite annonce iconoclaste retrouvée récemment « Chômeur, complexé ? Luttez contre la timidité DEVENEZ BOURREAU un métier de tradition, créatif, et au contact du public ». L'humour toujours même proche de la mort !
Bien sûr, dès le lendemain de l'attentat, des voix connues se sont aussitôt élevées pour réclamer le rétablissement de la peine de mort en France. Nous disons à nouveau ici que, quelle que soit l'horreur des crimes commis et quelles que soient les idéologies qui inspirent ces crimes, nous sommes opposés à la peine de mort en toute circonstance.

Au delà du soutien à l'abolition de la peine de mort, nous pouvions nous reconnaître ou pas, plus ou moins -car LPJ est diverse à l'image de la société française – dans ce journal, être parfois agacés, indignés ou même choqués par certains dessins ou articles mais nous savions y trouver, toujours, matière à réflexion, à remettre nos idées en question et souvent à sourire. Il faut donc que Charlie continue, il a encore bien des combats à mener et, hélas ! Celui contre la peine de mort est loin d'être terminé.

vendredi 17 octobre 2014

6 juillet 1750: le bûcher pour un couple d'homosexuels parisiens

Anne Hidalgo, maire de Paris, inaugurera demain une plaque en l’honneur de Bruno Lenoir et Jean Diot, les derniers homosexuels brûlés vifs à Paris en raison de leur homosexualité.

Il est presque minuit ce 3 janvier 1750 lorsque Bruno Lenoir, un cordonnier d’une vingtaine d’années, et son partenaire d’un soir, Jean Diot, employé de maison de 40 ans, sont arrêtés, ivres, rue Montorgueil, au coeur de Paris. Selon le procès-verbal de l’époque dressé par le guet, la police chargée des rondes de nuit, les deux hommes ont été vus « en posture indécente et d’une manière répréhensible ».

D’ordinaire, ce type affaire se soldait alors par une simple remontrance, appelée « mercuriale ». Eux n’auront pas cette chance. Après un séjour de six mois dans les geôles malfamées de la prison du Châtelet et un simulacre de procès, ils écopent de la peine maximale : la mort par le feu, en place de Grève, l’actuelle place de l’Hôtel de Ville, qui servait aux exécutions et aux supplices publics sous l’Ancien Régime
.
La sentence, pourtant conforme à ce que la loi réservait aux « sodomites » au milieu du XVIIIe siècle, « a étonné tout le monde par sa sévérité », explique Thierry Pastorello, historien et auteur d’une thèse sur l’homosexualité masculine à Paris aux XVIIIe et XIXe siècles.

« S’agissant d’une simple sodomie, c’est un cas unique au XVIIIe siècle, on a voulu faire un exemple », assure-t-il. A cette période, d’autres homosexuels avaient été brûlés pour ce motif, mais ils s’étaient rendus coupables de pédophilie et de trafic de jeunes enfants.

LE TORT DE N'ÊTRE PAS « BIEN NÉS »

Du jardin des Tuileries à celui du Luxembourg, en passant par les quais de Seine, « la vie sodomite était très développée à l’époque », poursuit M. Pastorello. « C’était un crime très banal. Les archives montrent que la police savait très bien ce qui se passait dans certains endroits chauds », notamment les guinguettes et cabarets « connus pour leur clientèle sodomite ».

Outre l’acte, les deux hommes, de simple condition, ont eu le tort de ne pas être bien nés. « Ils étaient particulièrement fragiles sur le plan social, c’était plus facile de les condamner », estime M. Pastorello. « Les jeunes nobles surpris dans des parties fines dans les bosquets de Versailles étaient renvoyés dans leurs châteaux de campagne pour se faire oublier », ajoute-t-il.

Ce n’est qu’en 1791 que le code pénal abandonne le crime de sodomie entre adultes consentants. Et il faudra attendre 1982, sous l’impulsion de Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand, pour que l’homosexualité soit totalement dépénalisée.

PLAQUE COMMEMORATIVE

Samedi, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo, une plaque commémorative sera dévoilée à l’endroit de leur arrestation, à l’angle des rues Montorgueil et Bachaumont. Un vœu avait été présenté en ce sens par le groupe communiste, présidé par Ian Brossat, au Conseil de Paris, qui l’avait voté à l’unanimité en mai 2011.

« C’est un acte important. Enfin, ces victimes-là vont être reconnues », se réjouit Nicolas Rividi, un porte-parole de l’Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans). « Il ne faut pas que la mémoire se perde, mais que le souvenir de ces personnes serve de garde-fous face aux manifestations homophobes », dit-il.

Sources : Têtu, AFP, 17 octobre 2014

samedi 12 octobre 2013

La dernière exécution capitale en France 09 septembre 1977


Exécution capitale de Djandoubi, sujet tunisien.

A 15 heures, Monsieur le Président R... me fait savoir que je suis désignée pour y assister.
Réaction de révolte, mais je ne peux pas m'y soustraire. Je suis habitée par cette pensée toute l'après-midi. Mon rôle consisterait, éventuellement, à recevoir les déclarations du condamné.
A 19 heures, je vais au cinéma avec B .et B. B., puis nous allons casse-croûter chez elle et regardons le film du Ciné-Club jusqu'à 1 heure. Je rentre chez moi ; je bricole, puis je m'allonge sur mon lit. Monsieur B. L. me téléphone à 3 heures et quart, comme je le lui ai demandé. Je me prépare. Une voiture de police vient me chercher à 4 heures et quart. Pendant le trajet, nous ne prononçons pas un mot.
Arrivée aux Baumettes. Tout le monde est là. L'avocat général arrive le dernier. Le cortège se forme. Une vingtaine (ou une trentaine ?) de gardiens, les "personnalités". Tout le long du parcours, des couvertures brunes sont étalées sur le sol pour étouffer le bruit des pas. Sur le parcours, à trois endroits, une table portant une cuvette pleine d'eau et une serviette éponge.
On ouvre la porte de la cellule. J'entends dire que le condamné sommeillait, mais ne dormait pas. On le "prépare". C'est assez long, car il a une jambe artificielle et il faut la lui placer. Nous attendons. Personne ne parle. Ce silence, et la docilité apparente du condamné, soulagent, je crois, les assistants. On n'aurait pas aimé entendre des cris ou des protestations. Le cortège se reforme, et nous refaisons le chemin en sens inverse. Les couvertures, à terre, sont un peu déplacées, et l'attention est moins grande à éviter le bruit des pas.
Le cortège s'arrête auprès d'une des tables. On assied le condamné sur une chaise. Il a les mains entravées derrière le dos par des menottes. Un gardien lui donne une cigarette à bout filtrant. Il commence à fumer sans dire un mot. Il est jeune. Les cheveux très noirs, bien coiffés. Le visage est assez beau, des traits réguliers, mais le teint livide, et des cernes sous les yeux. Il n'a rien d'un débile, ni d'une brute. C'est plutôt un beau garçon. Il fume, et se plaint tout de suite que ses menottes sont trop serrées. Un gardien s'approche et tente de les desserrer. Il se plaint encore. A ce moment, je vois entre les mains du bourreau, qui se tient derrière lui flanqué de ses deux aides, une cordelette.
Pendant un instant, il est question de remplacer les menottes par la cordelette, mais on se contente de lui enlever les menottes, et le bourreau a ce mot horrible et tragique : "Vous voyez, vous êtes libre !..." Ça donne un frisson... Il fume sa cigarette, qui est presque terminée, et on lui en donne une autre. Il a les mains libres et fume lentement. C'est à ce moment que je vois qu'il commence vraiment à réaliser que c'est fini – qu'il ne peut plus échapper –, que c'est là que sa vie, que les instants qui lui restent à vivre dureront tant que durera cette cigarette.
CET HOMME VA MOURIR, IL EST LUCIDE
Il demande ses avocats. Me P. et Me G. s'approchent. Il leur parle le plus bas possible, car les deux aides du bourreau l'encadrent de très près, et c'est comme s'ils voulaient lui voler ces derniers moments d'homme en vie. Il donne un papier à Me P. qui le déchire, à sa demande, et une enveloppe à Me G. Il leur parle très peu. Ils sont chacun d'un côté et ne se parlent pas non plus. L'attente se prolonge. Il demande le directeur de la prison et lui pose une question sur le sort de ses affaires.
La deuxième cigarette est terminée. Il s'est déjà passé près d'un quart d'heure. Un gardien, jeune et amical, s'approche avec une bouteille de rhum et un verre. Il demande au condamné s'il veut boire et lui verse un demi-verre. Le condamné commence à boire lentement. Maintenant il a compris que sa vie s'arrêterait quand il aurait fini de boire. Il parle encore un peu avec ses avocats. Il rappelle le gardien qui lui a donné le rhum et lui demande de
ramasser les morceaux de papier que Me P. avait déchirés et jetés à terre. Le gardien se baisse, ramasse les morceaux de papier et les donne à Me P. qui les met dans sa poche.
C'est à ce moment que les sentiments commencent à s'entremêler. Cet homme va mourir, il est lucide, il sait qu'il ne peut rien faire d'autre que de retarder la fin de quelques minutes. Et ça devient presque comme un caprice d'enfant qui use de tous les moyens pour retarder l'heure d'aller au lit ! Un enfant qui sait qu'on aura quelques complaisances pour lui, et qui en use. Le condamné continue à boire son verre, lentement, par petites gorgées. Il appelle l'imam qui s'approche et lui parle en arabe. Il répond quelques mots en arabe.
Le verre est presque terminé et, dernière tentative, il demande une autre cigarette, une Gauloise ou une Gitane, car il n'aime pas celles qu'on lui a données. Cette demande est faite calmement, presque avec dignité. Mais le bourreau, qui commence à s'impatienter, s'interpose : "On a déjà été très bienveillants avec lui, très humains, maintenant il faut en finir." A son tour, l'avocat général intervient pour refuser cette cigarette, malgré la demande réitérée du condamné qui ajoute très opportunément : "Ça sera la dernière." Une certaine gêne commence à s'emparer des assistants. Il s'est écoulé environ vingt minutes depuis que le condamné est assis sur sa chaise. Vingt minutes si longues et si courtes ! Tout s'entrechoque.
IL FAUT VITE EFFACER LES TRACES DU CRIME...
 La demande de cette dernière cigarette redonne sa réalité, son "identité" au temps qui vient de s'écouler. On a été patients, on a attendu vingt minutes debout, alors que le condamné, assis, exprime des désirs qu'on a aussitôt satisfaits. On l'avait laissé maître du contenu de ce temps. C'était sa chose. Maintenant, une autre réalité se substitue à ce temps qui lui était donné. On le lui reprend. La dernière cigarette est refusée, et, pour en finir, on le presse de terminer son verre. Il boit la dernière gorgée. Tend le verre au gardien. Aussitôt, l'un des aides du bourreau sort prestement une paire de ciseaux de la poche de sa veste et commence à découper le col de la chemise bleue du condamné. Le bourreau fait signe que l'échancrure n'est pas assez large. Alors, l'aide donne deux grands coups de ciseaux dans le dos de la chemise et, pour simplifier, dénude tout le haut du dos.
Rapidement (avant de découper le col) on lui a lié les mains derrière le dos avec la cordelette. On met le condamné debout. Les gardiens ouvrent une porte dans le couloir. La guillotine apparaît, face à la porte. Presque sans hésiter, je suis les gardiens qui poussent le condamné et j'entre dans la pièce (ou, peut-être, une cour intérieure ?) où se trouve la "machine". A côté, ouvert, un panier en osier brun. Tout va très vite. Le corps est presque jeté à plat ventre mais, à ce moment-là, je me tourne, non par crainte de "flancher", mais par une sorte de pudeur (je ne trouve pas d'autre mot) instinctive, viscérale.
J'entends un bruit sourd. Je me retourne – du sang, beaucoup de sang, du sang très rouge –, le corps a basculé dans le panier. En une seconde, une vie a été tranchée. L'homme qui parlait, moins d'une minute plus tôt, n'est plus qu'un pyjama bleu dans un panier. Un gardien prend un tuyau d'arrosage. Il faut vite effacer les traces du crime... J'ai une sorte de nausée, que je contrôle. J'ai en moi une révolte froide.
Nous allons dans le bureau où l'avocat général s'affaire puérilement pour mettre en forme le procès-verbal. D.vérifie soigneusement chaque terme. C'est important, un PV d'exécution capitale ! A 5 h 10 je suis chez moi.
J'écris ces lignes. Il est 6 h 10.
Monique Mabelly (Juge d'instruction)
In Le Monde 09/10/2013

samedi 23 février 2013

Nos amis les saoudiens


On imagine le déchaînement de la presse si cela arrivait dans un pays "non-ami".
SOURCE : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/arabie-saoudite/la-france-et-l-arabie-saoudite/evenements-4400/article/arabie-saoudite-execution-d-un-105532
Arabie saoudite - Exécution d’un condamné (20 février 2013)
La France condamne la nouvelle exécution survenue le 20 février en Arabie saoudite, portant ainsi à quinze le nombre de personnes décapitées dans ce pays depuis le début de l’année.
La France exprime à nouveau sa vive inquiétude face au rythme alarmant des exécutions en Arabie saoudite. Ces exécutions vont à l’encontre de l’évolution mondiale en faveur de l’abolition de ce châtiment inhumain, dont la valeur dissuasive n’a jamais été établie.
La France est engagée dans une campagne en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort. Comme l’a rappelé le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, la France exprime son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte une fois de plus l’Arabie Saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire.

samedi 19 janvier 2013

"Innocence Project" ambitionne de lutter contre les erreurs judiciaires

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/01/16/innocence-project-ambitionne-de-lutter-contre-les-erreurs-judiciaires_1817899_3224.html

On croirait le projet tout droit sorti du cerveau d'un scénariste de série policière américaine. Un projet réunissant à la fois les attentes des étudiants en droit pénal épris de justice et les espoirs des personnes condamnées à tort par la justice ayant épuisé tous les recours traditionnels. "Innocence Project France" a été officiellement lancé le 11 janvier, dans les locaux de l'université Lyon-III, devant près de 200 étudiants se destinant à devenir avocat, juge ou commissaire de police.


A l'origine de ce projet visant à lutter contre les erreurs judiciaires de façon bénévole, collective et pluridisciplinaire, un constat simple : seules huit procédures de révision en matière criminelle ont abouti en France depuis 1945. "Cela veut-il dire que la justice ne se serait trompée qu'un peu moins d'une fois tous les dix ans ?", s'interroge Sylvain Cormier, l'avocat pénaliste à l'origine de la déclinaison française d'un projet lancé aux Etats-Unis en 1992. "On ne peut pas toujours miser sur la chance que le véritable coupable vienne se dénoncer, comme dans l'affaire Marc Machin [acquitté le 20 décembre 2012 à l'issue de son procès en révision]."

"PETITES MAINS"
A la tribune, Robert Schehr et Gregory Hampikian, les juristes et experts responsables d'Innocence Project en Arizona et dans l'Idaho. Ils sont venus expliquer très concrètement à ces futurs professionnels du droit comment les soixante organisations américaines d'Innocence Project ont réussi à faire libérer plus de 300 victimes d'erreurs judiciaires en vingt-cinq ans grâce aux tests ADN.

"Dans 70 % des erreurs, il y avait eu une mauvaise identification de la part des témoins", constate Robert Schehr. "La science peut alors réparer une injustice", complète Gregory Hampikian, spécialiste de génétique. En France, les initiateurs du projet soulignent que celui-ci devrait cependant moins se focaliser sur l'ADN.
Ce sont d'abord les étudiants, notamment ceux de l'Institut d'études judiciaires de Lyon, qui, sous la houlette d'un avocat, vont effectuer un premier tri parmi les demandes des condamnés définitifs estimant être victimes d'une erreur judiciaire. "Il y aura des dossiers fantaisistes, anticipe Sylvain Cormier. Le premier enjeu, c'est donc la sélection des demandes."
Aux Etats-Unis, Innocence Project est intégré au cursus universitaire des universités partenaires, et chaque étudiant doit travailler au moins huit heures par semaine à étudier les cas. "Nous serons les petites mains, mais pas au sens péjoratif", commente Michaël Bouhalassa, 28 ans, étudiant en deuxième année à l'Ecole des avocats Rhône-Alpes. Il s'est d'ores et déjà inscrit pour faire partie de ce "projet magnifique", motivé par "l'idéal de justice qui est derrière".
Deuxième étape : chercher le "fait nouveau" ou "l'élément inconnu de la juridiction au jour du procès" nécessaire pour saisir et convaincre la Cour de révision. Des avocats pénalistes, un policier à la retraite et un gendarme se sont déjà dits prêts à venir renforcer l'équipe en gestation, qui bénéficie du soutien du barreau de Lyon. Sylvain Cormier vante les vertus de la multiplication des compétences. "Un policier sait lire entre les lignes d'un procès-verbal, les avocats savent détecter un dossier un peu foutraque... Mais jusque-là, chacun travaillait dans son coin."

"BARRIÈRES PROCÉDURALES"
Au programme, décortiquer l'enquête, mais aussi, dans la mesure du possible, la refaire : lire les rapports, inspecter la scène du crime, parler aux témoins, à la personne condamnée, aux policiers ou aux avocats. "Mais il y a tellement de barrières procédurales en France qu'il va falloir trouver des solutions à chacune d'entre elles", reconnaît Michaël Bouhalassa. "Tout n'est pas transposable à la lettre des Etats-Unis, confirme Sylvain Cormier. En France, rien n'est codifié. Si un avocat entre en contact avec un témoin, il est très vite accusé de subornation. Nous devons trouver notre propre protocole, en accord avec les juges, pour que les étudiants puissent interroger les témoins."
Pour Me François Saint-Pierre, par ailleurs avocat du Monde, le projet va se heurter à un autre écueil majeur : la mauvaise conservation des scellés en France. "Vous ne trouverez pas ceux d'il y a dix ans !, lance-t-il aux étudiants. C'est pourquoi il vous faudra aussi être une force de proposition. Une loi exigeant la conservation des scellés dans les cas où il y a un doute serait une priorité absolue."
Sylvain Cormier admet qu'il faut "être très modeste avec ce projet car certaines équipes ont travaillé dix ans sans avoir de révision". "Mais au final, résume François Saint-Pierre, l'institution judiciaire en sortira plus exigeante avec elle-même."
François Béguin - Lyon, Envoyé spécial

vendredi 4 janvier 2013

APPEL DU COMITE DE SOUTIEN A PHILIPPE EL SHENNAWY

Philippe El Shennawy, citoyen français, est né en 1954. Agé de vingt ans, il commet plusieurs braquages. Condamné à la perpétuité, il sort en liberté conditionnelle après quinze ans de détention ; il est arrêté en 1991 et condamné de nouveau. Il s’évade à deux reprises, en 1997 et 2004, est arrêté et condamné à chaque fois. Sa peine actuelle court jusqu’en 2032.

A 78 ans, s’il ne sort pas avant, il aura passé 54 années de sa vie en prison, alors qu’il n’a pas de sang sur les mains. Il a déjà vécu dix-neuf ans en isolement, six en hôpital psychiatrique (on n’a jamais diagnostiqué aucune démence chez lui) et a changé quarante fois de lieu de détention.

Ce détenu a donné toutes les preuves d’une capacité de se réinsérer dans la vie active, et en apporte aujourd’hui les garanties.

Désespéré par la toute récente décision judiciaire qui revient à confirmer l’échéance de 2032, il a tenté de mettre fin à ses jours, le 12 décembre 2012.

S’en tenir à la lettre de la loi peut trahir l’esprit de la justice. On ne devrait pas oublier que le but ultime de celle-ci n’est pas de punir et d’infliger des souffrances, mais, après avoir empêché les criminels de nuire, de les amener à réintégrer la communauté des citoyens. La prison n’a pas pour fonction de déshumaniser les individus qu’elle détient. Y garder quelqu’un pendant 54 ans, ce n’est pas le corriger, c’est le détruire, le tuer.

Les religions du passé comme les sages des temps modernes nous ont appris que la justice est désirable mais qu’elle doit être surveillée et orientée par l’amour de compassion et par le respect de la personne humaine.

En attendant les mesures législatives que pourrait promouvoir une réflexion d’ensemble sur ces peines de mort qui ne disent pas leur nom, le Président de la République a le droit d’accorder une grâce individuelle, au cas par cas.

Un recours en grâce vient précisément d’être déposé par l’avocate de Philippe El Shennawy. Nous demandons qu’il soit examiné d’urgence et avec humanité pour empêcher ce qui serait une exécution déguisée.

Cliquez ici pour signer la pétition : http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N33971

lundi 11 juin 2012

Cortège d'ECPM - Gay Pride de Paris 2011


Gay Pride de Paris 2012
Appel à bénévoles "Pas d'homo à l'échafaud"

Ensemble contre la peine de mort recherche des bénévoles
pour une occasion tant festive que militante !
Samedi 30 juin 2012, devenez bénévoles ECPM pour la marche des fiertés lesbienne, gay, bi et trans (LGBT), et prenez part à la campagne « Pas d’homo à l’échafaud ».
Pour la 8e année consécutive, ECPM aura son char à la Gay Pride composé de 11 potences grandeur nature. Neuf d’entre elles dénoncent les pays dans lesquels la peine de mort est toujours prévue dans la législation pour homosexualité : Arabie Saoudite, Afghanistan, Emirats Arabe Unis, Iran, Mauritanie, Nigéria (États du nord), Soudan, Somalie et Yémen. Les deux autres potences représentent l’Ouganda et le Libéria qui étudient au parlement, en ce moment même, des projets de lois visant à durcir les sanctions pour « crime de sodomie » en y rajoutant la peine capitale.
Affirmer et vivre librement son orientation sexuelle n’est pas un crime et ne devrait nullement avoir sa place dans un code pénal !
Au nom de la liberté et des droits humains les plus élémentaires, ECPM défilera au milieu de centaines de milliers de personnes réunies à Paris le Samedi 30 juin, pour défendre le droit à la vie des homosexuels et clamer haut et fort : « PAS D’HOMO A L’ECHAFAUD » !
À nos cotés, venez sensibiliser les spectateurs sur le cas de ces pays et notamment de l’Ouganda et du Liberia. Pour que ces derniers ne fassent pas marche arrière sur les droits des homosexuels, pour qu’ils n’entrainent pas d’autres pays dans leur sillage et pour que les 9 pays ciblés par notre campagne « Pas d’homo à l’échafaud » cessent d’exécuter sur le motif de l’orientation sexuelle* :

REJOIGNEZ-NOUS !
Nous avons besoin de vous !

Plus nous serons nombreux, plus notre message sera entendu !

Venez rejoindre notre cortège à partir de 13h30 et sensibiliser les spectateurs grâce à la signature et diffusion de pétitions, la distribution d’autocollants et de tracts ou le portage d’une potence.
Si vous êtes disponible, signalez-vous auprès de Justine par mail : jpayoux@abolition.fr
ou téléphonez-nous au 01 80 87 70 45

Association Ensemble Contre la Peine de Mort ECPM-69, rue Michelet, 93100 Montreuil. Tél. : 01 57 63 03 57 Fax : 01 57 63 89 25

* ECPM milite pour l'abolition inconditionnelle de la peine de mort dans le monde, indépendamment du motif de la sentence ou de la culpabilité du condamné.

vendredi 7 octobre 2011

30° anniversaire de l'abolition en France


Lutte pour la Justice et ACAT-Fensch organisent à Hayange en Moselle, une soirée le vendredi 7 octobre à 20h30 au cinéma Le Palace dans une salle mise à notre disposition par la municipalité.
Nous célébrerons d'une part le 30ème anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France, et d'autre part la Journée Mondiale  contre la peine de mort.
Diffusion d' un DVD intitulé "American way of death", oeuvre d'une réalisatrice, militante de Lutte pour la Justice. Ce documentaire aborde en 30 minutes le système judiciaire américain et évoque le cas de quelques condamnés à mort aux Etats Unis.
Il y aura bien sûr un rappel de l'abolition en France, puis un temps de débatsur la  peine de mort dans le monde.

En Tarn et Garonne, à Caussade, projection du film de Solveig Anspach « Made in the USA » suivi d'un débat avec le public dimanche 9 octobre à 18h et le lundi rencontre autour du film avec des lycéens.

La ville de L'Aigle (Orne) organise de nombreux évènements en octobre autour de la peine de mort et de son abolition en France. LPJ  y  participera le samedi 15 octobre.

mardi 4 octobre 2011

"30 ans après l’abolition de la peine de mort en France, le combat contre la peine de mort ne doit pas se relâcher, ni en France ni dans le monde."

Michel Taube, éditeur de www.opinion-internationale.com et fondateur de l’ONG Ensemble contre la peine de mort, publie le communiqué de presse suivant  :

« 30 ans après son abolition sous Robert Badinter et François Mitterrand, le combat contre la peine de mort doit prendre un nouveau virage, autant politique que pédagogique. Pour comprendre l’histoire de la peine de mort et sensibiliser les jeunes générations, nous publions l’Anthologie complète de l’abolition : plus de 200 textes, célèbres ou oubliés, de l’Antiquité à nos jours. Une œuvre pour l’histoire. Nous demandons aussi l’instauration d’une Journée nationale pour l’abolition universelle de la peine de mort. »

« Il y a trente ans, la France abolissait la peine de mort. Trente ans plus tard, au moment même où il quitte la vie politique, nous tenons à rendre hommage à l’action déterminante de Robert Badinter : avec lui, c’est toute une génération d’avocats comme François Binet ou feu Philippe Lemaire, d’hommes publics comme François-Régis Hutin, patron de Ouest France, de politiques comme François Mitterrand mais aussi Jacques Chirac, qui ont légué aux jeunes générations une justice pénale qui, enfin, ne coupe plus un homme en deux.»

« Depuis l’an 2000, soutenu par Robert Badinter, nous avons tâché de renouveler le combat abolitionniste en fondant l’ONG Ensemble contre la peine de mort, en organisant 3 Congrès mondiaux, en impulsant une Coalition mondiale et l’instauration, le 10 octobre de chaque année, d’une Journée mondiale contre la peine de mort.»

« Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin… Si l’abolition de la peine de mort est inscrite dans la loi depuis 1981 et la Constitution depuis 2007, le combat continue en France et dans le monde.»

En France : un combat politique et pédagogique

- « En France, nous tenons à dénoncer le programme du Front National qui demande le rétablissement de la peine de mort. A celles et ceux qui croient que Marine Le Pen a modernisé et modéré son programme, nous rappelons que si la nouvelle présidente du Front national était élue présidente de la République, c’est certainement la première mesure qu’elle souhaiterait imposer. En vue de la prochaine élection présidentielle, nous demandons à tous les candidats de rappeler leur ferme opposition à la peine de mort et leur attachement à une justice pénale qui sera d’autant plus efficace qu’elle restera humaine et mesurée.»

- « La consolidation de l’abolition, gagnée il y a 30 ans par nos aînés, se joue aussi désormais sur le terrain pédagogique. Nous demandons à l’Assemblée nationale française de voter la proposition de loi, déjà votée par le Sénat en 2002, et oubliée entre temps, instaurant une Journée nationale pour l’abolition universelle de la peine de mort : »


Cette Journée permettra chaque année de sensibiliser les jeunes générations, de rappeler l’histoire de la peine de mort et les circonstances de son abolition, meilleur moyen d’inscrire dans les cœurs et les raisons de chaque citoyen une loi voulue initialement par seulement quelques hommes politiques courageux.

- « Toujours sur le plan pédagogique, pour l’histoire comme pour l’avenir, nous publions l’Anthologie complète de la peine de mort : avec l’historienne Armelle Cazeaud, nous avons réuni plus de 200 textes, de l’Antiquité à nos jours, célèbres ou oubliés, romans, discours, chansons ou poèmes, qui retracent les débats et les arguments qui ont maintenu la peine capitale pendant des siècles, conduit, principalement au XVIIIème et au XIXème siècle, à la déligitimer, puis, au XXème siècle, à l’accélération du nombre de pays abolitionnistes. Le tome 1 paraît en octobre. Les tomes 2 et 3 sortiront en décembre 2011 et février 2012.»

« Cet ouvrage, mieux que tout autre, permet de mesurer le long chemin, intellectuel et politique, parcouru pour en arriver en 1981 à l’abolition en France. Il est aussi un outil ouvert et dialogique de pédagogie pour les enseignants.»

« L’abolition de la peine de mort doit être enseignée et débattue pour la consolider durablement.

• Dans le monde :

Robert Badinter
« Alors que de nombreux pays ont aboli la peine de mort dans les années 80 à 2000, le mouvement semble marquer le pas. Il est indispensable de ne plus se contenter de marteler un discours « droits-de-l’hommiste » et d’aller au devant des pays pro - peine de mort pour ouvrir le débat avec eux, sur les plans religieux et pénal, si l’on veut voir de nouveaux pays, et de grands pays, en finir avec une justice qui tue.»

« L’Union européenne et la France doivent réviser leur stratégie de lutte contre la peine de mort dans le monde à l’aune de récents événements : l’exécution de Troy Davis aux Etats-Unis, le regain de mises à mort en Iran, le Printemps arabe qui pourrait conduire enfin un ou deux pays arabo-musulmans (la Tunisie ? Le Maroc ?) à abolir prochainement la peine capitale.»

« Voilà les propositions que nous faisons pour rendre utile cette commémoration des 30 ans de l’abolition de la peine de mort en France.»

Contact presse : Michel Taube - taube.michel@gmail.com

Release date: October 4, 2011 - Post réalisé en collaboration avec Death Penalty News

View English translation of this article (via Google)




Related articles:
Oct 11, 2010
In an interview to be aired this week on French television, former French President Valéry Giscard d'Estaing, 84, says that he has "no regrets" for allowing the execution of Christian Ranucci in 1976. ...
Mar 24, 2010
An obsessive commitment which seized her in adolescence, in 1976 precisely, when she discovered on television the portrait of Christian Ranucci, sentenced to death and guillotined during the presidency of Valéry Giscard d'Estaing. ...
Mar 19, 2011
Valéry Giscard d'Estaing et son Ministre de la Justice Alain Peyrefitte y étaient défavorables mais se refusaient à l'abolir dans les circonstances de l'époque faites d'insécurité. Une fois n'était pas coutume, François Mitterrand...

lundi 18 avril 2011

Mumia Abu-Jamal aura 57 ans le 24 avril prochain...

Justice et liberté pour Mumia !

Mumia Abu-Jamal aura 57 ans (*) le 24 avril prochain dont 29 passés dans le couloir de la mort. Plus de la moitié de sa vie ! 

A cette occasion, un RASSEMBLEMENT aura lieu le MERCREDI 20 AVRIL (18h30) à PARIS face au Consulat des Etats-Unis, place de La Concorde (angle rue de Rivoli / Jardin des Tuileries). 

Lors de ce rassemblement, la délégation qui s'est récemment rendue aux Etats-Unis vous parlera de sa visite à Mumia ainsi que de l'échange qu'elle a eu avec sa nouvelle équipe de défense.

Nous comptons sur votre présence.

Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal rassemblant une centaine d'organisations et de collectivités territoriales françaises.

(*) N'oubliez pas de faire parvenir une carte d’anniversaire à Mumia avec cette mention « Happy Birthday Mumia, Freedom now ! ». Comme l'an passé, l'objectif est de faire parvenir 1.000 cartes à la prison de SCI Greene.

Nous suggérons l’envoi de cartes postales de nos belles régions françaises.

Pour ce faire, mettre la carte sous enveloppe avec vos coordonnées au dos (nom, prénom, adresse + France), l’affranchir avec un timbre de 0,85 € et l’envoyer à l’adresse ci-dessous (en respectant la disposition et le nombre de lignes) :

Mumia ABU-JAMAL
AM # 8335
SCI GREENE
175 Progress Drive
WAYNESBURG PA
15370 8090
USA

lundi 14 juin 2010

Musée d'Orsay: crime et châtiment

Cette exposition a lieu au musée d’Orsay depuis le 16 mars et se termine le 17 juin. Organisée sous l’égide de Robert Badinter et de Jean Clair (critique d’art), elle retrace l’histoire de la peine de mort de 1789 à 1981 à travers la peinture. 

La guillotine, un instrument de mort plus humain

En effet, à partir de la Révolution, les exécutions deviennent publiques et la guillotine apparaît comme un instrument humaniste et égalitaire face à la mort. Pourtant, en la voyant ici exposée elle reste toujours aussi impressionnante avec cette citation de Victor Hugo en arrière plan : « on peut avoir une certaine indifférence sur la peine de mort, ne point se prononcer, dire oui et non, tant qu’on n’a pas vu de ses yeux une guillotine. »

Les artistes et la peine de mort

Des peintres évoquent des crimes célèbres tels que : Marat de David, Fualdès de Géricault, lady Macbeth de Füssli, Salomé de Moreau, d’autres peintres expriment leur fascination ou leur dégout pour cet acte sacrilège tels que : Goya, Degas, Cézanne, Munch, Schiele, Picasso les Surréalistes et bien d’autres…
Au 19° siècle on veut apporter une réponse scientifique au crime en essayant de démontrer le criminel type avec les théories de Cesare Lombroso et Alphonse Bertillon sur l’anthropologie criminelle.
Au 20°siècle, avec l’apport de la psychiatrie on se penche sur les rapports étroits entre le fou l’artiste et le criminel, les surréalistes prennent même la défense de certains criminels.
Goya disait déjà : « la sûreté est aussi barbare que le crime ».

Qui mieux que les artistes pouvaient nous questionner sur l’homme face à la pulsion de mort ?

lundi 8 février 2010

Texas : Henry "Hank" Skinner doit être exécuté le 24 février

La Française Sandrine Ageorges, militante abolitionniste, mène son plus dur combat. Son mari américain, Hank Skinner (photo ci-contre), doit être exécuté le 24 février au Texas.
Dix ans déjà. Dix ans que Sandrine Ageorges mène une double vie. "Une existence coupée en deux", comme elle dit. A Paris, elle est directrice de production, spécialiste des tournages de films américains en France. A Houston, au Texas, où elle passe six mois de l'année, elle se bat pour obtenir la réouverture du procès de Henry Watkins "Hank" Skinner, 47 ans, condamné à mort en 1995 pour triple meurtre, dont la date d'exécution est fixée au 24 février. L'homme qu'elle aime. Son mari depuis le 3 octobre 2008.
Deux vies, deux mondes entre lesquels court le fil d'Ariane de son engagement contre la peine de mort. Abolitionniste passionnée depuis l'adolescence, Sandrine a découvert le système judiciaire et carcéral made in USA à travers Lamp of hope (Lampe d'espoir), une association de condamnés à mort américains dont elle est devenue la traductrice. En 1996, elle a entamé une correspondance avec trois prisonniers. L'un d'eux s'appelait Hank Skinner. "Ses premières lettres faisaient 40 pages", se souvient-elle. Elle s'est aussi engagée dans la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort. Depuis 2008, elle la représente au sein du comité de pilotage de la Coalition mondiale, dont le 4e Congrès s'ouvre à Genève le 24 février.
Aucun contact physique, jamais
C'est en 1996 que Sandrine (photo ci-contre) a rencontré Hank pour la première fois à la prison d'Ellis, à Huntsville, haut lieu des mises à mort ordonnées par la justice du Texas. La première d'une très longue série de visites, plus ou moins espacées, au gré des décisions de l'administration pénitentiaire. Aucun contact physique, jamais: Hank et Sandrine se parlent par téléphone, à travers une épaisse paroi de Plexiglas.
Ou, plutôt, se parlaient. Depuis vingt mois, la Française est interdite de contact avec le détenu, incarcéré depuis l'automne à Polunsky, le "couloir de la mort" des condamnés texans. "L'administration carcérale se méfie, explique Sandrine. Nous n'avons cessé de dénoncer les conditions de détention des condamnés." Le jour de leur mariage, c'est son amie Nancy qui tenait le rôle de Hank devant le juge de Houston.
"Ma priorité c'est de gagner du temps"
"J'avais toujours été célibataire jusque-là, confie la mère de Daphné, 22 ans, future sage-femme. Mais porter le nom de Hank, c'est porter son combat. Et pouvoir continuer à suivre son dossier si les choses tournent mal." Sandrine flanche un court instant. Puis reprend: "Je veux le sauver, je veux que la vérité éclate." Non, son mari n'a pas tué sa compagne, Twila Busby, ni les deux fils adultes de celle-ci, le 31 décembre 1993. Elle dénonce une enquête à charge, un procès bâclé, un avocat négligent, un témoin clef qui s'est, depuis, rétracté, et des éléments matériels jamais exploités - une veste d'homme retrouvée sur les lieux du crime, deux couteaux et un torchon ensanglantés, les ongles cassés de Twila.
La défense de Hank a tiré ses dernières cartouches. Deux procédures sont en cours, l'une devant une cour d'appel fédérale, l'autre devant la Cour suprême. Par ailleurs, les avocats doivent déposer ces jours-ci un recours en grâce auprès du gouverneur du Texas - la perpétuité plutôt que la mort. "J'ai longuement hésité, soupire Sandrine. Parce qu'il est innocent, Hank s'est toujours opposé à une commutation de peine. Mais ma priorité, aujourd'hui, c'est de gagner du temps..."
Source : lexpress.fr, 8 février 2010
Cliquez ici pour en savoir plus sur le dossier de Hank Skinner (en anglais et en français)
Cliquez ici pour signer une lettre en ligne destinée au Board of Pardons and Paroles du Texas

vendredi 9 octobre 2009

La 7e Journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre 2009

A l’initiative de la Coalition mondiale contre la peine de mort La 7e Journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre 2009 est consacrée au projet « Eduquer à l’abolition ». Une animation publique aura lieu à Paris à l'appel de plusieurs organisations : Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM), Amnesty International France, ACAT, Le Collectif Mumia Abu Jamal, La Ligue des droits de l’Homme.
Au programme, place de la Sorbonne :
11h : Exposition « Sur les chemins de l’abolition universelle », débats, signature de pétitions ;13h : Plaidoiries autour de l’argumentaire abolitionniste par Arié Alimi et Victor Zagury, avocats ;13h45 : Témoignage de mineurs condamnés à mort présentés par de jeunes militants.
16h : Lancement du livre « Il n’y a pas de manière humaine de tuer » (« No Human way to kill ») de Robert Priseman. Avec la participation et le témoignage de Cathy Harrington, américaine, qui malgré l’assassinat de sa fille, refusa la condamnation à mort de son assassin et milite depuis pour l’abolition. (Café Le Sorbon, 60 rue des Ecoles, 75005 Paris)
La Coalition mondiale contre la peine de mort, dont ECPM assure le secrétariat exécutif, a institué le 10 octobre pour célébrer la Journée mondiale contre la peine de mort. La première édition de cet événement annuel a eu lieu en 2003. La Journée mondiale contre la peine de mort a été officialisée par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en 2007.