Odell Barnes Jr.
L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf
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vendredi 13 octobre 2017
Mike Lambrix
Mike Lambrix, a été exécuté en Floride le 5 Octobre, en dépit d’une campagne internationale, qui avait notamment permis de réunir le soutien du Centre Nobel de la Paix (où plusieurs prisonniers seront représentés l’année prochaine, dans le contexte d’une exposition qui sera lancée en 2018 “Noble est l’Homme”)
mardi 25 juillet 2017
Mike Lambrix
Nouvel article de Mike Lambrix avec les photos du photographe Norvegien Rune Eraker https://www.save-humanity.org/single-post/2017/07/13/Mike-Lambrix-from-death-row-in-Florida-Life-is-about-choices-and-our-choices-define-not-only-who-we-are-but-who-we-become
Cet article est une réflexion sur le parcours de sa vie, avec
l’objectif d’aider les autres qui traversent peut être actuellement des
circonstances de vie difficile,
Rune Erajer aura une exposition solo “Noble est l’homme”
qui comprendra en outre des photos et les histoires de prisonniers, activistes
de 15 pays autour de monde a partir du 15 septembre 2018 au Nobel Peace
Center (Rådhusplassen, Oslo, Norway). Feront partie de cette exposition les
photos de Mike Lambrix et deux autres condamnes a mort qui
maintiennent leur innocence.
vendredi 4 mars 2016
La Floride se dote d'une nouvelle législation de condamnation à mort
Le Congrès de Floride a adopté jeudi une nouvelle procédure de
condamnation à mort, près de deux mois après une décision de la Cour
suprême des Etats-Unis qui avait jugé inconstitutionnel le dispositif de
cet Etat du sud-est.
Le Sénat de Floride s'est prononcé jeudi en faveur de ce texte, qui avait déjà été approuvé par la Chambre des représentants et qui attend désormais la signature de promulgation du gouverneur de l'Etat, Rick Scott. Ce nouveau dispositif prévoit qu'au moins dix des douze membres d'un jury préconisent la peine capitale. Auparavant, une majorité simple était requise.
La Floride se différenciait également par son système où le jury rendait "une condamnation consultative", que n'était pas obligé de suivre le juge présidant les assises. De fait, le juge pouvait de lui-même estimer que dans telle affaire de meurtre étaient réunies les circonstances aggravantes nécessaires pour infliger la peine de mort. Dans une décision adoptée par huit juges sur neuf, la Cour suprême avait jugé le 12 janvier que la procédure de Floride était contraire à la Constitution du pays. Elle avait estimé que ce dispositif violait le 6e amendement de la Constitution, selon lequel tout accusé a droit à un jury impartial.
Dans l'attente de l'adoption d'une nouvelle loi, la Cour suprême de Floride avait suspendu l'exécution de deux condamnés, prévues en février et mars. La Floride est le deuxième Etat, derrière la Californie, en nombre de prisonniers détenus dans le couloir de la mort avec près de 400 condamnés à mort. Les Etats-Unis ont exécuté 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 1991, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).
https://www.rtbf.be/info/monde/amerique-du-nord/detail_la-floride-se-dote-d-une-nouvelle-legislation-de-condamnation-a-mort?id=9230564
Le Sénat de Floride s'est prononcé jeudi en faveur de ce texte, qui avait déjà été approuvé par la Chambre des représentants et qui attend désormais la signature de promulgation du gouverneur de l'Etat, Rick Scott. Ce nouveau dispositif prévoit qu'au moins dix des douze membres d'un jury préconisent la peine capitale. Auparavant, une majorité simple était requise.
La Floride se différenciait également par son système où le jury rendait "une condamnation consultative", que n'était pas obligé de suivre le juge présidant les assises. De fait, le juge pouvait de lui-même estimer que dans telle affaire de meurtre étaient réunies les circonstances aggravantes nécessaires pour infliger la peine de mort. Dans une décision adoptée par huit juges sur neuf, la Cour suprême avait jugé le 12 janvier que la procédure de Floride était contraire à la Constitution du pays. Elle avait estimé que ce dispositif violait le 6e amendement de la Constitution, selon lequel tout accusé a droit à un jury impartial.
Dans l'attente de l'adoption d'une nouvelle loi, la Cour suprême de Floride avait suspendu l'exécution de deux condamnés, prévues en février et mars. La Floride est le deuxième Etat, derrière la Californie, en nombre de prisonniers détenus dans le couloir de la mort avec près de 400 condamnés à mort. Les Etats-Unis ont exécuté 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 1991, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).
https://www.rtbf.be/info/monde/amerique-du-nord/detail_la-floride-se-dote-d-une-nouvelle-legislation-de-condamnation-a-mort?id=9230564
mardi 12 janvier 2016
L’application de la peine de mort en Floride jugée anticonstitutionnelle
http://courrierdefloride.com/2016/01/12/lapplication-de-la-peine-de-mort-en-floride-jugee-anticonstitutionnelle/
a Cour Suprême des Etats-Unis a jugé le 12 janvier que la manière dont la peine de mort était jugée en Floride était inconstitutionnelle.
a Cour Suprême des Etats-Unis a jugé le 12 janvier que la manière dont la peine de mort était jugée en Floride était inconstitutionnelle.
La Cour Suprême des Etats-Unis a jugé le
12 janvier que la manière dont la peine de mort était jugée en Floride
était inconstitutionnelle. En effet, si un jury peut décider (à la
majorité simple) d’appliquer la peine capitale, c’est le juge de Floride
qui décide in fine de la sentence. Or la constitution des Etats-Unis
impose que ce soit le jury seul qui décide de la peine capitale. Dans le
cas de la Floride, le jury est donc un simple « conseiller » du juge,
même si dans la plupart des cas le juge ne fait que valider la décision
du jury.
Par ailleurs, dans les Etats de l’Union
qui appliquent la peine de mort, il faut une majorité absolue pour que
cette sentence soit valable, sauf en Floride, dans le Deleware et
l’Alabama, où une majorité simple des jurés est suffisante.
En Floride, Oscar Ray Bolin fut le premier exécuté de l’année en 2016.
DE PLUS EN PLUS RARE AUX USA
Dix-neuf Etats américains ont aboli la
peine de mort, qui devient de plus en plus rare aux USA. En 1999 il y
avait eu 98 exécutions, et en 2015 leur nombre était de 28 (27 hommes et
1 femme). Plusieurs explications : les citoyens américains sont
majoritairement opposés à cette peine, mais pas dans tous les Etats. Un
nombre récents d’exécutions ont également été pratiquées avec des ratés,
entraînant des agonies douloureuses qui ont choqué l’opinion publique.
Quant aux candidats à la Maison-Blanche, Donald Trump est favorable à la
peine de mort, Hillary Clinton aussi, mais dans des cas limités, alors
Bernie Sanders (Dem) y est opposé.
Le 7 janvier, la Floride a exécuté son
premier prisonnier de l’année, Oscar Ray Bolin Jr, condamné pour le
meurtre de deux femmes (sur les trois qu’il était accusé d’avoir tué).
La Floride est l’un des Etats où la peine est le plus appliquée.
Quatre-cent prisonniers y attendent leur exécution (seule la Californie
en a plus) par injection létale. En Floride les condamnés peuvent
néanmoins choisir la chaise électrique s’ils le souhaitent (mais
curieusement personne ne semble intéressé) .
mardi 11 novembre 2014
Rien que la vérité/ Nothing but the truth
Emmanuelle Purdon annonce que l'exposition en ligne Rien que la Vérité à propos de l'amitié des condamnés à mort et leurs amis autour du monde est à présent disponible en anglais et en français www.rienquelaverite.org -- Avec le soutien bienveillant de M. Robert Badinter par voie de citation.
Gardons
une pensée particulière pour chacun de ces condamnés et leurs amis,
dont Michael Lambrix, au nom duquel un recours en grâce est actuellement
organisé en Floride pour début décembre; et Rodney Reed au Texas, qui a
actuellement une exécution programmée pour le 14 Janvier 2015.
This
is to announce that the exhibition Nothing but the Truth about the
friendship between prisoners on death row and their friends around the
world is now also available in French www.rienquelaverite.org (in english www.nothingbuttruth.org ) -- With the kind support of M. Robert Badinter by way of citation.
Let's
keep a special thought for each of these prisoners and their friends,
including Michael Lambrix, whose clemency petition is imminently going
to be filed in Florida, and Rodney Reed, whose execution in Texas is
currently planned for January 14th, 2015.
vendredi 11 janvier 2013
Date d'exécution pour Rickey L. lewis
Une mauvaise nouvelle vient de tomber: notre ami Rickey L. Lewis a une date d'exécution fixée au 9 avril 2013. Rickey est soutenu par le Comité LPJ Languedoc Roussillon depuis presque treize ans Les fonds réunis par le Comité grâce à des dons nombreux et à l'aide du groupe des Têtes Raides et de groupes amis avaient permis de financer une bonne équipe de défense. mais le Texas étant ce qu'il est, ce ne fut malheureusement pas suffisant.
Il reste un dernier et très très mince espoir : la Cour Suprême. les avocats déposeront une demande au mois de février.
Le même comité défendait David Lee Thomas, du couloir de la mort de Floride, qui, reconnu handicapé mental, a vu sa peine de mort commuée.
Il reste un dernier et très très mince espoir : la Cour Suprême. les avocats déposeront une demande au mois de février.
Le même comité défendait David Lee Thomas, du couloir de la mort de Floride, qui, reconnu handicapé mental, a vu sa peine de mort commuée.
jeudi 27 décembre 2012
142e condamné à mort innocenté aux Etats-Unis
Seth Penalver, 39 ans, va être libéré par l'Etat de Floride après son acquittement pour un
triple meurtre au premier degré. Il était dans le couloir de la mort depuis 18 ans! Condamné à mort en
1994 avec son co-accusé, il avait été à nouveau condamné à mort lors de son
second procès en 2000. Son troisième procès avait débuté en juillet 2012.
Après un procès qui a duré cinq mois, et dix jours de délibérations, il a
acquitté de tous les chefs d'inculpation. A l'annonce du verdict, il s'est levé,
s'est agenouillé devant sa chaise et s'est effondré en larmes.
Pour trois condamnés à mort exécutés, il y a un acquittement de condamné à
mort dans l'état de Floride.
Seth Penalver est le 24e condamné à mort innocenté dans cet état
américain.
dimanche 21 octobre 2012
Sursis en Floride
Le juge de District, Daniel T.K. Hurley, a accordé un sursis à John Ferguson qui devait être exécuté mardi 23 octobre.
Le 26 octobre la Cour entendra les arguments portés par sa pétition pour prouver qu'il ne peut être exécuté car il n'a pas "compétence" à l'être, souffrant d'une grave schizophrénie.
lundi 4 janvier 2010
Trente-cinq saisons en enfer
Floride, 1974. James Bain, un jeune homme de 19 ans, est condamné à la prison à perpétuité pour le kidnapping suivi du viol d'un jeune garçon de 9 ans.Depuis sa condamnation, James Bain a passé chaque jour de son existence derrière les barreaux à clamer son innocence.
Les jurés populaires qui ont pris la décision de le retrancher définitivement de la société ont forgé leur intime conviction sur la base du seul témoignage de la victime. Le garçon de 9 ans avait en effet reconnu son agresseur sur des photos présentées par les enquêteurs.
A cinq reprises, en 2001, 2003 et 2006, James Bain adresse à la cour d'appel des requêtes pour que des tests ADN, nouvellement admis en justice, soient pratiqués sur les pièces à conviction conservées au greffe. Refus répétés des autorités judiciaires.
En 2008, l'association Innocence Project finit par obtenir que des analyses ADN soient effectuées sur les échantillons de sperme prélevés sur les sous-vêtements de la victime.
Les résultats prouvent que James Bain ne peut en aucun cas être l'auteur des faits pour lesquels il a été condamné.
Après 35 années derrière les barreaux, James Bain vient de recouvrer la liberté.
"Je ne suis pas en colère", a-t-il déclaré aux journalistes qui l'attendaient à sa sortie de prison.
L'Etat de Floride versera à James Bain cinquante mille dollars par année passée indument derrière les barreaux, soit, au total, la coquette somme d'un million sept cent mille dollars...
Le prix, selon l'Etat de Floride, de trente-cinq années passées en enfer.
Source : Death Penalty News, 4 janvier 2010
Photo : James Bain à sa sortie de prison. Son premier geste d'homme libre a été d'appeler sa mère âgée de 77 ans avec un téléphone portable. A l'époque de sa condamnation en 1974, les téléphones portables n'existaient pas...jeudi 22 octobre 2009
Du moment qu'ils meurent...
"Il s'agit d'une exécution capitale, pas d'une intervention chirurgicale... D'où vient cette idée selon laquelle on devrait trouver la méthode d'exécution qui cause le moins de souffrance au condamné." Antonin Scalia, Juge à la Cour suprême des Etats-Unis, expliquant pourquoi le protocole d'exécution utilisé dans le Kentucky ne constituait pas un châtiment "cruel et inhabituel" et, par voie de conséquence, ne violait pas le Huitième Amendement de la Constitution américaine.
Aux Etats-Unis, l'introduction de la législation relative à l'injection létale comme méthode d'exécution date de 1977. La première exécution par injection létale a eu lieu au Texas, le pays des good ol' boys, en 1982. Depuis, plus de mille condamnés ont été mis à mort par injection létale aux Etats-Unis, et ce mode d'exécution a remplacé tous les autres, à savoir la chaise électrique, la potence, la chambre à gaz ou le peloton d'exécution.Au cours des vingt dernières années, l'injection létale a été adoptée par divers pays qui appliquent la peine de mort, notamment Taïwan, la Chine, le Guatemala et la Thaïlande. D'autres pays, comme l'Inde qui utilise la pendaison, envisagent d'adopter ce mode d'exécution.
L'un des arguments en faveur de l'injection létale développés par les partisans de la peine de mort, c'est qu'il s'agit de la plus humaine des méthodes d'exécution. Pour les abolitionnistes et les militants des droits de l'Homme, cet argument "humanitaire", distillé dans la presse et auprès du grand public, ne peut que favoriser et entretenir le rétentionnisme.
Dans la pratique cependant, en dehors des Etats-Unis et de la Chine, le nombre des exécutions capitales par injection létale est extrêmement limité. Depuis 1997, dans quatre des six pays qui autorisent la mise à mort de condamnés par injection létale, seules quatorze exécutions ont eu lieu.
L'introduction de l'injection létale n'a pas provoqué de hausse rapide et vertigineuse des exécutions dans les pays appliquant la peine de mort.
Aux Etats-Unis, l'injection létale est devenue, à de très rares exceptions près, la seule méthode d'exécution, même si certains Etats proposent encore aux condamnés le choix entre deux méthodes d'exécution. En 2008, en Caroline du sud, James Earl Reed, condamné à mort pour meurtres, a choisi d'être exécuté sur la chaise électrique.
En Chine, l'injection létale gagne du terrain. Les autorités de plusieurs provinces chinoises se sont équipées de camions itinérants ressemblant à des ambulances, dans lesquels les individus condamnés à mort par les tribunaux locaux reçoivent des injections létales. Les chiffres officiels fournis par les autorités chinoises ne permettent cependant pas de connaître le nombre exact des exécutions capitales dans le pays, ni celui des exécutions pratiquées par injection létale. En Chine, les condamnés à mort sont dans la vaste majorité des cas exécutés d'une balle dans la nuque.L'injection létale en tant que mode d'exécution pose un certain nombre de problèmes aux militants des droits de l'Homme. Sa plus grande "humanité", vantée et mise en avant par ses partisans, n’est en réalité qu’un artifice destiné à rendre les exécutions des condamnés à mort plus acceptables pour ceux qui sont chargés d'y procéder et par la population en général.
En fait, l'adoption de l'injection létale a eu pour conséquence gravissime d'impliquer des professionnels de santé -- des hommes et des femmes dont la mission consiste à sauver des vies -- dans un processus visant à tuer des êtres humains.
L’exécution par injection létale consiste à administrer dans les veines du condamné des doses massives de trois substances chimiques : du thiopental de sodium, destiné à provoquer une anesthésie rapide, du bromure de pancuronium, qui en paralysant les muscles évite les spasmes du mourant, désagréables à regarder, et du chlorure de potassium, qui provoque un arrêt cardiaque.
Des médecins, des anesthésistes et très récemment la célèbre revue médicale britannique The Lancet ont fait part de leur préoccupation, car si les dosages de thiopental de sodium ne sont pas correctement calculés, l’effet anesthésiant peut se dissiper avant que le coeur ne s’arrête, faisant courir au condamné le risque d’endurer une douleur atroce lorsque les substances toxiques pénètrent dans ses veines et provoquent l’arrêt cardiaque. C’est pourquoi l'Association des Vétérinaires américains a abandonné ces produits pour l’euthanasie des animaux. Au Texas, ces mêmes produits interdits pour les chats et les chiens en raison de la souffrance qu’ils pourraient leur causer, sont employés pour mettre à mort des êtres humains.
L'injection létale a été décrite par ses partisans comme la plus humaine des méthodes d'exécution. Cependant, comme avec toutes les autres méthodes, les choses ne se passent pas toujours comme prévu.
Au Guatemala, la première exécution par injection létale a duré beaucoup plus longtemps que prévu car les médecins participant à l'exécution avaient du mal à trouver une veine utilisable. Julio Arango, un procureur des droits de l'Homme témoin de l'exécution, a déclaré par la suite : "Nous avons tous l'obligation de dire ce qui s'est passé ce jour-là : le condamné avait les bras en sang et tous ceux qui étaient présents dans cette salle d'exécution ont souffert."
En décembre 2006, l'exécution "ratée" d'Angel Nives Díaz, en Floride, a conduit le gouverneur de l'Etat de l'époque, Jeb Bush, le frère du président, à déclarer un moratoire sur les exécutions capitales, une "première" dans un Etat où, à l'instar du Texas, les arrêts de mort sont nombreux, les exécutions routinières et les grâces anecdotiques.
Angel Díaz, qui avait été condamné à mort en 1986 pour un meurtre commis en 1979, a mis 34 minutes à mourir. Selon un communiqué de presse, il "semblait remuer encore 24 minutes après la première injection. Il grimaçait, clignait des yeux, passait sa langue sur ses lèvres, soufflait et donnait le sentiment de prononcer des paroles muettes." Une seconde dose de produits mortels dut lui être administrée pour venir à bout de cette vie qui refusait de lâcher prise. Plus de trente minutes après le début de l'exécution, un médecin portant un capuchon bleu destiné à masquer son identité entra dans la salle d'exécution pour s'assurer du décès d'Angel Díaz. Une minute plus tard, il confirmait d'un geste de la main la mort du condamné.
Le docteur William Hamilton, qui effectua l'autopsie après l'exécution, établit que les aiguilles utilisées pour l'injection létale avaient traversé les veines de chaque bras de part en part et s'étaient enfoncées dans les tissus musculaires sous-jacents. Dans son rapport d'autopsie, le docteur Hamilton nota que le bras droit du condamné portait une marque de brûlure chimique de 30 x 13 cm et le bras gauche une marque de brûlure chimique de 27 x 18 cm.
Après l'exécution "ratée" d'Angel Díaz, le gouverneur sortant, Jeb Bush, publia le 15 décembre 2006 un communiqué dans lequel il indiquait avoir signé un "ordre exécutif" prévoyant la création d'une Commission sur l'Administration des Injections létales, chargée d'examiner les protocoles définis et utilisés par les autorités pénitentiaires de Floride.
Le 7 mai 2007, dans un document officiel adressé au nouveau gouverneur, les autorités pénitentiaires de Floride s'exprimaient au sujet des recommandations de la Commission créée par Jeb Bush.Dans ce document, les autorités penitentiaires de Floride définissaient les trois principes directeurs qui régiraient leur futur protocole : "Les autorités pénitentiaires doivent avoir pour première mission d'assurer au condamné une mort humaine et digne ; le processus d'exécution doit être totalement transparent et les inquiétudes et les émotions de toutes les personnes impliquées dans ce processus doivent êtres prises en compte ; tout en veillant au respect des principes définis précédemment, l'exécution proprement dite doit avoir lieu dans le laps de temps le plus court."
Les autorités pénitentiaires de Floride validèrent les recommandations de la Commission mais décidèrent que les produits utilisés jusqu'alors pour les exécutions étaient compatibles avec les orientations suggérées et, en particulier, que le bromure de pancuronium devait continuer à figurer dans le cocktail létal.
Cependant, malgré toutes les précautions prises sur le papier par les autorités, il existe de nombreuses raisons pour expliquer, qu'en l'absence d'un médecin ou d'un personnel hautement qualifié, les exécutions par injection létale ne se déroulent pas nécessairement "comme prévu" :
- Le personnel pénitentiaire chargé des exécutions est souvent non-qualifié, non-formé et/ou incompétent pour effectuer les tâches exigées par la mise en place d'une perfusion ;
- Les membres de l'équipe d'exécution ne parviennent pas à trouver de veine utilisable, le plus souvent parce que le condamné est un ancien toxicomane ;
- Le mélange ou la composition des produits est erroné en raison d'erreurs de dosage, de mélange ou de formation de précipités (grumeaux) ;
- Le flux sanguin dans les bras du condamné est réduit en raison d'une tension excessive des sangles sur les bras ;
- Les aiguilles de la perfusion n'ont pas été insérées dans la direction du coeur ;
- Les produits sont injectés dans les tissus musculaires et non dans les veines, ce qui réduit ou annule l'effet recherché, provoquant ainsi une mort plus longue et des brûlures cutanées ;
- Les produits ne sont pas administrés selon la séquence prévue ;
- Le condamné ne réagit pas comme prévu aux produits.
En outre, il est tout à fait possible, comme cela a été mentionné à plusieurs reprises, que l'un des produits, le bromure de pancuronium, empêche toute manifestation de douleur physique de la part d'un condamné qui n'a pas été plongé dans une anesthésie profonde ou qui l'a été pendant une durée trop courte.
De nombreuses controverses sont nées aux Etats-Unis à ce sujet, notamment après la parution de l'article publié dans The Lancet, mais de nombreux anesthésistes ont confirmé que seules une compétence et une expérience médicales solides permettaient de déterminer le degré d'anesthésie effectif d'un patient ou, dans le cas présent, d'un condamné.
Depuis 1977, plus de mille condamnés à mort ont été exécutés de cette façon aux Etats-Unis, certains avec la participation active de médecins, en violation des principes de l'éthique médicale reconnus de longue date.
L'Association des médecins américains interdit à ses membres de participer, sous quelque forme que ce soit, aux exécutions capitales.
En février 2009, le Dr Mark Stern, responsable en chef des services sanitaires pénitentiaires de l'Etat de Washington, a démissionné pour ne pas avoir à superviser "indirectement" une exécution capitale en demandant aux pharmaciens placés sous des ordres de commander les produits nécessaires à une injection létale. "Si je ne m'étais pas récusé", a-t-il déclaré à la presse, "j'aurais violé les codes éhiques de ma profession de médecin".
Début 2008, les neuf juges de la Cour suprême fédérale ont examiné le recours de deux condamnés à mort du Kentucky estimant que l'injection létale, par la douleur extrême qu’elle pourrait infliger, contrevenait au Huitième Amendement de la Constitution américaine réprouvant les châtiments "cruels et inhabituels".
Pendant l'audience, plusieurs juges ont manifesté leur désarroi d'avoir à décider à partir de quel seuil de douleur l’exécution devenait anticonstitutionnelle. Finalement, le 16 avril, la Cour a estimé que les procédures suivies pour les exécutions par injection létale étaient conformes à la Constitution des Etats-Unis d'Amérique.
La Cour a estimé que les Etats avaient pour obligation d'obtenir le décès du condamné et qu'ils ne violaient pas le Huitième Amendement si, pour parvenir à cette fin, ils lui infligeaient une douleur qui n'était pas intentionnelle et s'ils avaient pris toutes les précautions possibles pour prémunir le condamné contre cette douleur.
En 2007, un médecin californien qui avait participé sous le couvert de l'anonymat à des exécutions capitales dans l'enceinte de la prison de San Quentin, déclarait au Los Angeles Times que l'espace exigu de la salle d'exécution était un espace où "l'humanité cessait d'exister. Le condamné est là pour mourir et notre rôle consiste à veiller à ce qu'il ne ressorte pas vivant -- quels que soient les moyens à employer".
Ce que ce médecin dévoilait à la face de l'Amérique, et du monde, c'était la pratique du "cut down", dont les rétentionnistes partisans de l'injection létale en raison de son "humanité" évitent soigneusement de parler . De nombreux condamnés, en raison de leur passé de toxicomanes, ne présentent pas de veines "utilisables" dans les avant-bras. Après plusieurs tentatives infructueuses pour introduire une aiguille dans les veines des pieds, du cou, des jambes du condamné (tentatives effectuées avant d'ouvrir les rideaux qui séparent la salle d'exécution des salles des témoins où attendent la presse, la famille de la victime et la famille du condamné), après le dysfonctionnement, rideaux ouverts, des perfusions parce que la veine de l'avant-bras du condamné s'est rétractée à l'intérieur des chairs, l'équipe d'exécution doit "trouver une solution". On ferme les rideaux. L'un des membres de l'équipe (parfois un médecin dissimulé derrière un masque, comme en Floride) se munit alors d'un scalpel de chirurgien et entaille, sans anesthésie, l'intérieur de la cuisse du supplicié jusqu'à faire apparaître l'artère fémorale. Il enfonce alors l'aiguille dans cette artère et l'exécution reprend. C'est à cette procédure que faisait allusion le médecin californien qui évoquait le vaste spectre des "moyens à employer" pour que le condamné ne ressorte pas vivant de la salle d'exécution.De 1982 à 1999, Jerry Givens a exercé les fonctions de bourreau en chef pour le Commonwealth de Virginie. Il a procédé à soixante-deux exécutions, dont une majorité par injection létale. Pour toute formation médicale, Jerry Givens ne dispose que d'un brevet de secouriste. Avant de procéder à sa première exécution par injection létale, il a reçu une "formation" dispensée par l'équipe d'exécution du Texas. Jerry Givens, qui considère aujourd'hui la peine de mort comme un "châtiment inefficace", n'a jamais su quels étaient les produits qu'il injectait : il se contentait d'utiliser des seringues numérotées en fonction de leur ordre d'utilisation.
Le 15 septembre dernier, Romell Broom était sanglé sur la civière d'exécution d'une prison de l'Ohio, le Southern Ohio Correctional Facility, pour recevoir une injection létale. Après deux heures d'efforts pour trouver sur le condamné une veine susceptible de recevoir un cathéter, l'équipe chargée de l'exécution finit par jeter l'éponge. Ted Strickland, le gouverneur de l'Ohio, accorda à Romell Broom un sursis d'une semaine, l'Etat de l'Ohio n'ayant pas renoncé à procéder, comme dans le cas de Willie Francis, à une nouvelle tentative d'exécution. Les avocats de M. Broom ont initié une série d'appels qui ont introduit un moratoire de facto sur les exécutions dans l'Ohio et qui pourraient faire jurisprudence dans les autres états rétentionnistes des Etats-Unis.
L’injection létale peut être utilisée pour exécuter une personne sans endommager ses organes vitaux, ce qui peut faciliter les transplantations par la suite. Amnesty International a recueilli de nombreuses informations indiquant que cette pratique existe en Chine, pays où les exécutions sont plus fréquentes et plus nombreuses que partout ailleurs dans le monde.
Quelle que soit la méthode employée, la peine capitale est un châtiment cruel, inhumain, dégradant et inutile. L’injection létale n’est qu’un artifice destiné à rendre les exécutions des condamnés à mort plus acceptables pour ceux qui sont chargés d'y procéder, pour les gouvernements qui souhaitent se présenter sous un jour "humain" et pour le public au nom duquel ces homicides sont commis.
Pendant longtemps, il fallait souffrir, beaucoup, avant de mourir. Aujourd’hui, c’est l’inverse. La mort doit être "propre" ; sans souffrance ; apparente pour le moins. L’injection létale prétend répondre à cette demande pour les homicides étatiques. Elle évite les conséquences des autres formes d'exécution : l'effusion de sang qui caractérise le peloton d’exécution, la mutilation inhérente à la décapitation, l'odeur de chair brûlée propre à l'électrocution, les désagréments visuels et auditifs indissociables de la chambre à gaz et de la pendaison.
Pour en savoir plus : Death Penalty Information Center
Sources : Amnesty International, Death Penalty Information Center, Los Angeles Times, ABC News, Death Penalty News
Photos : 8 juillet 1999, l'exécution "ratée" de Allen Lee Davis, en Floride. En voyant l'une de ces photos (celle présentée ici étant la moins violente), l'un des juges de la Cour suprême de Floride s'écria : "C'est la photo d'un homme qui a été torturé à mort" ; camions utilisés pour transporter des salles d'exécution ambulantes dans plusieurs provinces chinoises ; salle d'exécution aux Etats-Unis ; ancienne chambre à gaz de la prison de San Quentin, Californie, reconvertie en salle d'exécution par injection létale.
mercredi 21 octobre 2009
USA : La crise économique pourrait abolir la peine de mort
"Dans le climat économique actuel, il est peu probable qu'une loi instaurant la peine de mort passerait aujourd'hui, au vu des 25 millions de dollars que les contribuables doivent débourser par exécution", assure dans ce rapport publié mardi Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), qui plaide pour des instruments plus efficace contre le crime.A titre indicatif, faute d'étude exhaustive sur la question, il explique que "pour un seul procès impliquant la peine de mort, l'Etat va payer un million de dollars de plus que pour un procès sans peine de mort". Mais ensuite, la peine capitale n'est prononcée que dans un cas sur trois en moyenne, et une condamnation à mort sur 10 seulement aboutit à une exécution. "Du coup, le coût pour l'Etat revient à 30 millions" par exécution, explique-t-il.
Intitulé "intelligent contre le crime" - jeu de mot sur la notion de "dur contre le crime" qui pousse les politiques à défendre, même contre leur conviction, la peine capitale -, ce rapport est publié une semaine après qu'un sondage a montré que 65% des Américains restent favorables à la peine de mort.
Localement contestée
Légale dans 35 Etats américains et appliquée réellement dans une petite dizaine, la peine de mort a pourtant été localement contestée l'hiver dernier dans 11 Etats, essentiellement en raison de son coût.
Dans le Colorado (ouest), il n'a manqué que quelque voix à son abolition, dans le Connecticut (nord-est), la loi est passée mais la gouverneure y a opposé son veto. Seul le Nouveau-Mexique (sud-ouest) a aboli la peine capitale en mars.
"Il n'y a aucune raison que la peine de mort ne soit pas remise en question, au même titre que n'importe quel autre programme très onéreux mais inefficace", estime M. Dieter, en insistant sur l'absurdité du système dans la majorité des Etats où les exécutions depuis 30 ans se comptent sur les doigts d'une main.
"Les mêmes Etats qui dépensent des millions de dollars pour la peine de mort subissent d'autres réductions budgétaires dans leur système judiciaire", explique-t-il. Et il énumère: 200 postes de policiers vacants en Pennsylvanie (est), interruption pendant un mois de tous les procès pour faire des économies dans le New Hampshire (nord-est), chute de 10% des moyens judiciaires en Floride (sud-est)...
Pas d'effets dissuasifs
M. Dieter balaie d'un revers de la main la possibilité de conserver une peine de mort en réduisant son coût: limiter les dépenses lors du procès ou le nombre d'appels possibles augmenterait en effet le risque d'exécuter un innocent ou de ne pas tenir compte de circonstances atténuantes.
Il rappelle de plus que, sur le fond, la peine de mort n'a pas les effets dissuasifs escomptés. Outre son abolition dans les grandes démocraties occidentales, il avance par exemple la baisse du nombre de meurtres dans le New Jersey (nord-est) depuis l'abolition de la peine capitale fin 2007.
Mais il s'appuie aussi sur un sondage auprès de 500 responsables de police locaux commandé par le DPIC, organisme abolitionniste qui fait autorité sur le sujet, révélé mardi.
Il montre que les responsables de police classent la peine de mort au dernier rang des outils efficaces contre le crime et souhaiteraient une utilisation plus efficace de l'argent du contribuable pour embaucher davantage ou développer des programmes de prévention contre la drogue et l'alcool.
Source : lematin.ch, 20 octobre 2009
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