Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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jeudi 14 avril 2016

Le gouverneur de l'Etat de Virginie empêche le retour de la chaise électrique

La pénurie de l'anesthésiant utilisé pour l'injection létale pousse les autorités à considérer d'autres options pour continuer à appliquer la peine capitale. Parmi les solutions envisagées, le retour au premier plan de la chaise électrique, une méthode toujours en application dans certains Etats. Une éventualité qui divise, comme en témoigne le cas de l'Etat de Virginie.
Conséquence de la décision des laboratoires européens de ne plus approvisionner les différentes administrations pénitentiaires des Etats-Unis, les stocks de l'anesthésiant utilisé pour l'injection létale sont aujourd'hui épuisés. Dans un pays où 31 Etats appliquent toujours la peine de mort et où une trentaine d'exécutions sont encore pratiquées annuellement, il devient urgent pour certains Etats de trouver une solution de remplacement, quitte à mettre de côté une certaine éthique.

L'Etat de Virginie et la chaise électrique : une histoire d'amour vieille de plus d'un siècle

Plus discret que son homologue texan en matière de peine capitale, l'Etat de Virginie se classe tout de même en troisième position des Etats qui exécutent le plus aux Etats-Unis (derrière le Texas et l'Oklahoma). Dans un territoire où le condamné à mort avait déjà le choix entre une exécution par injection létale ou par la chaise électrique, recourir à cette dernière comme seul procédé d'exécution pour pallier à la pénurie s'était donc imposée comme la solution la plus tentante. Et c'est donc dans cette optique-là - et contrairement aux avis de nombreux leaders religieux qui la qualifient de "relique barbare" - que l'amendement fut adopté en mars dernier par les sénateurs de l'Etat. La loi pouvait donc entrer en application à partir du premier juillet, date à laquelle serait exécuté le premier condamné à mort après que l'amendement soit entré en vigueur. A moins que le gouverneur local, démocrate et proche d'Hillary Clinton ne s'en mêle.

Une décision aux répercussions dans la course à l'investiture démocrate

L'amendement stipulait que les autorités se chargeraient de choisir le mode d'exécution à la place du détenu, ce qui reviendrait presque automatiquement à recourir à la chaise électrique dans l'état actuel des choses. Il ne restait donc qu'un dernier obstacle législatif pour que cet amendement controversé soit définitivement entériné : l'accord tacite du gouverneur démocrate Terry McAuliffe, détenteur du droit de véto pour toute loi d'Etat. Au-delà de l'acte idéologique, ce proche du clan Clinton savait que cautionner le rétablissement d'une méthode à la réputation controversée (217 des 267 personnes exécutées par chaise électrique étaient noires depuis son instauration en 1908) pourrait avoir des conséquences sur la campagne de sa protégée. En effet, les prises de position d'Hillary Clinton contre l'abolition de la peine de mort en octobre dernier lui avaient déjà attiré une avalanche de critiques de la part ses concurrents, qui qualifiaient la position de la candidate sur la question "d'archaïque".
Le gouverneur avait jusqu'à dimanche minuit pour prendre sa décision, et c'est tout logiquement qu'il a fait valoir son droit au véto. Il lui reste maintenant à convaincre le Sénat majoritairement républicain de Virginie du bien-fondé de la proposition qu'il a introduite en échange de son véto, et qui prévoit le secret d'approvisionnement du fameux anesthésiant nécessaire pour l'exécution. Une chose est sûre : la chaise électrique, surnommée "Old Sparky" dans plusieurs Etats américains, n'est pas prête de disparaître.

http://www.levif.be/actualite/le-gouverneur-de-l-etat-de-virginie-empeche-le-retour-de-la-chaise-electrique/article-normal-489145.html

mercredi 7 janvier 2015

Libérez Mohamed Cheikh condamné à mort en Mauritanie



Cheikh est un bloggeur et journaliste mauritanien qui milite contre l'esclavage et la société des castes en Mauritanie. En 2013, il a écrit une tribune dans laquelle il dénonçait l'utilisation de la religion musulmane pour justifier l'asservissement des noirs et de toutes les personnes issues de castes en Mauritanie.
Pour cet article, les islamistes et le régime autoritaire mauritaniens ont décidé de le faire condamner à mort pour apostasie et blasphème.
Des jeunes africains ou d'origine africaine, de toutes croyances, ont décidé de se mobiliser contre cette condamnation injuste et intolérable.

Dans une 
lettre ouverte  au président mauritanien, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, qui est également le président en exercice de l'Union Africaine, ils demandent la libération sans condition de ce journaliste.
Cette lettre ouverte, devenue pétition et proposée à la signature de tous ceux qui veulent bien la signer, d'où qu'ils soient, sera publiée dans plusieurs médias africains et internationaux.
( aller sur le site www.wesign.it)



samedi 25 octobre 2014

Pope Francis calls for abolishing death penalty and life imprisonment

http://www.catholicnews.com/data/stories/cns/1404377.htm

Pope Francis calls for abolishing death penalty and life imprisonment

By Francis X. Rocca
Catholic News Service

VATICAN CITY (CNS) -- Pope Francis called for abolition of the death penalty as well as life imprisonment, and denounced what he called a "penal populism" that promises to solve society's problems by punishing crime instead of pursuing social justice.

"It is impossible to imagine that states today cannot make use of another means than capital punishment to defend peoples' lives from an unjust aggressor," the pope said Oct. 23 in a meeting with representatives of the International Association of Penal Law.


"All Christians and people of good will are thus called today to struggle not only for abolition of the death penalty, whether it be legal or illegal and in all its forms, but also to improve prison conditions, out of respect for the human dignity of persons deprived of their liberty. And this, I connect with life imprisonment," he said. "Life imprisonment is a hidden death penalty."

The pope noted that the Vatican recently eliminated life inprisonment from its own penal code.

According to the Catechism of the Catholic Church, cited by Pope Francis in his talk, "the traditional teaching of the church does not exclude recourse to the death penalty, if this is the only possible way of effectively defending human lives against the unjust aggressor," but modern advances in protecting society from dangerous criminals mean that "cases in which the execution of the offender is an absolute necessity are very rare, if not practically nonexistent."

The pope said that, although a number of countries have formally abolished capital punishment, "the death penalty, illegally and to a varying extent, is applied all over the planet," because "extrajudicial executions" are often disguised as "clashes with offenders or presented as the undesired consequences of the reasonable, necessary and proportionate use of force to apply the law."

The pope denounced the detention of prisoners without trial, who he said account for more than 50 percent of all incarcerated people in some countries. He said maximum security prisons can be a form of torture, since their "principal characteristic is none other than external isolation," which can lead to "psychic and physical sufferings such as paranoia, anxiety, depression and weight loss and significantly increase the chance of suicide."

He also rebuked unspecified governments involved in kidnapping people for "illegal transportation to detention centers in which torture is practiced."

The pope said criminal penalties should not apply to children, and should be waived or limited for the elderly, who "on the basis of their very errors can offer lessons to the rest of society. We don't learn only from the virtues of saints but also from the failings and errors of sinners."

Pope Francis said contemporary societies overuse criminal punishment, partially out of a primitive tendency to offer up "sacrificial victims, accused of the disgraces that strike the community."

The pope said some politicians and members of the media promote "violence and revenge, public and private, not only against those responsible for crimes, but also against those under suspicion, justified or not."

He denounced a growing tendency to think that the "most varied social problems can be resolved through public punishment ... that by means of that punishment we can obtain benefits that would require the implementation of another type of social policy, economic policy and policy of social inclusion."

Using techniques similar to those of racist regimes of the past, the pope said, unspecified forces today create "stereotypical figures that sum up the characteristics that society perceives as threatening."

Pope Francis concluded his talk by denouncing human trafficking and corruption, both crimes he said "could never be committed without the complicity, active or passive, of public authorities."

The pope spoke scathingly about the mentality of the typical corrupt person, whom he described as conceited, unable to accept criticism, and prompt to insult and even persecute those who disagree with him.

"The corrupt one does not perceive his own corruption. It is a little like what happens with bad breath: someone who has it hardly ever realizes it; other people notice and have to tell him," the pope said. "Corruption is an evil greater than sin. More than forgiveness, this evil needs to be cured."

END

vendredi 17 octobre 2014

6 juillet 1750: le bûcher pour un couple d'homosexuels parisiens

Anne Hidalgo, maire de Paris, inaugurera demain une plaque en l’honneur de Bruno Lenoir et Jean Diot, les derniers homosexuels brûlés vifs à Paris en raison de leur homosexualité.

Il est presque minuit ce 3 janvier 1750 lorsque Bruno Lenoir, un cordonnier d’une vingtaine d’années, et son partenaire d’un soir, Jean Diot, employé de maison de 40 ans, sont arrêtés, ivres, rue Montorgueil, au coeur de Paris. Selon le procès-verbal de l’époque dressé par le guet, la police chargée des rondes de nuit, les deux hommes ont été vus « en posture indécente et d’une manière répréhensible ».

D’ordinaire, ce type affaire se soldait alors par une simple remontrance, appelée « mercuriale ». Eux n’auront pas cette chance. Après un séjour de six mois dans les geôles malfamées de la prison du Châtelet et un simulacre de procès, ils écopent de la peine maximale : la mort par le feu, en place de Grève, l’actuelle place de l’Hôtel de Ville, qui servait aux exécutions et aux supplices publics sous l’Ancien Régime
.
La sentence, pourtant conforme à ce que la loi réservait aux « sodomites » au milieu du XVIIIe siècle, « a étonné tout le monde par sa sévérité », explique Thierry Pastorello, historien et auteur d’une thèse sur l’homosexualité masculine à Paris aux XVIIIe et XIXe siècles.

« S’agissant d’une simple sodomie, c’est un cas unique au XVIIIe siècle, on a voulu faire un exemple », assure-t-il. A cette période, d’autres homosexuels avaient été brûlés pour ce motif, mais ils s’étaient rendus coupables de pédophilie et de trafic de jeunes enfants.

LE TORT DE N'ÊTRE PAS « BIEN NÉS »

Du jardin des Tuileries à celui du Luxembourg, en passant par les quais de Seine, « la vie sodomite était très développée à l’époque », poursuit M. Pastorello. « C’était un crime très banal. Les archives montrent que la police savait très bien ce qui se passait dans certains endroits chauds », notamment les guinguettes et cabarets « connus pour leur clientèle sodomite ».

Outre l’acte, les deux hommes, de simple condition, ont eu le tort de ne pas être bien nés. « Ils étaient particulièrement fragiles sur le plan social, c’était plus facile de les condamner », estime M. Pastorello. « Les jeunes nobles surpris dans des parties fines dans les bosquets de Versailles étaient renvoyés dans leurs châteaux de campagne pour se faire oublier », ajoute-t-il.

Ce n’est qu’en 1791 que le code pénal abandonne le crime de sodomie entre adultes consentants. Et il faudra attendre 1982, sous l’impulsion de Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand, pour que l’homosexualité soit totalement dépénalisée.

PLAQUE COMMEMORATIVE

Samedi, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo, une plaque commémorative sera dévoilée à l’endroit de leur arrestation, à l’angle des rues Montorgueil et Bachaumont. Un vœu avait été présenté en ce sens par le groupe communiste, présidé par Ian Brossat, au Conseil de Paris, qui l’avait voté à l’unanimité en mai 2011.

« C’est un acte important. Enfin, ces victimes-là vont être reconnues », se réjouit Nicolas Rividi, un porte-parole de l’Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans). « Il ne faut pas que la mémoire se perde, mais que le souvenir de ces personnes serve de garde-fous face aux manifestations homophobes », dit-il.

Sources : Têtu, AFP, 17 octobre 2014

jeudi 22 mai 2014

Mumia vient d'avoir soixante ans!


PARIS, NEW YORK, PHILADELPHIE, BERLIN, MEXICO …
Nombreuses ont été les initiatives qui ont marqué le soixantième anniversaire de Mumia pour exiger sa libération. Les grandes capitales engagées de longue date aux côtés du journaliste noir américain ont une nouvelle fois répondu présent. D’autres actions de solidarité, à l’exemple de celle organisée par le Collectif de Thau (Sète) ont eu un succès médiatique régional certain. Les participants ont débattu par téléphone en direct de New York avec Johanna Fernandez (Porte-parole de Mumia).
La délégation française qui s’est rendue à Philadelphie a participé aux diverses manifestations organisées dans les quartiers nord de la ville natale de Mumia. Notre présence a été particulièrement appréciée. L’occasion également d’échanger avec les soutiens américains et notamment les jeunes étudiants, nombreux et très actifs aux côtés de Johanna Fernandez.
Claude Guillaumaud-Pujol  et Jacky Hortaut ont rendu visite à Mumia à la prison de Frackville en compagnie de la journaliste de France-Culture Nadine Epstain et de la jeune artiste Camille Richard. Une rencontre toujours aussi chaleureuse et forte d’émotion. Et quel plaisir pour Mumia de parler avec une consœur journaliste de radio et une artiste qui lui a consacré une chanson. Plus de deux heures non-stop  à échanger sur sa situation personnelle, celle des autres condamnés, de la mobilisation de ses soutiens, de la politique américaine … autant de sujets sérieux entrecoupés de franches rigolades ! La musique « un bonheur sans lequel la vie n’a aucun sens » selon l’expression de Mumia, a également occupé un large moment de la discussion. En bref, un Mumia en pleine forme et à l’évidence ravi de cette rencontre.
La présence de Nadine Esptain et surtout ses reportages (dont l’interview de Mumia) dès notre retour sur France-Culture ont largement contribué à donner une dimension médiatique bien trop rare pour ce type d’évènements. Nous vous invitons à écouter ou à réécouter les reportages sur notre site : http://mumiabujamal.com/v2/mumia-sur-france-culture-2/
Des photos témoignent de la mobilisation française et internationale également sur notre site: http://mumiabujamal.com/v2/60-ans-happy-birthday-mumia/#more-1204
Prenez aussi connaissance de l’article que le magazine Le Nouvel Observateur a récemment consacré à l’affaire Mumia en cliquant sur ce lien:

jeudi 8 mai 2014

MALDIVES • Retour de la peine de mort, même pour les mineurs

 

Après soixante ans de moratoire, la peine de mort va de nouveau être appliquée. Le gouvernement entend ainsi se placer en conformité avec la charia.
Le 27 avril, le gouvernement des Maldives a annoncé que le pays allait mettre fin à soixante ans de moratoire au sujet de la peine capitale. Les mineurs coupables de meurtre pourront être condamnés à mort, alors que le droit international proscrit l'application de peines réservées aux adultes aux moins de 18 ans.

L'âge de la responsabilité criminelle aux Maldives est fixé à 10 ans de manière générale et à 7 ans pour certains crimes comme le vol, la fornication, la consommation d'alcool et l'apostasie, rappelle le quotidien local Minivan.

Le bureau des droits de l'homme de l'ONU a vivement condamné cette décision et appelé le pays à abroger la peine de mort. Mais le président Abdulla Yameen Abdul Gayoom a maintenu que "le meurtre doit être muni par le meurtre". La république des Maldives, dont la religion d'Etat est l'islam, entend ainsi renouer avec un des principes, jusque-là délaissé, de la charia
 

mercredi 5 mars 2014

à écouter: Conférence de Charles Perroud sur la peine de mort







Conférence "Autopsie d'une exécution - La peine de mort démystifiée"


La peine de mort est un sujet qui enflamme les débats et les passions. Mais qu'arrive-t-il réellement lorsqu'on l'applique ? Est-ce que les progrès scientifiques garantissent qu'on ne commette pas d'erreur irréparable ? Est-ce bénéfique pour la société et les victimes ? Et où tracer la ligne entre justice et vengeance ?
En compagnie de Charles Perroud, Coordonnateur pour l'Abolition de la peine de mort d'Amnistie internationale Canada francophone
A écouter sur
 http://new.livestream.com/accounts/3420985/events/2796957
 

vendredi 18 octobre 2013

Virgilio Maldonado a besoin de soutien

Virgilio Maldonado, citoyen Mexicain, a été arrêté le 26 avril 1996 au Texas et inculpé de meurtre au cours d'un vol. Il avait alors 30 ans. Il a été condamné à mort deux ans plus tard et a séjourné au couloir de la mort depuis cette année.  Sa peine a été commuée en détention à perpétuité il y a quelques mois, après avoir passé 17 ans dans le couloir de la mort.
Virgilio a avoué avoir participé au vol, mais il affirme ne pas avoir tué la victime.  Il estime ne pas avoir pu se défendre efficacement avec l'avocat commis d'office.  C'est pourquoi il a besoin d'aide financière pour lui permettre de recruter un nouvel avocat qui fera un travail plus consciencieux.

Il est très isolé et a très peu de visites.
Il parle espagnol et un peu l'anglais.
Pour lui écrire:

Virgilio Maldonado
#01866685
Bill Clements Unit
9601 Spur 591
Amarillo, Texas 79107-9606
U.S.A.

Pour tout renseignement:Sonia Oudin  s.oudin@laposte.net

mercredi 10 avril 2013

Un Noir américain exécuté au Texas: ses "parents" français étaient là

http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=7443747089020724173#editor/src=dashboard

WASHINGTON (AFP) - Un Noir américain a été exécuté mardi soir au Texas pour un meurtre qu'il nie avoir commis il y a 23 ans. Un couple de Français qu'il appelait "mom and dad" l'ont accompagné jusqu'au bout.


Rickey Lewis, 50 ans dont 19 dans le couloir de la mort du Texas, a été déclaré mort par injection létale à 18h32 locales (23h32 GMT), selon les autorités pénitentiaires de cet Etat du sud.

Un couple de septuagénaires montpelliérains, Danièle et René Sirven, militants contre la peine de mort, s'était déplacé à la prison de Huntsville pour l'exécution. "On lui avait promis d'être là jusqu'au bout", a déclaré à l'AFP Danièle Sirven.
Le couple échangeait depuis dix ans des courriers et des dessins avec le condamné, auquel ils avaient rendu visite à plusieurs reprises.
Dans ses dernières paroles "vibrantes", le condamné les a encore appelés "momma and daddy", comme il le faisait à l'occasion de leurs visites. "Il s'était accroché à ce lien quasi-parental spirituel qui nous reliait, une manière de s'approcher du grand passage", a ajouté le père et grand-père 15 fois.
A travers "une sorte de code" établi entre eux avant l'exécution, le couple lui a fait des "signes pour lui dire de monter dans les hauteurs", peu avant l'injection du produit mortel, a confié Mme Sirven, membre de l'Association Lutte pour la justice-Languedoc-Roussillon. "Il est parti dans la grandeur", a-t-elle relaté, "bouleversée".

"Je ne suis pas un meurtrier", a proclamé le condamné, couché les bras en croix et solidement sanglé avec des lanières. "Laissez sortir la vérité pour que je ne sois pas mort en vain", a-t-il dit, selon les autorités de la prison.
Rickey Lewis avait été condamné à mort en 1994 pour le meurtre quatre ans plus tôt de George Newman, 45 ans, lors d'un cambriolage à Tyler, suivi du viol de la compagne de la victime.
Il a admis le viol, dans sa dernière déclaration. "Ms Connie Hilton, si je ne vous avais pas violée, vous n'auriez pas survécu", a-t-il dit, précisant qu'il y avait "encore deux personnes en vie".
Dans leur blog, le couple Sirven a dénoncé les "incohérences, les injustices et les zones d'ombre de la procédure". D'après l'angle de tir de la ballistique, "le meurtrier devait mesurer au moins 1,78 m". Or, "Rickey-Lynn mesure seulement 1,60 m", y écrivent-ils.
"Il était sur les lieux mais il ne peut pas avoir tiré", a complété René Sirven, par téléphone. "Rickey était d'une famille très connue des services de police à Tyler, une famille très marginale", "un enfant des rues, complètement analphabète", a-t-il dit, ajoutant que le condamné lui avait encore confié le matin de son exécution qu'il "suivait les autres comme un petit chien". "Il n'y a jamais eu d'enquête approfondie".
Rickey Lewis avait argué d'une défense déficiente mais la peine de mort avait été confirmée en 1997. Son exécution, initialement programmée en 2003, avait été retardée au fur et à mesure des appels.
Son nouvel avocat, recruté par le couple français, avait ensuite plaidé le retard mental jusque devant la Cour suprême qui a interdit l'exécution des condamnés souffrant de troubles mentaux. Mais la plus haute juridiction du pays a rejeté son ultime appel le 1er avril.
Danièle Sirven a parlé de cette exécution comme d'un "homicide légal", d'une "machine bien huilée, "l'étrangeté et la douleur absolue".
Sur un des dessins qu'il avait donné au couple, Rickey Lewis avait représenté la justice texane avec une balance qui "pèse bien le pétrole et l'argent, mais exécute les faibles, les Noirs, les Hispaniques et les Indiens."
Il s'agit du deuxième homme exécuté au Texas en 2013, le sixième de l'année aux Etats-Unis, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). C'est le 494e détenu mis à mort, depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, dans cet Etat responsable du tiers des exécutions du pays. Onze autres exécutions sont programmées cette année au Texas, dont quatre en avril.



lundi 18 février 2013

Mumia se bat toujours

Pour la première fois, l’Humanité a pu rencontrer le journaliste afro-américain, qui, depuis qu’il est sorti du couloir de la mort, continue de purger une peine de prison à vie à la suite d’un jugement inique. Mumia, qui a accueilli notre envoyé spécial en le toisant du mot « liberté » en français, témoigne et évoque ses… projets.



Mahanoy (Pennsylvanie, 
États-Unis), envoyé spécial. Quand on entre dans le parloir du centre pénitencier de Mahanoy, Mumia Abu-Jamal est joyeux. Immédiatement, son sourire nous marque, son pas de danse aussi. C’est sa manière de nous accueillir. Celui qui a passé trente ans dans le couloir de la mort n’est pas encore libre, mais il l’est déjà davantage. Il peut voir d’autres détenus. Au parloir, il a pu rencontrer sa famille, son fils, qui lui aussi a été incarcéré plusieurs années. Il a pu les toucher, car dans le couloir de la mort, les visites se faisaient derrière une vitre. En 1981, Mumia Abu-Jamal a été arrêté, accusé du meurtre d’un policier. Ce crime, il l’a toujours nié. L’année suivante, il est condamné à mort. Après trois exécutions programmées mais annulées du fait de la mobilisation internationale, la peine de mort a été transformée en prison à vie, en décembre 2011. Ses conditions de détention se sont améliorées. À ses soutiens qui nous accompagnent et qui l’interrogent sur la qualité de la nourriture, il sourit : « Ici, elle est chaude. » Tout en dévorant les friandises au chocolat du distributeur installé dans la salle de parloir. Autour de notre table, un père dorlote son nouveau-né, un autre détenu embrasse sa compagne. Mumia est très informé. Il conte plusieurs anecdotes sur l’incapacité du système éducatif à développer les potentialités des jeunes. Il écoute un rappeur qui fait partie de la visite et qui l’entretient des changements de mentalité dans son milieu, du fait des maisons de disques. Journaliste, il l’est toujours. En détention, il a rédigé plusieurs livres. Mais aujourd’hui, si rien n’est fait, il devra continuer d’exercer ce métier depuis son pénitencier. « C’est désormais le déni de justice qui doit être reconnu, et Mumia libéré », estime son comité de soutien français. Aujourd’hui, seul le ministère de la Justice fédéral peut demander une révision du procès. Les multiples arrestations pour corruption de policiers impliqués dans son procès initial pourraient constituer un fait nouveau. « Nous avons une fenêtre de quatre ans », indique la porte-parole à l’international de Mumia, Johanna Fernandez, qui souligne le besoin plus que jamais de la mobilisation internationale.
Gaël de Santis (l'Humanité 15/02/2013)