Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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mardi 4 octobre 2011

"30 ans après l’abolition de la peine de mort en France, le combat contre la peine de mort ne doit pas se relâcher, ni en France ni dans le monde."

Michel Taube, éditeur de www.opinion-internationale.com et fondateur de l’ONG Ensemble contre la peine de mort, publie le communiqué de presse suivant  :

« 30 ans après son abolition sous Robert Badinter et François Mitterrand, le combat contre la peine de mort doit prendre un nouveau virage, autant politique que pédagogique. Pour comprendre l’histoire de la peine de mort et sensibiliser les jeunes générations, nous publions l’Anthologie complète de l’abolition : plus de 200 textes, célèbres ou oubliés, de l’Antiquité à nos jours. Une œuvre pour l’histoire. Nous demandons aussi l’instauration d’une Journée nationale pour l’abolition universelle de la peine de mort. »

« Il y a trente ans, la France abolissait la peine de mort. Trente ans plus tard, au moment même où il quitte la vie politique, nous tenons à rendre hommage à l’action déterminante de Robert Badinter : avec lui, c’est toute une génération d’avocats comme François Binet ou feu Philippe Lemaire, d’hommes publics comme François-Régis Hutin, patron de Ouest France, de politiques comme François Mitterrand mais aussi Jacques Chirac, qui ont légué aux jeunes générations une justice pénale qui, enfin, ne coupe plus un homme en deux.»

« Depuis l’an 2000, soutenu par Robert Badinter, nous avons tâché de renouveler le combat abolitionniste en fondant l’ONG Ensemble contre la peine de mort, en organisant 3 Congrès mondiaux, en impulsant une Coalition mondiale et l’instauration, le 10 octobre de chaque année, d’une Journée mondiale contre la peine de mort.»

« Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin… Si l’abolition de la peine de mort est inscrite dans la loi depuis 1981 et la Constitution depuis 2007, le combat continue en France et dans le monde.»

En France : un combat politique et pédagogique

- « En France, nous tenons à dénoncer le programme du Front National qui demande le rétablissement de la peine de mort. A celles et ceux qui croient que Marine Le Pen a modernisé et modéré son programme, nous rappelons que si la nouvelle présidente du Front national était élue présidente de la République, c’est certainement la première mesure qu’elle souhaiterait imposer. En vue de la prochaine élection présidentielle, nous demandons à tous les candidats de rappeler leur ferme opposition à la peine de mort et leur attachement à une justice pénale qui sera d’autant plus efficace qu’elle restera humaine et mesurée.»

- « La consolidation de l’abolition, gagnée il y a 30 ans par nos aînés, se joue aussi désormais sur le terrain pédagogique. Nous demandons à l’Assemblée nationale française de voter la proposition de loi, déjà votée par le Sénat en 2002, et oubliée entre temps, instaurant une Journée nationale pour l’abolition universelle de la peine de mort : »


Cette Journée permettra chaque année de sensibiliser les jeunes générations, de rappeler l’histoire de la peine de mort et les circonstances de son abolition, meilleur moyen d’inscrire dans les cœurs et les raisons de chaque citoyen une loi voulue initialement par seulement quelques hommes politiques courageux.

- « Toujours sur le plan pédagogique, pour l’histoire comme pour l’avenir, nous publions l’Anthologie complète de la peine de mort : avec l’historienne Armelle Cazeaud, nous avons réuni plus de 200 textes, de l’Antiquité à nos jours, célèbres ou oubliés, romans, discours, chansons ou poèmes, qui retracent les débats et les arguments qui ont maintenu la peine capitale pendant des siècles, conduit, principalement au XVIIIème et au XIXème siècle, à la déligitimer, puis, au XXème siècle, à l’accélération du nombre de pays abolitionnistes. Le tome 1 paraît en octobre. Les tomes 2 et 3 sortiront en décembre 2011 et février 2012.»

« Cet ouvrage, mieux que tout autre, permet de mesurer le long chemin, intellectuel et politique, parcouru pour en arriver en 1981 à l’abolition en France. Il est aussi un outil ouvert et dialogique de pédagogie pour les enseignants.»

« L’abolition de la peine de mort doit être enseignée et débattue pour la consolider durablement.

• Dans le monde :

Robert Badinter
« Alors que de nombreux pays ont aboli la peine de mort dans les années 80 à 2000, le mouvement semble marquer le pas. Il est indispensable de ne plus se contenter de marteler un discours « droits-de-l’hommiste » et d’aller au devant des pays pro - peine de mort pour ouvrir le débat avec eux, sur les plans religieux et pénal, si l’on veut voir de nouveaux pays, et de grands pays, en finir avec une justice qui tue.»

« L’Union européenne et la France doivent réviser leur stratégie de lutte contre la peine de mort dans le monde à l’aune de récents événements : l’exécution de Troy Davis aux Etats-Unis, le regain de mises à mort en Iran, le Printemps arabe qui pourrait conduire enfin un ou deux pays arabo-musulmans (la Tunisie ? Le Maroc ?) à abolir prochainement la peine capitale.»

« Voilà les propositions que nous faisons pour rendre utile cette commémoration des 30 ans de l’abolition de la peine de mort en France.»

Contact presse : Michel Taube - taube.michel@gmail.com

Release date: October 4, 2011 - Post réalisé en collaboration avec Death Penalty News

View English translation of this article (via Google)




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dimanche 10 janvier 2010

Le chef de la diplomatie allemande évoque les droits de l'Homme en Arabie saoudite

RYAD — Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui effectue une tournée régionale, a indiqué samedi à Ryad avoir largement évoqué les droits de l'Homme avec les autorités saoudiennes, et notamment la question de la peine de mort, en vigueur dans le royaume.
Dans l'optique de ce séjour, des défenseurs des droits de l'Homme avaient demandé à M. Westerwelle, premier chef de la diplomatie en Europe à reconnaître son homosexualité, d'évoquer la répression des homosexuels dans le royaume.
Selon la "charia" (loi islamique), les relations entre personnes de même sexe sont passibles de la peine de mort en Arabie saoudite.
"Nous avons eu une vaste discussion sur la question des droits de l'Homme, y compris (...) sur le pluralisme religieux", a déclaré M. Westerwelle à la presse, après un entretien avec son homologue saoudien, le prince Saoud Al-Fayçal.
"Le gouvernement du royaume d'Arabie saoudite est conscient que l'Union européenne a une position claire sur la question de la peine de mort: nous sommes convaincus que la peine capitale devrait être abolie partout dans le monde", a-t-il poursuivi.
Le prince Saoud a confirmé que les droits de l'Homme avaient été largement abordés, mais indiqué avoir précisé à son interlocuteur que les traditions culturelles et religieuses de chaque pays devaient être respectées.
"Nous avons discuté des droits de l'Homme et notamment des critères différents selon les pays. Nous sommes arrivés à la conclusion que ces (critères) ne pouvaient être imposés par une autre partie" mais que tout changement devait relever de "convictions", a-t-il dit.
En 2009, au moins 67 condamnés ont été exécutés dans le royaume, contre 102 en 2008. La plupart sont décapités au sabre.
Le viol, le meurtre, l'apostasie, le vol à main armée et le trafic de drogue font également partie des crimes passibles de la peine capitale dans le pays.
Un record avait été atteint en 2007 avec 153 exécutions, contre 37 en 2006.

Source : AFP, 9 janvier 2010

mardi 29 décembre 2009

Sûr de sa puissance, Pékin ignore les jugements de l'étranger

Le régime chinois est désormais conscient du poids que la Chine pèse sur l'économie mondiale. Rien ne semble pouvoir le faire céder quand à sa façon très particulière de faire respecter les droits de l'homme, qui provoque l'indignation internationale.
Le 25 décembre, le plus connu des dissidents chinois, Lu Xiaobo, a été condamné à onze ans de prison pour avoir rédigé une charte appelant à une transition démocratique pacifique et publié des textes critiques sur Internet. Onze ans de prison pour avoir eu le malheur d'être un écrivain, une peine des plus lourdes pour un crime de rédaction.
Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont vertement réagi à ce verdict, demandant à plusieurs reprises à Pékin de relâcher ce dissident de 53 ans. Les diplomates étrangers qui ont tenté de se rendre au tribunal où la sentence allait être prononcée, samedi 26 décembre, n'ont pas été autorisés à assister au procès. On leur a signifié à l'entrée qu'il "n'y avait plus de place pour s'asseoir".
Mardi 29 décembre, un autre homme de 53 ans, britannique celui-là, a subi de manière plus définitive encore la violence de la justice chinoise. Accusé de trafic d'héroïne, Akmal Shaikh a été exécuté par injection sans que les appels à la clémence aient été entendus par le gouvernement de la République populaire. Les interventions du premier ministre britannique Gordon Brown et du Foreign Office n'y ont rien fait. La Cour suprême de Chine avait validé mardi la condamnation quelques heures plus tôt.
Triple génuflexion
Une décision qui soulève d'autant plus l'indignation que M. Shaikh, si l'on en croit ses proches, pourrait bien être mentalement dérangé au point de ne pas être responsable de ses actes. La justice chinoise a refusé jusqu'au bout de faire subir au condamné un examen médical qui aurait pu confirmer - ou infirmer - les dires de sa famille. Elle aurait permis au moins de lever l'ambiguïté. Là non plus, les pressions exercées n'auront servi à rien.
Le contexte international très particulier de 2009 - l'année où le "dragon chinois" aura pour de bon redressé la tête après la grande fête des Olympiades de 2008 - et l'importance accrue de son rôle durant la crise financière mondiale augurent mal de la possibilité pour la communauté internationale de convaincre Pékin de lâcher du lest sur la question des droits de l'homme.

Des grands pays de la planète, elle est sans doute le régime le plus dur à réprimer ses dissidents, ses minorités ethniques (Tibétains, Ouïgours), et à imposer partout et sur chacun de ses citoyens la dure loi d'un parti unique dont la seule obsession est de se survivre à lui-même.
A l'étranger, le régime de Pékin ne se soucie guère de la nature des gouvernements avec lesquels il collabore, n'hésitant pas à financer les dictateurs les moins recommandables au nom de ses intérêts économiques et de son besoin de matières premières.
Des Etats-Unis à l'Europe, l'extrême déférence observée par les dirigeants avec la Chine fait penser à la triple génuflexion jadis obligatoire devant les empereurs qu'à un comportement d'égal à égal face à une grande puissance émergente désireuse de reprendre sa place dans le cercle des nations. Mais, en décidant de réprimer et d'exécuter comme elle vient de le faire ces derniers jours, la Chine n'aura fait qu'entériner ce qu'elle ne supporte pas qu'on lui dise : elle est un régime despotique de plus en plus sûr de lui et dominateur.

DES EXÉCUTIONS EN HAUSSE
Selon Amnesty International, sur les 2 400 exécutions de condamnés à mort en 2008 dans le monde, 1 700 auraient eu lieu en Chine. Des experts estiment que le chiffre réel est plus élevé.
Selon l'association des droits de l'homme Diu Hua, qui a un représentant à Hongkong, 5 000 condamnés à mort pourraient être exécutés en Chine cette année. Il y en aurait eu jusqu'à
10 000 dans les années 1990. Mais le manque de transparence du système ne permet pas d'aller au-delà de ces approximations.
Généralement, les exécutions se font par une balle dans la nuque, mais la mort par injection est de plus en plus appliquée : 68 crimes sont sur la liste des crimes punis de la peine de mort dont le trafic de drogue et la corruption.
Source: lemonde.fr, 29 décembre 2009

lundi 2 novembre 2009

La peine de mort réexaminée en Russie

La Cour constitutionnelle russe va examiner à partir du 9 novembre la possibilité d'autoriser les tribunaux du pays à prononcer, dès le 1er janvier 2010, la peine de mort, qui fait l'objet d'un moratoire en Russie. "On arrivera à une décision avant la nouvelle année", a indiqué, vendredi 30 octobre, un porte-parole de la Cour constitutionnelle, au lendemain de la saisine de cette instance par la Cour suprême russe.
La peine capitale fait l'objet en Russie d'un moratoire sur les exécutions, imposé par un décret présidentiel pris par Boris Eltsine en 1996, année de la dernière exécution dans le pays. Depuis, la Russie n'a pas formellement aboli la peine de mort, un engagement qu'elle avait pourtant pris en adhérant au Conseil de l'Europe. Avec la Biélorussie, ce sont les deux seuls pays européens à avoir la peine capitale encore inscrite dans leurs textes de loi.
"Sans ce moratoire, la Russie ne pourrait pas collaborer avec les instances européennes. Il a donc toujours été prolongé, la dernière fois en 2006 pour trois ans, explique Raphaël Chenuil-Haza, directeur de l'association Ensemble contre la peine de mort. Mais la Russie s'en sert face à l'Europe dans un jeu à double sens : dès qu'on lui reproche quelque chose, elle met en avant ce moratoire pour faire figure de 'bon élève'. Mais le bon élève ne l'est pas tant que ça, et cette attitude cache des violations des droits de l'homme."
De plus, la Cour constitutionnelle a interdit en février 1999 de "condamner" la peine de mort tant que le système des cours d'assises ne serait pas établi dans tout le pays. La Tchétchénie, dernière région privée de cette institution, doit être dotée de jurys populaires à partir du 1er janvier 2010, ce qui lèverait potentiellement cette interdiction.

Source: LeMonde.fr, 30 octobre 2009

vendredi 9 octobre 2009

La 7e Journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre 2009

A l’initiative de la Coalition mondiale contre la peine de mort La 7e Journée mondiale contre la peine de mort du 10 octobre 2009 est consacrée au projet « Eduquer à l’abolition ». Une animation publique aura lieu à Paris à l'appel de plusieurs organisations : Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM), Amnesty International France, ACAT, Le Collectif Mumia Abu Jamal, La Ligue des droits de l’Homme.
Au programme, place de la Sorbonne :
11h : Exposition « Sur les chemins de l’abolition universelle », débats, signature de pétitions ;13h : Plaidoiries autour de l’argumentaire abolitionniste par Arié Alimi et Victor Zagury, avocats ;13h45 : Témoignage de mineurs condamnés à mort présentés par de jeunes militants.
16h : Lancement du livre « Il n’y a pas de manière humaine de tuer » (« No Human way to kill ») de Robert Priseman. Avec la participation et le témoignage de Cathy Harrington, américaine, qui malgré l’assassinat de sa fille, refusa la condamnation à mort de son assassin et milite depuis pour l’abolition. (Café Le Sorbon, 60 rue des Ecoles, 75005 Paris)
La Coalition mondiale contre la peine de mort, dont ECPM assure le secrétariat exécutif, a institué le 10 octobre pour célébrer la Journée mondiale contre la peine de mort. La première édition de cet événement annuel a eu lieu en 2003. La Journée mondiale contre la peine de mort a été officialisée par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en 2007.

jeudi 8 octobre 2009

Le 10 octobre, la journée mondiale et européenne en faveur de l’abolition de la peine de mort




Le 10 octobre a été instituée en 2003 « Journée mondiale contre la peine de mort » par l’organisation non gouvernementale « Ensemble contre la peine de mort » (ECPM) ou « World Coalition Against the Death Penalty » (WCADP). En 2007, cette journée a également été officiellement reconnue comme la « Journée européenne contre la peine de mort » par le Conseil de l’Europe et les vingt-sept Etats membres de l’Union européenne.


Au cours des sept dernières années, cette journée est célébrée à travers le monde par plusieurs dizaines de pays dans le cadre de plusieurs centaines d’actions en faveur de l’abolition. En 2005, une pétition signée par 42.000 personnes et adressée à la présidence de l’OUA invitait les chefs d’Etats africains à abolir la peine de mort. En 2006, cinq pétitions ayant réuni 145.000 signatures ont circulé en signe de soutien à cinq condamnés à mort emblématiques d’erreurs judiciaires ou de jugements inéquitables. En 2007, à la demande d’une soixantaine de pays dont les 27 de l’UE, une résolution a été adoptée à l’Assemblée générale des Nations unies pour appeler à un moratoire mondial sur l’exécution de la peine de mort. En 2008, un appel a notamment été lancé pour mettre fin aux exécutions en Asie.

Cette année, pour la 7ème édition de la « Journée mondiale contre la peine de mort » et la 3ème de la « Journée européenne », parce que les progrès futurs du mouvement d’abolition dépendent des jeunes qui représentent les prochaines générations, ECPM (ou WCADP) a lancé une initiative consistant à éduquer les jeunes de 14 à 18 ans et à les sensibiliser aux arguments plaidant contre la peine de mort.

Cette journée se traduira à Taiwan par une série d’ateliers consacrés à une trentaine d’enseignants de lycées et d’universités, organisés par Taiwan Alliance against the death penalty (TAEDP), sur la base d’un manuel élaboré par ECPM. Ils commenceront le 10 octobre et dureront jusqu’au 10 décembre 2009.
Pour en savoir plus sur la « Journée mondiale et européenne contre la peine de mort » de 2009 : www.abolition.fr/ecpm/index.php ou www.worldcoalition.org

Pour en savoir plus sur les ateliers organisés à Taiwan à l’occasion de cette journée : www.taedp.org.tw

Autres sites sur lesquels vous trouverez des informations sur l’abolition :
- Haut commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies : www.ohchr.org
- Amnesty international : www.amnesty.org/fr/death-penalty

Autres documents sur l’abolition de la peine de mort :

- Festival du film contre la peine de mort

mercredi 7 octobre 2009

Vers un traité régional pour l'abolition en Afrique

La Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples a organisé du fin septembre sa première une conférence régionale sur la peine de mort en Afrique.
Une soixantaine de représentants gouvernementaux, militants d’ONG, membres des organes de l’Union Africaine et autres professeurs d’université ont retrouvé les membres du Groupe de travail de la Commission Africaine sur la peine de mort du 23 au 25 septembre à Kigali au Rwanda. Pendant trois jours, les participants venus de toute l’Afrique centrale, orientale et australe ont échangé sur la situation de la peine de mort sur le continent et sur les pistes à explorer pour progresser vers l’abolition. Au centre des discussions : la perspective d’un protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples sur l’abolition de la peine de mort. Un tel traité permettrait aux Etats africains qui le souhaitent de s’engager sur la voie de l’abolition à l’aide d’un instrument juridique régional et de lancer un mouvement susceptible d’entraîner les autres.La commissaire Slyvie Kaitesi Zaianabou, qui préside le Groupe de travail, a annoncé qu’elle soumettrait un projet de texte aux chefs d’Etat et de gouvernement africains après avoir rencontré les parties prenantes au cours de réunions comme celle de Kigali.Tom Nyanduga Bahame, président par intérim de la Commission africaine, a appelé de ses vœux l’adoption d’un tel protocole, faisant référence à ceux qui existent déjà au niveau de l’ONU ou de la Convention européenne des droits de l’homme.Le moratoire comme outil de lutte contre la peine de mort. Les délégués présents à Kigali ont également examiné l’efficacité du moratoire comme outil de lutte contre la peine de mort. Le professeur Carlson Anyangwe, membre du Groupe de travail de la Commission africaine sur la peine de mort, a souligné qu’un moratoire de longue durée court le risque d’être remis en cause par des dirigeants confrontés à des nécessités politiques de court terme. “Par exemple, le Cameroun a repris les exécutions 11 années après, la Lybie après 23 années du moratoire”, a-t-il rappelé. “Il est apparu qu’un moratoire est une solution intermédiaire entre l’abolition et le maintien de la peine de mort”, rapporte Fabien Safari Bahati, qui représentait la Fiacat et la Coalition mondiale à Kigali. “On peut penser que l’imposition d’un moratoire constitue un pas vers l’abolition.”La conférence régionale de Kigali sera suivie d’un événement similaire centré sur l’Afrique du nord et de l’ouest début 2010.“Les points de vues des participants aux conférences seront largement diffusées auprès des personnes concernées, notamment les Etats membres de l’Union africaine“, a promis Catherine Dupe Atoki, membre de la Commission africaine, lors d’une réunion récente sur la peine de mort tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.