Odell Barnes Jr.
L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf
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samedi 31 janvier 2015
Ohio: faute de produits létaux, les exécutions sont remises à 2016
Une "bonne" nouvelle.L'état de l'Ohio vient de suspendre les exécutions pour toute l'année 2015 afin de tenter de trouver un nouveau protocole d'injection létale. Sept condamnés à mort sont concernés. Les exécutions sont reportées à 2016.
vendredi 12 décembre 2014
Kwame Ajamu devient le 9 décembre le 150ème exonéré du couloir de la mort
samedi 22 novembre 2014
Aidons Ricky Jackson qui n'a reçu aucune compensation après 39 ans passés dans le couloir de la mort ne Ohio et innocenté
http://www.gofundme.com/rickyjackson
Ricky Jackson was sent to prison and sentenced to death in 1975 for a crime he did not commit. The only witness connecting Ricky to the crime was a 12 year old boy. The Ohio Innocence Project recently learned that the 12 year old boy was pressured by the police to identify Ricky and his two co-defendants. On Friday, the state will drop all charges after he served 39 years in prison for a crime he did not commit.
After 39 years Ricky has nothing. Your donations will be given directly to Ricky to help rebuild his life.
To find out more visit the sites below:
http://www.cleveland.com/court-justice/index.ssf/2014/11/a_free_man_ricky_jackson_to_le.html
http://www.clevescene.com/scene-and-heard/archives/2014/11/18/ricky-jackson-to-be-released-from-prison-friday-after-39-years-of-being-wrongfully-incarcerated
Brandon Brown is a current fellow with the Ohio Innocence Project and law student at the University of Cincinnati.
This fund is administered by the Ohio Innocence Project. Again all money will be going directly to Ricky Jackson.
Ricky Jackson was sent to prison and sentenced to death in 1975 for a crime he did not commit. The only witness connecting Ricky to the crime was a 12 year old boy. The Ohio Innocence Project recently learned that the 12 year old boy was pressured by the police to identify Ricky and his two co-defendants. On Friday, the state will drop all charges after he served 39 years in prison for a crime he did not commit.
After 39 years Ricky has nothing. Your donations will be given directly to Ricky to help rebuild his life.
To find out more visit the sites below:
http://www.cleveland.com/court-justice/index.ssf/2014/11/a_free_man_ricky_jackson_to_le.html
http://www.clevescene.com/scene-and-heard/archives/2014/11/18/ricky-jackson-to-be-released-from-prison-friday-after-39-years-of-being-wrongfully-incarcerated
Brandon Brown is a current fellow with the Ohio Innocence Project and law student at the University of Cincinnati.
This fund is administered by the Ohio Innocence Project. Again all money will be going directly to Ricky Jackson.
Etats-Unis : un condamné à mort innocenté après 39 ans de prison
Le prisonnier avait écopé de la peine capitale en mai 1975, reconnu coupable d'avoir frappé, jeté de l'acide et tiré deux coups de feu sur un homme venu collecter la recette d'un magasin d'alimentation, avec deux complices. La sentence de mort avait été révoquée en 1978, en raison d'une erreur de procédure puis de l'abolition de la peine capitale en Ohio, depuis rétablie.
Un garçon de 12 ans mis sous pression par les policiers
"Toutes les charges ont été abandonnées et il a retrouvé la liberté", a indiqué Joseph Frolik, directeur de la communication du bureau du procureur du comté de Cuyahoga. "La dernière fois que Ricky a goûté à la liberté, le timbre coûtait 10 cents, Gerald Ford était président (...) et Billie Jean King gagnait Wimbledon", a rappelé son avocat, une demi-heure après la libération.Après près de 15 000 nuits en prison, Ricky Jackson est sorti sans un sou, ni vêtements d'hiver. Il va être pris en charge par une association en attendant une éventuelle compensation de l'Etat.
En sortant du tribunal, Ricky Jackson a déclaré n'avoir aucune "animosité" envers le témoin qui l'a dénoncé. "Les gens le voient comme un adulte aujourd'hui mais en 1975, c'était un môme de 12 ans et il était manipulé et forcé par la police [qui l'a] utilisé pour nous mettre en prison", a déclaré l'ancien prisonnier.
Le principal témoin, Eddie Vernon, âgé d'une cinquantaine d'années aujourd'hui, est venu devant le tribunal pour raconter la vraie version des faits. "J'étais un enfant noir du quartier, pauvre et sans éducation. Un homme blanc avait été tué. Je ne connaissais rien du système judiciaire. Pensez-vous vraiment qu'à 12 ans, je pouvais faire face à ces policiers qui me criaient au visage ?", a-t-il témoigné, en larmes. Eddie Vernon se trouvait en fait dans le bus quand il a entendu les coups de feu. Pris dans la spirale du mensonge et sous la pression des policiers, l'enfant avait dû identifier des hommes qu'il n'avait jamais vus.
dimanche 23 mars 2014
samedi 18 janvier 2014
Vingt-quatre minutes d'agonie pour un condamné à mort en Ohio
http://www.liberation.fr/monde/2014/01/17/vingt-quatre-minutes-d-agonie-pour-un-condamne-a-mort-en-ohio_973541?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter
Dennis McGuire a été exécuté jeudi avec un cocktail médicamenteux jamais testé auparavant, qui pourrait lui avoir fait subir des souffrances intolérables.
Le condamné à mort Dennis McGuire a-t-il été exécuté dans une souffrance intolérable ? Hier à Lucasville, l’homme pourrait avoir fait les douloureux frais du test d’un nouveau cocktail létal jusqu’ici jamais utilisé aux Etats-Unis et qui, avant même son utilisation, faisait déjà débat.
Selon le récit qui en est fait par le journaliste du quotidien local Colombus Dispatch, il aura fallu vingt-quatre minutes pour que le nouveau produit mortel, injecté par intraveineuse à 10h29 (heure locale), ne fasse son effet, contre cinq minutes prévues initialement. Selon les témoins, il aurait montré des signes d’immenses douleurs pendant une dizaine de minutes malgré son endormissement.
«A 10h33, McGuire a commencé à se débattre et à haleter fortement, en produisant des sons d’éternuement et de suffocation qui ont duré au moins dix minutes, le poing serré et la poitrine soulevée. Un râle long et profond sortait de sa bouche», raconte le journaliste. Dennis McGuire a été déclaré mort à 10h53 (16h53 à Paris).
Ses avocats avaient affirmé que McGuire allait mourir d’asphyxie par un phénomène de «manque d’air» et endurerait «une peine cruelle et inhabituelle» prohibée par la Constitution. Mais tous les appels du condamné, jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, avaient été rejetés.S’il est prouvé que l’homme, a vraiment été exécuté dans la souffrance, ce serait un nouveau scandale pour la justice américaine. En novembre 2012, une officine du Massachusetts qui fournissait des produits pharmaceutiques pour les exécutions avait été jugée responsable d’une épidémie mortelle de méningite par manque d’hygiène.
Selon le récit qui en est fait par le journaliste du quotidien local Colombus Dispatch, il aura fallu vingt-quatre minutes pour que le nouveau produit mortel, injecté par intraveineuse à 10h29 (heure locale), ne fasse son effet, contre cinq minutes prévues initialement. Selon les témoins, il aurait montré des signes d’immenses douleurs pendant une dizaine de minutes malgré son endormissement.
«Suffocation» et «râle profond»
Dennis McGuire, condamné à la peine capitale pour avoir violé et tué une jeune femme enceinte en 1989, a été exécuté par l’injection du sédatif midazolam et de l’antalgique hydromorphone, dont le mélange n’avait jamais été utilisé aux Etats-Unis. Comme d’autres Etats américains, l’Ohio a changé de procédure pour les exécutions après le refus des fabricants européens de fournir, pour le châtiment suprême, l’anesthésiant employé jusqu’ici.«A 10h33, McGuire a commencé à se débattre et à haleter fortement, en produisant des sons d’éternuement et de suffocation qui ont duré au moins dix minutes, le poing serré et la poitrine soulevée. Un râle long et profond sortait de sa bouche», raconte le journaliste. Dennis McGuire a été déclaré mort à 10h53 (16h53 à Paris).
Ses avocats avaient affirmé que McGuire allait mourir d’asphyxie par un phénomène de «manque d’air» et endurerait «une peine cruelle et inhabituelle» prohibée par la Constitution. Mais tous les appels du condamné, jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, avaient été rejetés.S’il est prouvé que l’homme, a vraiment été exécuté dans la souffrance, ce serait un nouveau scandale pour la justice américaine. En novembre 2012, une officine du Massachusetts qui fournissait des produits pharmaceutiques pour les exécutions avait été jugée responsable d’une épidémie mortelle de méningite par manque d’hygiène.
L'ancien cocktail déjà mis en cause
Déjà, en 2007, une étude scientifique réalisée sous la direction d’un chirurgien de l’université de Miami, Leonidas Koniaris, prouvait que dans certains cas, le cocktail de poisons employé depuis 1977 pouvait, constituer une torture. Les Etats qui pratiquaient la peine de mort utilisaient alors les trois mêmes poisons : un sédatif censé rendre inconscient, un paralysant, le bromure de pancuronium, et le chlorure de potassium, qui provoque un arrêt du cœur. Selon Koniaris, le produit paralysant «éveille toutes les fibres douloureuses, comme si tout le corps était en feu», et est interdit sur les animaux. «Dans certains cas», dit cette étude, le supplicié se voit injecter une dose de sédatif insuffisante et ressent une extrême douleur, sans être capable de l’exprimer car le paralysant l’en empêchevendredi 8 janvier 2010
Etats-Unis : déjà trois exécutions depuis le début de l'année
Le 7 janvier 2010, à 18h16 heure locale, l'Etat du Texas a exécuté par injection létale Kenneth Mosley, 51 ans, condamné à mort pour le meurtre, en février 1997, de David Moore, un agent de police d'un faubourg de Dallas intervenu sur un braquage de banque. Kenneth Mosley est le premier condamné exécuté cette année au Texas et le 448ème depuis la reprise des exécutions dans cet Etat le 7 décembre 1982.
Le 7 janvier 2010, à 18h32 heure locale, l'Etat de la Louisiane a exécuté par injection létale un violeur d'enfant multirécidiviste qui avait renoncé à faire appel de sa condamnation. Gerald Bordelon, 47 ans, avait été condamné à la peine capitale pour le kidnapping, le viol et le meurtre de la fille de sa compagne, une enfant de 12 ans. Il s'agit de la première exécution capitale en Louisiane depuis 2002. Gerald Bordelon est le 1191ème condamné exécuté aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine de mort le 17 janvier 1977.
Dans l'Ohio, Vernon Smith, 37 ans, a été exécuté le 7 janvier 2010 pour un meurtre commis en 1993. Au cours d'un braquage, il avait abattu d'une balle dans la poitrine le gérant d'une supérette, un immigrant originaire d'Arabie saoudite, qui venait de lui remettre le contenu de sa caisse. Vernon Smith a été officiellement déclaré mort à 10h28 heure locale après avoir reçu une dose mortelle d'un produit unique, un anesthésique habituellement utilisé pour les interventions chirurgicales. L'Ohio est le seul Etat des Etats-Unis à n'utiliser qu'un seul produit pour les exécutions capitales. Vernon Smith est le deuxième condamné à être exécuté avec ce protocole et le 34ème depuis la reprise des exécutions dans l'Ohio en 1999.
Sources : Death Penalty News, Rick Halperin, Webmaster, 8 janvier 2010 - Photo : Salle d'exécution du pénitencier de Louisiane, "Angola".
mercredi 9 décembre 2009
Ohio : les 24 dernières heures d'un condamné à mort

Avant d'être sanglé sur la table d'exécution, un condamné à mort aux États-Unis passe ses dernières 24 heures en obéissant à un rituel précis à la minute où il devient, parfois pour la première fois de sa vie, le centre de toutes les attentions.
Un lit en fer, un petit poste de télévision, une Bible et derrière les barreaux parfois un rayon de soleil. Dans l'Ohio, dix ans, parfois vingt après avoir été jugé, le condamné à mort pénètre dans la «maison de la mort» sise au sein de la prison de Lucasville, quelque 400 km au sud du couloir de la mort.
Dans cet espace étroit aux murs jaunâtres, les relents d'urine mélangés à une odeur de soupe bon marché prennent le visiteur à la gorge.
Durant tout le temps qu'il faut à la Terre pour tourner sur elle-même, trois gardiens assis derrière un petit bureau et un écran d'ordinateur observent à tour de rôle et consignent chacun des gestes du condamné «pour les archives».
Des téléphones fixés aux murs, partout, témoignent qu'un sursis peut intervenir à tout moment.
À son arrivée le matin, le condamné fait l'objet d'une évaluation médicale. Au moins trois fois par la suite, c'est l'«équipe d'exécution» qui s'invitera dans sa dernière cellule pour regarder ses veines, évaluer le meilleur endroit où poser une intraveineuse assez solide pour supporter l'injection.
L'homme qui va mourir exprime ensuite ses souhaits en matière de funérailles. L'État de l'Ohio doit-il remettre sa dépouille à sa famille ou se charger des obsèques ? Mêmes questions pour ses affaires personnelles.
Il compose le menu du «repas exceptionnel» qui lui sera servi à 16H00, 18 heures avant sa mort. Le repas doit être «dans la limite du raisonnable» et toujours préparé dans les cuisines de la prison. «Nous ne faisons aucune commande à des restaurants», explique Julie Walburn, porte-parole des autorités pénitentiaires de l'Ohio qui assure la visite guidée.
L'heure est ensuite aux visites. Le condamné peut partager son espace avec ses proches pendant trois heures cet après-midi là. Ensuite, «il peut téléphoner, autant qu'il veut, tout au long de la nuit» et recevoir la visite de son conseiller spirituel.
Le matin, un petit-déjeuner lui est proposé, qu'«il ne prend pas toujours». Une douche sommaire derrière un rideau crasseux l'attend s'il le souhaite. On le prie alors d'enfiler les vêtements qu'il portera pour pousser son dernier soupir.
Entre 6H30 et 8H30, on lui donne encore le droit de voir, deux par deux, ses proches. Mais cette fois, il reste cantonné derrière la grille doublée d'une vitre de sa cellule.
9H45: un gardien se poste à l'entrée et lit l'ordre de la Cour suprême de l'Ohio qui habilite les autorités pénitentiaires à le tuer dans le quart d'heure qui suit.
Le condamné est allongé sur la table, deux cathéters sont posés dans ses veines. L'opération est filmée pour que les témoins y assistent, mais jamais enregistrée. Il se lève et est escorté vers la chambre d'exécution.
Dix-sept pas plus tard, il monte sur la table d'exécution et y est fermement attaché, les bras en croix.
«Chacun va à son rythme», promet Julie Walburn, assurant que les condamnés sont le plus souvent «très calmes». En arrivant, son regard peut croiser celui de la famille de la ou des victimes. Mais une fois étendu, il est tourné vers ses proches.
Le gisant prononce ses dernières paroles. Un signe invisible du gardien qui tient le micro. Posté derrière une vitre, dans le noir, un autre gardien appuie sur la seringue qui diffuse le poison.
Source: Lucile Malandain, Agence France-Presse, Lucasville, cyberpress.ca, 7 décembre 2009
Ohio: la première exécution par injection simple a eu lieu

Kenneth Biros (ci-contre) , un homme reconnu coupable d'un meurtre survenu en 1991, a été exécuté le mardi 8 décembre 2009 dans l'État de l'Ohio.
Le condamné a été déclaré mort à 11h47 à la prison de Lucasville.
Ce qui rend cette exécution spéciale, c'est qu'elle a été réalisée grâce à la technique d'injection simple, et non triple. Kenneth Biros, 51 ans, est donc devenu le premier prisonnier des États-Unis condamné à la peine de mort à être exécuté selon ce protocole, qui est à l'origine d'un débat éthique chez nos voisins du sud.
En effet, l'Ohio a été le premier État américain à adopter cette nouvelle méthode, qui consiste à utiliser une seule injection d'un anesthésiant dans les veines. Si cette méthode ne fonctionne pas, le protocole de l'Ohio prévoit l'injection de deux drogues, un sédatif et un antidouleur, par injection intramusculaire. Les nouvelles règles prévoient que cette étape peut être répétée à trois reprises.
Le recours à ce nouveau procédé en Ohio fait suite à l'échec d'une exécution en septembre dans cet État. L'exécution avait été suspendue après que l'équipe d'exécution ait mis deux heures à tenter de procéder, en piquant le condamné Romell Broom à 18 reprises sans trouver une veine. Le condamné avait alors fait appel de sa mise à mort.
Le débat provient du fait que les pourfendeurs de la nouvelle méthode, ainsi que certains spécialistes, estiment que celle-ci prend le double du temps à faire effet sur la personne injectée. Avec la méthode des trois injections, le condamné décède au bout de sept minutes, alors qu'avec ce nouveau protocole, le processus peut prendre jusqu'à 15 minutes.
Les critiques affirment aussi qu'il s'agit purement et simplement d'expérimentation sur les humains.
Plusieurs autres États qui permettent la peine de mort envisagent d'utiliser la méthode de l'injection simple. Cependant, des États comme la Floride, le Kentucky, le Texas et la Virginie ont déjà exclu cette possibilité et vont continuer d'utiliser la méthode d'injections multiples. 36 États américains pratiquent la peine de mort.
Kenneth Biros avait été condamné à la peine de mort en 1991 pour le meurtre d'une jeune femme de 22 ans. Il avait démembré celle-ci et avait disséminé les parties de son corps en Ohio et en Pennsylvanie. En savoir plus.
Sources: New York Times, CNN, Radio-Canada, La Presse, 9 décembre 2009
mercredi 18 novembre 2009
Ohio : nouveau protocole d'exécution par injection létale
WASHINGTON — L'Etat de l'Ohio, où un condamné à mort a subi récemment une spectaculaire exécution ratée, va changer la façon dont il met à mort ses condamnés, optant pour l'injection d'un seul produit mortel au lieu de trois, selon une motion déposée vendredi par le procureur de l'Etat."D'abord, l'Ohio n'utilisera plus le protocole d'exécution contenant trois produits. A la place, l'Ohio va utiliser une injection mortelle ne comprenant qu'un seul produit chimique, le thiopental sodium, en quantité suffisante pour causer la mort (...)", explique le procureur de cet Etat du nord des Etats-Unis, Richard Cordray, dans sa motion devant un tribunal fédéral.
L'Ohio n'utilisera plus qu'un seul puissant anesthésiant, abandonnant les poisons paralysant le système musculaire et bloquant le coeur.
"Ce produit sera injecté par intraveineuse au condamné. Ni bromure de pancuronium, ni chlorure de potassium ne seront utilisés", précise-t-il.
La quasi-totalité des Etats appliquant la peine de mort aux Etats-Unis utilisent une méthode élaborée en 1977 dans le souci d'offrir au condamné une mort paisible et rapide.
L'injection mortelle consiste traditionnellement en l'administration de trois produits: un anesthésiant puissant proche du propofol, le thiopental sodium, un curare paralysant, le bromure de pancuronium, et une surdose de chlorure de potassium qui arrête le coeur.
Mais si l'anesthésiant est mal administré, les deux autres produits sont extrêmement douloureux, comme l'ont démontré plusieurs études scientifiques ainsi qu'une série d'exécutions ratées.
Le 15 septembre dernier, un condamné de 53 ans, Romell Broom, a subi pendant deux heures en Ohio les assauts des trois membres de l'équipe d'exécution de l'Etat qui ont piqué ses bras, ses mains et ses jambes 18 fois.
Le directeur de la prison a finalement jeté l'éponge, reportant l'exécution puisque son équipe n'avait pas réussi à isoler une veine susceptible de supporter le cathéter par lequel l'injection mortelle est diffusée.
Romell Broom est alors devenu le premier condamné à mort à survivre à son exécution aux Etats-Unis depuis 1946. Ses avocats ont déposé des recours pour qu'il ne subisse pas deux fois la même épreuve.
La nouvelle méthode d'exécution de l'Ohio sera applicable dès le 30 novembre.
Le changement a été salué par les militants pour des méthodes d'exécution plus humaines. "L'Ohio est devenu le premier Etat appliquant la peine de mort à abandonner la pratique consistant à paralyser les condamnés avant de les exécuter. Dans la nouvelle forme d'injection mortelle, ni le produit paralysant ni le très douloureux chlorure de potassium ne seront administrés aux condamnés", a affirmé dans un communiqué la Death Penalty Clinic de la faculté de droit de Berkeley (Californie, ouest).
"C'est une étape majeure. Paralyser les condamnés avant de les exécuter pour qu'ils ne puissent pas dire qu'ils souffrent est une pratique barbare et l'Ohio doit être félicité pour l'avoir abandonnée", conclut Ty Alper, directeur de ce département qui enseigne aux futurs avocats à défendre ceux qui risquent la peine capitale.
Source : AFP, 13 novembre 2009
jeudi 29 octobre 2009
L'Ohio tente vainement de trouver des médecins pour perfectionner son protocole d'injection létale
L'Ohio cherche des médecins pour le conseiller sur la meilleure façon d'exécuter les condamnés à mort mais les praticiens se dérobent, selon des documents judiciaires publiés lundi.
Le procureur général Richard Cordray explique que, pour des raisons éthiques et professionnelles, les médecins ne veulent pas se prononcer sur le sujet. Ses services ont pourtant contacté des juges, policiers et députés pour chercher des professionnels de santé disposés à partager leur expertise sur la peine capitale par injection.
Les exécutions sont suspendues dans cet Etat du Midwest en attendant les conclusions de la justice sur les méthodes d'injection, après l'échec de la mise à mort d'un condamné aux veines inutilisables le 15 septembre.
Source: Associated Press, 26 octobre 2009
Le procureur général Richard Cordray explique que, pour des raisons éthiques et professionnelles, les médecins ne veulent pas se prononcer sur le sujet. Ses services ont pourtant contacté des juges, policiers et députés pour chercher des professionnels de santé disposés à partager leur expertise sur la peine capitale par injection.
Les exécutions sont suspendues dans cet Etat du Midwest en attendant les conclusions de la justice sur les méthodes d'injection, après l'échec de la mise à mort d'un condamné aux veines inutilisables le 15 septembre.
Source: Associated Press, 26 octobre 2009
mardi 20 octobre 2009
La double mort de Willie Francis

Pendant neuf mois, le meurtre d'Andrew Thomas, le pharmacien de St Martinville, petite bourgade tranquille de Louisiane, demeura une énigme pour les autorités.
Une énigme non résolue jusqu'au mois d'août 1945.
A quelque deux cents kilomètres de là, au Texas, la police venait d'arrêter un jeune Noir de seize ans, Willie Francis, dans le cadre d'une affaire sans rapport avec le meurtre commis en Louisiane.
Au moment de son arrestation, Wille Francis portait sur lui le portefeuille du pharmacien de St Martinville.
Willie fut auditionné par les policiers. Dans un premier temps, il déclara que plusieurs personnes étaient impliquées dans ce meurtre, et il donna des noms. Mais très rapidement, les enquêteurs écartèrent cette hypothèse et abandonnèrent cette piste.
Quelque temps après, Willie reconnut être l'auteur des faits et déclara, sous serment et par écrit, qu'il s'agissait "d'un secret entre le pharmacien et moi."
Dans son livre, "L'exécution de Willie Francis", Gilbert King explique cette déclaration par la rumeur qui courait alors à St Martinville selon laquelle le pharmacien avait abusé sexuellement du jeune homme.
Par la suite, Willie conduisit les policiers à l'endroit où il s'était débarrassé de l'étui contenant l'arme du crime. Le revolver utilisé pour abattre le pharmacien avait été retrouvé près du corps de la victime : c'était l'arme de service d'un shérif adjoint de St Martinville, qui avait déjà publiquement menacé de tuer Thomas.
Ce revolver, ainsi que les balles qu'il contenait, disparurent de la salle des pièces à conviction peu de temps avant le procès.
Malgré des aveux répétés à deux reprises, Willie Francis plaida non coupable.
Pendant le procès, son avocat commis d'office ne souleva aucune objection, n'appela aucun témoin à la barre et n'offrit aucune défense face à l'accusation. A aucun moment, il ne remit en cause la validité des aveux passés par l'accusé.
Deux jours après le début des débats, Willie Francis était déclaré coupable de meurtre et condamné à la peine capitale par douze jurés et un juge acadiens.
L'avocat de Willie décida de ne pas faire appel du jugement.
Le 3 mai 1946, dans la petite prison de St Martinville, Willie Francis était sanglé sur la chaise électrique "itinérante" expédiée depuis la prison d'Angola, le Pénitencier d'Etat de Louisiane.
A midi et huit minutes, le bourreaux abaissa une manette.
Plus tard, des témoins de l'exécution déclarèrent que, dès la première décharge électrique, le jeune homme s'était mis à hurler derrière le masque de cuir qui lui dissimulait le visage : "Enlevez-moi ça ! Enlevez-moi ça ! Laissez-moi respirer !" D'autres témoins rapportèrent que Willie avait crié : "Ça m' tue pas ! Ça m' tue pas !"
Les décharges répétées ne vinrent pas à bout de la jeune vie de Willie Francis. On le détacha et, sonné comme un boxeur sur un ring, il regagna sa cellule.
On découvrit plus tard que, sous l'influence de l'alcool, le capitaine Foster et le détenu Vincent Venezia, tous deux expédiés du pénitencier d'Angola pour installer la chaise électrique, avaient mal respecté la procédure d'assemblage. La liaison par câbles entre le groupe électrogène installé dans le camion pénitentiaire garé derrière la prison et la chaise électrique située au premier étage de l'édifice était défectueuse. En outre, dès la première décharge, Willie s'était débattu dans ses sangles et la chaise s'était déplacée.
Après avoir miraculeusement survécu, Willie retrouva le couloir de la mort. Il reçut bientôt un document officiel l'informant que l'Etat de Louisiane procéderait de nouveau à son exécution six jours plus tard.
Des lettres et des télégrammes affluèrent à la prison de St Martinville de tous les Etats-Unis. Des Noirs comme des Blancs s'émurent du sort réservé à ce jeune homme. Avait-il été sauvé par la main du tout-puissant ? L'Etat de Louisiane avait-il le droit de l'exécuter une deuxième fois ? Ce jeune garçon était-il la victime innocente des Blancs de Louisiane ?...
Après cette exécution ratée, un jeune avocat acadien récemment démobilisé, Bertrand DeBlanc, décida d'assurer la défense de Willie. DeBlanc interjeta appel auprès de la Cour suprême des Etats-Unis, citant les Cinquième, Huitième et Quatorzième amendements de la Constitution.
Lors du vote préliminaire, les juges de la plus haute juridiction américaine se prononcèrent en faveur de Willie. Un greffier annonça par erreur à l'avocat du jeune condamné que son client était sauvé. En fait, par cinq voix contre quatre, la Cour suprême avait rejeté l'appel de Willie Francis.
Dans leurs motivations, les quatre juges qui s'étaient prononcés en faveur du condamné s'interrogeaient ironiquement sur le nombre de tentatives nécessaire pour que des exécutions répétées deviennent un châtiment "cruel et inhabituel", violant ainsi le Huitième amendement de la Constitution.
Dans les coulisses, le juge Felix Frankfurter, qui, par son vote, avait fait pencher la balance en faveur d'une nouvelle exécution, s'adressa secrètement au gouverneur de Louisiane pour lui demander de commuer la sentence.
Le 9 mai 1947, Willie Francis fut une nouvelle fois sanglé sur la chaise électrique et exécuté. Il avait dix-huit ans.
Autres temps, autres mœurs ? Le 15 septembre dernier, Romell Broom était sanglé sur la civière d'exécution d'une prison de l'Ohio, le Southern Ohio Correctional Facility, pour recevoir une injection létale. Après deux heures d'efforts pour trouver sur le condamné une veine susceptible de recevoir un cathéter, l'équipe chargée de l'exécution finit par jeter l'éponge. Ted Strickland, le gouverneur de l'Ohio, accorda à Romell Broom un sursis d'une semaine, l'Etat de l'Ohio n'ayant pas renoncé à procéder, comme dans le cas de Willie Francis, à une nouvelle tentative d'exécution. Les avocats de M. Broom ont initié une série d'appels qui ont introduit un moratoire de facto sur les exécutions dans l'Ohio et qui pourraient faire jurisprudence dans les autres états rétentionnistes des Etats-Unis. (Octobre 2009)
Sources : The Execution of Willie Francis: Race, Murder, and the Search for Justice in the American South, Gilbert King, Basic Civitas Books, 2009 (le lien commercial n'est fourni qu'à titre indicatif, sans but lucratif) ; Wikipedia, Death Penalty Information Center.
Photos : Willie Francis, dit "le veinard" (notez les doigts croisés), dans la prison de New Iberia, quelques jours après son exécution ratée ; la chaise électrique "itinérante", Gruesome Gertie, lors de son installation dans la prison de St Martinville ; la prison de St Martinville à l'époque.
Une énigme non résolue jusqu'au mois d'août 1945.
A quelque deux cents kilomètres de là, au Texas, la police venait d'arrêter un jeune Noir de seize ans, Willie Francis, dans le cadre d'une affaire sans rapport avec le meurtre commis en Louisiane.
Au moment de son arrestation, Wille Francis portait sur lui le portefeuille du pharmacien de St Martinville.
Willie fut auditionné par les policiers. Dans un premier temps, il déclara que plusieurs personnes étaient impliquées dans ce meurtre, et il donna des noms. Mais très rapidement, les enquêteurs écartèrent cette hypothèse et abandonnèrent cette piste.
Quelque temps après, Willie reconnut être l'auteur des faits et déclara, sous serment et par écrit, qu'il s'agissait "d'un secret entre le pharmacien et moi."
Dans son livre, "L'exécution de Willie Francis", Gilbert King explique cette déclaration par la rumeur qui courait alors à St Martinville selon laquelle le pharmacien avait abusé sexuellement du jeune homme.
Par la suite, Willie conduisit les policiers à l'endroit où il s'était débarrassé de l'étui contenant l'arme du crime. Le revolver utilisé pour abattre le pharmacien avait été retrouvé près du corps de la victime : c'était l'arme de service d'un shérif adjoint de St Martinville, qui avait déjà publiquement menacé de tuer Thomas.
Ce revolver, ainsi que les balles qu'il contenait, disparurent de la salle des pièces à conviction peu de temps avant le procès.
Malgré des aveux répétés à deux reprises, Willie Francis plaida non coupable.
Pendant le procès, son avocat commis d'office ne souleva aucune objection, n'appela aucun témoin à la barre et n'offrit aucune défense face à l'accusation. A aucun moment, il ne remit en cause la validité des aveux passés par l'accusé.
Deux jours après le début des débats, Willie Francis était déclaré coupable de meurtre et condamné à la peine capitale par douze jurés et un juge acadiens.
L'avocat de Willie décida de ne pas faire appel du jugement.
Le 3 mai 1946, dans la petite prison de St Martinville, Willie Francis était sanglé sur la chaise électrique "itinérante" expédiée depuis la prison d'Angola, le Pénitencier d'Etat de Louisiane.
A midi, les cloches de l'église de "Notre Dame de Perpetual Secours" résonnèrent comme chaque jour. Des habitants s'étaient déjà rassemblés dans les rues adjacentes à la prison pour assister à l'exécution. A l'intérieur, les deux bourreaux, qui empestaient l'alcool, s'activaient autour de la chaise électrique, une monstruosité de 150 kg de métal et de chêne qu'ils avaient dû porter à dos d'homme jusqu'au premier étage du bâtiment.
A midi et huit minutes, le bourreaux abaissa une manette.
Plus tard, des témoins de l'exécution déclarèrent que, dès la première décharge électrique, le jeune homme s'était mis à hurler derrière le masque de cuir qui lui dissimulait le visage : "Enlevez-moi ça ! Enlevez-moi ça ! Laissez-moi respirer !" D'autres témoins rapportèrent que Willie avait crié : "Ça m' tue pas ! Ça m' tue pas !"Les décharges répétées ne vinrent pas à bout de la jeune vie de Willie Francis. On le détacha et, sonné comme un boxeur sur un ring, il regagna sa cellule.
On découvrit plus tard que, sous l'influence de l'alcool, le capitaine Foster et le détenu Vincent Venezia, tous deux expédiés du pénitencier d'Angola pour installer la chaise électrique, avaient mal respecté la procédure d'assemblage. La liaison par câbles entre le groupe électrogène installé dans le camion pénitentiaire garé derrière la prison et la chaise électrique située au premier étage de l'édifice était défectueuse. En outre, dès la première décharge, Willie s'était débattu dans ses sangles et la chaise s'était déplacée.
Après avoir miraculeusement survécu, Willie retrouva le couloir de la mort. Il reçut bientôt un document officiel l'informant que l'Etat de Louisiane procéderait de nouveau à son exécution six jours plus tard.
Des lettres et des télégrammes affluèrent à la prison de St Martinville de tous les Etats-Unis. Des Noirs comme des Blancs s'émurent du sort réservé à ce jeune homme. Avait-il été sauvé par la main du tout-puissant ? L'Etat de Louisiane avait-il le droit de l'exécuter une deuxième fois ? Ce jeune garçon était-il la victime innocente des Blancs de Louisiane ?...
Après cette exécution ratée, un jeune avocat acadien récemment démobilisé, Bertrand DeBlanc, décida d'assurer la défense de Willie. DeBlanc interjeta appel auprès de la Cour suprême des Etats-Unis, citant les Cinquième, Huitième et Quatorzième amendements de la Constitution.Lors du vote préliminaire, les juges de la plus haute juridiction américaine se prononcèrent en faveur de Willie. Un greffier annonça par erreur à l'avocat du jeune condamné que son client était sauvé. En fait, par cinq voix contre quatre, la Cour suprême avait rejeté l'appel de Willie Francis.
Dans leurs motivations, les quatre juges qui s'étaient prononcés en faveur du condamné s'interrogeaient ironiquement sur le nombre de tentatives nécessaire pour que des exécutions répétées deviennent un châtiment "cruel et inhabituel", violant ainsi le Huitième amendement de la Constitution.
Dans les coulisses, le juge Felix Frankfurter, qui, par son vote, avait fait pencher la balance en faveur d'une nouvelle exécution, s'adressa secrètement au gouverneur de Louisiane pour lui demander de commuer la sentence.
Le 9 mai 1947, Willie Francis fut une nouvelle fois sanglé sur la chaise électrique et exécuté. Il avait dix-huit ans.
Autres temps, autres mœurs ? Le 15 septembre dernier, Romell Broom était sanglé sur la civière d'exécution d'une prison de l'Ohio, le Southern Ohio Correctional Facility, pour recevoir une injection létale. Après deux heures d'efforts pour trouver sur le condamné une veine susceptible de recevoir un cathéter, l'équipe chargée de l'exécution finit par jeter l'éponge. Ted Strickland, le gouverneur de l'Ohio, accorda à Romell Broom un sursis d'une semaine, l'Etat de l'Ohio n'ayant pas renoncé à procéder, comme dans le cas de Willie Francis, à une nouvelle tentative d'exécution. Les avocats de M. Broom ont initié une série d'appels qui ont introduit un moratoire de facto sur les exécutions dans l'Ohio et qui pourraient faire jurisprudence dans les autres états rétentionnistes des Etats-Unis. (Octobre 2009)
Sources : The Execution of Willie Francis: Race, Murder, and the Search for Justice in the American South, Gilbert King, Basic Civitas Books, 2009 (le lien commercial n'est fourni qu'à titre indicatif, sans but lucratif) ; Wikipedia, Death Penalty Information Center.
Photos : Willie Francis, dit "le veinard" (notez les doigts croisés), dans la prison de New Iberia, quelques jours après son exécution ratée ; la chaise électrique "itinérante", Gruesome Gertie, lors de son installation dans la prison de St Martinville ; la prison de St Martinville à l'époque.
jeudi 8 octobre 2009
Le témoignage d'un condamné sorti vivant de son exécution
Romell Broom (ci-contre) est le premier condamné à mort à survivre à son exécution aux Etats-Unis depuis 1946. Ce détenu de 53 ans, accusé du viol et du meurtre d'une adolescente de quatorze ans, a subi pendant deux heures mardi 15 septembre les assauts des trois membres de l'équipe d'exécution de l'Etat de l'Ohio. En vain, ces derniers ont piqué ses bras, ses mains et ses jambes 18 fois. Le directeur de la prison a finalement jeté l'éponge, son équipe n'ayant pas réussi à isoler une veine susceptible de supporter le cathéter par lequel l'injection mortelle est diffusée. Trois jours après son exécution manquée, Romell Broom à raconté son expérience dans un témoignage sous serment, dont l'AFP s'est procuré la transcription.
Il aide l'équipe d'exécution
Alors qu'il est allongé pendant les préparatifs à l'injection mortelle, l'équipe d'exécution pose les intraveineuses qui diffuseront ensuite trois produits: un qui anesthésie le condamné, un qui paralyse ses muscles et un qui arrête son coeur. "Il y avait trois gardes dans la pièce, un à ma droite, un à ma gauche et l'autre à mes pieds", raconte le rescapé. "L'infirmière a essayé trois fois d'accéder à mes veines au milieu de mon bras gauche" ajoute-t-il. Nouveaux essais, "deux fois dans le bras gauche". "L'infirmière doit avoir touché un muscle parce que la douleur me fait hurler". "Trois fois dans le bras droit". Une veine semble assez solide, l'infirmier tente d'installer le cathéter mais celui-ci cède. "Du sang a commencé à couler sur mon bras", raconte Romell Broom. Deuxième pause. Un gardien lui tapote l'épaule et lui conseille de se détendre. "A ce moment-là, j'avais très mal, les blessures dues aux piqûres m'empêchaient de tendre ou de bouger mes bras". Romell Broom tente alors d'intervenir en aidant les infirmiers à poser le garrot. "J'ai commencé à m'énerver. Je pleurais, j'avais mal et mes bras étaient enflés, les infirmiers piquaient dans des zones déjà contusionnées et gonflées, j'ai demandé qu'on arrête et j'ai demandé à parler avec mon avocate", explique-t-il. Finalement, le directeur de la prison lui fait savoir que la procédure est suspendue. Ses avocats ont déposé depuis des recours contre une nouvelle exécution et deux autres exécutions prévues à l'automne dans l'Ohio ont été suspendues.
Un débat relancé
L'échec de l'exécution de Romell Broom a relancé le débat aux Etats-Unis sur les méthodes d'injection mortelle. "Même après cette effroyable exécution ratée, l'Ohio veut continuer à tuer des gens (...), il devrait à tout le moins déclarer un moratoire de manière à être sûr qu'il possède les compétences techniques pour tuer les gens avec humanité", écrivait samedi 3 octobre le New York Times dans son éditorial."Chaque Etat devrait utiliser ce moment de honte pour s'interroger sur la peine capitale", insiste le quotidien."Les exécutions dans l'Ohio sont suspendues jusqu'à ce que ce dossier soit réglé, ça peut prendre six mois ou un an", a expliqué Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), sauf si la Cour suprême levait le sursis. Le gouverneur a estimé de son côté que ses équipes devraient avoir mis au point une "solution alternative" en cas de problème d'ici début décembre.
Initiée en 1982 et déjà pratiquée aux Etats-Unis sur plus de 1.000 condamnés, la méthode d'injection mortelle a pour but d'offrir au condamné et aux témoins une mort rapide et paisible. Mais elle suppose de faire pratiquer une intraveineuse à des équipes plus ou moins formées aux soins médicaux, aucun médecin ne pratiquant lui-même l'injection. Et si le premier produit est mal administré, les deux autres peuvent causer une douleur immense. En décembre 2006, Angel Diaz a vécu une pénible agonie de 34 minutes: les produits avaient été injectés dans ses muscles.
Selon des informations communiquées par les autorités de l'Ohio et rapportées par l'Associated Press le 7 octobre 2009, l'administration pénitentiaire envisage comme "solution alternative" de pratiquer les injections mortelles directement dans les muscles ou dans la moelle osseuse du condamné.
Source: Nouvelobs.com avec AFP et Death Penalty News, 6 octobre 2009
mardi 6 octobre 2009
Exécution ratée dans l'Ohio: le condamné à mort suivant obtient un sursis
Une cour d'appel fédérale a accordé lundi un sursis à Lawrence Reynolds, qui devait être mis à mort dans l'Ohio (nord des Etats-Unis) jeudi, après l'échec de la précédente exécution dans cet Etat lors de laquelle l'équipe n'a pas trouvé de veine pour poser l'injection mortelle.
"L'Etat de l'Ohio a eu des difficultés sérieuses et perturbantes pour exécuter au moins trois hommes, le plus récent étant Romell Broom", qui est retourné vivant dans sa cellule après deux heures d'essais le 15 septembre, estime la cour d'appel dans sa décision à deux juges contre un lundi, dont l'AFP a obtenu copie.
Elle s'interroge sur la compétence de l'Ohio à appliquer correctement le nouveau protocole d'injection mortelle qu'il a mis en oeuvre depuis mai 2009, "étant donné l'inexistence d'un plan de rechange si l'accès aux veines périphériques est impossible" et "les problèmes liés aux qualifications de l'équipe d'exécution".
Elle rappelle également que le condamné survivant, une première depuis plus de 60 ans aux Etats-Unis, a déposé une plainte devant un tribunal de première instance dans l'Ohio et qu'une audience est prévue le 30 novembre.
"Etant donné les fondamentales questions humanitaires et constitutionnelles en jeu dans les dossiers de peine de mort, ces problèmes de protocole méritent un examen approfondi", explique la cour en renvoyant la question devant le juge de première instance.
M. Reynolds avait été condamné à mort en 1994 pour avoir battu à mort et étranglé une femme de 67 ans.
Après l'exécution ratée de M. Broom, ses avocats avaient déposé deux requêtes arguant d'"une tendance à des problèmes graves dans l'administration de l'injection mortelle" dans l'Ohio. Ils assuraient qu'exécuter leur client en la circonstance reviendrait à lui infliger un "châtiment cruel et inhabituel" interdit par la Constitution américaine.
Outre le cas de M. Broom, ils citaient ceux de Christopher Newton, en mai 2007, où l'équipe avait mis plus d'une heure à trouver une veine, laissant le temps au condamné d'aller au toilettes au milieu de la procédure, et de Joseph Clark, en juin 2008, pleurant de douleur alors que sa veine a éclaté pendant l'injection.
La méthode de l'injection mortelle, utilisée dans tous les Etats américains pratiquant la peine de mort, a été validée en 2008 par la Cour suprême des Etats-Unis.
Source: AFP, 5 octobre 2009
"L'Etat de l'Ohio a eu des difficultés sérieuses et perturbantes pour exécuter au moins trois hommes, le plus récent étant Romell Broom", qui est retourné vivant dans sa cellule après deux heures d'essais le 15 septembre, estime la cour d'appel dans sa décision à deux juges contre un lundi, dont l'AFP a obtenu copie.
Elle s'interroge sur la compétence de l'Ohio à appliquer correctement le nouveau protocole d'injection mortelle qu'il a mis en oeuvre depuis mai 2009, "étant donné l'inexistence d'un plan de rechange si l'accès aux veines périphériques est impossible" et "les problèmes liés aux qualifications de l'équipe d'exécution".
Elle rappelle également que le condamné survivant, une première depuis plus de 60 ans aux Etats-Unis, a déposé une plainte devant un tribunal de première instance dans l'Ohio et qu'une audience est prévue le 30 novembre.
"Etant donné les fondamentales questions humanitaires et constitutionnelles en jeu dans les dossiers de peine de mort, ces problèmes de protocole méritent un examen approfondi", explique la cour en renvoyant la question devant le juge de première instance.
M. Reynolds avait été condamné à mort en 1994 pour avoir battu à mort et étranglé une femme de 67 ans.
Après l'exécution ratée de M. Broom, ses avocats avaient déposé deux requêtes arguant d'"une tendance à des problèmes graves dans l'administration de l'injection mortelle" dans l'Ohio. Ils assuraient qu'exécuter leur client en la circonstance reviendrait à lui infliger un "châtiment cruel et inhabituel" interdit par la Constitution américaine.
Outre le cas de M. Broom, ils citaient ceux de Christopher Newton, en mai 2007, où l'équipe avait mis plus d'une heure à trouver une veine, laissant le temps au condamné d'aller au toilettes au milieu de la procédure, et de Joseph Clark, en juin 2008, pleurant de douleur alors que sa veine a éclaté pendant l'injection.
La méthode de l'injection mortelle, utilisée dans tous les Etats américains pratiquant la peine de mort, a été validée en 2008 par la Cour suprême des Etats-Unis.
Source: AFP, 5 octobre 2009
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