Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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vendredi 8 janvier 2010

Etats-Unis : déjà trois exécutions depuis le début de l'année

Le 7 janvier 2010, à 18h16 heure locale, l'Etat du Texas a exécuté par injection létale Kenneth Mosley, 51 ans, condamné à mort pour le meurtre, en février 1997, de David Moore, un agent de police d'un faubourg de Dallas intervenu sur un braquage de banque. Kenneth Mosley est le premier condamné exécuté cette année au Texas et le 448ème depuis la reprise des exécutions dans cet Etat le 7 décembre 1982.

Le 7 janvier 2010, à 18h32 heure locale, l'Etat de la Louisiane a exécuté par injection létale un violeur d'enfant multirécidiviste qui avait renoncé à faire appel de sa condamnation. Gerald Bordelon, 47 ans, avait été condamné à la peine capitale pour le kidnapping, le viol et le meurtre de la fille de sa compagne, une enfant de 12 ans. Il s'agit de la première exécution capitale en Louisiane depuis 2002. Gerald Bordelon est le 1191ème condamné exécuté aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine de mort le 17 janvier 1977.

Dans l'Ohio, Vernon Smith, 37 ans, a été exécuté le 7 janvier 2010 pour un meurtre commis en 1993. Au cours d'un braquage, il avait abattu d'une balle dans la poitrine le gérant d'une supérette, un immigrant originaire d'Arabie saoudite, qui venait de lui remettre le contenu de sa caisse. Vernon Smith a été officiellement déclaré mort à 10h28 heure locale après avoir reçu une dose mortelle d'un produit unique, un anesthésique habituellement utilisé pour les interventions chirurgicales. L'Ohio est le seul Etat des Etats-Unis à n'utiliser qu'un seul produit pour les exécutions capitales. Vernon Smith est le deuxième condamné à être exécuté avec ce protocole et le 34ème depuis la reprise des exécutions dans l'Ohio en 1999.

Sources : Death Penalty News, Rick Halperin, Webmaster, 8 janvier 2010 - Photo : Salle d'exécution du pénitencier de Louisiane, "Angola".

mercredi 9 décembre 2009

Ohio : les 24 dernières heures d'un condamné à mort

Avant d'être sanglé sur la table d'exécution, un condamné à mort aux États-Unis passe ses dernières 24 heures en obéissant à un rituel précis à la minute où il devient, parfois pour la première fois de sa vie, le centre de toutes les attentions.
Un lit en fer, un petit poste de télévision, une Bible et derrière les barreaux parfois un rayon de soleil. Dans l'Ohio, dix ans, parfois vingt après avoir été jugé, le condamné à mort pénètre dans la «maison de la mort» sise au sein de la prison de Lucasville, quelque 400 km au sud du couloir de la mort.
Dans cet espace étroit aux murs jaunâtres, les relents d'urine mélangés à une odeur de soupe bon marché prennent le visiteur à la gorge.
Durant tout le temps qu'il faut à la Terre pour tourner sur elle-même, trois gardiens assis derrière un petit bureau et un écran d'ordinateur observent à tour de rôle et consignent chacun des gestes du condamné «pour les archives».
Des téléphones fixés aux murs, partout, témoignent qu'un sursis peut intervenir à tout moment.
À son arrivée le matin, le condamné fait l'objet d'une évaluation médicale. Au moins trois fois par la suite, c'est l'«équipe d'exécution» qui s'invitera dans sa dernière cellule pour regarder ses veines, évaluer le meilleur endroit où poser une intraveineuse assez solide pour supporter l'injection.
L'homme qui va mourir exprime ensuite ses souhaits en matière de funérailles. L'État de l'Ohio doit-il remettre sa dépouille à sa famille ou se charger des obsèques ? Mêmes questions pour ses affaires personnelles.
Il compose le menu du «repas exceptionnel» qui lui sera servi à 16H00, 18 heures avant sa mort. Le repas doit être «dans la limite du raisonnable» et toujours préparé dans les cuisines de la prison. «Nous ne faisons aucune commande à des restaurants», explique Julie Walburn, porte-parole des autorités pénitentiaires de l'Ohio qui assure la visite guidée.
L'heure est ensuite aux visites. Le condamné peut partager son espace avec ses proches pendant trois heures cet après-midi là. Ensuite, «il peut téléphoner, autant qu'il veut, tout au long de la nuit» et recevoir la visite de son conseiller spirituel.
Le matin, un petit-déjeuner lui est proposé, qu'«il ne prend pas toujours». Une douche sommaire derrière un rideau crasseux l'attend s'il le souhaite. On le prie alors d'enfiler les vêtements qu'il portera pour pousser son dernier soupir.
Entre 6H30 et 8H30, on lui donne encore le droit de voir, deux par deux, ses proches. Mais cette fois, il reste cantonné derrière la grille doublée d'une vitre de sa cellule.
9H45: un gardien se poste à l'entrée et lit l'ordre de la Cour suprême de l'Ohio qui habilite les autorités pénitentiaires à le tuer dans le quart d'heure qui suit.
Le condamné est allongé sur la table, deux cathéters sont posés dans ses veines. L'opération est filmée pour que les témoins y assistent, mais jamais enregistrée. Il se lève et est escorté vers la chambre d'exécution.
Dix-sept pas plus tard, il monte sur la table d'exécution et y est fermement attaché, les bras en croix.
«Chacun va à son rythme», promet Julie Walburn, assurant que les condamnés sont le plus souvent «très calmes». En arrivant, son regard peut croiser celui de la famille de la ou des victimes. Mais une fois étendu, il est tourné vers ses proches.
Le gisant prononce ses dernières paroles. Un signe invisible du gardien qui tient le micro. Posté derrière une vitre, dans le noir, un autre gardien appuie sur la seringue qui diffuse le poison.

Source: Lucile Malandain, Agence France-Presse, Lucasville, cyberpress.ca, 7 décembre 2009

Ohio: la première exécution par injection simple a eu lieu

Kenneth Biros (ci-contre) , un homme reconnu coupable d'un meurtre survenu en 1991, a été exécuté le mardi 8 décembre 2009 dans l'État de l'Ohio.
Le condamné a été déclaré mort à 11h47 à la prison de Lucasville.
Ce qui rend cette exécution spéciale, c'est qu'elle a été réalisée grâce à la technique d'injection simple, et non triple. Kenneth Biros, 51 ans, est donc devenu le premier prisonnier des États-Unis condamné à la peine de mort à être exécuté selon ce protocole, qui est à l'origine d'un débat éthique chez nos voisins du sud.
En effet, l'Ohio a été le premier État américain à adopter cette nouvelle méthode, qui consiste à utiliser une seule injection d'un anesthésiant dans les veines. Si cette méthode ne fonctionne pas, le protocole de l'Ohio prévoit l'injection de deux drogues, un sédatif et un antidouleur, par injection intramusculaire. Les nouvelles règles prévoient que cette étape peut être répétée à trois reprises.

Le recours à ce nouveau procédé en Ohio fait suite à l'échec d'une exécution en septembre dans cet État. L'exécution avait été suspendue après que l'équipe d'exécution ait mis deux heures à tenter de procéder, en piquant le condamné Romell Broom à 18 reprises sans trouver une veine. Le condamné avait alors fait appel de sa mise à mort.

Le débat provient du fait que les pourfendeurs de la nouvelle méthode, ainsi que certains spécialistes, estiment que celle-ci prend le double du temps à faire effet sur la personne injectée. Avec la méthode des trois injections, le condamné décède au bout de sept minutes, alors qu'avec ce nouveau protocole, le processus peut prendre jusqu'à 15 minutes.
Les critiques affirment aussi qu'il s'agit purement et simplement d'expérimentation sur les humains.
Plusieurs autres États qui permettent la peine de mort envisagent d'utiliser la méthode de l'injection simple. Cependant, des États comme la Floride, le Kentucky, le Texas et la Virginie ont déjà exclu cette possibilité et vont continuer d'utiliser la méthode d'injections multiples. 36 États américains pratiquent la peine de mort.
Kenneth Biros avait été condamné à la peine de mort en 1991 pour le meurtre d'une jeune femme de 22 ans. Il avait démembré celle-ci et avait disséminé les parties de son corps en Ohio et en Pennsylvanie. En savoir plus.

Sources: New York Times, CNN, Radio-Canada, La Presse, 9 décembre 2009