Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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vendredi 20 janvier 2017

Publication livre de Kenneth Foster


Kenneth Foster, ancien condamné à mort dont la sentence a été commuée en prison à vie en 2007,  vient de publier un nouveau recueil de poésie (en anglais) : A Voice from the killing Machine: A trilogy of poems.

 

Vous pouvez le commander sur tous les sites Amazon:

France : https://www.amazon.fr/Voice-killing-Machine-trilogy-poems/dp/1539782964/ref=sr_1_1?s=english-books&ie=UTF8&qid=1484913668&sr=1-1&keywords=kenneth+e+foster 


Etats-Unis :  https://www.amazon.com/dp/1539782964/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1484150122&sr=8-1&keywords=A+Voice+from+the+killing+Machine%3A+A+trilogy+of+poems

dimanche 13 novembre 2016

Charles Victor Thomson



Récit autobiographique de Charles Thomson condamné à mort. Retour sur les épisodes de la vie de sa vie qui l’ont amené à dériver vers ce sombre destin.  http://www.save-innocents.com/news/category/charles-victor-thompson


La vente de son livre a pour but la levée de fonds
 pour entreprendre de nouvelles enquêtes.

En français:

En Anglais:

Pour lui écrire et l’encourager :
Charles Victor Thomson

#999306 Polunsky unit

3872 FM 350 south

Livingston – Texas

77351-8580 USA

samedi 29 octobre 2016

Grace and Justice on Death Row ( livre en anglais)

https://www.amazon.fr/Grace-Justice-Death-Row-Innocent/dp/151071510X

I was on Death Row in Texas for 12 and a half years. - Grace and Justice on Death Row tells the story of such courage and of redemption for Alfred Dewayne Brown, who, like me, is an innocent man.”

Anthony Graves, 12th Exoneree from Texas’ Death Row and 138th Exoneree Nationally

What is worse than having a client on Death Row in Texas? Having a client on Death Row in Texas who is innocent and not knowing if you will be able to stop his execution in time. Grace and Justice on Death Row: A Race Against Time to Free an Innocent Man tells the story of Alfred Dewayne Brown, a man who spent over twelve years in prison (ten of them on Texas' infamous Death Row) for a high-profile crime he did not commit, and his lawyer, Brian Stolarz, who dedicated his career and life to secure his freedom. The book chronicles Brown's extraordinary journey to freedom against very long odds, overcoming unscrupulous prosecutors, corrupt police, inadequate defense counsel, and a broken criminal justice system. The book examines how a lawyer-client relationship turned into one of brotherhood. Grace And Justice On Death Row also addresses many issues facing the criminal justice.

mardi 19 janvier 2016

« Les Pieds nus dans l’Herbe » ou l’histoire de Charles Thompson

Récit autobiographique retraçant l’évasion incroyable du couloir de la mort du Texas ainsi que des retours sur les épisodes de la vie de Charles Thompson qui l’ont amené à dériver vers ce sombre destin. (réécrit par Roger Rodriguez, auteur américain). Traduction française - 6,49 € Amazon : http://www.amazon.fr/gp/product/B01A5IGGAY Kobo/Fnac : https://store.kobobooks.com/fr-fr/ebook/les-pieds-nus-dans-l-herbe Bientôt sur Apple I-tunes Les bénéfices iront intégralement au fonds de soutien de Charles, #999306, Polunsky (Texas) Rappel  des faits (1998) : Charles a été condamné à mort suite à une rixe avec un rival amoureux qui était sous l’emprise de la cocaïne et de l’alcool, la légitime défense n’ayant pas été retenue malgré ses allégations. Une deuxième personne blessée sans gravité d’après les secours est décédée quelques jours plus tard ; l’hôpital avait été reconnu coupable dans un premier temps, mais exonéré par la suite, et ce décès a également été mis à la charge de Charles. Par ailleurs, un nouveau procès se profile,  bien que très fatigué par toutes ces années d’enfermement, Charles fonde beaucoup d’espoirs sur cet évènement et espère avoir un bon avocat pour cette étape décisive. Les Amis de Charles Thompson - asso.thompson@gmail.com

mardi 1 avril 2014

Un film et un livre pour Rickey

, Rickey L Lewis - soutenu pendant plus de treize ans par le Comité Languedoc-Roussillon -Lutte pour la Justice, a été exécuté au Texas il y a un an. Dimanche 6 avril à 11h30, sur France 2, un film reportage lui sera consacré. Le 3 avril c'est un livre - La souffrance et la grâce- qui sortira publié chez Albin Michel. Dire que Rickey était innocent, montrer l'horreur d'une exécution, faire vivre sa mémoire, voici quelques uns des buts que se sont fixés Danièle et René Sirven, ses amis proches.

samedi 5 octobre 2013

ACHETEZ UN LIVRE, SAUVEZ UNE VIE


Dans le monde entier, ceux qui souffrent de la pauvreté subissent aussi l’injustice et la mort violente. Jusqu’à l’âge de 33 ans je ne m’étais jamais dit qu’un de mes amis ou un proche risquait d’être tué par le gouvernement. Je vis dans un pays où la peine capitale n’existe pas, et je ne savais pas grand-chose à ce sujet. Mais en 2001 tout a changé quand j’ai commencé à correspondre avec Gerald Marshall, détenu au Texas dans le couloir de la mort.
Gerald a changé mon point de vue sur la justice, que je percevais à l’échelle internationale. Dans ses lettres, ce gentil jeune homme ne cessait de parler de son rôle de père auprès de son fils et de ses efforts pour prouver qu’il n’avait pas tué l’homme qui avait perdu la vie lors du crime pour lequel Gerald avait été condamné à mort. Au début, je ne voulais pas me mêler du dossier, je voulais seulement lui apporter un peu d’amitié pendant le temps qu’il aurait à passer dans le couloir de la mort. Mais à mesure que j’en ai su davantage, ma position a changé.
Gerald m’a expliqué que ses co-inculpés avaient été autorisés à fabriquer une histoire selon laquelle Gerald avait agi seul et tué un homme et que l’un d’eux avait témoigné contre lui pour bénéficier d’une réduction de peine. Il y avait ce témoignage, et aussi un autre, émanant d’un informateur qui risquait d’être condamné à perpétuité. Cet indic a menti au procès de Gerald. En échange de son témoignage, il a bénéficié d’une réduction de peine et il s’est retrouvé libre, dans la rue.
L’État du Texas va exécuter Gerald Marshall s’il n’est pas défendu par d’excellents avocats.
Lorsque Gerald m’a expliqué ce qu’il en était, je me suis mise à mener ma propre enquête et à lire les comptes rendus du procès ainsi que d’autres documents. Non seulement j’ai appris que le co-inculpé et l’indic s’étaient entendus avec le ministère public, mais j’ai aussi appris que certains éléments de preuve n’avaient pas été fournis. Les avocats de Gerald n’avaient pas cherché à savoir s’il était innocent, c’est en partie à cause d’eux que Gerald a été condamné à mort pour un acte qu’il n’avait pas commis.
La situation était d’autant plus grave que Gerald avait grandi dans une famille qui ne lui apportait aucun soutien, si bien qu’il était extrêmement pauvre et qu’il a été contraint d’accepter un autre avocat commis d’office lors de la procédure en appel. Cet appel constitue sa seule chance de prouver que son procès n’a pas été équitable et qu’il est innocent. L’avocat chargé de le défendre lors de la procédure en appel n’a rien fait pour appuyer ce recours, mais a touché 25 000 dollars versés par l’État du Texas. Objectivement, les autorités ont payé cet homme pour qu’il nuise à Gerald délibérément. Quand cet avocat est mort, l’État du Texas a donné à Gerald un autre défenseur qui a un bilan d’échecs dans le cadre des procédures en appel et, visiblement, cet avocat ne fait pas le nécessaire pour Gerald, ce qui veut dire que Gerald sera exécuté si nous ne lui trouvons pas un avocat capable d’assurer sa défense.
La European Association for Human Rights, une association de bénévoles sans but lucratif, s’est assigné il y a un an l’objectif de contribuer à sauver la vie de Gerald. Dans ce but, nous acceptons les dons, nous vendons des œuvres d’art créées par des prisonniers du quartier des condamnés à mort, et nous avons récemment publié un livre intitulé 999489 – Des familles d’accueil au couloir de la mort, écrit par Gerald Marshall. On le trouve chez Amazon en Europe et aux États-Unis, en allemand, en anglais et en français. Nous espérons vendre assez de livres pour obtenir une défense efficace pour Gerald avant qu’il soit trop tard pour lui sauver la vie.
De tout notre cœur, nous vous demandons d’acheter un exemplaire de ce livre, et peut-être voudrez-vous faire un don à notre organisation pour nous soutenir dans nos efforts. Demandez à vos proches et à vos amis d’acheter ce livre, pour que Gerald soit libéré un jour et qu’il puisse être un père pour son fils. Nous vous remercions de votre soutien.
Cordialement,
Andrea Bachmann
Présidente, European Association for Human Rights (www.human-rights-association.org)

mardi 1 octobre 2013

Livre de Gerarld Edward Marshall "999489 - Des familles d'accueil au couloir de la mort"

http://geraldmarshall.jimdo.com/start/francais/

Gerald Edward Marshall a été condamné à mort par l’État du Texas en 2004. Notre organisme a accepté le cas de Gerald Marshall en tant que projet principal puisque nous sommes convaincus qu’il n’a pas commis de meurtre. En outre, il n’a pas bénéficié d’une représentation juridique compétente pour protéger ses droits. En achetant ce livre, vous contribuez à sauver la vie de Gerald Marshall.

999489 - Des familles d'accueil au couloir de la mort

A propos de l'auteur
Gerald Marshall (né en 1982) a été condamné à mort par l’Etat du Texas en 2004 pour meurtre qualifié. Il est actuellement incarcéré à Polunsky Unit à Livingston (Texas), là où se trouve le couloir de la mort le plus notoire des États-Unis.
A propos du livre
Voici l’histoire de Gerald Marshall – un appel pour la justice et l’espoir indestructible de la liberté. Il vous donne un aperçu de ses expériences évoluant d’une famille d’accueil à un environnement dans lequel la drogue et la violence sont monnaie courante. Il vous permet de voir l’envers du décor du couloir de la mort du Texas ainsi que celui du système judiciaire, et explique la manière dont il a atterri dans le couloir de la mort pour un meurtre qu’il n’a visiblement pas commis.

vendredi 21 juin 2013

Soutenir des condamnés à mort en soutenant LPJ

 L'ouvrage La machine à tuer a été réédité aux éditions Riveneuve (Paris). Lisez-le, offrez le...

La Machine à tuer se lit comme un roman policier. Tout y est: un petit voyou noir sorti d'un ghetto du Texas, un crime horrible, des policiers pas toujours nets, un procureur acharné qui veut être réélu et des avocats commis d'office qui en font le minimum. Le verdict: la mort.
Mais ce n'est pas un roman, c'est la réalité.
J'ai rencontré Odell par hasard en 1996. Des années d'action au sein de l'association «Lutte pour la Justice», relayée en 1998 par des centaines de personnes et par une solide équipe de défense au Texas n'ont pu le sauver.
A travers son histoire, c'est le parcours banal de tous les condamnés à mort des Etats-Unis qui est ici raconté. C'est aussi la justice nord-américaine qui est dévoilée: système compliqué qui exige des avocats et enquêteurs très pointus; système onéreux où la classe sociale et la richesse sont plus importantes que la culpabilité ou l'innocence; système faussé où ni les juges ni les procureurs ni les policiers ne sont indépendants du politique.
L'histoire est toujours actuelle malgré le vote de lois améliorant la situation, le progrès des tests ADN et l'action militante des Projets Innocence. Moins de condamnations à mort, mais plus de condamnations incompressibles à vie et ce sont les mêmes - les pauvres- qui en sont toujours les victimes.

Réédition revue et enrichie. Préface de Philip Wischkaemper, avocat pénaliste texan.

Les bénéfices de la vente iront à l'association Lutte pour la Justice et en particulier à la défense de condamnés à mort du Texas. Pour le commander: brthscl@aol.com, 16 euros frais de port compris

lundi 22 octobre 2012

Nouveau livre de Nanon M. Williams

http://www.youtube.com/watch?v=DrvSgji6yy0
Livre en anglais "The Darkest Hour: Shedding Light on the Impact of Isolation and Death Row in Texas Prisons by Dr. Betty Gilmore and Nanon M. Williams "


Ce livre met l’accent sur l'impact de l'isolement dans les prisons du Texas et le couloir dans la mort.  Il a été écrit par le Dr Betty Gilmore et Nanon M. Williams ancien détenu du couloir mineur au moment des faits.
Il décrit les effets dévastateurs de l'isolement extrême vécue par des milliers de détenus incarcérés dans les prisons du Texas. Ce livre présente le système carcéral de cet état et met l’accent sur le couloir de la mort et l'isolement. L'impact destructeur de l’isolation et des conditions très restrictives d’incarcération sont examinés par le biais de la recherche scientifique et d’ opinion d'experts ainsi que des témoignages de prisonniers tous mineurs lors de leur condamnation.



dimanche 23 septembre 2012

Nouveau livre, "La vie après le couloir de la mort"

Un nouveau livre en anglais écrit par les professeurs Saundra Westervelt et Kimberly Cook, qui se penchent sur la vie de dix-huit personnes injustement condamnées à mort et libérés ensuite. « Life After Death Row » : Les auteurs se concentrent sur trois aspects cruciaux qui touchent tous ceux qui recommencent une nouvelle vie après des années d'isolement, de justice bafouée, et la nécessité pour chacun d'eux de confronter leurs traumatismes personnels.


Saundra D. Westervelt est professeur de sociologie à l'Université de Caroline du Nord Greensboro. Kimberly J. Cook est professeur et directeur du département de sociologie et de criminologie à l'Université de Caroline du Nord Wilmington.

http://rutgerspress.rutgers.edu/acatalog/life_after_death_row.html
ou
http://www.amazon.fr/Life-After-Death-Row-Exonerees/dp/0813553822/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1348392025&sr=8-1

mardi 20 octobre 2009

La double mort de Willie Francis

Pendant neuf mois, le meurtre d'Andrew Thomas, le pharmacien de St Martinville, petite bourgade tranquille de Louisiane, demeura une énigme pour les autorités.

Une énigme non résolue jusqu'au mois d'août 1945.

A quelque deux cents kilomètres de là, au Texas, la police venait d'arrêter un jeune Noir de seize ans, Willie Francis, dans le cadre d'une affaire sans rapport avec le meurtre commis en Louisiane.

Au moment de son arrestation, Wille Francis portait sur lui le portefeuille du pharmacien de St Martinville.

Willie fut auditionné par les policiers. Dans un premier temps, il déclara que plusieurs personnes étaient impliquées dans ce meurtre, et il donna des noms. Mais très rapidement, les enquêteurs écartèrent cette hypothèse et abandonnèrent cette piste.

Quelque temps après, Willie reconnut être l'auteur des faits et déclara, sous serment et par écrit, qu'il s'agissait "d'un secret entre le pharmacien et moi."

Dans son livre, "L'exécution de Willie Francis", Gilbert King explique cette déclaration par la rumeur qui courait alors à St Martinville selon laquelle le pharmacien avait abusé sexuellement du jeune homme.

Par la suite, Willie conduisit les policiers à l'endroit où il s'était débarrassé de l'étui contenant l'arme du crime. Le revolver utilisé pour abattre le pharmacien avait été retrouvé près du corps de la victime : c'était l'arme de service d'un shérif adjoint de St Martinville, qui avait déjà publiquement menacé de tuer Thomas.

Ce revolver, ainsi que les balles qu'il contenait, disparurent de la salle des pièces à conviction peu de temps avant le procès.

Malgré des aveux répétés à deux reprises, Willie Francis plaida non coupable.

Pendant le procès, son avocat commis d'office ne souleva aucune objection, n'appela aucun témoin à la barre et n'offrit aucune défense face à l'accusation. A aucun moment, il ne remit en cause la validité des aveux passés par l'accusé.

Deux jours après le début des débats, Willie Francis était déclaré coupable de meurtre et condamné à la peine capitale par douze jurés et un juge acadiens.

L'avocat de Willie décida de ne pas faire appel du jugement.

Le 3 mai 1946, dans la petite prison de St Martinville, Willie Francis était sanglé sur la chaise électrique "itinérante" expédiée depuis la prison d'Angola, le Pénitencier d'Etat de Louisiane.

A midi, les cloches de l'église de "Notre Dame de Perpetual Secours" résonnèrent comme chaque jour. Des habitants s'étaient déjà rassemblés dans les rues adjacentes à la prison pour assister à l'exécution. A l'intérieur, les deux bourreaux, qui empestaient l'alcool, s'activaient autour de la chaise électrique, une monstruosité de 150 kg de métal et de chêne qu'ils avaient dû porter à dos d'homme jusqu'au premier étage du bâtiment.

A midi et huit minutes, le bourreaux abaissa une manette.

Plus tard, des témoins de l'exécution déclarèrent que, dès la première décharge électrique, le jeune homme s'était mis à hurler derrière le masque de cuir qui lui dissimulait le visage : "Enlevez-moi ça ! Enlevez-moi ça ! Laissez-moi respirer !" D'autres témoins rapportèrent que Willie avait crié : "Ça m' tue pas ! Ça m' tue pas !"

Les décharges répétées ne vinrent pas à bout de la jeune vie de Willie Francis. On le détacha et, sonné comme un boxeur sur un ring, il regagna sa cellule.

On découvrit plus tard que, sous l'influence de l'alcool, le capitaine Foster et le détenu Vincent Venezia, tous deux expédiés du pénitencier d'Angola pour installer la chaise électrique, avaient mal respecté la procédure d'assemblage. La liaison par câbles entre le groupe électrogène installé dans le camion pénitentiaire garé derrière la prison et la chaise électrique située au premier étage de l'édifice était défectueuse. En outre, dès la première décharge, Willie s'était débattu dans ses sangles et la chaise s'était déplacée.

Après avoir miraculeusement survécu, Willie retrouva le couloir de la mort. Il reçut bientôt un document officiel l'informant que l'Etat de Louisiane procéderait de nouveau à son exécution six jours plus tard.

Des lettres et des télégrammes affluèrent à la prison de St Martinville de tous les Etats-Unis. Des Noirs comme des Blancs s'émurent du sort réservé à ce jeune homme. Avait-il été sauvé par la main du tout-puissant ? L'Etat de Louisiane avait-il le droit de l'exécuter une deuxième fois ? Ce jeune garçon était-il la victime innocente des Blancs de Louisiane ?...

Après cette exécution ratée, un jeune avocat acadien récemment démobilisé, Bertrand DeBlanc, décida d'assurer la défense de Willie. DeBlanc interjeta appel auprès de la Cour suprême des Etats-Unis, citant les Cinquième, Huitième et Quatorzième amendements de la Constitution.

Lors du vote préliminaire, les juges de la plus haute juridiction américaine se prononcèrent en faveur de Willie. Un greffier annonça par erreur à l'avocat du jeune condamné que son client était sauvé. En fait, par cinq voix contre quatre, la Cour suprême avait rejeté l'appel de Willie Francis.

Dans leurs motivations, les quatre juges qui s'étaient prononcés en faveur du condamné s'interrogeaient ironiquement sur le nombre de tentatives nécessaire pour que des exécutions répétées deviennent un châtiment "cruel et inhabituel", violant ainsi le Huitième amendement de la Constitution.

Dans les coulisses, le juge Felix Frankfurter, qui, par son vote, avait fait pencher la balance en faveur d'une nouvelle exécution, s'adressa secrètement au gouverneur de Louisiane pour lui demander de commuer la sentence.

Le 9 mai 1947, Willie Francis fut une nouvelle fois sanglé sur la chaise électrique et exécuté. Il avait dix-huit ans.


Autres temps, autres mœurs ? Le 15 septembre dernier, Romell Broom était sanglé sur la civière d'exécution d'une prison de l'Ohio, le Southern Ohio Correctional Facility, pour recevoir une injection létale. Après deux heures d'efforts pour trouver sur le condamné une veine susceptible de recevoir un cathéter, l'équipe chargée de l'exécution finit par jeter l'éponge. Ted Strickland, le gouverneur de l'Ohio, accorda à Romell Broom un sursis d'une semaine, l'Etat de l'Ohio n'ayant pas renoncé à procéder, comme dans le cas de Willie Francis, à une nouvelle tentative d'exécution. Les avocats de M. Broom ont initié une série d'appels qui ont introduit un moratoire de facto sur les exécutions dans l'Ohio et qui pourraient faire jurisprudence dans les autres états rétentionnistes des Etats-Unis. (Octobre 2009)


Sources : The Execution of Willie Francis: Race, Murder, and the Search for Justice in the American South, Gilbert King, Basic Civitas Books, 2009 (le lien commercial n'est fourni qu'à titre indicatif, sans but lucratif) ; Wikipedia, Death Penalty Information Center.

Photos : Willie Francis, dit "le veinard" (notez les doigts croisés), dans la prison de New Iberia, quelques jours après son exécution ratée ; la chaise électrique "itinérante", Gruesome Gertie, lors de son installation dans la prison de St Martinville ; la prison de St Martinville à l'époque.