Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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dimanche 28 février 2016

Pétition internationale en faveur de Kenneth Clair en Californie

Kenneth Clair, dans le couloir de la mort en Californie, vient de voir sa peine commuée à vie, en dépit du fait qu’ il reste une preuve d'ADN capitale, qui pourrait prouver son innocence. L’enquêteur de Kenneth Clair lance un appelle à la communauté Internationale: S'il vous plaît signez ma pétition si vous pensez qu’il n’est pas dans l’intéret de la justice que l’identité de la personne dont l’ADN a été retrouvée sur la victime demeure secrète.

L’affaire en resumé:  Le 15 Novembre, 1984, un enfant de 5 ans Jerrod Hessling avait été témoin du passage à tabac, du viol et du meurtre de sa baby-sitter. Lorsqu'on lui a demandé de décrire le tueur, il a répondu, sans hésitation, qu'il s’agissait d’un homme de race blanche. Un autre enfant également présent a vu le bras tatoué d'un homme blanc à l'intérieur de la maison qui ouvrait une porte coulissante en verre. Aucun des échantillons d'ADN prélevés sur les lieux du crime ne correspondent au profil de Kenneth Clair.

Plus particulièrement, en 2008, des tests médico-légaux ont révélé que l'ADN trouvé sur la victime assassinée correspondait en fait à un autre individu. Toutefois le Procureur du Orange County insiste pour que "la confidentialité soit requise" concernant ces éléments de preuve, et depuis maintenant 7 ans, l'identité de la personne dont l'ADN correspond à l'échantillon est demeurée secrète.

 À ce jour, 31 ans plus tard, M. Clair a vu sa peine annulée pour une peine à vie sans possibilité de libération. Ainsi, sa vie est épargnée, mais il n'a plus le droit à un avocat.

Dans l'intérêt de la justice, nous devons à présent soutenir l’initiative de l’enquêteur de Kenneth, et faire appel aux législateurs et au Procureur Général de la Californie pour exiger que la preuve d'ADN soit remise à la défense de Kenneth Clair. C'est la seule chance restante pour M. Clair d’obtenir justice. Nous demandons à toutes les organisations et individus concernés de bien vouloir signer cette pétition. Faites circuler sur vos réseaux. Il est important que ce dossier ne soit pas enterré dans l’indifférence.

https://www.change.org/p/tony-rackauckas-exonerate-kenneth-clair-dna-evidence-points-to-someone-else

lundi 2 mars 2015

Soutenir Rodney Reed

Rodney Reed a été condamné à mort pour le meurtre et le viol, en 1996, de Stacey Stites. La seule preuve sur laquelle a reposé la condamnation est une preuve ADN : du sperme retrouvé sur la victime ; or Rodney Reed a toujours indiqué qu’il avait une liaison avec la victime, ce qui justifie la présence de son ADN.
Son affaire contient un mélange troublant de fausse accusation, corruption policière, défense légale inadéquate et racisme institutionnalisé. Les preuves de son innocence sont accablantes et l'octroi d'un nouveau procès est indiscutable. Pendant le procès des preuves importantes qui auraient pu l’innocenter, n’ont pas été présentées.
Au fil des années, de nouveaux éléments ont été découverts qui désigneraient l’ex petit ami de la victime, un ancien policier (qui est actuellement en prison pour avoir abusé d’une femme pendant sa garde à vue).
Rodney Reed a fait des demandes pour de nouveaux tests ADN sur des éléments qui pourraient l’innocenter et jamais testés jusque-là (dont la ceinture qui a servi a étranglé la victime).
L'exécution de Rodney Reed programmée pour le 5 Mars vient d'être annulée par le tribunal le 23 février dernier.
Par conséquent, Rodney Reed demande un nouveau procès Il a fait des demandes pour de nouveaux tests ADN sur les éléments jamais testés. Rodney Reed a été condamné par un jury entièrement blanc.
Ces nouveaux tests pourraient prouver son innocence et sont donc indispensable car la menace qu’il soit exécuté reste bien réelle.
Lutte pour la Justice, parmi d’autre d’autres organisations, sera présente par solidarité lors du rassemblement prévu le 4 mars à Paris et le soutiendra dans la mesure de ses moyens.

lundi 26 janvier 2015

Caroline du Nord: Joseph Sledge innocenté

Joseph Sledge est sorti de prison après 40 ans, condamné en 1976 pour un double meurtre aggravé.
Trois juges ont accepté les témoignages des experts en ADN qui ont découvert qu'aucune preuve ne le reliait au double meurtre : ni les divers échantillons ADN, ni les cheveux, ni les empreintes digitales.
Quarante ans en prison sur de fausses preuves en particulier le témoignage d'un prisonnier qui, en 2013, a signé un aveu, désavouant son témoignage lors du procès : poussé par les autorités, il avait accusé Joseph contre la promesse de clémence dans sa propre affaire de drogue.
En sortant de prison, Joseph Sledge, accueilli par sa famille, a déclaré : « je rentre à la maison, me reposer, dormir dans un vrai lit et probablement, trouver une piscine et nager. »Sledge est le huitième prisonnier de Caroline du Nord innocenté depuis que l'Etat a mis en place une Commission de recherche de l'innocence (en 2007). Cet Etat est le seul àa voir mis en place ce système de révision des cas de personnes probablement innocentes.
Le projet Innocence a déclaré que Sledge était le 325° condamné innocenté grâce aux tests ADN, aux Etats Unis.

dimanche 22 décembre 2013

Des nouvelles de Hank Skinner


22 décembre 2013


Chers tous,
 
2013 touche à sa fin, et Hank a passé une nouvelle année dans le couloir de la mort pour un crime qu'il n'a pas commis. Ce fut une année difficile. Comme certains d'entre vous le savent, Hank a été très malade en août dernier. Il a passé trois semaines à l'hôpital, où il a été soigné correctement. Puis, après son retour à la prison de Polunsky, plusieurs employés du service médical ont décidé de ne lui donner aucun des médicaments prescrits par le médecin de l'hôpital. En quelques jours son état s'est aggravé considérablement et il a failli mourir à deux reprises. Bien qu'il n'ait pas encore complètement récupéré, il va beaucoup mieux et remercie tous ceux qui lui ont envoyé des messages de soutien pendant cette période très douloureuse.

Alors que Hank était à l'hôpital, les résultats des derniers tests ADN sont arrivés. Il s’agissait des tests mitochondriaux que l'État du Texas avait refusés de payer, et que nous avons pu obtenir grâce à votre incroyable générosité. Alors encore merci, nous n'aurions pas pu y arriver sans vous !

Conformément à l'accord bilatéral signé entre la défense et le ministère de la justice en juin 2012, une audience sur les éléments de preuves aura lieu à Pampa les 3 et 4 février prochain. Cette audience permettra de déterminer s'il existe une probabilité raisonnable que compte tenu des nouveaux éléments de preuves découverts via les tests ADN, un jury n'aurait pas reconnu Hank coupable. Il s'agit d'une étape cruciale, et potentiellement la dernière, pour voir Hank libéré enfin de ce cauchemar.

C'est une occasion unique, car les preuves scientifiques confirment ce que Hank a toujours dit en clamant son innocence. Hank a besoin de vous tous pour obtenir gain de cause. Embaucher au plus vite deux experts pour témoigner à l'audience est essentiel, et nous devons maintenant réunir les fonds.


Nous savons que les temps sont durs pour tous, pourtant il nous faut réunir 11,000€ et pour ce faire, nous avons besoin de 1100 personnes qui fassent chacune un don de 10€ pour atteindre notre objectif. Alors s'il vous plaît, continuez de soutenir Hank en faisant un don, en partageant l'information autour de vous et n'oubliez pas de lui envoyer vos messages d'encouragements. Hank a passé 6849 jours dans le couloir de la mort, et il est très difficile pour lui de vivre encore un Noël et un Nouvel An seul dans sa cellule à attendre cette échéance.
 
Avec nos remerciements et notre gratitude, veuillez recevoir tous nos meilleurs voeux pour vous et vos proches pour cette nouvelle année 2014 !
Justice 4 Hank
 
Pour faire un don, rendez-vous à la rubrique "comment aider" sur le site http://www.hankskinner.org Vous pouvez faire un don en ligne, ou trouver les coordonnées du fonds de soutien pour envoyer un chèque ou faire un virement bancaire. 
 
Continuez à soutenir Hank ! Merci !

vendredi 20 décembre 2013

Gerar Richardson reconnu innocent au New Jersey (Etats Unis)

Les avocats de Innocence Project viennent d'obtenir une nouvelle libération; le 7 décembre Gerard Richardson a été reconnu innocent, après 19 ans passés en prison au New Jersey, grâce à des tests ADN.

Just a few hours ago, I was in a courthouse in New Jersey where Somerset County Prosecutors filed a motion dismissing the indictment against Gerard Richardson, fully exonerating him of murder for which he served 19 years.  Gerard’s exoneration comes nearly two months after a court overturned his conviction and ordered his release from prison.

Gerard was convicted of the 1994 murder based largely on the testimony of a forensic dentist who claimed that a bite mark on the victim’s body matched to him.  Gerard always maintained his innocence and although several rounds of testing were inconclusive, he held out hope that DNA would one day exonerate him.  In the most recent round of testing, the lab was able to detect a complete male DNA profile from a swab taken from the bite mark that excluded Gerard.

Gerard has already begun to put his life back together after his long wrongful imprisonment, starting work at FedEx just days after his release.  But FBI regulations have prevented officials in New Jersey from entering the DNA profile from the bite mark into the CODIS DNA database, which contains over ten million profiles of convicted offenders and could identify the person responsible for the 1994 murder.  For the sake of the many victims in this case, we will be urging state lawmakers to amend the law to end the unnecessary hurdles to accessing the database.

lundi 8 février 2010

Texas : Henry "Hank" Skinner doit être exécuté le 24 février

La Française Sandrine Ageorges, militante abolitionniste, mène son plus dur combat. Son mari américain, Hank Skinner (photo ci-contre), doit être exécuté le 24 février au Texas.
Dix ans déjà. Dix ans que Sandrine Ageorges mène une double vie. "Une existence coupée en deux", comme elle dit. A Paris, elle est directrice de production, spécialiste des tournages de films américains en France. A Houston, au Texas, où elle passe six mois de l'année, elle se bat pour obtenir la réouverture du procès de Henry Watkins "Hank" Skinner, 47 ans, condamné à mort en 1995 pour triple meurtre, dont la date d'exécution est fixée au 24 février. L'homme qu'elle aime. Son mari depuis le 3 octobre 2008.
Deux vies, deux mondes entre lesquels court le fil d'Ariane de son engagement contre la peine de mort. Abolitionniste passionnée depuis l'adolescence, Sandrine a découvert le système judiciaire et carcéral made in USA à travers Lamp of hope (Lampe d'espoir), une association de condamnés à mort américains dont elle est devenue la traductrice. En 1996, elle a entamé une correspondance avec trois prisonniers. L'un d'eux s'appelait Hank Skinner. "Ses premières lettres faisaient 40 pages", se souvient-elle. Elle s'est aussi engagée dans la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort. Depuis 2008, elle la représente au sein du comité de pilotage de la Coalition mondiale, dont le 4e Congrès s'ouvre à Genève le 24 février.
Aucun contact physique, jamais
C'est en 1996 que Sandrine (photo ci-contre) a rencontré Hank pour la première fois à la prison d'Ellis, à Huntsville, haut lieu des mises à mort ordonnées par la justice du Texas. La première d'une très longue série de visites, plus ou moins espacées, au gré des décisions de l'administration pénitentiaire. Aucun contact physique, jamais: Hank et Sandrine se parlent par téléphone, à travers une épaisse paroi de Plexiglas.
Ou, plutôt, se parlaient. Depuis vingt mois, la Française est interdite de contact avec le détenu, incarcéré depuis l'automne à Polunsky, le "couloir de la mort" des condamnés texans. "L'administration carcérale se méfie, explique Sandrine. Nous n'avons cessé de dénoncer les conditions de détention des condamnés." Le jour de leur mariage, c'est son amie Nancy qui tenait le rôle de Hank devant le juge de Houston.
"Ma priorité c'est de gagner du temps"
"J'avais toujours été célibataire jusque-là, confie la mère de Daphné, 22 ans, future sage-femme. Mais porter le nom de Hank, c'est porter son combat. Et pouvoir continuer à suivre son dossier si les choses tournent mal." Sandrine flanche un court instant. Puis reprend: "Je veux le sauver, je veux que la vérité éclate." Non, son mari n'a pas tué sa compagne, Twila Busby, ni les deux fils adultes de celle-ci, le 31 décembre 1993. Elle dénonce une enquête à charge, un procès bâclé, un avocat négligent, un témoin clef qui s'est, depuis, rétracté, et des éléments matériels jamais exploités - une veste d'homme retrouvée sur les lieux du crime, deux couteaux et un torchon ensanglantés, les ongles cassés de Twila.
La défense de Hank a tiré ses dernières cartouches. Deux procédures sont en cours, l'une devant une cour d'appel fédérale, l'autre devant la Cour suprême. Par ailleurs, les avocats doivent déposer ces jours-ci un recours en grâce auprès du gouverneur du Texas - la perpétuité plutôt que la mort. "J'ai longuement hésité, soupire Sandrine. Parce qu'il est innocent, Hank s'est toujours opposé à une commutation de peine. Mais ma priorité, aujourd'hui, c'est de gagner du temps..."
Source : lexpress.fr, 8 février 2010
Cliquez ici pour en savoir plus sur le dossier de Hank Skinner (en anglais et en français)
Cliquez ici pour signer une lettre en ligne destinée au Board of Pardons and Paroles du Texas

dimanche 31 janvier 2010

POUR SOUTENIR LE RECOURS EN GRACE DE HANK SKINNER

Le recours en grâce sollicite la commutation de sa sentence de mort en peine de prison à perpétuité afin de permettre à Hank de prouver son innocence et demander ensuite son acquittement.

Les lettres de soutien doivent être envoyées à partir du 4 février et doivent être reçues par la commission au plus tard le 17 février. Elles doivent, bien sûr, être écrites en anglais.

Merci d'inscrire la référence suivante: "Attention: Hank Skinner Case - #999143" sur chaque page de votre lettre (y compris sur la page de couverture si vous envoyez votre lettre par télécopie) ainsi que sur le devant de l'enveloppe.

Les lettres doivent être postées à:

Clemency Section
Texas Board of Pardons and Paroles
8610 Shoal Creek Blvd
Austin TX 78757-6814
USA
Fax 00 1 512 467 09 45

N'ENVOYEZ PAS DE LETTRE INDIVIDUELLE A CHAQUE MEMBRE DE LA COMMISSION. VOTRE LETTRE RISQUE DE SE PERDRE ET DE NE PAS ETRE PRISE EN CONSIDERATION PAR LA COMMISSION.

MERCI A TOUS POUR VOTRE SOUTIEN!!

Tous les détails de son dossier sont disponibles sur le liste, néanmoins voici quelques points importants que vous pouvez utiliser:

Hank a été condamné à mort sur la base d'un faux témoignage et de preuves indirectes
Aucune preuve matérielle n'a été présentée lors du procès
La théorie de l'accusation reposait uniquement sur ce témoin qui s'est ensuite récusée. Elle a expliqué comment elle a été menacée et a du fournir une fausse déposition à la police et un faux témoignage basé sur un script fourni par le bureau de l'avocat général lors du procès
Les deux expertises scientifiques effectuées avant le procès le disculpe
Les deux expertises scientifiques effectuées pendant ses appels le disculpe également
Les analyses scientifiques confirment son incapacité physique à se tenir debout ou à marcher à l'heure des crimes
Les expertises à faire sur une quantité importante de prélèvements et pièces récoltés sur le lieu des crimes sont essentielles pour révéler la vérité sur son innocence
Ses requêtes pour les tests ADN ont été rejetées alors qu'il a toujours proposé de les payer
L'état du Texas détient un triste record en termes d'erreurs judiciaires et d'acquittement suite à des tests ADN
L'intérêt de la justice est de découvrir la vérité et de ne pas exécuter un innocent
L'état détient les preuves non-expertisées qui peuvent prouver son innocence
La commutation de peine est l'unique solution permettant de rendre une justice équitable
Pour plus d'informations sur le dossier, aller à: http://www.hankskinner.org

lundi 18 janvier 2010

Chronique d'une mort programmée - 2


18-01-2010 - Etats-Unis
Chronique d’une mort programmée - 2

Sandrine Ageorges & Hank SkinnerL'exécution de Hank Skinner, condamné à mort au Texas, est prévue le 24 février 2010, premier jour du Congrès mondial contre la peine de mort. Son épouse Sandrine Ageorges, représentante internationale de la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort, chronique cette mort annoncée sur Abolition.fr.

Lire la chronique du 23 décembre

Depuis plus de 13 ans, ma vie est divisée entre le Texas et la France. La vie de Hank et son dossier rythment mes choix de vie personnelle et professionnelle. Ce dossier n’est pas banal, à lui seul il révèle un très grand nombre de problèmes systématiques, voire automatiques dans l’application de la peine de mort au Texas, mais celui-ci est très dense.
La stratégie de l’état dans cette affaire démontre à quel point la machine à tuer impose ses mensonges, avec des moyens illimités et aux frais des contribuables, contre ceux qui n’ont pas de moyens financiers pour se défendre. Le dénominateur commun des condamnés à mort aux Etats-Unis est bien la pauvreté.
Le mirage d’un nouveau monde où tout est pourtant possible, si prometteur et dynamique qu’il est presque inconcevable d’assimiler et d’accepter la réalité de ce que j’ai vu, lu, entendu et appris. Alors l’histoire de Hank Skinner est peu à peu devenue la mienne, les années de correspondance et de visites ont renforcé nos convictions et alimenté notre soif de justice pour tous.
La perspective de son exécution n’entame en rien notre détermination à aller jusqu’au bout pour faire éclater la vérité. Malgré toutes ces années passées en enfer, sa force n’a jamais diminué, bien au contraire. Les représailles incessantes de l’administration pénitentiaire, qui joue un rôle insidieux et illégal en toute impunité dans l’application de la peine de mort au Texas, lui valent depuis longtemps un traitement exceptionnel en termes de tortures psychologiques et physiques.
Son engagement pour prouver son innocence, défendre les droits des condamnés à mort et améliorer les conditions de détention ne vacille pas. Sa force, il la puise dans la vérité de son histoire et les 350 exécutions qui ont eu lieu au Texas depuis son arrivée dans le couloir en mars 1995.
Son quotidien est essentiellement fait de punitions mesquines et incessantes, de privations sensorielles absolues et de sommeil impossible. Sa force de vie est une énergie incroyable et une leçon pour nous, tous, qui doutons parfois et qui nous essoufflons à force d’exécutions successives, souvent hebdomadaires au Texas.
Cette mort programmée est l’histoire d’un homme qui risque de mourir sans avoir pu prouver son innocence. S’il est impossible d’arrêter l’imprévisible, il est toujours possible de sauver une vie, puis une autre, encore une autre et de nombreuses autres, jusqu’à ce que le cauchemar prenne fin. En attendant l’abolition, il n’y a pas d’autres choix que de nous battre et d’unir nos forces jour après jour.

Sandrine Ageorges
http://www.hankskinner.org

lundi 4 janvier 2010

Trente-cinq saisons en enfer

Floride, 1974. James Bain, un jeune homme de 19 ans, est condamné à la prison à perpétuité pour le kidnapping suivi du viol d'un jeune garçon de 9 ans.
Depuis sa condamnation, James Bain a passé chaque jour de son existence derrière les barreaux à clamer son innocence.
Les jurés populaires qui ont pris la décision de le retrancher définitivement de la société ont forgé leur intime conviction sur la base du seul témoignage de la victime. Le garçon de 9 ans avait en effet reconnu son agresseur sur des photos présentées par les enquêteurs.
A cinq reprises, en 2001, 2003 et 2006, James Bain adresse à la cour d'appel des requêtes pour que des tests ADN, nouvellement admis en justice, soient pratiqués sur les pièces à conviction conservées au greffe. Refus répétés des autorités judiciaires.
En 2008, l'association Innocence Project finit par obtenir que des analyses ADN soient effectuées sur les échantillons de sperme prélevés sur les sous-vêtements de la victime.
Les résultats prouvent que James Bain ne peut en aucun cas être l'auteur des faits pour lesquels il a été condamné.
Après 35 années derrière les barreaux, James Bain vient de recouvrer la liberté.
"Je ne suis pas en colère", a-t-il déclaré aux journalistes qui l'attendaient à sa sortie de prison.
L'Etat de Floride versera à James Bain cinquante mille dollars par année passée indument derrière les barreaux, soit, au total, la coquette somme d'un million sept cent mille dollars...
Le prix, selon l'Etat de Floride, de trente-cinq années passées en enfer.

Source : Death Penalty News, 4 janvier 2010
Photo : James Bain à sa sortie de prison. Son premier geste d'homme libre a été d'appeler sa mère âgée de 77 ans avec un téléphone portable. A l'époque de sa condamnation en 1974, les téléphones portables n'existaient pas...


dimanche 3 janvier 2010

Selon le Death Penalty Information Center, la peine de mort recule aux Etats-Unis

Qu’il s’agisse de condamnations ou d’exécutions, la peine de mort est en déclin, selon le Death Penalty Information Center. Trois Etats ont aboli la peine capitale et le nombre de condamnés à mort a diminué de 47%. Sentence trop cruelle peut-être, mais surtout, le couloir de la mort revient cher.
« De plus en plus d’Etats américains se demandent si cela vaut la peine de maintenir la peine capitale », affirme Richard Dieter, le directeur du Centre d’information sur la peine de mort. (DPIC) L’organisme vient de publier son rapport annuel (Pdf) et souligne que le nombre de condamnations à mort a reculé continuellement ces 10 dernières années, pour tomber en 2009 à son niveau le plus bas : 106. Richard Dieter rappelle, à titre de comparaison qu’en 1994, 324 personnes avaient été condamnées.
La peine de mort a été rétablie aux Etats-Unis en 1976. Auparavant, elle avait été suspendue pendant une dizaine d'années par la Cour suprême qui avait jugé que son application arbitraire, notamment sur le plan racial, constituait une violation du 8e Amendement de la Constitution.
Actuellement, on exécute au niveau fédéral et dans trente-cinq États fédérés sur cinquante. Mais depuis quelques années, le lobby abolitionniste peut se targuer d'avoir remporté de petites victoires. Raphaël Chenuil Hazan dirige l’ONG Ensemble contre la peine de mort, il a constaté « un frémissement positif » sur ce dossier au sein de l’opinion publique américaine mais le phénomène existe surtout chez les élites. Les Américains restent majoritairement favorables aux exécutions capitales.
Un système très onéreux
La crise économique joue pourtant en faveur des abolitionnistes, « la peine de mort est un système qui revient très cher », rappelle Richard Dieter. Condamner à mort coûte 3 à 5 fois plus que condamner à la prison à vie, pour plusieurs raisons. D'abord il est très rare qu'il se passe moins de dix ans entre l'annonce de la sentence et son application, les détenus sont donc gardés dans des cellules individuelles, dans des quartiers spéciaux (les fameux couloirs de la mort) pendant des années. Ils sont presque toujours défendus par des avocats payés par l'État. Enfin, les recours sont multiples et retardent le processus. Conséquence : dans le Maryland, les contribuables dépensent par exemple 37, 2 millions de dollars pour une exécution. La Californie paie chaque année 137 millions de dollars pour la gestion des 690 condamnés à mort qui attendent d’être exécutés.
Les erreurs judiciaires font réfléchir
Les arguments en faveur de l’abolition ne sont pas seulement économiques. Richard Dieter souligne qu’il y a eu ces dernières années « de nombreuses erreurs judiciaires. Plus de 200 personnes ont été acquittées après avoir passé plusieurs années dans le couloir de la mort. Ces erreurs ont mis les gens mal à l’aise et cela a incité les jurés et les tribunaux à ne pas prononcer systématiquement la peine capitale ».
Toujours au chapitre éthique, la Cour suprême a suspendu l’application de la peine de mort en 2009, pendant 4 mois, suite à une controverse sur l’injection mortelle. En septembre dernier, une nouvelle polémique éclate avec l’affaire Romell Broom. Ce détenu de 53 ans a vécu l’enfer pendant deux heures et demie alors que l’équipe médicale chargée de son injection mortelle n’avait pas réussi à lui trouver une veine. Il a été piqué 18 fois, sans succès, l’exécution a finalement été suspendue.
Le Nouveau Mexique a aboli la peine de mort
« Quelle que soit mon opinion sur la peine de mort, je n’ai pas suffisamment confiance dans le système judiciaire, dans son fonctionnement actuel, pour être l’arbitre final lorsqu’il s’agit de décider qui meurt et vit après un crime. Si l’Etat doit prendre cette décision extraordinaire, le système doit être parfait et ne peut jamais se tromper ». Cette déclaration est signée Bill Richardson, le gouverneur démocrate du Nouveau Mexique. Son Etat a aboli la peine de mort en mars 2009, devenant le 15eme Etat de l’Union à choisir comme peine maximale : la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle. Bill Richardson le reconnaît, il a pris la décision « la plus difficile de toute sa carrière politique ». L’homme était partisan de la peine capitale, il est devenu abolitionniste : « Je suis allé en prison. Ceux qui sont pris aujourd’hui dans le système carcéral appartiennent majoritairement aux minorités ethniques. J’ai vu des erreurs, les analyses ADN l’ont prouvé, j’ai entendu parler d’abus dans les dossiers d’accusation. En toute conscience, je devais choisir une solution alternative ».
Abolir, le Connecticut, le Colorado, le Montana et le Maryland y réfléchissent mais le processus n'a pas encore abouti. Raphaël Chenuil Hazan rappelle qu’au Texas, la question de l’abolition ne se pose toujours pas. Cet Etat détient le record d’exécution (24 en 2009). Un condamné à mort reste en moyenne 24 ans dans le couloir de la mort texan.
Source: RFI, 24 décembre 2009