Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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mercredi 21 avril 2010

Aux Etats Unis, la peine de mort en sursis


Hank Skinner, un procès plus que douteux

Hank Skinner, probablement innocent du meurtre de trois personnes – sa compagne et ses deux fils -aurait dû être exécuté le 24 février 2010, à Hunstville, Texas. Il a reçu un sursis de la Cour Suprême une heure à peine avant son exécution. Actuellement la Cour réfléchit pour savoir si elle instruira ou non son dossier.

Depuis son procès, des témoins à charge sur qui la police avait fait pression, se sont rétractés ; des témoins à décharge n’ont jamais été entendu par le tribunal. Des tests ADN partiels conduits à la demande du professeur de journalisme David Protess ( qui avec ses étudiants rouvre des enquêtes douteuses) ont montré que les cheveux trouvés entre les doigts de la victime n’appartenaient pas à Hank. Par ailleurs Hank Skinner avait, avant son arrestation, des démêlés avec le shériff local car il défendait les droits des prisonniers du Comté et dénonçait la façon dont ils étaient traités par les autorités.

Ses avocats actuels demandent, depuis des années, que toutes les pièces à conviction leur soient données afin de faire conduire des tests ADN qui l’innocenteraient. Jusqu’à présent l’avocat général de Gray County a toujours refusé.
Malgré tous les doutes, toutes les irrégularités, Hank Skinner risque toujours l’exécution.

Quelques chiffres pour commencer…

En ce début 2010 quelques 3300 condamnés à mort, femmes et hommes, attendent leur exécution dans les couloirs de la mort des Etats-Unis, certains depuis vingt ans ou plus.
Ils passent en moyenne dix ans dans les couloirs avant d’être exécutés.

Au 1° janvier 2010, 1188 condamnés avaient été exécutés depuis 1976, date de la reprise des exécutions après un moratoire de plusieurs années décrété par la Cour Suprême. Le Texas à lui seul en a exécuté 447 ! Depuis 1973, 139 de ces condamnés à mort ont été reconnus innocents et libérés, des centaines d’autres ont vu leur peine cassée et ont été condamné à la prison à vie grâce à l’action d’avocats, d’enquêteurs, de journalistes, de comités de soutien, de bénévoles souvent réunis dans des Projets Innocence ( qui agissent aussi auprès de condamnés à des peines diverses)

La pauvreté et l’ignorance mènent au Couloir

Au-delà de ces chiffres, impressionnants et terribles, il y a des hommes et des femmes dont le profil est presque toujours le même : milieu modeste ou pauvre voire misérable, familles disloquées, violences familiales, viols et/ou prostitution, scolarité tôt arrêtée etc Et derrière ces chiffres il y a aussi les addictions aux drogues, l’alcool, les armes si faciles à acquérir ou à voler et la violence inouïe de la société américaine.
Une société qui criminalise la misère et les pauvres, où le tout répressif remplace le social – tolérance zéro, qui préconise la punition de tout acte délictueux même minime et ce quelque soit l’âge, « théorie du carreau cassé » qui veut que la répression des petits délits empêchent les crimes, travail forcé (chaînes aux pieds dans certains états), augmentation des effectifs de police et du nombre de prisons très souvent privées etc


Les américains aiment de moins en moins les exécutions

Pourtant tous les observateurs américains le constatent : la peine de mort recule peu à peu aux Etats-Unis. En 2009 seulement 52 exécutions ont eu lieu contre le double il y a dix ans et dans 11 états seulement alors que 35 l’ont dans leur législation. Le nombre des condamnations à mort est au plus bas depuis 1976 : 106 en 2009 contre 324 il y a 15 ans.
Récemment deux nouveaux états ont aboli la peine de mort, le New Jersey et le Nouveau Mexique, portant à quinze le nombre des états sans peine de mort. Parmi les 35 qui peuvent la pratiquer plusieurs n’ont pas exécuté depuis des années.

Alors la population et les hommes (et femmes) politiques US se sont ils convertis majoritairement à l’abolition ???Pas vraiment. La population est encore très pro peine de mort, surtout dans les états du sud et de l’ouest et le fait que la police elle-même déclare, sur son site, que cette peine est classée dans les dernières causes qui peuvent faire baisser la criminalité, ne fait pas bouger l’opinion de ceux qui la défendent.
Mais les actions des divers comités, avocats abolitionnistes, Defense Project commencent à porter leurs fruits : enquêtes bâclées par la police mises à jour, procès iniques, condamnés mal défendus par des avocats nommés d’office incompétents ou surchargés d’affaires,racisme, témoins « achetés », etc et surtout l’utilisation des tests ADN…quand ils sont possibles, que la police n’a pas détruit les preuves ou qu’elle consent à les fournir . Les diverses erreurs judiciaires largement médiatisées influent sur la frange la moins dure des pro peine de mort et donne du courage aux militants abolitionnistes, plus nombreux, plus visibles et mieux écoutés.


La crise est abolitionniste !

Cela ne suffirait pas à faire reculer la peine de mort au niveau des Etats ni de ses défenseurs les plus acharnés, mais il y a la crise ! Et si elle se poursuit ou s’aggrave la peine de mort risque bien de disparaître ! Condamner à mort coûte suivant les états de 3 à 5 fois plus cher que condamner à la prison à vie : procès plus longs, plus chers, nombreux appels, couloirs de la mort ultra sécurisés, gardiens plus nombreux etc. Ainsi la Californie dépense chaque année quelques 137 millions de dollars pour ses 690 condamnés à mort ! Les élus et les contribuables renâclent de plus en plus devant ces dépenses !

Quant au président Obama, s’il s’est déclaré pour la peine de mort, il a aussi œuvré , en tant que sénateur de l’Illinois à faire promulguer des lois qui l’encadrent sévèrement la condamnation à cette peine et qui rendent très difficiles une exécution. Il a par ailleurs nommé un abolitionniste au Ministère de la Justice, Eric Holder.

Alors la peine de mort US bientôt au musée ??? Pas tout de suite, mais ça vient…Heureusement il restera longtemps (toujours ???) un état différent, celui à « l’étoile solitaire » pour qui les abolitionnistes, ceux qui les soutiennent et la plupart des citoyens des états du nord et d’Europe sont de dangereux libéraux, voire des révolutionnaires, voire des communistes…le Texas où 88% environ de la population est pour la peine de mort… La loi du talion a encore quelques beaux jours devant elle.

lundi 8 février 2010

Texas : Henry "Hank" Skinner doit être exécuté le 24 février

La Française Sandrine Ageorges, militante abolitionniste, mène son plus dur combat. Son mari américain, Hank Skinner (photo ci-contre), doit être exécuté le 24 février au Texas.
Dix ans déjà. Dix ans que Sandrine Ageorges mène une double vie. "Une existence coupée en deux", comme elle dit. A Paris, elle est directrice de production, spécialiste des tournages de films américains en France. A Houston, au Texas, où elle passe six mois de l'année, elle se bat pour obtenir la réouverture du procès de Henry Watkins "Hank" Skinner, 47 ans, condamné à mort en 1995 pour triple meurtre, dont la date d'exécution est fixée au 24 février. L'homme qu'elle aime. Son mari depuis le 3 octobre 2008.
Deux vies, deux mondes entre lesquels court le fil d'Ariane de son engagement contre la peine de mort. Abolitionniste passionnée depuis l'adolescence, Sandrine a découvert le système judiciaire et carcéral made in USA à travers Lamp of hope (Lampe d'espoir), une association de condamnés à mort américains dont elle est devenue la traductrice. En 1996, elle a entamé une correspondance avec trois prisonniers. L'un d'eux s'appelait Hank Skinner. "Ses premières lettres faisaient 40 pages", se souvient-elle. Elle s'est aussi engagée dans la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort. Depuis 2008, elle la représente au sein du comité de pilotage de la Coalition mondiale, dont le 4e Congrès s'ouvre à Genève le 24 février.
Aucun contact physique, jamais
C'est en 1996 que Sandrine (photo ci-contre) a rencontré Hank pour la première fois à la prison d'Ellis, à Huntsville, haut lieu des mises à mort ordonnées par la justice du Texas. La première d'une très longue série de visites, plus ou moins espacées, au gré des décisions de l'administration pénitentiaire. Aucun contact physique, jamais: Hank et Sandrine se parlent par téléphone, à travers une épaisse paroi de Plexiglas.
Ou, plutôt, se parlaient. Depuis vingt mois, la Française est interdite de contact avec le détenu, incarcéré depuis l'automne à Polunsky, le "couloir de la mort" des condamnés texans. "L'administration carcérale se méfie, explique Sandrine. Nous n'avons cessé de dénoncer les conditions de détention des condamnés." Le jour de leur mariage, c'est son amie Nancy qui tenait le rôle de Hank devant le juge de Houston.
"Ma priorité c'est de gagner du temps"
"J'avais toujours été célibataire jusque-là, confie la mère de Daphné, 22 ans, future sage-femme. Mais porter le nom de Hank, c'est porter son combat. Et pouvoir continuer à suivre son dossier si les choses tournent mal." Sandrine flanche un court instant. Puis reprend: "Je veux le sauver, je veux que la vérité éclate." Non, son mari n'a pas tué sa compagne, Twila Busby, ni les deux fils adultes de celle-ci, le 31 décembre 1993. Elle dénonce une enquête à charge, un procès bâclé, un avocat négligent, un témoin clef qui s'est, depuis, rétracté, et des éléments matériels jamais exploités - une veste d'homme retrouvée sur les lieux du crime, deux couteaux et un torchon ensanglantés, les ongles cassés de Twila.
La défense de Hank a tiré ses dernières cartouches. Deux procédures sont en cours, l'une devant une cour d'appel fédérale, l'autre devant la Cour suprême. Par ailleurs, les avocats doivent déposer ces jours-ci un recours en grâce auprès du gouverneur du Texas - la perpétuité plutôt que la mort. "J'ai longuement hésité, soupire Sandrine. Parce qu'il est innocent, Hank s'est toujours opposé à une commutation de peine. Mais ma priorité, aujourd'hui, c'est de gagner du temps..."
Source : lexpress.fr, 8 février 2010
Cliquez ici pour en savoir plus sur le dossier de Hank Skinner (en anglais et en français)
Cliquez ici pour signer une lettre en ligne destinée au Board of Pardons and Paroles du Texas

dimanche 31 janvier 2010

POUR SOUTENIR LE RECOURS EN GRACE DE HANK SKINNER

Le recours en grâce sollicite la commutation de sa sentence de mort en peine de prison à perpétuité afin de permettre à Hank de prouver son innocence et demander ensuite son acquittement.

Les lettres de soutien doivent être envoyées à partir du 4 février et doivent être reçues par la commission au plus tard le 17 février. Elles doivent, bien sûr, être écrites en anglais.

Merci d'inscrire la référence suivante: "Attention: Hank Skinner Case - #999143" sur chaque page de votre lettre (y compris sur la page de couverture si vous envoyez votre lettre par télécopie) ainsi que sur le devant de l'enveloppe.

Les lettres doivent être postées à:

Clemency Section
Texas Board of Pardons and Paroles
8610 Shoal Creek Blvd
Austin TX 78757-6814
USA
Fax 00 1 512 467 09 45

N'ENVOYEZ PAS DE LETTRE INDIVIDUELLE A CHAQUE MEMBRE DE LA COMMISSION. VOTRE LETTRE RISQUE DE SE PERDRE ET DE NE PAS ETRE PRISE EN CONSIDERATION PAR LA COMMISSION.

MERCI A TOUS POUR VOTRE SOUTIEN!!

Tous les détails de son dossier sont disponibles sur le liste, néanmoins voici quelques points importants que vous pouvez utiliser:

Hank a été condamné à mort sur la base d'un faux témoignage et de preuves indirectes
Aucune preuve matérielle n'a été présentée lors du procès
La théorie de l'accusation reposait uniquement sur ce témoin qui s'est ensuite récusée. Elle a expliqué comment elle a été menacée et a du fournir une fausse déposition à la police et un faux témoignage basé sur un script fourni par le bureau de l'avocat général lors du procès
Les deux expertises scientifiques effectuées avant le procès le disculpe
Les deux expertises scientifiques effectuées pendant ses appels le disculpe également
Les analyses scientifiques confirment son incapacité physique à se tenir debout ou à marcher à l'heure des crimes
Les expertises à faire sur une quantité importante de prélèvements et pièces récoltés sur le lieu des crimes sont essentielles pour révéler la vérité sur son innocence
Ses requêtes pour les tests ADN ont été rejetées alors qu'il a toujours proposé de les payer
L'état du Texas détient un triste record en termes d'erreurs judiciaires et d'acquittement suite à des tests ADN
L'intérêt de la justice est de découvrir la vérité et de ne pas exécuter un innocent
L'état détient les preuves non-expertisées qui peuvent prouver son innocence
La commutation de peine est l'unique solution permettant de rendre une justice équitable
Pour plus d'informations sur le dossier, aller à: http://www.hankskinner.org