Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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lundi 20 avril 2015

Happy Birthday Mumia ! Bon anniversaire Mumia !



MUMIA aura 61 ans vendredi prochain 24 avril.

33 ans passés en prison, dont 30 dans l’enfer du couloir de la mort ! Autant d’années de souffrances et aujourd’hui gravement malade.

L’exigence immédiate de soins médicaux par des spécialistes indépendants et de sa libération sans condition est désormais entre les mains de Thomas Wolf, le Gouverneur de Pennsylvanie. Sachez que des marches auront lieu à Philadelphie et à New-York en fin de semaine (voir la pièce jointe) pour soutenir cette exigence à l'occasion du 61ème anniversaire de Mumia.

Nous vous invitons à envoyer une carte d’anniversaire à Mumia en l’assurant de votre soutien et en lui souhaitant une meilleure santé.
Ecrivez en français et envoyer votre carte sous enveloppe affranchie avec deux timbres au tarif prioritaire à l'adresse suivante :

Mumia Abu-Jamal / AM 8335
SCI Mahanoy
301 Morea Road
Frackville, PA 17932
USA

mardi 31 mars 2015

Mumia Abou Jamal gravement malade

Alors que les nouvelles concernant sa santé étaient plutôt rassurantes (nos dernières infos), nos amis américains viennent de nous faire savoir qu'il venait d'être transféré en début d'après-midi (19h - heure de Paris- lundi 30 mars) en unité de soins intensifs au centre médical Schuylkill de Pottsville (ville proche de la prison de Frackville).
 
L'émotion et l'inquiétude sont grandes du côté de sa famille qui demande à ses soutiens du monde entier d'intervenir auprès de l'administration pénitentiaire et de l'hôpital afin d'obtenir le droit de lui rendre visite immédiatement. Pour ce faire, nous invitons celles et ceux d'entre vous qui parlent l'anglais à appeler :
> le Superintendent de la prison, Mr John Kerestes : 001 570 773 2158 puis 8102 puis choix 3 ;
> l'hôpital où se trouve Mumia : 001 570 621 5000 ... Johanna Fernandez, porte-parole de Mumia, vient de se rendre à l'hôpital où elle s'est vu refuser l'accès à la chambre par quatre gardes qui l'en ont empêchée.
 
L'absence d'information étant la règle du côté des autorités américaines, tout est imaginable sur la gravité de l'état de santé de Mumia. Il y a quelques semaines, Phil Africa, amis de Mumia et militant de Move emprisonné, avait été hospitalisé mais son état, selon la prison, ne prêtait à aucune inquiétude ... Il est décédé le lendemain de cette annonce !
 
Ecrivez à la prison avec cette exigence "visitation right to hospital for Mumia's family" :
SCI Mahanoy / 301 Morea Road / Frackville
Superintendent John Kerestes
PA 17932 / USA
Intervenez auprès de l'Ambassade des Etats-Unis pour exiger "un droit de visite à l'hôpital pour la famille de Mumia" :
Madame Jane Hartley / Ambassadrice des Etats-Unis d'Amérique
2, avenue Gabriel / 75382 Paris cedex 08

samedi 24 novembre 2012

Mumia Abu Jamal - Hors les murs du couloir de la mort

Mumia Abu Jamal

Hors les murs du couloir de la mort
Mireille Fanon-Mendes-France
Fondation Frantz Fanon
Experte ONU
6 octobre 2012, 7h30.

Départ de New York pour Frackville au sud de la Pennsylvanie.
Après trois heures de conduite, la prison de Mahanoy est en vue. Si Mumia a changé de prison -celle-ci -de moyenne sécurité- est l’exacte réplique de celle de Greene –haute sécurité. Même fils de fer barbelés entourant les murs, même position du parking, même entrée meublée des mêmes fauteuils en skaï orientés vers le même mur. Tout est identique, y compris la façon dont sont accrochées, face à la porte d’entrée, les récompenses du staff des gardiens, même comptoir d’accueil. Le portique de sécurité est peut être légèrement plus déporté vers la gauche qu’à Greene.

Le même long couloir tournant vers la droite mène non plus vers le secteur du couloir de la mort mais vers la salle des visites. Une salle relativement grande, basse de plafond ; de nombreux fauteuils les uns derrière les autres disposés face à l’estrade sur laquelle « trônent » les gardiens ; quelques tables rondes ; des distributeurs de boisson, de friandises et de plats pouvant être réchauffés dans un micro-onde ; une salle pour les enfants mais interdite d’accès. De nombreux panneaux sur les murs : interdit aux prisonniers ; interdit aux prisonniers d’introduire les pièces dans les distributeurs et de sélectionner les denrées ; interdit de bouger les meubles ; toilettes interdites aux prisonniers…

Mumia attend légèrement recroquevillé sur lui, souriant. Il se lève. C’est la première fois que je peux le voir sans la vitre épaisse qui le séparait de tous ses visiteurs. Me reviennent plus de quinze ans de visite, l’atmosphère si particulière de Greene où se mêlaient à la fois la joie de passer plus de 3 heures avec Mumia, la crainte de ne pas le voir –les autorités pouvant à tout moment annuler la visite- et la pesanteur des conditions de la visite : la vitre où les voix ne peuvent atteindre l’un et l’autre qu’à travers quelques trous percés sur les côtés ; ses mains longtemps attachées, les premières fois, elles l’étaient par une chaîne lui entourant la taille et reliée à ses pieds. Il aura fallu la visite de Desmond Tutu pour qu’enfin nous le voyions les mains libres de toute entrave.

6 octobre 2012, il ne porte plus son uniforme orange mais est vêtu d’un uniforme marron avec pour seul agrément un parement jaune aux manches courtes, tenue réservée exclusivement aux visites.

Il aura fallu onze ans pour qu’il sorte du couloir de la mort, alors que le 18 décembre 2001, le Juge fédéral Yohn, de l’État de Pennsylvanie, avait « cassé » la sentence de peine de mort prononcée en 1982. Il aurait dû être extrait du couloir de la mort quelques jours après. C’est ce que nous attendions tous, même si nous savions que le Juge n’avait statué que sur la forme et non sur le fond de l’affaire ; pour la justice américaine, Mumia reste toujours coupable du meurtre qui lui est reproché. Après de nombreux appels tant au niveau fédéral qu’à celui de la Cour Suprême des Etats Unis, cette dernière « se lave les mains » des droits civils de Mumia et laisse à la Cour fédérale de Pennsylvanie le soin de revenir éventuellement sur la décision prise le 18 décembre 2001. Autre traitement inhumain et dégradant s’apparentant fort à une torture tant morale que physique.

Au-delà de ces « jeux de justice », il est intéressant de s’interroger sur le maintien de Mumia dans le couloir de la mort. Rappelons que le droit à la vie et celui de ne pas être soumis à une peine cruelle, inhumaine ou dégradante, sont affirmés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que dans des instruments internationaux et régionaux, à valeur normative, et dans des constitutions et législations nationales, sauf aux Etats-Unis qui ne cessent de marquer leur différence, dans le sens le plus monstrueux, même si certains de ses Etats ont voté des moratoires Ce n’est toujours pas assez ! L’idéologie de la loi du Talion à la vie dure.

En aucune manière, une exécution judiciaire ne constitue un acte de légitime défense, il s’agit juste d’un meurtre prémédité cruel et se rapproche, en ce sens, de la torture. C’est, comme le précise Amnesty International1, « une agression physique et mentale poussée à l’extrême contre une personne déjà réduite à l’impuissance par les autorités gouvernementales ». Tout Etat pratiquant la peine de mort ne peut prétendre être un Etat démocratique respectant les droits fondamentaux et encore moins lorsque cette peine de mort vise particulièrement les Afro-Américains qui « représentent 42 % de la population dans le couloir de la mort mais seulement 12% de la population américaine, alors que les Blancs, représentant 72 % de la population, constituent 44 % des condamnés à mort 2». Il faut ainsi admettre, à l’instar d’Arnaud Gaillard, que « la peine de mort est un dispositif majoritairement au service des personnes de couleur blanche, et d'autre part, que la vie n'a pas le même prix selon la couleur de la peau ou les capacités financières de chacun ». C’est bien d’ailleurs cette justice raciste que ne cessent de dénoncer Mumia et ses soutiens aussi bien américains qu’internationaux.

Mumia aura passé trente années dans le couloir de la mort, dont onze de trop. Dans cette attente réside aussi la cruauté et l’inhumanité de la peine de mort, non seulement le prisonnier attend sa mort mais cela constitue une torture mentale et physique inadmissible au regard du droit à la vie et du droit à la dignité humaine. Trente ans à attendre, à lutter, à clamer son innocence –il n’est pas le seul- trente ans constituant un traitement inhumain, une torture mentale et physique visant à le briser.

C’est compter sans la force de caractère de Mumia. Il résiste, étudie, lit, écrit, publie des livres3, donne des interviews, apprend le chant et le piano et ne cesse de faire des exercices physiques à raison de 6 heures par semaine, travaille sur son cas, informe ses camarades de détention sur leurs droits, même s’il avoue ne pas être « avocat ». Il a compris comment marchent les rouages et a éprouvé leurs limites. Pour l’administration pénitentiaire et judiciaire, il est à briser et surtout il faut obtenir sa vie pour laver l’outrage de la mort du policier Faulkner.

Ainsi lors de son arrivée à Mahanoy, les autorités n’ont eu de cesse d’obtenir de lui qu’il coupe ses dreadlocks –il avait promis de ne le faire qu’à sa libération-. Il refuse, restera plusieurs semaines en isolement complet, ni livre, ni radio, ni visite. Seul. Il perdra plusieurs kilos. Il ne cédera que devant l’insistance de sa femme et de ses soutiens. Il s’agissait pour les autorités américaines de le mettre face, hors du couloir de la mort, au même type de traitement dégradant et inhumain.

Mumia devrait passer le reste de sa vie en prison, à moins que le rapport de force entre ses soutiens et la justice permette que son cas ne soit réétudié, voire ré ouvert. C’est bien ce que la justice, dans le plus grand secret, a empêché de faire en rendant, le 13 août dernier, une ordonnance stipulant que Mumia était condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Il était ainsi privé d’une possibilité de recours, si n’avait été la vigilance d’une de ses anciennes avocates.

Au traitement inhumain et dégradant, équivalant à de la torture, s’ajoute le fait que Mumia est victime d’une violation systématique de ses droits à la dignité humaine, à ne pas être discriminé en raison de ses origines et à ne pas être privé du droit à se défendre puisqu’avec cette tentative, il y a violation intentionnelle des règles de procédures pénales.

Depuis 2009, les soutiens de Mumia ont commencé une large campagne internationale portant sur ses droits civils qui ont été largement violés depuis 1982 : le jury n’a eu connaissance que partiellement des informations ; Mumia, au tout début de son procès, a bénéficié d’une assistance juridique insuffisante ; le juge s’est montré ouvertement impartial ; les éléments nouveaux n’ont pas été acceptés par l’accusation ; sans oublier le poids politique de l’Ordre Fraternel de la police à Philadelphie. Ce constat interroge les normes internationales d'équité pour les procédures judiciaires. Seul un nouveau procès, avec des observateurs étrangers, pourrait permettre le respect des droits civils de Mumia.

15 heures, la fin de la visite est annoncée. Nous avons passé cinq heures ensemble. Cinq heures où se sont, pour la première fois, interposés des silences ; il n’y a plus l’urgence du couloir de la mort. Nous étions deux amis, certes dont un est emprisonné, mais le rythme était différent, moins pesant. Les enfants des prisonniers couraient, riaient ; des familles jouaient aux cartes ; d’autres savouraient d’être si près l’un de l’autre ; un prisonnier, attitré aux photos, n’a cessé d’en développer ...

Dans cet univers si impersonnel et où des vies se brisent, cette visite marque la seconde étape du combat mené avec les prisonniers politiques maintenus trop longtemps en prison alors qu’ils ne sont pas coupables ou qu’ils devraient être libérés depuis longtemps ; Il reste la mobilisation à construire pour obtenir la libération de Mumia et la fin d’une justice ouvertement raciste. Le micro a grésillé la fin de la visite.

mercredi 10 octobre 2012

Albi. Un film contre la peine de mort - 10 octobre 2012

Amnesty International anime une soirée-débat dans le cadre de la 10e journée mondiale contre la peine de mort, jeudi à 20 h 30, en partenariat avec la Scène nationale d'Albi, à l'auditorium du Bon Sauveur, 1 rue Lavazière, le groupe Amnesty international d'Albi projette le film «Toute ma vie en prison» réalisé par Mark Evans. Ce film relate l'histoire de Mumia Abu Jamal, homme noir, journaliste, ancien Black Panther, accusé du meurtre d'un policier, dans le couloir de la mort depuis 1982.

Les faits : aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d'une fusillade et est accusé du meurtre d'un policier, Daniel Faulkner. L'enquête conclut à la culpabilité de Mumia, qui clame son innocence. Témoins menacés, subornés, écartés, rapports de police contradictoires, violations de ses droits, mèneront en juillet 1982 à sa condamnation par un juge «recordman de la peine capitale»

La mobilisation internationale a empêché par deux fois l'exécution d'Abu-Jamal en 1995 et 1999. Le 18 décembre 2001, la sentence de mort de Mumia a été provisoirement écartée par le tribunal fédéral pour anti-constitutionalité des instructions données au jury lors du procès.

Aujourd'hui, les options d'appel s'amenuisent, alors que de nouvelles preuves jetant le doute sur son procès et l'enquête elle-même ont été mises à jour. À travers le cas de Mumia Abu Jamal, Amnesty International souhaite débattre de l'abolition de la peine de mort avec tous ceux qui viendront assister à la projection du film. C'est Colette Berthès, écrivain, militante associative reconnue, créatrice et animatrice, entre autres, de l'association «Lutte pour la justice» qui milite pour l'abolition de la peine de mort, qui fera le point sur l'abolition dans le monde et animera le débat.



mardi 11 septembre 2012

La délégation américaine des soutiens à MUMIA sera bientôt à Paris


A l'invitation du collectif Mumia Abu Jamal, une délégation d' amis américains conduite par Ramona Africa séjournera quelques jours à Paris. Elle sera présente au stand Mumia   à la Fête de l'Humanité (village du monde - avenue Che Guevara) et rencontrera les militants franciliens au siège du MRAP le mardi 18 septembre à 18h30. Venez nombreux saluer Ramona et Orie et débattre avec eux de leurs combats, notamment celui que  mènent tous les amis de Mumia, ensemble, depuis de très nombreuses années pour la libération de Mumia.(43 Bd de Magenta (Paris 10ème) - Métro : République / Bonsergent ou Château d'Eau)

vendredi 11 mai 2012

Jacky Hortaut et Claude Guillaumaud-Pujol ont rencontré Mumia Abou Jamal

Lundi 23 avril, dès 9 heures, nous arrivons sur le parking de la prison. Cette prison de « moyenne sécurité » selon le descriptif de l’administration pénitentiaire héberge 2.300 prisonniers. Surprise, la configuration du site et l’architecture des bâtiments ressemblent, à s’y méprendre, à la prison de SCI Greene à Waynesburg, là où Mumia a passé presque trois décennies de sa vie et où nous lui avons rendu visite à de nombreuses reprises. Peu de véhicules en dehors des espaces réservés aux gardiens. Nous sommes parmi les premiers visiteurs. Les sept membres de la délégation française pénètrent dans le hall d’accueil de la prison. Là aussi, jusqu’à la disposition du mobilier, tout est à l’identique de Waynesburg. Claude et Jacky, les visiteurs autorisés, doivent répondre aux formalités administratives obligatoires (vérification de la liste des visiteurs du jour et de leur identité) avant de rejoindre le deuxième hall d’attente où l’on se rend en passant sous un scanner, puis au détecteur de drogue. L’administration de la prison autorise le reste de la délégation à rester dans le hall d’accueil durant toute la visite. D’autres visiteurs sont assis à nos côtés. Parents, femmes et enfants attendent l’appel à se rendre dans la salle de visite. Les noms des prisonniers visités sont appelés à la criée. Celui de Mumia est prononcé, nous nous levons précipitamment pour passer un premier sas et parcourir un long couloir avant de franchir un deuxième sas pour entrer dans la salle collective de visite. Nous présentons notre permis de visite à un gardien souriant, perché sur une estrade dominant la salle. Mumia n’est pas encore là. Quelques prisonniers - jeunes, majoritairement blancs et en combinaison marron - sont déjà avec leurs parents, épouse ou compagne et parfois accompagnés de très jeunes enfants. Nous prenons place autour d’une petite table. Nos regards sont scotchés sur le sas par lequel arrivent les prisonniers. Mumia apparaît, grand, souriant à notre vue qu’il ne quitte pas tout en allant remettre un papier au gardien. Il se précipite ensuite vers nous et s’exclame d’une voix chaleureuse et en français « bonjour les amis » ! A tour de rôle, il nous étreint dans ses bras. L’émotion est si forte qu’il est difficile de la décrire précisément. Nous imaginons ce qu’ont pu ressentir, quelques semaines avant nous, sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et ses amis en pareille situation après des décennies de séparation. C’est un moment de grande fierté et de soulagement. Et le sentiment d’un grand privilège car tant de militants de la cause aurait voulu être à notre place. Nous lui souhaitons un « Happy Birthday » pour ses 58 ans et lui transmettons de nombreux messages de la part des soutiens français, avec la certitude d’en oublier car aucune fiche de notes, pas même un papier et un crayon n’étaient autorisés à pénétrer dans la salle de visite. La discussion s’engage immédiatement. Elle durera deux heures et demi, entrecoupée d’aller-retour aux distributeurs de boissons et de sandwiches que Mumia apprécie particulièrement. A l’incontournable question « qu’est-ce qui a changé dans tes conditions d’incarcération depuis que tu as quitté le couloir de la mort » ? Sa réponse est immédiate et spontanée « tout, absolument tout » ! Et Mumia nous parle de la qualité de la nourriture, des sorties dans la cour lui permettant de marcher et de faire du sport, les discussions avec les autres prisonniers, les visites de sa famille et de ses amis … Avec les limites imposées par l’univers de l’enfermement carcéral, on sent malgré tout qu’il croque à pleines dents ce retour à une certaine vie sociale. D’autant que « Mister Mumia », comme l’appelle les autres prisonniers, est respecté, adulé et consulté par tous, au point que l’administration de la prison a fait passer le message de le laisser plus au calme lors des sorties dans la cour. Après avoir été l’une des figures emblématique du combat contre la peine de mort, le voici devenu la star de SCI Mahanoy. A notre question « ne faudrait-il pas que le directeur de la prison mette un bureau de consultation à ta disposition pour recevoir les prisonniers », Mumia répond avec humour en éclatant de rire « il me faudrait aussi une secrétaire ». Beaucoup d’échanges non stop durant les deux heures de visites : l’élection présidentielle en France et ses enjeux (nous sommes le lendemain du premier tour), l’élection américaine pour la fin de l’année, le livre de Claude « Prisons de femmes » qui vient d’être publié en France et qui nous replonge dans la brutale et souvent inhumaine réalité carcérale américaine. Mumia évoque alors la souffrance des autres, celle de ses amis de Move emprisonnés depuis 33 ans à la suite d’un procès sans preuve mais dont la seule couleur de peau en a fait des criminels. Tout comme récemment, souligne-t-il, ce jeune afro-américain tué d’une balle dans le dos par un policier blanc qui lui sera laissé en liberté. Il nous parle également de la situation des condamnés à mort, notamment de ceux de Waynesburg qu’il a quittés sans les connaître vraiment car le contact était impossible en dehors du bruit provoqué par les points qui frappait les murs des cellules voisines de la sienne. Ce signe de vie semble lui manquer. Nous profitons de l’occasion pour lui parler de l’activité du Collectif français et de ses plus récentes initiatives (40.000 timbres à son effigie déjà vendus, 1.000 exemplaires épuisés du CD dont les paroles et la musique sont sa création). Il nous demande alors de remercier de tout son cœur cet élan de solidarité à qui il doit beaucoup. Il nous demande aussi de poursuivre le combat pour sortir de l’isolement tous ces hommes et toutes ces femmes qui sont privés de liberté. En ce sens, nous lui proposons de nous engager vers le parrainage d’un condamné à mort de sa précédente prison. Immédiatement, il nous suggère de retenir le nom de Romuald GIBSON portant le matricule BQ 5220, un homme sans défense car sans moyen (nous vous en reparlerons). La visite approche à sa fin. Nous échangeons encore quelques mots sur sa situation et les initiatives auxquelles réfléchissent ses avocates pour la suite du combat judiciaire. A ce propos, nous l’assurons de la continuité de notre soutien financier tant pour sa défense que pour ses besoins personnels. Avant de se quitter, nous remettons les tickets achetés au gardien de faction nous autorisant à prendre la photo immortalisant cette rencontre. C’est un autre prisonnier muni d’un appareil appartenant à la prison qui réalise la prise de vue. Mumia nous serre fort entre ses bras. Il est presque 13 heures, on se quitte en multipliant les signes de la main. Nous retrouvons nos amis dans le hall d’accueil de la prison, impatients de nous entendre. L’émotion a gagné tout le monde. On décide alors de partir sur le champs et de parler plus tard après une dernière photo collective devant le panneau de signalisation de la prison, ce qui nous vaut des interdits verbaux de la part des gardiens qui viennent prendre la relève de leurs collègues de service le matin. On quitte Frackville sous des giboulées de neige. On parlera durant les 300 kms du retour vers Washington de cette rencontre pas comme les autres. On en parlera encore le soir à l’hôtel dans une chambre où nous nous sommes réunis autour d’une pizza et d’un verre de vin. Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, après avoir pris l’avion quelques heures après la présidence d’un bureau de vote, venait de nous rejoindre pour participer à la manifestation du lendemain. Mardi 24 avril, c’est le jour du rassemblement devant le ministère de la justice des Etats-Unis, en face du siège du FBI. Nous y retrouvons nos amis américains, dans leurs diversités d’origine et d’engagement. Par centaines, ils crient et chantent un seul mot d’ordre « Libérez Mumia » ! Les orateurs se succèdent durant plusieurs heures. Avec sa banderole en deux langues « Une seule justice pour Mumia, sa libération ! Justice for Mumia, free Mumia now ! » la délégation française est acclamée. Deux profs franciliens, en vacances aux Etats-Unis mais spécialement venus de New-York, nous ont rejoints ainsi que notre amie Michelle, une franco-américaine que nous retrouvons régulièrement le mercredi soir place de la Concorde à Paris. En milieu d’après-midi le rassemblement se transformera en manifestation jusqu’aux grilles de la Maison Blanche où nous accéderons sans entrave de la police. Le même jour des manifestations ont eu lieu à Denver, Berlin, Bruxelles, Amsterdam, Montréal, Mexico, et à Paris le mercredi 25 avril, jour du rassemblement hebdomadaire devant le Consulat des Etats-Unis … depuis 1995 !

samedi 28 janvier 2012

MUMIA ABU-JAMAL est sorti du mitard !



Johanna Fernandez, porte parole de Mumia, s'est entretenue ce matin avec Scott Miller, assistant du Directeur de la prison de SCI MAHANOY, lequel l'a informée que le processus de sortie de l'isolement était imminent (15h - heure française). Johanna a qualifié cette très bonne nouvelle de "victoire" de la mobilisation internationale, précisant que plus de 5.500 lettres et pétitions étaient parvenues aux autorités pénitentiaires.
Dès que nous aurons plus de précisions sur le transfert de Mumia vers la population générale de la prison, nous vous en informerons.
Que tous ceux d'entre vous, nombreux à notre connaissance, qui sont intervenus pour protester contre les conditions d'incarcération inhumaines et illégales imposées à Mumia en soient remerciés.
Le combat pour sa libération continue ...
.

vendredi 16 décembre 2011

Des cartes postales pour Mumia

Mumia Abu Jamal n'est plus dans le couloir de la mort. Son comité de soutien lance une campagne "cartes postales". Quelques mots  de soutien et pour ceux qui ne savent pas l'anglais voici le message dans les deux langues:
 "Après cette première victoire, le combat contre le déni de justice et pour ta libération continue ! After this first victory, the fight against the denial of justice and for your release continues ! "Merci de mettre votre carte postale *( image de votre région, ville etc) sous enveloppe avec votre adresse au dos et de l'affranchir avec de préférence deux timbres à l'effigie de Mumia ou un timbre à 0,89€ ... Si vous ne disposez pas encore de timbres de La Poste avec le portrait de Mumia, vous pouvez les commander auprès de son comité de soutien  par internet
(*) Nouvelle adresse de correspondance :
Mumia Abu-Jamal
#AM 8335
SCI Mahanoy
301 Morea Road
Frackville, PA 17932
USA

jeudi 8 décembre 2011

Un message des soutiens de Mumia Abu-Jamal

Affaire Mumia Abu-Jamal :
la peine de mort est commuée en prison a vie

Telle est la conséquence de la décision du procureur Seth Williams qui a annoncé hier qu`il renonçait à saisir la justice de Pennsylvanie pour un nouveau procès.
Cette décision - rendue public au moment même ou nous rencontrions Mumia dans le couloir de la mort - met un terme à 30 ans d`acharnement judiciaire pour tuer Mumia.
C`est une grande victoire à mettre a l`actif de la mobilisation internationale et de la défense.
Avant même de connaître cette décision, Mumia nous confiait sa ferme intention de poursuivre le combat pour faire reconnaître son innocence. C`est dans ces conditions nouvelles et avec cet objectif que ses soutiens du monde entier continueront à agir.
La peine de mort écartée, c`est désormais le denie de justice qui doit être reconnu et Mumia libéré, comme l`a déclare le prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

Claude Guillaumaud-Pujol et Jacky Hortaut
New-York, le 8 décembre 2011

Claude et Jacky participeront les 9 et 10 décembre aux événements organisés à Philadelphie pour dénoncer 30 ans d`injustice.
 

vendredi 7 octobre 2011

A sad love song: un cd paroles et musique de Mumia Abu Jamal


LA SAGA D'UNE CHANSON ...
Il faut considérer ce que représente une pareille composition. Mumia ne connaissait pas le solfège et son initiation s'est faite grâce à un professeur qui vient lui rendre visite, à travers la vitre en triple verre sécurit, sans instrument et sans partition ... La suite fut l'affaire du pianiste et compositeur français Alain Jean-Marie qui s'acquitta de l'orchestration, en compagnie de la chanteuse Morena Fattorini et de quatre autres musiciens. Tous acceptèrent d'abandonner leurs droits au profit de la défense.
Mumia a dédié cette balade à son épouse Wadiya, mais au-delà elle s'adresse à tous ceux et toutes celles qui luttent pour un monde sans peine de mort, sans prison, un monde de justice, d'amour et de beauté.
Un grand merci à Jacques Lederer, une des chevilles ouvrières du Collectif français de soutien à Mumia, sans qui ce beau projet - né de sa rencontre avec Mumia dans le couloir de la mort en 2009 - ne serait pas devenu réalité.
Ecoutez des extraits de  la chanson en cliquant sur ce lien : http://www.franceculture.com/emission-le-choix-de-la-redaction-a-sad-love-song-30-ans-de-prison-pour-mumia-abu-jamal-2011-10-05.h


Vous pouvez acheter le CD (5€ l'exemplaire + frais d'envoi) Les fonds recueillis seront intégralement reversés à la défense de Mumia. www.mumiabujamal.com

mardi 26 avril 2011

Du nouveau pour Mumia Abu Jamal

La cour d'appel fédérale de Pennsylvanie a ordonné, mardi 26 avril, que la peine du Noir américain Mumia Abu-Jamal, le plus célèbre condamné à mort des Etats-Unis, soit réexaminée par un jury, sans pour autant que sa culpabilité soit remise en question.
"L'Etat de Pennsylvanie doit organiser de nouvelles audiences dans les cent quatre-vingts prochains jours", ordonne la cour d'appel dans son arrêt. Mumia Abu-Jamal, dans le couloir de la mort depuis près de trente ans, saura alors s'il reste condamné à mort ou si sa peine est commuée en prison à vie sans possibilité de sortie.
Envoyé dans le couloir de la mort en 1982 pour le meurtre d'un policier blanc qu'il nie avoir commis, Mumia Abu-Jamal est aujourd'hui âgé de 57 ans. Il est devenu, dans le monde entier, une icône de la lutte contre la peine de mort.
En 2008, cette même cour d'appel avait déjà suspendu sa condamnation à la peine capitale. Mais cette décision avait été très contestée et, après trois ans de procédures, la Cour suprême était intervenue en janvier 2011 pour demander à la cour d'appel de revoir son jugement.
(source LeMonde.fr)
 

lundi 18 avril 2011

Mumia Abu-Jamal aura 57 ans le 24 avril prochain...

Justice et liberté pour Mumia !

Mumia Abu-Jamal aura 57 ans (*) le 24 avril prochain dont 29 passés dans le couloir de la mort. Plus de la moitié de sa vie ! 

A cette occasion, un RASSEMBLEMENT aura lieu le MERCREDI 20 AVRIL (18h30) à PARIS face au Consulat des Etats-Unis, place de La Concorde (angle rue de Rivoli / Jardin des Tuileries). 

Lors de ce rassemblement, la délégation qui s'est récemment rendue aux Etats-Unis vous parlera de sa visite à Mumia ainsi que de l'échange qu'elle a eu avec sa nouvelle équipe de défense.

Nous comptons sur votre présence.

Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal rassemblant une centaine d'organisations et de collectivités territoriales françaises.

(*) N'oubliez pas de faire parvenir une carte d’anniversaire à Mumia avec cette mention « Happy Birthday Mumia, Freedom now ! ». Comme l'an passé, l'objectif est de faire parvenir 1.000 cartes à la prison de SCI Greene.

Nous suggérons l’envoi de cartes postales de nos belles régions françaises.

Pour ce faire, mettre la carte sous enveloppe avec vos coordonnées au dos (nom, prénom, adresse + France), l’affranchir avec un timbre de 0,85 € et l’envoyer à l’adresse ci-dessous (en respectant la disposition et le nombre de lignes) :

Mumia ABU-JAMAL
AM # 8335
SCI GREENE
175 Progress Drive
WAYNESBURG PA
15370 8090
USA

vendredi 25 mars 2011

Ancien avocat de Mumia Abu -Jamal, maïtre Leonard I. Weinglass est décédé

Communiqué du Collectif de soutien à Mumia Abu-Jamal

Le Collectif français de soutien à Mumia Abu-Jamal salue la mémoire d’un ami qui a consacré toute sa vie professionnelle et personnelle à la défense des droits humains. Leonard I. Weinglass aura marqué de son empreinte la vie politique des Etats-Unis en assurant la défense des hommes et des femmes qui ont eu à souffrir de leurs engagements face au pouvoir répressif de ses dirigeants. Rappelons qu’il fut avocat d’Angela Davis accusée d’assassinat, d’Anthony Russo et de Tom Hayden durant la guerre du Vietnam, de Jane Fonda dans sa plainte contre Richard Nixon, de Los Macheteros combattant pour l’indépendance de Porto Rico, de palestiniens menacés de déportation, d’Antonio Guerrero, l’un des cinq cubains accusés d’espionnage, et de Mumia Abu-Jamal notamment dans la période où celui-ci fut exposé à deux reprises à une ordonnance d’exécution (*).
De nos rencontres avec ce défenseur inlassable des droits humains, nous garderons le souvenir d’un homme passionné, de grande compétence et particulièrement chaleureux.
Nous partageons l’hommage solennel que lui a rendu la National Lawyers Guild en déclarant « qu’il méritait de rejoindre le Panthéon des grands avocats en consécration d’une carrière exemplaire ».

Paris, le 25 mars 2011



(*) Dans la postface du livre de Mumia Abu-Jamal « EN DIRECT DU COULOIR DE LA MORT », paru aux Editions La Découverte, Leonard I. Weinglass écrivait : « il ne fait guère de doute que c’est à cause de ses convictions politiques et de son passé militant que Mumia se trouve dans le couloir de la mort. La partie du procès-verbal qui traite de cette phase du procès est un document digne de l’Inquisition ».

mardi 1 mars 2011

L'acteur Colin Firth engagé aux côtés de Mumia

L'acteur Colin Firth vient de recevoir le prix du meilleur acteur pour son rôle dans le Discours d'un Roi . Le film et sa réalisation ont aussi été couronnés aux oscars à Hollywood.

Colin Firth, un artiste engagé

Colin Firth est un militant au sein d'Amnesty International. Son épouse, Livia Giuggioli- Firth et lui même ont produit le film consacré à Mumia Abu Jamal : "In Prison my Whole Life "  film primé lors de plusieurs festivals européens des Droits de l'Homme. Colin Firth a participé à plusieurs reprises aux soirées organisées par le Collectif Mumia Abu Jamal ( à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux) pour la défense de Mumia et sur le sujet de la peine de mort.

vendredi 30 avril 2010

Manifestation pour Mumia samedi 1° Mai





Le Collectif de soutien à Mumia Abu Jamal sera au 28 bld Bonne Nouvelle (à ce métro) après la Porte St Denis sur la droite en arrivant de République - sous la banderole rouge Mumia.

Nous vous y attendrons!!!

Le rassemblement partira de la République vers 14h.

Pour plus d'information, visitez le site de Mumia

vendredi 15 janvier 2010

Pétition pour Mumia Abu-Jamal et l'Abolition universelle de la peine de mort

NOUS, SIGNATAIRES de cette pétition, vous demandons de vous prononcer contre l’exécution de Mumia Abu-Jamal et de tous les hommes, femmes et enfants condamnés à mort dans le monde. Cette ultime forme de châtiment est inacceptable dans une société civilisée et représente une insulte à la dignité humaine. (Assemblée générale des Nations Unies, Moratoire sur la peine de mort, résolution 62/149 du 18 décembre 2007, réaffirmée par la résolution 63/168 du 18 décembre 2008.)

Monsieur Abu-Jamal (ci-contre), journaliste et auteur afro-américain connu dans le monde entier, est dans le couloir de la mort en Pennsylvanie depuis presque trente ans. Même si le sort de ce condamné ne relève pas directement de votre compétence juridique, nous en appelons à votre humanité pour que, usant de votre statut de leader moral sur la scène mondiale, vous impulsiez un moratoire universel sur la peine de mort aussi bien sur ce cas spécifique que sur celui de tous les condamnés à mort. M. Abu-Jamal est devenu le symbole international, la «Voix des Sans-Voix», de cette lutte contre la peine capitale et les abus des droits de l’homme. Il y a plus de 20 000 condamnés en attente d’exécution dans le monde, dont plus de 3 000 dans les couloirs de la mort aux États-Unis.

Le procès de M. Abu-Jamal, qui s’est tenu en 1982, a été entaché de racisme; il s’est déroulé à Philadelphie dans un climat de corruption policière et de discrimination raciale. Amnesty International, lauréat du Prix Nobel de la Paix «a établi que maints aspects de ce dossier mettent en évidence la violation des droits constitutionnels élémentaires de l’accusé seuls garants d’un jugement équitable selon le droit international. L’ouverture d’un nouveau procès pour Mumia Abu-Jamal serait dans l’intérêt même de la justice. Un procès qui devra être conforme aux normes internationales de justice et qui ne réimpose pas la peine de mort.» (A Life in Balance – The Case of Mumia Abu-Jamal, page 34; www.Amnesty.org/en/library/info/AMR51/001/2000.)

[Note: Cette pétition est approuvée par Mumia Abu-Jamal et son avocat principal, Robert R. Bryan, San Francisco.]

Pour signer cette pétition, cliquez ici.