Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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mardi 29 décembre 2009

Sûr de sa puissance, Pékin ignore les jugements de l'étranger

Le régime chinois est désormais conscient du poids que la Chine pèse sur l'économie mondiale. Rien ne semble pouvoir le faire céder quand à sa façon très particulière de faire respecter les droits de l'homme, qui provoque l'indignation internationale.
Le 25 décembre, le plus connu des dissidents chinois, Lu Xiaobo, a été condamné à onze ans de prison pour avoir rédigé une charte appelant à une transition démocratique pacifique et publié des textes critiques sur Internet. Onze ans de prison pour avoir eu le malheur d'être un écrivain, une peine des plus lourdes pour un crime de rédaction.
Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont vertement réagi à ce verdict, demandant à plusieurs reprises à Pékin de relâcher ce dissident de 53 ans. Les diplomates étrangers qui ont tenté de se rendre au tribunal où la sentence allait être prononcée, samedi 26 décembre, n'ont pas été autorisés à assister au procès. On leur a signifié à l'entrée qu'il "n'y avait plus de place pour s'asseoir".
Mardi 29 décembre, un autre homme de 53 ans, britannique celui-là, a subi de manière plus définitive encore la violence de la justice chinoise. Accusé de trafic d'héroïne, Akmal Shaikh a été exécuté par injection sans que les appels à la clémence aient été entendus par le gouvernement de la République populaire. Les interventions du premier ministre britannique Gordon Brown et du Foreign Office n'y ont rien fait. La Cour suprême de Chine avait validé mardi la condamnation quelques heures plus tôt.
Triple génuflexion
Une décision qui soulève d'autant plus l'indignation que M. Shaikh, si l'on en croit ses proches, pourrait bien être mentalement dérangé au point de ne pas être responsable de ses actes. La justice chinoise a refusé jusqu'au bout de faire subir au condamné un examen médical qui aurait pu confirmer - ou infirmer - les dires de sa famille. Elle aurait permis au moins de lever l'ambiguïté. Là non plus, les pressions exercées n'auront servi à rien.
Le contexte international très particulier de 2009 - l'année où le "dragon chinois" aura pour de bon redressé la tête après la grande fête des Olympiades de 2008 - et l'importance accrue de son rôle durant la crise financière mondiale augurent mal de la possibilité pour la communauté internationale de convaincre Pékin de lâcher du lest sur la question des droits de l'homme.

Des grands pays de la planète, elle est sans doute le régime le plus dur à réprimer ses dissidents, ses minorités ethniques (Tibétains, Ouïgours), et à imposer partout et sur chacun de ses citoyens la dure loi d'un parti unique dont la seule obsession est de se survivre à lui-même.
A l'étranger, le régime de Pékin ne se soucie guère de la nature des gouvernements avec lesquels il collabore, n'hésitant pas à financer les dictateurs les moins recommandables au nom de ses intérêts économiques et de son besoin de matières premières.
Des Etats-Unis à l'Europe, l'extrême déférence observée par les dirigeants avec la Chine fait penser à la triple génuflexion jadis obligatoire devant les empereurs qu'à un comportement d'égal à égal face à une grande puissance émergente désireuse de reprendre sa place dans le cercle des nations. Mais, en décidant de réprimer et d'exécuter comme elle vient de le faire ces derniers jours, la Chine n'aura fait qu'entériner ce qu'elle ne supporte pas qu'on lui dise : elle est un régime despotique de plus en plus sûr de lui et dominateur.

DES EXÉCUTIONS EN HAUSSE
Selon Amnesty International, sur les 2 400 exécutions de condamnés à mort en 2008 dans le monde, 1 700 auraient eu lieu en Chine. Des experts estiment que le chiffre réel est plus élevé.
Selon l'association des droits de l'homme Diu Hua, qui a un représentant à Hongkong, 5 000 condamnés à mort pourraient être exécutés en Chine cette année. Il y en aurait eu jusqu'à
10 000 dans les années 1990. Mais le manque de transparence du système ne permet pas d'aller au-delà de ces approximations.
Généralement, les exécutions se font par une balle dans la nuque, mais la mort par injection est de plus en plus appliquée : 68 crimes sont sur la liste des crimes punis de la peine de mort dont le trafic de drogue et la corruption.
Source: lemonde.fr, 29 décembre 2009

mercredi 18 novembre 2009

Chine : neuf exécutions après les émeutes du Xinjiang

PEKIN — Les autorités chinoises ont exécuté neuf personnes condamnées à mort après des émeutes interethniques en juillet dans la province chinoise du Xinjiang, ont annoncé lundi les autorités locales.

"Le premier groupe de neuf personnes ayant été récemment condamnées à mort ont été déjà exécutées avec l'approbation de la Cour suprême", a déclaré à l'AFP Hou Hanmin, la porte-parole du gouvernement du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

On ignorait dans l'immédiat quand ces exécutions ont eu lieu précisément.

Selon de précédentes déclarations du gouvernement du Xinjiang, ce premier groupe était composé de huit membres de la minorité des Ouïghours et d'un Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine.

Le mois dernier, les autorités du Xinjiang avaient prononcé neuf condamnations à la peine capitale sur un total de 21 accusés après les troubles d'Urumqi le 5 juillet.

Une flambée de violences, les pires depuis des décennies en Chine, avait embrasé début juillet Urumqi, la capitale de cette région située aux confins de l'Asie centrale et à population musulmane.

De source officielle, au moins 197 personnes avaient été tuées lors des émeutes, principalement des Hans. Les jours suivants, ces derniers s'étaient vengés, lançant des expéditions punitives contre des Ouïghours, de langue turque et musulmans.

Ces troubles avaient été immédiatement suivis de rafles massives parmi la population ouïghoure, dont des centaines de membres avaient été emmenés par la police, tandis que la machine judiciaire se mettait en route.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a établi la semaine dernière qu'au moins 43 Ouïghours interpellés, dont des enfants, n'avaient pas réapparu. Le chiffre réel pourrait être largement supérieur, selon HRW.

Les autorités ont accusé les "séparatistes ethniques" de ces violences, sans fournir de preuves. De nombreux Ouïghours se disent en revanche victimes de discrimination.

Un porte-parole du Congrès mondial ouïghour, la principale organisation des Ouïghours en exil, Dilxat Raxit, a condamné lundi les exécutions, soulignant que les Ouïghours exécutés n'avaient pas été autorisés à rencontrer leur famille.

Il a appelé le président américain Barack Obama, attendu dimanche en Chine, à aborder ce sujet avec les autorités.

"Nous espérons que Barack Obama dira clairement et ouvertement au gouvernement chinois de respecter les droits des Ouïghours et de cesser d'utiliser la méthode de la peine de mort pour les réprimer", a déclaré à l'AFP Dilxat Raxit par téléphone depuis la Suède.

"Nous regrettons que les Etats-Unis et l'Europe n'aient pas adopté de mesures effectives à l'encontre de la Chine au sujet de la peine de mort", a ajouté le porte-parole. Si ces pays "ne continuent pas à faire pression sur la Chine, d'autres Ouïghours seront exécutés", a-t-il dit.

Au Xinjiang, une partie de l'ethnie majoritaire ouïghoure dénonce la discrimination religieuse et culturelle dont elle fait l'objet sous couvert de lutte antiterroriste et la présence accrue de Hans, venus du reste de la Chine dans le cadre de la politique de développement économique de cette Région autonome située aux confins de l'Asie centrale.

Source : AFP, 9 novembre, 2009

dimanche 18 octobre 2009

De nouveaux condamnés à mort pour les émeutes au Xinjiang

PEKIN - Un tribunal d'Urumqi, capitale de la province du Xinjiang, a condamné trois personnes à la peine capitale pour des crimes liés aux émeutes qui ont fait près de 200 morts dans la région en juillet, rapporte l'agence Chine nouvelle.

Six premiers suspects inculpés de meurtre avaient déjà été condamnés à mort lundi. Trois autres accusés restent sous la menace de la peine de mort, à laquelle ils ont été condamnés mais avec possibilité de la voir commuée dans les deux ans en réclusion à perpétuité, a précisé l'agence de presse officielle.

Au moins deux des personnes condamnées jeudi sont des membres de l'ethnie Han, majoritaire en Chine. Les autres semblent être des Ouïghours, musulmans et turcophones, à en juger par la consonance de leurs noms.

Le mois dernier, la justice avait annoncé les inculpations de 21 premiers suspects accusés de meurtre, incendie criminel, vol et dégradations lors des émeutes qui ont opposé les Ouïgours aux Han au Xinjiang.

Ces violences ont éclaté le 5 juillet dans cette province de l'extrême ouest de la Chine lors d'une manifestation d'Ouïghours dénonçant la mort de deux des leurs dans des incidents dans le sud du pays. Deux jours plus tard, des Chinois de l'ethnie Han avaient à leur tour agressé des Ouïghours pour se venger.

Selon les autorités, ces violences sans précédent depuis des dizaines d'années au Xinjiang ont fait 197 morts, des Han pour l'essentiel, et plus de 1.600 blessés.

Réagissant à la tenue des procès, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour en exil a déploré qu'aucun des membres de l'ethnie ayant comparu n'ait eu droit à une procédure équitable. "Les jugements chinois ne font que rendre la situation encore plus tendue", a-t-il dit dans un communiqué.

Pékin attribue à des éléments séparatistes ouïghours les attaques et émeutes qui se sont produites ces dernières années au Xinjiang. Des militants de la cause ouïghoure et des droits de l'homme estiment que Pékin invoque cette menace de façon exagérée pour justifier un contrôle plus étroit de la région.

Source : Reuters, 15 octobre 2009

mardi 13 octobre 2009

Six émeutiers écopent de la peine de mort au Xinjiang

"Six personnes ont été condamnées à mort, le 12 octobre, pour leur participation aux émeutes sanglantes d'Urumqi, la capitale de la province autonome du Xinjiang (ouest)", relate le quotidien pékinois.

En juillet dernier, des heurts entre la minorité han (dominante dans le reste de la Chine) et la majorité ouïgoure avaient fait, selon un bilan officiel, 197 morts. Le journal ne précise pas l'ethnie des condamnés, mais leur nom laisse à penser qu'il s'agit uniquement d'Ouïgours. Un septième accusé a écopé de la perpétuité.

Source: Courrier International, 13 octobre 2009