Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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mardi 18 mars 2014

Nouvelle association et site pour la défense des innocents dans le couloir de la mort aux USA


http://www.save-innocents.com/  (site en anglais)

SAVE est une nouvelle association enregistrée en vertu de la loi française de 1901, dirigée par Emmanuelle Purdon,  ancienne présidente de l'association Save Anthony français (2008-2013)

Depuis 1973, 144 personnes ont été condamnées à mort aux États-Unis, puis disculpé.
1, 343 individus ont été reconnus coupables et exécutés, ce qui suggère un taux de condamnations injustifiées de l'ordre de 10% (1 exonération pour 10 exécutions).

Il ya actuellement plus de 3000 détenus dans les couloirs de la mort aux États-Unis, par conséquent au moins 300 prisonniers otn été condamnés pour un crime qu'ils n'ont pas commis.

Vous pourrez trouver certains d'entre eux sur ce site. Ils ont tous besoin d'aide.

Il y a de meilleures façons de lutter contre la criminalité que de prendre le risque d'exécuter des innocents -  Tuons le crime, ne tuons pas des innocent !

 
N'hesitez pas à faire connaître ce site autour de vous !

vendredi 27 juillet 2012

Trois bonnes nouvelles

L’exécution de Warren Hill a été suspendue !
Deux heures avant l'exécution de Warren Hill, prévue le 23 juillet à 19h, la Cour Suprême de Géorgie a exigé une suspension provisoire. La Cour doit examiner un appel portant sur le fait que la procédure d'une injection comportant une seule drogue létale n'a pas été correctement adoptée.
On espérait que la Cour Suprême des Etats Unis aurait accordé un sursis sur la base du QI incontesté de 70 de Hill. Hill a été diagnostiqué souffrant de déficience intellectuelle par plusieurs experts et un juge de Géorgie.
.
Dans l'arrêt Atkins vs. Georgia de 2002, la Cour Suprême a jugé que l'infliction de la peine de mort aux personnes handicapées mentales était anticonstitutionnelle. Cependant, la Géorgie présente le critère de déficience mentale le plus sévère de tous les états qui appliquent la peine de mort. La loi exige que les troubles mentaux soient prouvés "au delà d'un doute raisonnable".



William Dillon à l'honneur

Mercredi dernier à St. Petersburg, lors du match de base-ball des Rays, tous les membres du collectif The Innocence Project de Floride, leurs soutiens et leurs amis, ont eu la chance d'assister à un événement symbolique extrêmement fort. William Dillon a chanté l'Hymne national américain et effectuer le premier lancer. Doté d'une grande voix, William écrit également sa propre musique, a déjà composé un album et en prépare un second.
William a passé 27 ans dans un prison de Floride pour un crime qu'il n'a pas commis.
C'est grâce au travail acharné et à la persévérance du « Projet Innocence » de Floride, des tests ADN l'ont innocenté puis libéré en 2008. Ce projet regroupe des gens engagés dans la lutte pour la libération de citoyens injustement condamnés.


Sedrick Courtney disculpé par un test ADN !

Jeudi 19 juillet, au terme de 4 années d'effort de la part du Projet Innocence (et 11 ans de combat pour l'accusé) pour obtenir l'examen d'un échantillon d'ADN retrouvé sur les lieux du braquage, les tests ADN ont permis d'innocenter Sedrick Courtney.
Courtney a passé 15 ans dans une prison de l'Oklahoma pour un crime qu'il n'a pas commis.
A ce jour, aux Etats-Unis, il y a eu 297 disculpations post condamnation obtenues grâce aux tests génétiques.

vendredi 27 avril 2012

Le prof et ses etudiants libèrent des innocents

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Le-prof-et-ses-etudiants-liberent-des-innocents-_3639-2068540_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_ouest-france&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

C'est le genre d'homme qui vous rend fier de posséder une carte de presse. David Protess enseigne le journalisme à Chicago. Depuis vingt ans, avec ses étudiants, il refait l'enquête sur des condamnés qu'il pense victimes d'erreur judiciaire. Son bilan en dit long sur la fiabilité de la justice : grâce à lui, douze innocents ont retrouvé la liberté. Parmi eux, cinq attendaient dans un « couloir de la mort ».


CHICAGO. De notre envoyé spécial.

Les cours ont lieu une à deux fois par semaine dans un immeuble du centre de Chicago. Autour d'une grande table, David Protess réunit la demi-douzaine d'étudiants en journalisme qui suivent son cours de « techniques d'investigation ». Particularité de son enseignement : il consiste à refaire l'enquête policière d'un cas déjà jugé et pour lequel un homme a été condamné à une peine de longue durée. En général, pour un meurtre.

Cet après-midi, c'est le moment du débriefing. Quelques jours auparavant, Conor, 19 ans, et Diana, 21 ans, ont interrogé un témoin essentiel dans l'affaire d'homicide que le groupe tente de résoudre.

L'homme, qui avait témoigné à charge pendant l'enquête, douze ans avant, a reconnu devant eux qu'il s'était trompé. Il s'agit alors d'obtenir de lui une déclaration signée. Il va falloir le convaincre... Cela ne s'improvise pas.

Cela fait vingt ans que David Protess joue les Tintin redresseur de torts. D'abord au sein de la Northwestern University de Chicago. Puis, depuis un an, de façon indépendante, à travers l'association qu'il a fondée : Chicago Innocence Project.

Ses résultats sont incroyables. Avec ses étudiants, David a réussi à faire libérer douze condamnés dont il a établi l'innocence. Parmi eux, cinq attendaient leur exécution

Enquête partiale, procès bâclé, avocat incompétent... Les ingrédients de l'erreur judiciaire ne varient guère. Les victimes sont toujours de pauvres gens. Des Noirs la plupart du temps.

Tout a commencé en 1992 avec le cas David Dowaliby, condamné pour avoir tué sa fille de 7 ans. Son épouse est persuadée qu'il n'a rien fait. David Protess l'invite à venir parler de l'affaire avec ses étudiants. Il se passionne pour le dossier. « J'ai commencé à faire des investigations. C'était très compliqué. L'idée m'est venue de proposer aux étudiants de m'aider. » Grâce à un nouveau témoin, il réussit à identifier le vrai coupable. Dowaliby est libéré. L'affaire fait la une des journaux.

« Dans les mois qui ont suivi, j'ai reçu des centaines de lettres de condamnés qui me demandaient de les aider. » Il enchaîne sur une autre réussite. Et s'attaque, l'année suivante, au cas des « quatre de Ford Heights », du nom d'un quartier de la banlieue de Chicago.

Sauvé à deux jours de l'exécution
En 1978, un double assassinat et un viol y ont été commis. La police a arrêté quatre jeunes Noirs. Sur la base d'un seul témoignage et sans preuve matérielle, deux ont été condamnés à mort et deux à de très longues peines.

« La plus grande erreur judiciaire de l'histoire des États-Unis », estime David Protess qui a réussi, avec ses étudiants, le carton plein : non seulement les quatre innocents ont été libérés, mais les vrais coupables ont été arrêtés et condamnés.

Le cas Anthony Porter, deux ans plus tard, tient du miracle. « Son avocat nous a contactés deux jours avant l'exécution. On a réussi à faire admettre qu'avec un quotient intellectuel de 60, il était peut-être retardé mental et qu'il fallait de nouveaux examens. »

En fait, Anthony Porter possède un QI supérieur à 100. Mais un délai de trois mois est obtenu. Un témoin de la dernière heure apprend le recours. Sa conscience le torture, car il connaît le vrai coupable, son oncle. Il contacte David, donne le nom. Deux étudiants localisent l'épouse de l'oncle. Elle a assisté au meurtre et accepte de témoigner. L'oncle est arrêté, il avoue.

Le 6 février 1999, Anthony Porter retrouve la liberté. David conserve la photo prise à la sortie de la prison et publiée dans toute la presse américaine. On y voit l'ancien détenu prendre dans ses bras et soulever de terre le prof de journalisme qui lui a sauvé la vie.

Des équipes comme le Chicago Innocence Project, il en existe quasiment une par État aux USA. À la différence des autres, David fait peu travailler ses étudiants sur des pièces ADN. Il privilégie les cas où il n'y a d'autre recours que les méthodes classiques de l'enquête.

Parfois, il fait appel à un détective privé quand le rendez-vous pourrait comporter un risque. Chaque semaine, il continue de recevoir une vingtaine de lettres implorant son aide. « C'est un des aspects les plus difficiles de ma tâche : quel cas choisir ? » Car il en est persuadé : des milliers d'innocents croupissent en prison.



David privilégie les cas qu'il pense gagnables. En moyenne, il réussit une fois sur deux. Le cas Porter reste sa victoire la plus importante. Quelques semaines après, le gouverneur de l'Illinois décrétait un moratoire sur la peine de mort. En mars 2011, elle a été abolie. Grâce au prof de journalisme et à ses petits étudiants.