Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

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mardi 3 février 2015

Si vous allez prochainement rendre visite à un condamné à mort...

Une équipe de journalistes français sera prochainement aux Etats Unis pour réaliser un reportage sur la peine de mort. Ils sont à la recherche d'un/une militant(e) français(e) ou d'un/e ami(e) de condamné qui rendrait visite à un prisonnier  entre mi-Février et début Mars et qui accepterait d'être filmé pendant son voyage.
Pour tout renseignement contacter Emmanuelle Purdon association SAVE  T (44) 751 535 71 49 ( Grande Bretagne)
 
A team of  French journalists  who is organising a reportage in relation to the death penalty in the US is asking if there is any French supporter or friend who is planning to visit a prisoner on death row in the US, and who would have already organised his/her trip for mid February or early March, and would be willing to be filmed during his/her trip?

Please let me know if you or someone you know would be interested, and for which state in the US.

Thank you.

Emmanuelle

Emmanuelle Purdon
Association SAVE
T. (+ 44) 751 535 71 49

mardi 5 juin 2012

Etats unis: les prisons de l'extrême

Emission du dimanche 10 juin 2012 à 22:45 sur M6

John Dewberry, soutenu par Lutte pour la Justice,en prison à vie au Texas après être sorti du couloir de la mort, mineur au moment des faits,  témoigne au cours de ce reportage. Une émission à voir.

Aux États-Unis, un Américain sur 120 est en prison. L'Amérique est aujourd'hui le pays qui incarcère le plus ses citoyens, loin devant l'Iran ou même la Chine. Voler une pizza ou fumer du cannabis peut valoir jusqu'à 80, 100 ou même 150 ans de prison, s'il y a récidive. Conséquence de cette politique ultra-répressive : des prisons surpeuplées où règne parfois une extrême violence.

Pour faire face à l'afflux de prisonniers, une nouvelle génération de pénitenciers a vu le jour. Objectif : surveiller un maximum de détenus avec un minimum de personnel. Cellules entièrement vitrées, filmées 24h sur 24 : les prisonniers ne sont presque jamais en contact avec leurs gardiens et n'ont plus aucune intimité. Même les parloirs avec les familles se font par vidéos interposées. Ces méthodes sont-elles efficaces, notamment face aux membres des gangs qui composent 60% de la population carcérale ?

Aujourd'hui, 3 000 détenus attendent dans le couloir de la mort. Bernard de La Villardière s'est rendu en Floride pour un entretien exceptionnel avec l'un d'entre eux, Anthony Mungin, condamné pour meurtre. Pour l'instant, seuls 17 états américains ont aboli la peine de mort.

Un document de Rebecca Levin, production Ligne de Front

Videos, séries et émissions sur M6.fr : L'émission de Enquête exclusive http://www.m6.fr/emission-enquete_exclusive/10-06-2012-etats_unis_les_prisons_de_l_extreme-2147498256.html#ixzz1wucvRf68

mardi 6 septembre 2011

Petit séjour au Texas

C'est le titre de la pièce écrite par un ami et adhérent de Lutte pour la Justice, Jean-Marc Weber, qui sera jouée en région parisienne par la troupe "Le théâtre du Gué" les 7, 8 et 9 Octobre à Savigny sur Orge.
Le spectacle se déroulera au Théâtre du Fil, Ferme de Champagne, Rue des palombes 91600 Savigny sur Orge
rens. 01 60 46 85 07

Résumé: David Ray Hawkins est enfermé dans le couloir de la mort du Texas. Sa correspondante Emilie qui vit en France l'aide à survivre dans la dignité et transforme sa solitude.
Deux gardiens, l'un novice, l'autre plus aguerri, vont aussi "rencontrer" David et leur vie en sera affectée.
Cette pièce est la version courte de "Ce que vivent les loups" qui a obtenu en 2003 le "prix d'écriture théâtrale Niaca" , elle vient d'être traduite en persan pour l'Iran.

dimanche 10 octobre 2010

Témoignage d'Antoinette Chahine,

A l'occasion de la huitième journée mondiale contre la peine de mort, le témoignage d'Antoinette Chahine, une Libanaise qui a passé cinq ans en prison condamnée à mort, avant d'être innocentée grâce à la mobilisation internationale.

Vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=QEe8pmpIm_I

vendredi 25 juin 2010

Du nouveau dans l'affaire Troy Davis

Du nouveau dans l'affaire Troy Davis


Quatre personnes qui avaient témoigné contre Troy Davis à son procès en 1991 ont affirmé vendredi ( note:le 18) qu'aucun de leur témoignage si important contre lui n'était exact.
Les témoins dont le précédent témoignage avait aidé à envoyer Troy dans le couloir de la mort pour le meurtre d'un policier de Savannah qui n'était pas en service, Mark Allen MacPhail, ont affirmé qu'ils avaient été poussés par les autorités pour désigner Davis.
Durant le procès de 1991, Antoine Williams avait assuré avoir vu Davis tirer et tuer Mac Phail tard, une nuit d'été, sur le parking d'un Burger King. Mais mercredi, Williams a dit qu'il était trop traumatisé pour voir qui avait réellement fait feu.
«  J'étais dans ma voiture, je bougeais et je n'ai jeté qu'un coup d'oeil...dit Williams, premier témoin appelé par les avocats de Davis. Il a ajouté qu'il n'avait pas vraiment vu les tirs parce que les vitres de sa voiture étaient teintes . Williams a ajouté qu'il avait témoigné contre Davis au procès parce que l'accusation lui avait demandé d'identifier Davis comme un des tireurs. « J'étais effrayé », affirma-t-il.
Ce témoignage a surgi au premier jour d'une audience extraordinaire ordonnée en août dernier par la Cour Suprême. La haute Cour a demandé alors à un juge d'organiser une audience , d'entendre les témoignages et de décider si les nouveaux faits amenés par Davis «  établissaient clairement » son innocence....
Un autre témoin, Kevin mc Queen, avait témoigné au procès que Davis lui avait dit avoir tiré et tué mc Phail. Mercredi dernier, il a dit que cela n'avait jamais eu lieu. « Tout cela est faux » a dit mc Queen « il ne m'a jamais rien dit qui ressemble à ça...Il ne m'a jamais avoué avoir tiré sur quelqu'un; »
Quand Philip Horton, un des avocats de Davis lui a demandé ce qu'il avait à gagner à témoigner ainsi à Savannah, Mc Queen a répondu «  la tranquillité d'esprit; »
Jeffrey Sapp, un autre témoin à charge lors du procès , qui avait dit que Davis lui avait avoué avoir tiré et tué Mac Phail, a déclaré que cela était faux.
Sapp, un ami d'enfance de Davis , a dit que la police lui avait dit ce qu'il devait dire. Il a ajouté qu'à cette époque là, il était un délinquant et qu'il avait eu peur d'avoir des charges retenues contre lui s'il n'avait pas obéi.
«  J'étais si effrayé que je leur ai dit ce qu'ils voulaient entendre » a -t-il avoué. Il a repris que les policiers lui avaient dit: « dis juste que Troy te l'a dit. Dis juste ça. »
Darrell Collins qui était sue les lieux de la fusillade avec Davis la nuit du meurtre de Mc Phail a aussi avoué que presque tout son témoignage au procès était faux.
Les avocats de l'Etat, Beth Attaway Burton et Susan Boleyn ont mis en doute le nouveau témoignage de chaque témoin avec un examen serré. Ils ont pointé des inconsistances dans leurs propos et ont poussé Mc Queen, Sapp et Collins à reconnaître qu'ils avaient déjà été condamnés.
Le bureau du procureur général va appeler plusieurs policiers et des témoins à charge quand les avocats de Davis auront fini d'appeler leurs propres témoins. Les procureurs de Savannah et les avocats de l'Etat ont répété que Davis était un tueur de policier et qu'il y avait des preuves en nombre suffisant pour être sûr qu'il avait tué mc Phail au delà de tout doute raisonnable. Ils ont aussi dit que cinq cours différentes et le Bureau des Grâces de Georgie avait rejeté les demandes de Davis.
Mais les avocats de Davis dont l'exécution a été reportée trois fois ont répliqué qu'un certain nombre de témoins clés qui avaient affirmé avoir vu Davis tirer et tuer Mac Phail s'étaient rétractés. D 'autres qui avaient assuré que Davis leur avait avoué avoir tué mc Phail, avaient aussi changé leur dire, déclarant que leurs témoignages étaient des faux.

Source: Atlanta Journal Constitution, 24 Juin 2010.

lundi 28 décembre 2009

Chronique d’une mort programmée - 1

Chronique d’une mort programmée - 1

L'exécution de Hank Skinner, condamné à mort au Texas, est prévue le 24 février 2010, premier jour du Congrès mondial contre la peine de mort. Son épouse Sandrine Ageorges, représentante internationale de la Coalition texane pour l'abolition de la peine de mort, chronique cette mort annoncée sur Abolition.fr.Ceux qui accompagnent des condamnés à mort au Texas auraient sans doute des mots différents pour raconter leur expérience du Far West «moderne». Quand le masque du «nouveau monde» tombe et révèle la grimace macabre d’une justice qui tue, les mots sont vains et les émotions sont multiples.

Le chemin vers l’abolition est sinueux et douloureux quand il est question de l’humain et de sa survie à l’isolement dans l’attente de sa mort programmée. Ce que j’ai appris dans le couloir de la mort au Texas et à travers la vie de tous ceux qui y participent (les familles et les amis des condamnés, les familles de victimes, les avocats et enquêteurs, les militants de l’abolition et ceux qui travaillent dans le couloir) m’a profondément changée et affectée.

Lutter pour l’abolition loin de ces mouroirs est un combat noble et essentiel, mais très différent de la lutte sur le terrain. Accompagner un condamné à mort n’est pas un choix anodin, cela requiert un engagement sincère et total pour la vie et pour la vérité.

Jamais auparavant je n’avais imaginé que la question de la culpabilité puisse ne relever d’autre chose que du cas d’exception. Pourtant cette justice-là existe et se porte bien; la justice du résultat et de l’immédiateté, la politique qui utilise la justice à des fins électorales et populistes, la justice qui s’enorgueillit d’une procédure «sans faille» au détriment de la vérité et de vies humaines.Au Texas, cette «justice» sacrifie des vies sur l’autel de la politique et perpétue le pire des mensonges en toute impunité et dans l’indifférence quasi-générale. Depuis une dizaine d’années, la situation a beaucoup évolué, pour le meilleur et pour le pire. Ces progrès qui semblent trop lents sont néanmoins tangibles et encourageants.

C’est bien ce meilleur et ce pire que j’ai découvert lors de ma rencontre avec un condamné à mort, il y a bientôt 14 ans. Malgré un dossier d’innocence très solide, les tribunaux d’état et fédéraux ont passé les 14 dernières années à s’assurer que les portes des procédures d’appel se ferment une à une afin que les preuves scientifiques qui le disculpent ne soient jamais admissibles et afin que celles, susceptibles de le disculper, ne soient jamais expertisées.Au bout d’un long tunnel d’appels stériles, la perspective de son exécution se matérialise car son mandat d’exécution a été signé pour le 24 février 2010. Quelle ironie du sort, une date d’exécution le premier jour du 4ème Congrès International contre la Peine de Mort…C’est l’histoire d’un long chemin partagé avec Hank Skinner dans le couloir de la mort du Texas. Sandrine Ageorges

http://www.abolition.fr/ecpm/french/news.php?new=1162

mardi 20 octobre 2009

Trois pas et demi

Le texte ci-dessous a été dicté à Hank W. Skinner par Billy Frank 'Sonny' Vickers, tous deux détenus dans le couloir de la mort du Texas.

Billy Vickers devait être exécuté à la prison de Huntsville,
The Walls, le 9 décembre 2003.

Au Texas, les éxécutions capitales ont lieu à 18 heures. Billy Vickers, dont les avocats avaient déposé des recours, a attendu jusqu'à minuit (heure légale à laquelle expire l'ordre d'exécution) dans une minuscule cellule contigüe à la salle d'exécution. Une fois l'heure légale expirée, il a été reconduit dans le couloir de la mort du Texas, à Polunsky Unit, une prison située à une cinquantaine de kilomètres de Huntsville. Billy Vickers voulait partager son expérience avec le plus grand nombre.

Billy et Hank étaient détenus dans des cellules voisines. Comme Billy n'avait plus la force d'éc
rire, il a demandé à Hank Skinner de transcrire leurs conversations. Ce texte est un verbatim qui possède les caractéristiques du genre.

Billy Vickers a été exécuté à la prison de Huntsville le 28 janvier 2004.




"Tout a commencé en septembre, quand ils ont fixé la date de mon exécution. Jusque là, c'était une éventualité appartenant à l'avenir. J'ai eu l'impression qu'un poids gigantesque me tombait sur les épaules. Maintenant, c'était réel. D'un seul coup, le calendrier me semblait plus imposant, et chaque date avait quelque chose de menaçant. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, j'étais envahi par les mêmes pensées, comme : "Bon, c'est probablement la dernière fois que je fais (ou vois, entends, dis, lis, etc.) ceci." Tout prenait le goût de ce sentiment oppressant de fin inéluctable. Les pensées tourbillonnaient dans ma tête pendant des heures et des heures. Chaque matin, en me réveillant, je me disais qu'il me restait un jour de moins.

"Parfois, je pensais à des gens que j'avais connus dehors, qui étaient morts de façon horrible et je me suis rendu compte que je les enviais. Pour eux, même s'ils avaient connu une fin terrible, ça n'avait duré que quelques instants/minutes. Pour moi, ça a duré onze (11) ans. Elle a toujours été là (la mort). Et aujourd'hui, elle plane au-dessus de moi. Elle m'accorde encore quelques jours. J'avais du mal à imaginer comment j'allais pouvoir survivre jusqu'à la fin, et je me suis dit que c'était dingue de penser un truc pareil.

"Le jour de mon exécution, je n'ai pas pu fermer l'oeil. Impossible d'avoir la moindre pensée cohérente. Tout semble durer une éternité et pourtant je me demande sans cesse où sont passées toutes les minutes. Et puis les regrets m'envahissent, car je pense surtout à ma famille et au mal que je leur fais. Je pense et je repense à des choses que j'aurais dû dire à mes proches et que j'ai oublié de leur dire. Des choses que j'aurais dû écrire. Mais maintenant il est trop tard. On dirait que le temps ralentit tandis qu'ils me rendent visite, que je leur répète encore et encore que je les aime et que je leur dis adieu.

"Et d'un seul coup, je me retrouve menotté, les fers aux pieds et embarqué dans la camionnette, et il est trop tard pour dire quoi que ce soit. Toutes ces pensées, tous ces regrets, je les ressasse pendant toutes les heures que je passe dans la cellule d'isolement [de Huntsville], à attendre qu'on vienne me chercher pour me tuer.

"Dans la cellule d'isolement, je n'arrête pas de penser à ma famille. Je prie pour que leur soient épargnés la douleur et les tourments, je prie pour tenir le coup, pour trouver la force d'affronter seul cette épreuve. Et puis je me surprends à me remémorer le trajet en camionnette jusqu'à Huntsville, les sens exacerbés au point que cela en était douloureux. A chaque voiture, chaque arbre, chaque bâtiment ou maison que nous avons croisés, je me suis dit : "Bon, ça, je ne le verrai plus jamais." Puis j'ai commencé à entendre chaque battement de mon coeur, comme si je le tenais contre mon oreille. Mais en même temps, c'était vraiment douloureux, et je me demande comment il pouvait continuer à battre aussi fort.

"Je suis interrompu dans mes pensées par le directeur de la prison qui vient m'expliquer ce qui va se passer quand le moment sera venu. Il me désigne une porte que j'aperçois depuis ma cellule, et m'explique que derrière cette porte se trouve la salle d'exécution. A l'heure légale, ils viendront me chercher. Si je ne peux pas marcher, ils me porteront. Quoi que je fasse, l'exécution aura lieu. Il m'explique que le prêtre sera bientôt là.

"Le prêtre arrive et me dit que, quand je serai allongé sur la civière, il sera à mes côtés et qu'il posera une main sur ma cheville.

"Ces gens qui me parlent, je sais que ce sont des gens, mais en même temps, je les vois comme autre chose ou je les vois d'une façon négative. Ces pensées semblent comme suspendues dans ma tête. On dirait que le soir tombe, mais on est au milieu de la journée et partout les lumières sont allumées. Puis j'aperçois la porte vers laquelle l'ambulance va reculer pour venir prendre mon cadavre, et c'est à ce moment que la réalité me rattrape de plein fouet : "Ils vont me tuer !" Il n'y a pas de mots pour décrire la pression que je ressens tandis que je prie pour qu'ils hâtent leurs préparatifs et qu'on en finisse une fois pour toutes.

"Chaque fois qu'un walkie-talkie grésille, qu'une porte claque, qu'un téléphone sonne, je tressaille de tout mon corps. Ce calvaire dure pendant six (6) heures, pratiquement sans interruption. Le prêtre me dit de ne pas m'inquiéter si j'entends des bruits de pas et des mouvements de l'autre côté du mur : c'est juste l'équipe d'exécution qui se prépare (pas la peine de t'inquiéter ils sont juste là pour te tuer ! H.W.Skinner). Effectivement, ils m'ont "inquiété" pendant ces longues heures de torture.

"Tout en arpentant ma cellule, je parle avec le prêtre. Je me dis que je vais avoir une crise cardiaque avant même qu'ils me sanglent sur cette croix horizontale et qu'ils m'enfoncent des aiguilles dans les bras à défaut de clous. Depuis deux heures, je suis assailli par des sueurs froides. Peux plus penser. Juste marcher, marcher, marcher. Trois pas et demi. Demi-tour. Trois pas et demi. Demi-tour. Je ne me souviens pas de ce que le prêtre m'a dit. Des grappes de mots.

"Je grignotte quelques bouchées de mon dernier repas mais je ne sens pas le goût de ce que j'avale. Je regarde le plateau et je m'aperçois que j'ai dû y toucher.

"18 heures. Rien. Marcher, marcher, faire ces trois pas et demi. 19 heures. 20 heures. Toujours rien. J'ai la bouche tellement sèche qu'aucune quantité d'eau ne pourrait me désaltérer. Je sais que cette porte va s'ouvrir d'une minute à l'autre et qu'ils me traîneront vers cette civière et ces aiguilles. C'est sûr. C'est sûr. Chaque fois que je cligne des yeux pour évacuer les gouttes de sueur, je la vois s'ouvrir, cette porte.

"21 heures. Je n'arrête pas de marcher. Je n'en peux plus ! Aucune issue possible. "Mon Dieu, faites qu'on en finisse ! Qu'on en finisse d'une façon ou d'une autre !" On dirait que mon esprit a été étiré dans des millions de directions.

"22 heures. Marcher, marcher, marcher. Je sais que mes avocats se démènent et je veux encore espérer, mais cette porte... Je me dis que si on m'avait accordé un sursis, j'en aurais déjà été informé.

"23 heures. Marcher. Marcher. J'ai l'impression que tout mon corps va exploser et se dissoudre en un brouillard. Rien de ceci n'est réel.

"Dix minutes avant minuit. J'ai l'esprit tellement embrouillé que toutes ces pensées confuses, désarticulées, traversent mon esprit dans toutes les directions à une telle vitesse qu'on dirait un murmure ou une plainte ininterrompus. On me dit qu'il est trop tard, qu'on ne peut plus le faire. On m'ordonne de me préparer à retourner à Polunsky. Je n'y comprends rien. Je devrais être mort. Je me rappelle à peine du trajet du retour. Je ne parviens pas à marcher droit."

Source : The Case of Hank Skinner

Photos : Téléphone installé dans la salle d'exécution de la prison de Huntsville ; cellules d'isolement de la prison de Hunstville. Au fond, la salle d'exécution.