Dans cette vidéo produite par Amnesty International, la comédienne d’origine iranienne Shappi Khorsandi tourne en ridicule les lois régissant la lapidation en Iran. La loi islamique en vigueur dans le pays prévoit notamment la lapidation à mort pour les hommes ou les femmes convaincus d'adultère. Seule règle à respecter pour une bonne lapidation : les pierres doivent avoir la "bonne taille"...
Odell Barnes Jr.
L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf
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vendredi 14 octobre 2011
vendredi 15 janvier 2010
Pétition pour Mumia Abu-Jamal et l'Abolition universelle de la peine de mort
NOUS, SIGNATAIRES de cette pétition, vous demandons de vous prononcer contre l’exécution de Mumia Abu-Jamal et de tous les hommes, femmes et enfants condamnés à mort dans le monde. Cette ultime forme de châtiment est inacceptable dans une société civilisée et représente une insulte à la dignité humaine. (Assemblée générale des Nations Unies, Moratoire sur la peine de mort, résolution 62/149 du 18 décembre 2007, réaffirmée par la résolution 63/168 du 18 décembre 2008.)Monsieur Abu-Jamal (ci-contre), journaliste et auteur afro-américain connu dans le monde entier, est dans le couloir de la mort en Pennsylvanie depuis presque trente ans. Même si le sort de ce condamné ne relève pas directement de votre compétence juridique, nous en appelons à votre humanité pour que, usant de votre statut de leader moral sur la scène mondiale, vous impulsiez un moratoire universel sur la peine de mort aussi bien sur ce cas spécifique que sur celui de tous les condamnés à mort. M. Abu-Jamal est devenu le symbole international, la «Voix des Sans-Voix», de cette lutte contre la peine capitale et les abus des droits de l’homme. Il y a plus de 20 000 condamnés en attente d’exécution dans le monde, dont plus de 3 000 dans les couloirs de la mort aux États-Unis.
Le procès de M. Abu-Jamal, qui s’est tenu en 1982, a été entaché de racisme; il s’est déroulé à Philadelphie dans un climat de corruption policière et de discrimination raciale. Amnesty International, lauréat du Prix Nobel de la Paix «a établi que maints aspects de ce dossier mettent en évidence la violation des droits constitutionnels élémentaires de l’accusé seuls garants d’un jugement équitable selon le droit international. L’ouverture d’un nouveau procès pour Mumia Abu-Jamal serait dans l’intérêt même de la justice. Un procès qui devra être conforme aux normes internationales de justice et qui ne réimpose pas la peine de mort.» (A Life in Balance – The Case of Mumia Abu-Jamal, page 34; www.Amnesty.org/en/library/info/AMR51/001/2000.)
[Note: Cette pétition est approuvée par Mumia Abu-Jamal et son avocat principal, Robert R. Bryan, San Francisco.]
Pour signer cette pétition, cliquez ici.
mercredi 6 janvier 2010
77 prisonniers exécutés en Irak en 2009
BAGDAD — Soixante-dix-sept prisonniers condamnés pour "terrorisme" ont été exécutés en 2009, a affirmé mardi la cour suprême de justice irakienne dans un communiqué.
"Soixante-dix-sept peines capitales ont été appliquées en 2009 contre des civils dans diverses affaires", a affirmé le président de la cour, Madhat al-Mahmoud.
"Soixante-dix-sept peines capitales ont été appliquées en 2009 contre des civils dans diverses affaires", a affirmé le président de la cour, Madhat al-Mahmoud.
Selon le communiqué, ces prisonniers ont été reconnus coupables "dans des affaires liées au terrorisme" et leur peine a été appliquée en "priorité".
Dans un rapport publié fin 2009, l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a indiqué que 120 prisonniers avaient été exécutés au cours de l'année écoulée. Elle a ajouté que 900 se trouveraient actuellement dans les couloirs de la mort.
Selon Amnesty, de nombreux condamnés à mort ont été reconnus coupables de meurtres ou d'enlèvements et "certains ont pu être condamnés après des procès injustes" ou des confessions extorquées sous la torture.
Le nombre d'exécution en Irak est "très élevé, l'un des plus élevés au monde", a affirmé à l'AFP Saïd Boumedouha, un porte-parole d'Amnesty international, affirmant que les chiffres donnés par l'ONG avaient été obtenus de plusieurs sources officielles.
"Nous sommes inquiets, avons appelé publiquement le gouvernement irakien a déclarer un moratoire et nous continuerons de le faire. l'ONU et l'Union européenne, ainsi que de nombreuses autres organisations ont exercé une pression pour un moratoire", a-t-il ajouté.
La peine de mort a été réinstaurée en Irak en 2004 par décret malgré de vives protestations internationales.
En 2008, l'Irak a condamné à mort au moins 285 personnes et au moins 34 ont été exécutées, selon Amnesty. En 2007, au moins 199 personnes ont été condamnées à la peine capitale et au moins 33 exécutées alors qu'en 2006, 65 personnes ont été pendues.
Les condamnés à mort sont en général pendus.
Source: AFP, 5 janvier 2010
mardi 29 décembre 2009
Sûr de sa puissance, Pékin ignore les jugements de l'étranger
Le régime chinois est désormais conscient du poids que la Chine pèse sur l'économie mondiale. Rien ne semble pouvoir le faire céder quand à sa façon très particulière de faire respecter les droits de l'homme, qui provoque l'indignation internationale.
Le 25 décembre, le plus connu des dissidents chinois, Lu Xiaobo, a été condamné à onze ans de prison pour avoir rédigé une charte appelant à une transition démocratique pacifique et publié des textes critiques sur Internet. Onze ans de prison pour avoir eu le malheur d'être un écrivain, une peine des plus lourdes pour un crime de rédaction.
Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont vertement réagi à ce verdict, demandant à plusieurs reprises à Pékin de relâcher ce dissident de 53 ans. Les diplomates étrangers qui ont tenté de se rendre au tribunal où la sentence allait être prononcée, samedi 26 décembre, n'ont pas été autorisés à assister au procès. On leur a signifié à l'entrée qu'il "n'y avait plus de place pour s'asseoir".
Mardi 29 décembre, un autre homme de 53 ans, britannique celui-là, a subi de manière plus définitive encore la violence de la justice chinoise. Accusé de trafic d'héroïne, Akmal Shaikh a été exécuté par injection sans que les appels à la clémence aient été entendus par le gouvernement de la République populaire. Les interventions du premier ministre britannique Gordon Brown et du Foreign Office n'y ont rien fait. La Cour suprême de Chine avait validé mardi la condamnation quelques heures plus tôt.
Triple génuflexion
Une décision qui soulève d'autant plus l'indignation que M. Shaikh, si l'on en croit ses proches, pourrait bien être mentalement dérangé au point de ne pas être responsable de ses actes. La justice chinoise a refusé jusqu'au bout de faire subir au condamné un examen médical qui aurait pu confirmer - ou infirmer - les dires de sa famille. Elle aurait permis au moins de lever l'ambiguïté. Là non plus, les pressions exercées n'auront servi à rien.
Le contexte international très particulier de 2009 - l'année où le "dragon chinois" aura pour de bon redressé la tête après la grande fête des Olympiades de 2008 - et l'importance accrue de son rôle durant la crise financière mondiale augurent mal de la possibilité pour la communauté internationale de convaincre Pékin de lâcher du lest sur la question des droits de l'homme.
Des grands pays de la planète, elle est sans doute le régime le plus dur à réprimer ses dissidents, ses minorités ethniques (Tibétains, Ouïgours), et à imposer partout et sur chacun de ses citoyens la dure loi d'un parti unique dont la seule obsession est de se survivre à lui-même.
A l'étranger, le régime de Pékin ne se soucie guère de la nature des gouvernements avec lesquels il collabore, n'hésitant pas à financer les dictateurs les moins recommandables au nom de ses intérêts économiques et de son besoin de matières premières.
Des Etats-Unis à l'Europe, l'extrême déférence observée par les dirigeants avec la Chine fait penser à la triple génuflexion jadis obligatoire devant les empereurs qu'à un comportement d'égal à égal face à une grande puissance émergente désireuse de reprendre sa place dans le cercle des nations. Mais, en décidant de réprimer et d'exécuter comme elle vient de le faire ces derniers jours, la Chine n'aura fait qu'entériner ce qu'elle ne supporte pas qu'on lui dise : elle est un régime despotique de plus en plus sûr de lui et dominateur.
DES EXÉCUTIONS EN HAUSSE
Selon Amnesty International, sur les 2 400 exécutions de condamnés à mort en 2008 dans le monde, 1 700 auraient eu lieu en Chine. Des experts estiment que le chiffre réel est plus élevé.
Selon l'association des droits de l'homme Diu Hua, qui a un représentant à Hongkong, 5 000 condamnés à mort pourraient être exécutés en Chine cette année. Il y en aurait eu jusqu'à
10 000 dans les années 1990. Mais le manque de transparence du système ne permet pas d'aller au-delà de ces approximations.
Généralement, les exécutions se font par une balle dans la nuque, mais la mort par injection est de plus en plus appliquée : 68 crimes sont sur la liste des crimes punis de la peine de mort dont le trafic de drogue et la corruption.
Source: lemonde.fr, 29 décembre 2009
mercredi 18 novembre 2009
Texas : exécution de Khristian Oliver
L'Etat américain du Texas (sud) a exécuté jeudi soir par injection mortelle Khristian Oliver, 32 ans, pour un meurtre qu'il a commis au cours d'un cambriolage en 1998, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires.
L'exécution a commencé à 18H10 et la mort a été prononcée 18H18 (vendredi 00H18 GMT), a précisé cette source à l'AFP.
La condamnation en 1999 de Khristian Oliver avait été particulièrement médiatisée parce que les jurés avaient appuyé leur décision sur des versets de l'Ancien Testament affirmant le principe de la loi du Talion.
Selon Amnesty international qui a défendu le jeune homme jusqu'à la fin, les jurés avaient apporté quatre Bibles à l'intérieur de la salle de délibération. L'un des jurés avait lu un passage à haute voix: "Et s'il le frappe avec un instrument en fer, de telle sorte qu'il meurt, c'est un meurtrier et les meurtriers doivent, c'est sûr, être mis à mort".
Khristian Oliver était accusé d'avoir tiré sur Joe Collins, 64 ans, et de l'avoir frappé avec la crosse d'une carabine après que celui-ci l'eut surpris avec un autre jeune homme en train de cambrioler sa maison.
Agé de 20 ans à l'époque, Khristian Oliver assure avoir répondu au tir du propriétaire qui a fait feu le premier, blessant son principal complice à la jambe. Lors du procès, celui-ci et un deuxième complice qui attendait dans la voiture, ont affirmé que c'était Khristian Oliver qui avait violemment frappé Joe Collins, ce que le jeune homme conteste.
Ils ont plaidé coupable et ont écopé de peine de prison inférieure à 10 ans.
La petite amie de Khristian Oliver, alors âgée de 23 ans et enceinte, qui attendait également dans la voiture, a de son côté été condamnée à la prison à vie.
Le ministre de la Justice du Texas n'évoque pas le tir de Joe Collins dans son communiqué retraçant les faits.
Plusieurs tribunaux ont reconnu que les jurés avaient agi de manière non constitutionnelle mais n'ont pas néanmoins commué la peine ou ordonné l'organisation d'un nouveau procès. La Cour suprême a refusé en avril 2009 de se saisir du dossier.
Khristian Oliver est le 20e homme à recevoir l'injection mortelle cette année au Texas, état du sud des Etats-Unis qui détient tous les records en la matière avec 443 exécutions depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976.
Cinq autres condamnés texans doivent recevoir l'injection mortelle d'ici à la fin du mois de décembre.
Source: AFP, 6 novembre 2009
L'exécution a commencé à 18H10 et la mort a été prononcée 18H18 (vendredi 00H18 GMT), a précisé cette source à l'AFP.
La condamnation en 1999 de Khristian Oliver avait été particulièrement médiatisée parce que les jurés avaient appuyé leur décision sur des versets de l'Ancien Testament affirmant le principe de la loi du Talion.
Selon Amnesty international qui a défendu le jeune homme jusqu'à la fin, les jurés avaient apporté quatre Bibles à l'intérieur de la salle de délibération. L'un des jurés avait lu un passage à haute voix: "Et s'il le frappe avec un instrument en fer, de telle sorte qu'il meurt, c'est un meurtrier et les meurtriers doivent, c'est sûr, être mis à mort".
Khristian Oliver était accusé d'avoir tiré sur Joe Collins, 64 ans, et de l'avoir frappé avec la crosse d'une carabine après que celui-ci l'eut surpris avec un autre jeune homme en train de cambrioler sa maison.
Agé de 20 ans à l'époque, Khristian Oliver assure avoir répondu au tir du propriétaire qui a fait feu le premier, blessant son principal complice à la jambe. Lors du procès, celui-ci et un deuxième complice qui attendait dans la voiture, ont affirmé que c'était Khristian Oliver qui avait violemment frappé Joe Collins, ce que le jeune homme conteste.
Ils ont plaidé coupable et ont écopé de peine de prison inférieure à 10 ans.
La petite amie de Khristian Oliver, alors âgée de 23 ans et enceinte, qui attendait également dans la voiture, a de son côté été condamnée à la prison à vie.
Le ministre de la Justice du Texas n'évoque pas le tir de Joe Collins dans son communiqué retraçant les faits.
Plusieurs tribunaux ont reconnu que les jurés avaient agi de manière non constitutionnelle mais n'ont pas néanmoins commué la peine ou ordonné l'organisation d'un nouveau procès. La Cour suprême a refusé en avril 2009 de se saisir du dossier.
Khristian Oliver est le 20e homme à recevoir l'injection mortelle cette année au Texas, état du sud des Etats-Unis qui détient tous les records en la matière avec 443 exécutions depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976.
Cinq autres condamnés texans doivent recevoir l'injection mortelle d'ici à la fin du mois de décembre.
Source: AFP, 6 novembre 2009
vendredi 23 octobre 2009
Arabie saoudite : pourquoi il est si facile d'y perdre la tête
Le nombre d’exécutions en Arabie saoudite a été particulièrement important en 2008, et les premiers chiffres pour 2009 (six exécutions capitales en janvier 2009) ne laissent pas présager d’amélioration.Le gouvernement saoudien continue d'exécuter en moyenne plus de deux personnes... par semaine.
Le processus par lequel la peine de mort est imposée et mise en oeuvre est "cruel, largement mystérieux et extrêmement injuste", écrit Amnesty International. Les juges "ont toute liberté pour agir et peuvent condamner à mort pour des chefs d'accusation non violents ou formulés en termes vagues".
De nombreux pays ont aboli la peine de mort, reconnaissant ainsi son inhérente cruauté. D'autres, qui l'ont conservée dans leur arsenal répressif, soumettent son application à des règles de droit et à une jurisprudence très strictes. Mais en Arabie saoudite, les procès sont bien souvent inéquitables, et les condamnations sont l'expression de la façon toute personnelle dont les juges interprètent des enseignements religieux...et non des textes de loi. L'Arabie saoudite n'a pas de Code pénal, pas de définitions formelles de ce qui constitue un crime, et pas de traditions reposant sur le respect de précédents juridiques.
L'Arabie saoudite est, avec l'Iran notamment, l'un des rares pays qui continuent d'exécuter des mineurs ou des mineurs au moment de la commission des faits.
En Arabie saoudite, les condamnés à mort sont exécutés avec un préavis d'une heure environ, le matin de leur supplice, c'est à dire sans que leur famille, voire leur avocat, ne soient informés de l'imminence de leur mise à mort.
En Arabie saoudite, les condamnés sont exécutés en public, par décapitation la plupart du temps. Dans certains cas, les exécutions sont suivies de crucifixions.
- 2004 : 38 exécutions
- 2005 : 90 exécutions
- 2006 : 39 exécutions
- 2007 : 158 exécutions dont 82 Saoudiens et 76 étrangers. 48 % des personnes exécutées sont des étrangers.
- 2008 : 102 personnes ont été décapitées. 39 % des personnes exécutées sont des étrangers.
- homicide
- viol
- vol à main armée
- banditisme de grand chemin
- sabotage
- trafic de drogue
- sorcellerie
- adultère
- sodomie
- homosexualité
- apostasie (renoncement à l'islam), blasphème
Les exécutions ont lieu en public et par décapitation au sabre, aux abords des mosquées les plus fréquentées des principales villes du pays, après la prière du vendredi. La police retient les spectateurs et s’assure que personne ne prend de photos. Les condamnés, habituellement sous sédatifs, sont contraints de s’agenouiller. Ils sont encadrés par des religieux et des agents de maintien de l’ordre, et placés face à la famille de la victime.
Un représentant du gouvernement lit les accusations et le verdict. Au milieu de la lecture, le bourreau entaille la nuque du condamné avec son sabre, ce qui a pour effet de raidir sa nuque. Ensuite, le bourreau brandit son sabre au milieu des cris de la foule qui hurle "Allah Akbar !" ("Dieu est grand") et décapite le condamné d’un coup sec. Il arrive cependant que ce scénario connaisse des ratés, et que le bourreau doive s'y prendre à plusieurs reprises avant d'obtenir la décapitation complète du supplicié.
Vidéo : entretien avec l'un des principaux bourreaux du royaume saoudien.
Principe des réparations
En vertu du principe de "qesas" (réparation) inscrit dans la charia (loi islamique), les proches d’une victime de meurtre ont la possibilité de pardonner au meurtrier avec ou sans compensation financière (diya). Dans ce cas, la personne n’est pas exécutée. Mais ils peuvent également choisir d’exiger l’exécution. (1)
Le 2 janvier 2009, par exemple, dans la ville de Taïf, un condamné prénommé Hisham a été épargné à la dernière minute lorsque la mère de la victime s'est avancée sur la place publique où allait avoir lieu la décapitation pour demander la grâce de l'homme agenouillé sous le sabre du bourreau.
Peine de mort pour les mineurs
Bien qu’ayant ratifié en 1996 la Convention des Droits de l'Enfant, l’Arabie saoudite continue de condamner à mort et d’exécuter des personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés.
En juillet 2007, par exemple, l’Arabie saoudite a exécuté Dhahiyan al-Thawri al-Sibai à Taïf. Celui-ci avait été condamné à la peine capitale pour un homicide qu’il aurait commis alors qu’il était mineur. Il avait été placé dans un centre de détention pour mineurs jusqu’à ses dix-huit ans, puis transféré à la prison de Taïf. En mai 2007, il avait imploré le pardon de la famille de la victime, mais son appel avait été rejeté.
En janvier 2006, devant le Comité pour les Droits de l’Enfant, les autorités saoudiennes avaient déclaré qu'aucun mineur n'avait été exécuté depuis l'entrée en vigueur de la Convention dans le royaume en 1996.
Le 15 janvier 2009, un jeune homme condamné à mort pour meurtre a été décapité dans la ville frontalière d'Abha. Moshabab bin Ali al-Ahmari, qui était mineur au moment des faits, avait tué l'un de ses compatriotes au cours d'une bagarre. L'exécution du jeune Saoudien a été retardée jusqu'à ce qu'il atteigne sa majorité.
Peine de mort pour les étrangers
La justice saoudienne est particulièrement intransigeante avec les travailleurs étrangers, et notamment avec ceux provenant des pays pauvres du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie, qui représentent près d’un quart de la population saoudienne. Les ressortissants étrangers en Arabie saoudite sont plus exposés que les Saoudiens à des erreurs judiciaires et à des procès inéquitables.
En raison de leurs origines, ils ont peu de chances d’échapper à la peine capitale ; ils bénéficient d’une représentation légale et d’une assistance consulaire insuffisantes, voire inexistantes ; sont privés de tout soutien familial et ne peuvent pas, bien souvent, comprendre la teneur des documents rédigés en arabe qu’ils doivent signer. Le 30 octobre 2008, au Yemen, un pays qui lui aussi applique strictement la charia, Ismail Lutef Huraish, accusé de meurtre puis condamné à mort, a été exécuté sans avoir jamais eu accès aux accusations retenues contre lui ni aux débats de son procès : Ismail Lutef Huraish était analphabète et... sourd. Il n'a jamais bénéficié des services d'un interprète en langue des signes.
Il arrive que la condamnation de ces étrangers repose uniquement sur des « aveux » obtenus par la contrainte, la torture ou la ruse. Les procès se déroulent dans le secret, les accusés et leurs proches ne sont pas informés des accusations ni de l’évolution des procédures les concernant. Certains gardés-à-vue ne sont informés par la police du décès de la victime que lorsque l'accusé a signé une déposition dans laquelle il reconnaît lui avoir porté des coups.
Près de la moitié des exécutions (soit près de 2 000) enregistrées par Amnesty International au cours des 28 dernières années concernent des travailleurs immigrés originaires de pays pauvres ou en voie de développement.
Peine de mort pour les homosexuels
Deux nationaux saoudiens ont été décapités au sabre en Arabie saoudite le 26 décembre 2008. Les deux hommes avaient été condamnés à mort pour viol.
Nasser al-Harby et Majid al-Sibeiy avaient pénétré dans la chambre de la victime, pendant son sommeil. L'homme, dont l'identité n'a pas été révélée, avait ensuite été frappé et ligoté avant d'être violé, selon les termes de la déclaration ministérielle reprise par l'agence de presse officielle SPA.
La sodomie est un délit dans plus de 85 pays à travers le monde et, parfois, un crime passible de la peine de mort, comme en Iran, en Arabie saoudite, au Soudan et au Yemen.
Peine de mort pour les blasphémateurs
Le 18 novembre 2008, le roi Abdullah d'Arabie saoudite a annulé une sentence de mort prononcée contre un barbier turc condamné pour "blasphème".
Sabri Bogday, qui travaillait comme coiffeur sur le port de Jidda, a été condamné à mort après une dispute qui l'avait opposé à l'un de ses voisins, un tailleur, au cours de laquelle le barbier avait, selon des témoins, prononcé des paroles blasphématoires.
Le Président turc Abdullah Gul a intercédé auprès du monarque saoudien pour que celui-ci annule la sentence de mort. (Addendum du 28 janvier 2009 : Selon le journal turc Hurriyet, Sabri Bogday a regagné la Turquie le mardi 27 janvier 2009. Il a été accueilli à l'aéroport d'Istanboul par sa mère, sa femme et son jeune fils.)
Cette condamnation montre à quel point les sentences, et leur gravité, dépendent du degré de religiosité des juges : "Pour certains juges, il s'agit d'hérésie et de blasphème. Ils pensent que le coupable est incapable de repentir et qu'il mérite la mort. D'autres considèrent en revanche qu'il s'agit d'une erreur et invitent l'accusé à se rétracter et à se repentir avant de le remettre en liberté".
- En savoir plus sur la peine de mort en Arabie saoudite : "La peine de mort dans le monde" (en français) et "Death Penalty News" (en anglais).
(1) Murder is punishable by "qesas", or death. Murder by someone with diminished responsibility may be punishable by the payment of diyeh, a form of compensation. In cases of premeditated murder, the family of the victim has the right to ask for their relative’s killer to be put to death. The family can also choose to forgive the culprit and accept payment of diyeh instead. There is a distinction between cases where the penalty is "execution" and qesas, although people sentenced to qesas are often reported in the media to have been sentenced to death. There is no such distinction in international law. Murder is treated as a private dispute between two civil parties – the state's role is to facilitate the resolution of the dispute through the judicial process. In this sense, the death penalty is regarded as being imposed by the state, whereas qesas is imposed by the family of the victim. As a result, sentences of qesas are not open to pardon or amnesty by authorities, whereas most other death sentences can be reversed. This is in contravention of Article 6 (4) of the International Covenant on Civil and Political Rights. Source: Amnesty International.
Sources : Ensemble Contre la Peine de Mort, Death Penalty News, La Peine de Mort dans le Monde
Photo : Décapitation au sabre d'un condamné à mort en Arabie saoudite.
dimanche 11 octobre 2009
Iran : Behnou Shojaie, mineur au moment des faits, a été exécuté
Un Iranien de 21 ans, Behnoud Shojaie (ci-contre), condamné à mort pour un meurtre commis alors qu'il était mineur, a été exécuté par pendaison ce matin [11 octobre 2009], ont rapporté des agences de presse iraniennes.Selon les agences Irna et Isna, il avait commis ce meurtre lors d'une rixe il y a quatre ans dans une résidence du nord de Téhéran. "Les parents de la victime, Ehsan Nasrollahi, ont eux-mêmes procédé à l'application de la peine à la prison d'Evine", dans le nord de Téhéran, a rapporté Isna. En juin 2008, l'ancien chef de la justice, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Shahroudi, avait accordé un sursis à Behnoud Shojaie pour permettre à sa famille de convaincre les proches de la victime de renoncer à réclamer l'application de la peine de mort.
Selon la loi iranienne, si la famille de la victime accorde son pardon au meurtrier, celui-ci échappe à la mort, et doit purger une peine de prison. Le 8 septembre, la présidence de l'Union européenne avait exprimé sa vive inquiétude quant à la possible exécution de M. Shojaie.
Source : AFP, 11 octobre 2009
Iran Manif – Behnoud Shoja’i, 17 ans au moment de son arrestation, a été pendu en Iran. Des centaines de Téhéranais s’étaient rassemblés à l’aube devant la prison d’Evine pour demander sa grâce.
Dès 1h00 du matin locale, les gens avaient commencé à affluer devant la porte sud d’Evine et le groupe n’a cessé de grossir. Dans la foule, la famille de Behnoud, M. Abdollahi du bureau de l’UNICEF, les avocats de Behnoud, les mères des martyrs du soulèvement récent, les militants des droits des enfants, les militantes des droits des femmes et des étudiants.
Un grand nombre de mères des martyrs récents sont allées rencontrer le père, la mère et la sœur de la victime accidentelle de Behnoud, condamné à mort pour homicide. Tout en leur faisant part de leur compassion, elles leur ont demandé la grâce de Behnoud. La foule aussi a pressé les parents de la victime d’accorder leur pardon, en vain.
Puis la famille de la victime (le père, la mère et la sœur), les avocats de Behnoud, et qu’un représentant du parquet sont entrés dans la cour d’Evine où ils ont attendu l’arrivée du condamné. On est alors venu annoncer que la famille de la victime n’avait pas accordé de grâce. Behnoud est monté sur l’échafaud. Le bourreau lui a passé la corde au cou. Après six tentatives de pendaisons depuis sa condamnation, en ce 11 octobre, Behnoud a finalement été exécuté.
Le 19 août 2005, dans une bagarre collective au parc Vanak, Behnoud Shoja’i, alors âgé de 17 ans, avait causé la mort accidentelle d’un autre jeune. Il avait été arrêté et condamné à mort à Téhéran. Sa peine avait été confirmée par la Cour suprême. Par six fois il aura été amené à la potence et par six fois sa peine aura été repoussée.
Cliquez ici pour lire le communiqué d'Amnesty International au sujet de cette exécution.
Sources : iranmanif.org, Le Maroc contre la peine de mort, Death Penalty News, 11 octobre 2009
Dès 1h00 du matin locale, les gens avaient commencé à affluer devant la porte sud d’Evine et le groupe n’a cessé de grossir. Dans la foule, la famille de Behnoud, M. Abdollahi du bureau de l’UNICEF, les avocats de Behnoud, les mères des martyrs du soulèvement récent, les militants des droits des enfants, les militantes des droits des femmes et des étudiants.
Un grand nombre de mères des martyrs récents sont allées rencontrer le père, la mère et la sœur de la victime accidentelle de Behnoud, condamné à mort pour homicide. Tout en leur faisant part de leur compassion, elles leur ont demandé la grâce de Behnoud. La foule aussi a pressé les parents de la victime d’accorder leur pardon, en vain.
Puis la famille de la victime (le père, la mère et la sœur), les avocats de Behnoud, et qu’un représentant du parquet sont entrés dans la cour d’Evine où ils ont attendu l’arrivée du condamné. On est alors venu annoncer que la famille de la victime n’avait pas accordé de grâce. Behnoud est monté sur l’échafaud. Le bourreau lui a passé la corde au cou. Après six tentatives de pendaisons depuis sa condamnation, en ce 11 octobre, Behnoud a finalement été exécuté.
Le 19 août 2005, dans une bagarre collective au parc Vanak, Behnoud Shoja’i, alors âgé de 17 ans, avait causé la mort accidentelle d’un autre jeune. Il avait été arrêté et condamné à mort à Téhéran. Sa peine avait été confirmée par la Cour suprême. Par six fois il aura été amené à la potence et par six fois sa peine aura été repoussée.
Cliquez ici pour lire le communiqué d'Amnesty International au sujet de cette exécution.
Sources : iranmanif.org, Le Maroc contre la peine de mort, Death Penalty News, 11 octobre 2009
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