Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" ) : https://www.lagbd.org/images/5/50/MATlivre.pdf

Affichage des articles dont le libellé est Connecticut. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Connecticut. Afficher tous les articles

jeudi 20 août 2015

La Cour suprême de l'État américain du Connecticut a aboli la peine de mort

La Cour suprême de l'État américain du Connecticut a aboli jeudi la peine de mort, la déclarant anticonstitutionnelle y compris pour les prisonniers déjà condamnés.
En avril 2012, cet État du nord-est avait voté pour abolir la peine capitale, mais la mesure n'était pas rétroactive, et 11 condamnés s'y trouvaient toujours dans le couloir de la mort, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).
La Cour suprême de l'État avait été saisie par un de ces détenus, Eduardo Santiago, condamné à mort en 2005 pour un meurtre commis cinq ans plus tôt.
Son avocat avait fait valoir que son exécution, après la décision de 2012, aurait constitué une punition cruelle et inhabituelle, ce qu'interdit le huitième amendement de la Constitution américaine.
La Cour suprême divisée 4 contre 3, a accepté son argument, estimant qu'il n'était «pas constitutionnellement permis d'exécuter l'accusé dans le cas présent, et d'autres dans la même situation (...)».
«Nous sommes persuadés que (...) la peine de mort de cet État ne concorde plus avec les normes contemporaines de la décence, et ne sert plus aucun but légitime pénologique», ont écrit les juges dans un jugement de 92 pages.
Ils ont ajouté qu'exécuter ceux condamnés dans le Connecticut pour des crimes commis avant la décision de 2012 «violerait l'interdiction constitutionnelle de l'État contre les punitions cruelles et inhabituelles».
Ils ont souligné aussi le caractère arbitraire de la peine capitale, le risque d'erreur, et l'«illusion» qu'elle représente dans un pays où «le nombre des exécutions comparé au nombre des personnes qui ont été condamnées à mort est minuscule».
Une seule personne avait été exécutée dans le Connecticut depuis 1976.
Sur les 50 États américains, 31 disposent toujours de la peine capitale et 19 l'ont abolie, dont le dernier, le Nebraska en mai dernier.
Dix-huit condamnés à mort ont été exécutés cette année aux États-Unis, dont la moitié au Texas.

jeudi 26 avril 2012

Etats Unis: le Connecticut abolit la peine de mort

Le gouverneur du Connecticut, Dannel Malloy, a promulgué, mercredi 25 avril, une loi abolissant la peine de mort, faisant de cet Etat du Nord-Est des Etats-Unis le dix-septième à abolir la peine capitale. Cette loi avait été approuvée au début du mois par la Chambre et le Sénat de l'Etat, tous deux majoritairement démocrates. La peine de mort est désormais remplacée dans l'arsenal juridique de l'Etat par la réclusion à perpétuité. La loi s'applique immédiatement, a précisé le bureau du gouverneur, également démocrate. "C'est un moment historique, le Connecticut rejoint seize autres Etats et le reste du monde industrialisé en agissant ainsi, mais c'est aussi un moment de réflexion, et non de célébration", a précisé le gouverneur dans un communiqué. La peine de mort n'était quasiment plus utilisée dans le Connecticut, où seul un condamné a été exécuté en cinquante-deux ans, mais la majorité de l'opinion publique y reste favorable.

vendredi 13 avril 2012

Le Connecticut, 17° état abolitionniste des Etats Unis

Le projet de loi abolissant la peine de mort a été voté par les sénateurs et députés. maintenant il ne reste au  gouverneur démocrate ( favorable au projet)  qu'à le signer  et il deviendra loi. Bientôt un 17° état abolitionniste..., le 5° an cinq ans! Vivement que d'autres suivent

dimanche 3 janvier 2010

Selon le Death Penalty Information Center, la peine de mort recule aux Etats-Unis

Qu’il s’agisse de condamnations ou d’exécutions, la peine de mort est en déclin, selon le Death Penalty Information Center. Trois Etats ont aboli la peine capitale et le nombre de condamnés à mort a diminué de 47%. Sentence trop cruelle peut-être, mais surtout, le couloir de la mort revient cher.
« De plus en plus d’Etats américains se demandent si cela vaut la peine de maintenir la peine capitale », affirme Richard Dieter, le directeur du Centre d’information sur la peine de mort. (DPIC) L’organisme vient de publier son rapport annuel (Pdf) et souligne que le nombre de condamnations à mort a reculé continuellement ces 10 dernières années, pour tomber en 2009 à son niveau le plus bas : 106. Richard Dieter rappelle, à titre de comparaison qu’en 1994, 324 personnes avaient été condamnées.
La peine de mort a été rétablie aux Etats-Unis en 1976. Auparavant, elle avait été suspendue pendant une dizaine d'années par la Cour suprême qui avait jugé que son application arbitraire, notamment sur le plan racial, constituait une violation du 8e Amendement de la Constitution.
Actuellement, on exécute au niveau fédéral et dans trente-cinq États fédérés sur cinquante. Mais depuis quelques années, le lobby abolitionniste peut se targuer d'avoir remporté de petites victoires. Raphaël Chenuil Hazan dirige l’ONG Ensemble contre la peine de mort, il a constaté « un frémissement positif » sur ce dossier au sein de l’opinion publique américaine mais le phénomène existe surtout chez les élites. Les Américains restent majoritairement favorables aux exécutions capitales.
Un système très onéreux
La crise économique joue pourtant en faveur des abolitionnistes, « la peine de mort est un système qui revient très cher », rappelle Richard Dieter. Condamner à mort coûte 3 à 5 fois plus que condamner à la prison à vie, pour plusieurs raisons. D'abord il est très rare qu'il se passe moins de dix ans entre l'annonce de la sentence et son application, les détenus sont donc gardés dans des cellules individuelles, dans des quartiers spéciaux (les fameux couloirs de la mort) pendant des années. Ils sont presque toujours défendus par des avocats payés par l'État. Enfin, les recours sont multiples et retardent le processus. Conséquence : dans le Maryland, les contribuables dépensent par exemple 37, 2 millions de dollars pour une exécution. La Californie paie chaque année 137 millions de dollars pour la gestion des 690 condamnés à mort qui attendent d’être exécutés.
Les erreurs judiciaires font réfléchir
Les arguments en faveur de l’abolition ne sont pas seulement économiques. Richard Dieter souligne qu’il y a eu ces dernières années « de nombreuses erreurs judiciaires. Plus de 200 personnes ont été acquittées après avoir passé plusieurs années dans le couloir de la mort. Ces erreurs ont mis les gens mal à l’aise et cela a incité les jurés et les tribunaux à ne pas prononcer systématiquement la peine capitale ».
Toujours au chapitre éthique, la Cour suprême a suspendu l’application de la peine de mort en 2009, pendant 4 mois, suite à une controverse sur l’injection mortelle. En septembre dernier, une nouvelle polémique éclate avec l’affaire Romell Broom. Ce détenu de 53 ans a vécu l’enfer pendant deux heures et demie alors que l’équipe médicale chargée de son injection mortelle n’avait pas réussi à lui trouver une veine. Il a été piqué 18 fois, sans succès, l’exécution a finalement été suspendue.
Le Nouveau Mexique a aboli la peine de mort
« Quelle que soit mon opinion sur la peine de mort, je n’ai pas suffisamment confiance dans le système judiciaire, dans son fonctionnement actuel, pour être l’arbitre final lorsqu’il s’agit de décider qui meurt et vit après un crime. Si l’Etat doit prendre cette décision extraordinaire, le système doit être parfait et ne peut jamais se tromper ». Cette déclaration est signée Bill Richardson, le gouverneur démocrate du Nouveau Mexique. Son Etat a aboli la peine de mort en mars 2009, devenant le 15eme Etat de l’Union à choisir comme peine maximale : la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle. Bill Richardson le reconnaît, il a pris la décision « la plus difficile de toute sa carrière politique ». L’homme était partisan de la peine capitale, il est devenu abolitionniste : « Je suis allé en prison. Ceux qui sont pris aujourd’hui dans le système carcéral appartiennent majoritairement aux minorités ethniques. J’ai vu des erreurs, les analyses ADN l’ont prouvé, j’ai entendu parler d’abus dans les dossiers d’accusation. En toute conscience, je devais choisir une solution alternative ».
Abolir, le Connecticut, le Colorado, le Montana et le Maryland y réfléchissent mais le processus n'a pas encore abouti. Raphaël Chenuil Hazan rappelle qu’au Texas, la question de l’abolition ne se pose toujours pas. Cet Etat détient le record d’exécution (24 en 2009). Un condamné à mort reste en moyenne 24 ans dans le couloir de la mort texan.
Source: RFI, 24 décembre 2009

mercredi 23 décembre 2009

Etats-Unis : 52 exécutions en 2009

A raison d'une par semaine, les exécutions aux Etats-Unis sont tombées à 52 en 2009, soit moitié moins qu'il y a dix ans, selon le bilan annuel du Centre d'Information sur la Peine de Mort publié ce matin.

"La décennie entière a été marquée par un déclin de la peine de mort", affirme Richard Dieter, le directeur du centre, soulignant que le nombre de condamnations à mort a reculé continuellement depuis sept ans.

Ces deux dernières années, "trois Etats ont aboli la peine capitale et de plus en plus d'Etats se demandent si cela vaut la peine de la conserver", ajoute Richard Dieter, alors que la récession a comprimé le budget des Etats qui réévaluent les dépenses du couloir de la mort.

En 2009, 52 condamnés ont été exécutés aux Etats-Unis, soit un recul de 47% par rapport à il y a 10 ans. Seuls 11 Etats ont pratiqué des exécutions, alors que la peine de mort est encore en vigueur dans 35 Etats.

37 condamnés avaient été exécutés en 2008, année où la peine de mort n'a cependant été appliquée que huit mois, la Cour suprême ayant suspendu son application pendant quatre mois en raison de controverses sur l'injection mortelle.

Le Texas, qui au cours de la décennie passée exécutait en moyenne 34 condamnés chaque année, demeure le premier Etat en la matière avec 24 exécutions en 2009, suivi par l'Alabama (6), l'Ohio (5) et la Virginie (3).

Le nombre de condamnations à mort prononcées a également reculé en 2009, pour tomber à 106, le plus bas niveau depuis que la peine de mort a été réinstaurée aux Etats-Unis en 1976. Neuf condamnés ont vu leur peine commuée ou suspendue.

111 personnes avaient été condamnées à mort en 2008, 119 l'année précédente. En 1994, les condamnations à la peine capitale avaient atteint un record avec 328 condamnés.

Le Nouveau-Mexique est devenu cette année le 15e Etat à abolir la peine de mort tandis que plusieurs initiatives en ce sens n'ont pas encore abouti dans le Connecticut, le Colorado, le Montana et le Maryland.

Source : AFP, 18 décembre 2009

mercredi 21 octobre 2009

USA : La crise économique pourrait abolir la peine de mort

"Dans le climat économique actuel, il est peu probable qu'une loi instaurant la peine de mort passerait aujourd'hui, au vu des 25 millions de dollars que les contribuables doivent débourser par exécution", assure dans ce rapport publié mardi Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), qui plaide pour des instruments plus efficace contre le crime.

A titre indicatif, faute d'étude exhaustive sur la question, il explique que "pour un seul procès impliquant la peine de mort, l'Etat va payer un million de dollars de plus que pour un procès sans peine de mort". Mais ensuite, la peine capitale n'est prononcée que dans un cas sur trois en moyenne, et une condamnation à mort sur 10 seulement aboutit à une exécution. "Du coup, le coût pour l'Etat revient à 30 millions" par exécution, explique-t-il.

Intitulé "intelligent contre le crime" - jeu de mot sur la notion de "dur contre le crime" qui pousse les politiques à défendre, même contre leur conviction, la peine capitale -, ce rapport est publié une semaine après qu'un sondage a montré que 65% des Américains restent favorables à la peine de mort.

Localement contestée

Légale dans 35 Etats américains et appliquée réellement dans une petite dizaine, la peine de mort a pourtant été localement contestée l'hiver dernier dans 11 Etats, essentiellement en raison de son coût.

Dans le Colorado (ouest), il n'a manqué que quelque voix à son abolition, dans le Connecticut (nord-est), la loi est passée mais la gouverneure y a opposé son veto. Seul le Nouveau-Mexique (sud-ouest) a aboli la peine capitale en mars.

"Il n'y a aucune raison que la peine de mort ne soit pas remise en question, au même titre que n'importe quel autre programme très onéreux mais inefficace", estime M. Dieter, en insistant sur l'absurdité du système dans la majorité des Etats où les exécutions depuis 30 ans se comptent sur les doigts d'une main.

"Les mêmes Etats qui dépensent des millions de dollars pour la peine de mort subissent d'autres réductions budgétaires dans leur système judiciaire", explique-t-il. Et il énumère: 200 postes de policiers vacants en Pennsylvanie (est), interruption pendant un mois de tous les procès pour faire des économies dans le New Hampshire (nord-est), chute de 10% des moyens judiciaires en Floride (sud-est)...

Pas d'effets dissuasifs

M. Dieter balaie d'un revers de la main la possibilité de conserver une peine de mort en réduisant son coût: limiter les dépenses lors du procès ou le nombre d'appels possibles augmenterait en effet le risque d'exécuter un innocent ou de ne pas tenir compte de circonstances atténuantes.

Il rappelle de plus que, sur le fond, la peine de mort n'a pas les effets dissuasifs escomptés. Outre son abolition dans les grandes démocraties occidentales, il avance par exemple la baisse du nombre de meurtres dans le New Jersey (nord-est) depuis l'abolition de la peine capitale fin 2007.

Mais il s'appuie aussi sur un sondage auprès de 500 responsables de police locaux commandé par le DPIC, organisme abolitionniste qui fait autorité sur le sujet, révélé mardi.

Il montre que les responsables de police classent la peine de mort au dernier rang des outils efficaces contre le crime et souhaiteraient une utilisation plus efficace de l'argent du contribuable pour embaucher davantage ou développer des programmes de prévention contre la drogue et l'alcool.

Source : lematin.ch, 20 octobre 2009