Odell Barnes Jr.

L'association Lutte Pour la Justice (LPJ) a été créée en 1999 pour soutenir Odell Barnes Jr., jeune afro-américain condamné à mort en 1991 à Huntsville (Texas) pour un crime qu'il n'avait pas commis et exécuté le 1er mars 2000 à l'aube de ses 32 ans. En sa mémoire et à sa demande, l'association se consacre à la lutte pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et en particulier au Texas. (voir article "Livre "La machine à tuer" de Colette Berthès en libre accès" )

vendredi 15 janvier 2021

Exécution de Lisa Montgomerry

« Ce soir, nous avons pu prendre toute la mesure de la lâcheté et de la soif de vengeance d’une administration en échec. Toux ceux qui ont participé à l’exécution de Lisa Montgomerry devraient avoir honte. Absolument personne n’a contesté le fait que Mme Montgomerry ait été victime d’actes de torture atroces et de trafic sexuel. Personne ne peut de façon crédible remettre en cause la longue maladie mentale invalidante de Mme Montgomerry, laquelle a été diagnostiquée et traitée pour la première fois par les médecins du « Bureau of prisons ». Notre constitution interdit l’exécution d’une personne incapable de comprendre de façon rationnelle sa propre exécution. L’administration en place le sait. Et elle l’a néanmoins mise à mort. Contrevenant ainsi à la Constitution, au droit fédéral, à ses propres règlements et à des normes établies de longue date ce faisant.

(…)

En s’acharnant à aller au bout d’une exécution en temps de pandémie, cette administration a apporté la preuve de son mépris irresponsable de la vie humaine de citoyens innocents, car les exécutions sont des événements où le virus se propage rapidement (…) Parce que cette administration craignait tellement que la prochaine ne décide de faire emporter la Vie sur la Mort, elle a fait courir un grave danger à la vie et à la santé de citoyens américains. La demande de clémence de Lisa était soutenue par des milliers d’organisme et d’individus, des leaders religieux, des militants contre la violence, des responsables conservateurs, des organisations internationales et bien d’autres. Mais le président n’a rien fait. Il n’a même pas eu la décence de refuser officiellement ni même de reconnaître la demande de clémence de Lisa. (…)

La personne de Lisa ne se résume pas au crime tragique qu’elle a commis et pour lequel elle ressentait un profond remord avant qu’elle ne perde tout contact avec la réalité les quelques jours qui ont précédé son exécution. (…) Lisa était une mère, une grand-mère et une sœur aimante, qui adorait sa famille. (…) Lisa était souvent piégée dans sa prison mentale, elle pouvait perdre de vue la réalité parfois, mais quand sa psychose lui laissait un peu de répit, c’était une personne douce et bienveillante, que j’ai été honorée de connaître et de représenter. (…)

Bien que le Président Trump n’ait pas su être le héros que nous espérions, nous sommes là pour dire à chaque femme, à chaque fille victime de violence et de traitements humiliants : vous comptez. Votre souffrance compte. Vous êtes plus qu’une victime. Vous êtes une survivante. Ne laissez personne vous humilier ou vous donner honte. Vous méritez d’être aimée. (…)

Nous devons reconnaître l’exécution de Lisa Montgomerry pour ce qu’elle est : l’exercice pervers, illicite et inutile d’un pouvoir autoritaire. Nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire. »

Kelly Henry, avocate de Lisa Montgomerry, le 13 janvier 2021.

Traduction A.-S. Minne 

 

 

 

 

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